Outre les ouvrages cités, on doit à Pierre Corneille
l® Des Œuvres diverses ;
2® Lettre apologétique du sieur Corneille sur le Cid •
3® Louanges de la sainte Vierge en vers français • '
4® L'Office de la sainte Vierge, traduit en français tant en prosp qu en vers, avec les sept Psaumes de la pénitence, etc. ^
18. Au nombre des poètes qui s’inspirèrent du génie de Pierre Corneille, il faut placer Rotroü, qui, bien que son devancier dans la carrière dramatique, fut cependant aussi son éleve. Jean de Rotrou, né a Dreux en 1609 avait pour Corneille une admiration vive et profonde • en toute occasion, il proclamait sa gloire. Seul des auteurs qui avec lui travaillèrent pour la gloire littéraire du cardinal de Riclielieu, l’Etoile, Colletet, Rois-Robert, il eut pour Corneille, qui fut admis le dernier dans cette société et qui en fut exclu quand il donna le Cid, de l’estime et de 1 amitié. Aussi, bien que plus jeune d’Age, en avait-il reçu le nom touchant de père.
19. A l’époque où parut le Cid, Rotrou n’était encore connu que par quelques pièces imitées de l’espagnol, par Y Hercule mourant, emprunté à Sénèque, et par trois comédies tirées de Plaute [les Ménechmes, les deux Sosies, les Captifs). S’il avait donné d’abord quelques conseils’ quelques inspirations à Corneille, il en reçut bientôt plus qu’il n’en avait donné. Venceslas et Cosroës furent comme l’écho du Cid, de Pompée et de Cinna; le martyre de Polyeucte inspira celui de Saint-Genest.
20. Rotrou, comme tous les poètes de cette époque, comme Hardy, comme les deux Corneille, travaillait
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avec une extrême facilité ; en moins de vingt-deux ans, il donna plus de quarante pièces au théâtre ; mais son style est incorrect et son génie irrégulier. Itotrou tenait peu compte des règles ; il était plus près de la tragédie romantique que de la tragédie classique. 11 mourut en 1650. Voici le titre de ses pièces dans l’ordre chronologique de leur représentation :
Hypocondriaque ou le Mort amoureux, tragi-comédie ; — la Bague de l’oubli, comédie ; — Cleagenor et Doristée, tragi-comédie ; — la Diane, comédie ; ■ — les Occasions perdues et l’Heureuse constance, tragi-comédies ; — les Ménechmes, comédie ; — V Hercule mourant, tragédie ; — la Célimène, comédie ; — l’Heureux naufrage et la Céliane, tragi-comédies ; — la Belle Alphrède, comédie ; — la Pèlerine amoureuse, tragi-comédie ; — le Filandre, comédie ; — Agésilas de Colchos, tragi-comédie ; — Clorinde, comédie ; — Amélie, tragi-comédie; — les Sosies, comédie; — les Deux pucelles et Laure persécutée, tragi-comédies; — Antigone, tragédie; — les Captifs, comédie; — Grisante, tragédie; — Iphigénie en Aulide, tragi-comédie; — Clarice ou l’Amour constant, comédie; — Bélisaire etCélie, ouïe Vice-roi de Naples, tragi-comédies ; — la Sœur, comédie jouée en 1645; — le Véritable Saint-Genest, tragédie (1646); — Don Bernard de Cabrère, tragi-comédie ; — Venceslas, le chefd’œuvre de Rolrou (1647), et Cosroès (1649), tragédies; — Florimonde, comédie ; — Don Lope de Cardone, tragi-comédie (1650).
§ 3. Tristan l’Hermite, Duryer, Gilbert et Cyrano de Bergerac.
1. Tristan rilermile, rival de Corneille ; ses huit pièces. — a. Autres ouvrages de Tristan •, citation de quelques stances d’une Ode sur la mer. — 5. Duryer*, ses divers ouvrages. — 4. Gilbert ; ses divers ouvrages. — 6. Défauts et qualités de Gilbert j emprunt de Ra eîne.' — 6. La Rodoguue de Gilbert et celle de Corneille. — 7. Cyrano de Bergerac 5 sa tragédie d’Agrippine. — 8. Le Pédant joué, — 9. Les deux Romans imaginaires, de Bergeracj cilationsi jugement de Boileau.
1. Tristan l’Hermite, no l’an 1601 au château de Souliers, dans La Marche, se prétendait issu du fameux prévôt de Louis XI, et comptait au nombre de ses ancêtres Pierre rLrmilc, auteur de la première Croisade. Il débuta dans la carrière dramatique par la tragédie de Mariamne (1637), dont le succès, jusqu’alors sans exemple, surpassa celui de la Médée de Corneille et balança
celui du Cid La pièce de Tristan se ressent de l’enfance de art ; mais le sujet n’était pas heureux, puisque Voltaire lui môme n a pu le rendre intéressant. Tristan regarde par ses contemporains comme le rival de Corneille compta ses triomphes par ses pièces, fut admis à l’Academie française en 1649, et mourut dans toute sa gloire (1650) La nature lavait fait poëte; mais son style est déparé par la bizarrerie des idées et la recherche des expressions. Les pièces de Tristan sont au nombre de huit toutes oubliées maintenant, si l’on en excepte Mariamne:
Une tragi-comédie : la Folie du sage;
ou la Céliméne de Rotrou, accommodée Une comédie : le Parasite.