LE COMTE DE CII.ITHAU
gemenl que le Wliig et le Tory de celle époque pussent porter suides faits accomplis depuis longtemps, il est hors de doute que, touchant les questions pratiques alors pendantes, le Tory était un réfoiinaleur, et même un réformateur déréglé et imprudent, tandis que le Whig était conservateur jusqu au fanatisme. Nous avons vu de notre temps, dans un pays voisin, de semblables effets produits par des causes semblables. Qui aurait pensé, il y a quiiutc ans, que M. Guizot et M. Ville-main auraient un jour à défendre lu propriété et l'ordre social contre les attaques d'ennemis tels que H. de Genoude et H. de la Rochcjaqueleinî
Ainsi, les successeurs des vieux Covalîers s'étaient transformés en démagogues, et les successeurs des vieilles Tètes Ilondes ^s'étaient transformes en courtisans. Mais il s'écoula encore bien du temps avant que leur unimosité mutuelle commençât à s'éteindre; cor il est dans h induré îles partis de tenir beaucoup plus à leurs inimitiés originelles qu'à Ictu s principes originels. Une génération de whîgs qneSidney aurait méprisés comme des esclaves, et une génération de tories que Jeffreys aurait fait pendre comme républicains, continuèrent pendant bien des ni mecs à se faire mie guerre à mort.
Durant tout le règne de Georges I" et environ la moitié du règne de Georges 11, un tory était regardé comme un ennemi de la maison régnante et privé de toutes les faveurs de la couronne. Bien que la plupart des gentlemen campagnards lussent tories, ou ne créa que parmi les wliigs des pairs ou des baronnets. Bien que la plupart des membres du clergé lussent tories, on ne nomma que des wliigs doyens ou évêques. Dans disque comté, des sqnires tories, riches et appartenant à d'aiu:inin<> liunillcs, se plaignaient que leurs noms ne figurassent pas sur la liste des juges île paix, tandis que des hommes avant une fortune et une naissance médiocres, des hommes qui étaient partisans de la tolérance et de l'Excise, des parlements sqiteunaiix et des urinées permanentes, présidaient aux Qvarter sessions et détenaient bepuly lieutenants^
Les idées de réconciliation firent peu à peu quelque progrès,
HISTOIRE ET CMT1QOE.
Lorsque Wulpole était aux affaires, une puissant*; fraction du parti whig, que patronnait l'héritier pt\>oinplii du Leone, fut entraîne, par sa haine pour le ministre, à s'allier ;iu parti lory et même à conclure une trêve avec les jacobitos. Après h chute île sir Hébert, l'interdiction qui pesait sur le parti ton fut levée. Les whigs conservèrent les principales t'iiiii-(i"ii^ .oiivcrnemeutales, et en vérité il ne pouvait en être jniti t-uieiit , car la liohlussu et la-gentry tariez, quoique considérables sous le rapport du nombre et de la richesse, comptaient ;i peino dans leurs rangs un seul homme remarquable par sou talent, soit pour les affaires, soit pour la discussion. Cependant quelques tories l iifvni minimes à des emplois secondaires, et cet acte de coiiilcscciiilaiice pri nkiisit un heureux elîet sur l'esprit du parti tout entier. Le premier lever de (ieor-. ,ucs II, après la retraite de Walpolc, offrit un spectacle curieux. A côté des ('ulules partisans de la maison de Brunswick, à côté des Rnssell, des Cavendisli et des l'clliain, on vit apparaître une foule de visages complètement inconnus aux pages et aux gentilshommes de service, des seigneurs de manoirs ruraux dont l'aie et les chasses de renard étaient célèbres dans le voisinage de Mendip-Hills ou autour du Wiekin , mais qui n'avaient pas franchi le seuil du palais depuis lu temps où (Mord, le bâton blanc à la main, se tenait derrière la reine Anne.
Fendant les dix-huit années qui suivirent ce jour, les deux partis eurent de plus eu plus le goût du repos. L'apathie de l'esprit publie doit être attribuée en grande partie à l'injuste violence avec laquelle l'administration de Walpole avait été attaquée. Dans le corps politique, comme dans le corps humain, une langueur morbide succède en général à une agitation morbide. Ias sepiiisines, les calomnies, les déclamations, les véhéments appels à l'orgueil national avaient surexcité lr peuple jusqu'à lu folie. Au milieu de la plus grande abondance ou avait déraisonné comme si la famine avait régné dans le pays. Alors qu'on jouissait d'une somme de liberté civile et religieuse supérieure à celle qu'avait jamais possédée aucune grande société, on réclamait hautement
un Timoléon ou un Brut us qui sût frapper l'oppression au cœur. Toi était l'élat des esprits, quand eut lieu le changement d'administration, et l'on s'aperçut bientôt qu'il n'y aurait pas la moindre modifiai lion dans le système du gouvernement. Ceci eut ses couséquences naturelles. Au *èle frénétique succéda une sombre iudifiorence. Non-seulement le jargon du patriotisme cessa d'avoir du charme pour !<■-. oreilles du public ; mais il inspira un dégoût
la chute du Crmtpwit. L'accès chaud était passé; l'accès lioid commençait; et il fallut du tcuip- avant que do? artifici s séditieux, ou même de îéels sujets de plainte, pussent ranimer l'ardent paroxysme qui avait eu son cours et était arrivé à son terme.
