Antoine Bauderon de Sénecé, né l’an 16V3, à
‘ Madame de Maintenon. Pour l’élablissement de Saint-Cyr, voy. mon Uisloire de France des demoiselles, t, 2.
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Mâcon, attaché pendant dix ans à la reine Marie-Tliérèse, et pendant trente à Madame d’Angoulêine, a laissé des Contes, dont deux ont assez d’étendue pour être considérés comme de petits poëmes : l’iin a pour titre la Confiance perdue, apologue oriental, et l’autre, Camille, aventure du moyen âge. Deux autres contes, VArt de filer le parfait amour et le Kamak, sont, sans contredit, les deux meilleures pièces de Sénecé. Ils prouvent, dit Voltaire lui-même, qu’on peut très-bien conter d’une autre manière que La Fontaine. L’invention du premier est assez commune ; ce qui ne l’est pas dans ces sortes d’ouvrages, c’est de célébrer la vertu des femmes. Sénecé a donc le double mérite d’avoir choisi un genre nouveau, et d’avoir su plaire dans le conte sans blesser en rien les mœurs. Le Kaimak est un conte oriental, et par conséquent un conte bleu, comme l’appelle l’auteur lui-même ; mais les détails en sont charmants, et le plus souvent trèspoétiquement exprimés ; la versification, agréable et facile, est semée de traits fins et spirituels ; la raison et la morale y sont assaisonnées d’un sel délicat et d’une aimable gaieté ; enfin c’est une bagatelle faite pour passer à la postérité.
Les autres poésies de Sénecé sont généralement faibles, et quelq uefois semées de traits plus bizarres qu'originaux. Cedernier défautse faitsurtoutsentirdanssesAa^fm; mais il faut distinguer les Travaux d’Apollon, poëme satirique, dont la versification est estimable. Quant à ses Epigrammes, qui s’élèvent à plus de cinq cents, on en compte à peine cinquante de bonnes ; elles sont généralement trop longues, et le trait, qui veut être exprimé dans un tour vif et concis, s’émousse dans sa poésie diffuse et languissante. On doit encore à Sénecé un Factum contre les Mémoires du cardinal de Retz, qu’il s’efforce de faire regarder comme apocryphes. Sénecé mourut en 1737.
14. Jacques Vergier (1655-1720), natif de Lyon, fut un de ces auteurs qui ont sacrifié la morale à la triste gloire d’amuser, ou plutôt de corrompre. Bien qu’il ait eu la prétention de se tracer une route nouvelle, il ne fut
YOO HISTOIRE CRITIQÜE
qu’un imitateur de La Fontaine ; il prit pour modèles ces contes licencieux que l’on voudrait retrancher des œu vres du grand fabuliste. Le slyle de Vergier est rempli de prosaïsmes, d’incorrections, de tournures vicieuses; ajoutons qu’il porte si loin la licence, que, dès les jjremières pages, son livre inspire du dégoût. 11 mourut assassine, dit-on, par un mari jaloux, digne tin d un auteur immoral.
§ 2. Les Poëtes épicuriens, ou Chapelle et Bachaumont, IlesnauU, Chaulieu, La Fare et La Faye.
J ('baprlle et Bachaummil ; leur royage à Monipellier. - J. llesnault-, son Souiiet contre Colbeit. -5. Ses outres ouvrages ; citation. - 4- Chaulieu ; iugemcul sur cet auleur. - 6. I.aFarei qualité de ses poésies. - C. Lu Faye ; caractère de sa poésie.
1. Chapelle Claude-Emmanuel Luillier; naquit, l’an 1624, au village de La Chapelle, d’où lui vient son nom. La maison de son père, maître des comptes à Paris, était le rendez-vous de plusieurs savants, entre autres de Cassendi, qui, charmé de son esprit, lui donna des leçons de philosophie, auxquelles furent admis ^lolière et Bernier. Resté maître, en 1G52, d’iine fortune considérable, Chapelle se livra sans réserve à son amour pour le plaisir et l’indépendance. 11 mourut en 1689. Sa vie voluptueuse et son peu de prétentions contribuèrent à la célébrité de ses petits ouvrages. Ses vers ont du naturel, de la facilité, de l’enjouement et de l’esprit : toutes ces qualités se trouvent au plus haut degré
Dans le récit de ce voyage,
Qui du i)his channaiu badinage Fut la plus charmante leçon.
C’est ainsi que Voltaire parle de ce Voyage à Montpellier, que Chapelle fit et décrivit en commun avec Bachaumont *. Voici comment il décrit la grotte de la Sainte- Baume ;
« C’est un lieu qui est prestpie inaccessible , et que
' François-le-Coigneux de I5acliauinont (1624-1702) figura danslo parti de la Fronde, (lui lui dut niémc son nom. On ne sait pas au
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l’on no pout voir ?ans oiïroi ; c’ost un antre dans le milieu (1 un rocher, escarpé de plus de quatre-vin-ls toises de haut, fait assurément par inii aeie ; cai- il est bien aisé de voir que les hommes
ÎN’y |)('nvci!( cv( ii- trr.v; itir ;
Et l’on croit cocc fç'CTc.'Ci'
Que les .«nints cs|ints ont taülc (te roc qu’avec tant de constance ha saillie a si longleinps inouillo Des larnics de sa pénitence.
Mais si, d’une adresse admirable.