Les œuvres de Scarron comprennent
1® h'Enéide Iravestie, en huit livres, continuées par Moreau de Drazey. C’est à propos de cet ouvrage que Doileau disait à Racine le fds ; « Votre père avait quel- » quefois la faiblesse de lire Scarron et d’en rire ; mais il » se cachait bien de moi pour cela. » On y trouve quel-
' Voy. mon Ti'aUé de Lütèrature, 1. P'', p. 2(5, et t. ii, p. 35.
quefois des saillies vraiment risibles, telles que celle-ci sur les Champs-Elysées :
J’aperçus l’ombre d’un cocher,
Qui, tenant l’ombre d’une brosse,
En frottait l’ombre d’un carrosse, etc.
2“ Le Typhon ou la Gigantomachie ;
30 Plusieurs comédies, telles que Jodelet et Don Japhet, deux pièces dégoûtantes, indignes de la scène française ; l'Héritier ridicule, que Louis XIV, encore jeune, fit jouer trois fois devant lui dans le même jour ; le Gardien de soi-même, l’Ecolier de Salamanque, la Fausse apparence, le Prince corsaire. Ces comédies sont pour la plupart imitées de l’espagnol ; c’est dire assez que les règles classiques du genre n’y sont point observées. Quelques situations plaisantes, soutenues par la bouffonnerie des dialogues, en font tout le mérite ; mais ce genre, quelque défectueux qu’il fût, était encore préférable aux fastidieuses pastorales qui avaient alors envahi la scène. Scarron faisait rire du moins ; et peut-être, en disposant le public à la gaieté, n’a-t-il pas contribué médiocrement à préparer les succès de Molière. Le théâtre lui doit en outre l’invention d’un personnage dont plus d'un auteur a su depuis tirer parti : c’est un Crispin dans l’Ecolier de Salamanque.
4“ Un Recueil de poésies facétieuses,
5» Des Nouvelles espagnoles, traduites en français.
60 Un volume de Lettres.
1° Enfin le Roman comique, dont Boileau lui-même aimait fort la lecture. C’est le seul de ses ouvrages qui soit d’une plaisanterie agréable et continue. La vie des comédiens en forme le sujet : les détails en sont facétieux, la narration piquante, et les caractères originaux ; le style a de la verve et du naturel ; il est même assez pur, et quoiqu’il ne faille pas, avec Sabatier de Castres, le mettre au rang des Provinciales , on peut dire qu’il n’a pas été sans influence sur le perfectionnement de la langue française.
18. Guillaume de Brébeüf naquit en 1618, à Torigny, d’une famille ancienne d’où descendent les Arundel. Son éducation fut très-soignée ; à la connaissance parfaite du latin, de l’espagnol et de l’italien, il joignait celle de la théologie morale et dogmatique. D’abord admirateur de Virgile, un de ses amis fit passer son enthousiasme sur Lucain. Aussi son premier ouvrage fut-il