Outre ces ouvrages, on a de Fléchier
lo La Vie du cardinal de Commendon, écrite avec pureté et une grande délicatesse de style;
2“ h' Histoire de Thèodose le Grand , composée pour l’éducation duDauphin. Elleest remarquable parlabeauté du style et par l’exactitude des faits. L’auteur y relève les grandes qualités de Théodose, et n’y dissimule ni ses défauts ni ses fautes.
3" Des Panégyriques de saints, écrits avec pureté, mais qui ne sont pas toujours exempts d’affectation.
4° Des OEuvres posthumes, contenant ses harangues, compliments, discours, poésies latines, poésies françaises. Parmi ces dernières, on trouve quatre dialogues sur le Quiétisme. Le style des harangues et des compliments est élégant et soigné, attention qui n’abandonnait jamais Fléchier.
48G histoire critique
5ci Mandement et lettre pastorale, même mérite et même défaut.
6o Enfin des Lettres choisies sur divers sujets , où l’on trouve des Mémoires et une Relation des troubles des Cévennes.
ART. m. — ROÜRDALOÜE ET FÉNELON.
i. Boinclaloiiü prêcliE après ïiossiiul. — 2. ramclère de sa prédication. — 3, ŒuTres complèies de Couidaloue. — 4- Fénelon ; son Traité de J’éducaliou des Clles el celui du rniuislère des pasieiii s.— 5. Fénelon, précepteur du duc de Bourgogne; le Télémaque et autres ouvrages composés pour l’éducation de ce prince. — d. Le Ljgne de Cambraî, les 3Iaxîines des sainisel li*s Seinion.s de Fénelon. — 7. Fin de la vie de Fénelon. — 8. Sei Dialogues sur l'éloquence, sa Lettre à l’Académie fiançai.'-e et ses Lettres à La Ulolte. •— 9. Appréciation du Télémaque. — 10. Traité de rexislence de Dieu, Lettres religieuse* et autres ouvrages de Fénelon.
1. Louis Bourdaloue, Jésuite, né l’an 1632, àBourges, avait seize ans lorsqu’il entra dans la société dont il devait faire un jour l'un des plus beaux ornements. Après avoir d’abord prêché quelque temps en province, il fut appelé par ses supérieurs à Paris. C’était en 1669; Bossuet descendait de la chaire ; Bourdaloue y monta à une époque où la première jeunesse du roi était passée, où Louis XIV commençait à entourer son ame de pensées pieuses. C’était un homme énergique, s’appuyant sur un dogme inflexible et précis; c'est un thélogien qui discute et réfute. Bourdaloue venait bien après Bossuet. Plus tôt, il eût encore trouvé dans les esprits les doutes hardis, dans les cœurs les révoltes secrètes, qui , nés des agitations des siècles précédents , avaient eu besoin, pour être domptés et anéantis, de la parole foudroyante de Bossuet. Bourdaloue parut en un temps où la religion régnait dans les habitudes et dans les cœurs sans partage et sans contestation. Elle établissait la discipline chrétienne, présidait, sans elfort et sans contrainte, à toute la vie de cour comme a la vie bourgeoise ; elle établissait entre le prince et les grands, entre les domestiques et les maîtres, une heureuse harmonie sous l’empire des mêmes croyances; animait doucement tous les cœurs d’une vive et sincère piété, et abaissait tous les rangs dans la crainte et l’espéram.'e d’un même avenir. Les maities ne sont pas seulement les surveillants de leurs domestiques, ils en doivent être encore les tuteurs spi-
rituels ; ils n’ont pas seulement l’autorité matérielle , ils ont charge d’âmes ; ils répondent de leurs consciences ; ils leur doivent non-seulement l’exemple des devoirs religieux , mais ils en doivent exiger d’eux l’accomplissement. Tout se lie dans cette société évangélique comme dans les Sermons de Bourdalouc : il n’est pas un devoir de la vie chrétienne, pas une vérité religieuse dont il ne fasse une obligation étroite aux maîtres encore plus qu’aux serviteurs ; aussi son recueil de Sermons pourraitil être appelé un Cours complet ds religion.