Ou tenta deux lois du troubler celte tranquillité. L'héritier banni de la maison de. Sluail suscita nue rébellion ; l'héritier mécontent de la maison do llrtuismck se mit à la tète d'une OpjKisilion. La rébellion et l'opposilifin se réduisirent à n'en. Le parti jacobite iiit anéanti à la bataille rit; Cullodeu. La mort du prince Frédéric désorganisa la l'action qui, diriger par lui, avait essayé, sans grand succès, d'entraver le gouvernement du roi. Les principaux partisans du prince >c hâtèrent do la ire leur paix avec le ministère, et la torpeur politique devint complète.
Cinq ans après, la mort ilu prince rrédéne. l'esprit public fut un moment violemment arilc. Mai? les vieilli.'- querelles des whigs i t il. ? ! fille- ii : élan-lit nullement la cause de ortie agitation. L'Angleterre était eu guerre avec la rrance. I.a guerre avait été laiblement conduite. Minurque nous avait été enlevée. Notre flotte s'était retirée devant le pavillon blanc de la maison de Bourbon. Une amère sensation d'humiliation, nouvelle pour la plus fière et " la plus brave des nations, fit taire tout autre sentiment. Tous les comtés et tontes les villes importantes du royaume demandèrent à grands cris un gouverne meut, capable de relever l'honneur des armes anglaises. Le duc de Ncweastle et Pitt étaient les deux hommes les plus puissants du pays. Luc alternative de victoires et de défaites les avait convaincus qu'aucun d'eux ne pouvait se
uiaiuteuii- seul. L'intérêt de l'État ei l'intérêt de leur propre ambition les poussèrent à se coiiliser. De leur coalition sortit lo ministère qui était au pouvoir lorsque Georges III moula sur le trône.
Plus on examine avec soin la composition de &; célèbre ministère, plus on a de misons de s'étonner do l'adresse ou du hasard qui avait combiné en un loi il si harmonieux il s éléments si variés et eu apparence si incompatibles. On voyait pour la première lois unis ensemble l'influence qui résulte de l'intégrité sans tache, l'influence qui résulte des plus viles manœuvres de la corruption; la force due ans relations aristocratiques, la force duc à l'enlbousiasme démocratique. Newcaslle apportait à la coalition un pouvoir immense que lui avaient transmis Walpolc et Pelbani. Les fonctions publiques, l'Église, les cours de justice, l'armée, la llotte, le service diplomatique, regorgeaient de ses créatures. Des gens nommés par lui représentaient les bourgs qui, longtemps après, Humèrent les mémorables cédules A et B. Les grandes familles whigs qui, durant plusieurs jjénéi a lions, avaient Été élevées dans la discipline des guerres de parti, et qui étaient accoutumées à marcher eu phalange serrée, le ronjmiaissaieul pour clief. Pill, de son côté, avait ce dont manquait Newcaslle, une éloquence qui remuait les fissions et charmait l'imagination, une haute répufcit ion de pui«té, la conliatice et l'aident amour des masses.
Les deuï ministres so partagèrent les diverses branche! du gouvernement il' une manière singulièrement heureuse. Chacun d'eus prit le département à l'administration duquel il était particulièrement apte, et ni l'un ni l'autre n'eut de propension à s'immiscer dans lcsaffairesdudé|>aiiemenlde seu collègue. Newcastle eut la Trésorerie, lo patronage civil et ecclésiastique, et lit disposition de la partie île; ibnds socrels imi était alors emplovéc à subvenlionncr des membres .lu Pari en ici il. Pitt fut secrétaire d'Étal chaîné de la direction de la guerre et des alïaires étrangères. Ainsi dans un canal s'écoutait la fange de tous leségouts nuisibles et pestilentiels du gouvernement; dans l'autre, passait seulement ce qui était brillant cl sans souillure. Les |>oliliques médiocres et
vaniteux qui visaient aux commissariats, ont bâtons d'or, aux rubans, encombraient la gronde maison qui lait le coin de Lincoin s Inn Fields. I„i apparaissaient, à chaque lever, dix-huit ou vingt paires de manches de lin, car il n'y avait pas, dit-on, un seul prélat qui ne dut à Newcastle son élévation ou quelque changement subséquent. Là apparaissaient ces membres île la Chambre des communes, dont les voles silcncieu* élaicnl. la principale hn:e du gouvernement. L'un dédirait une place dans l'K\cise pour sou sommelier ; un autre venait à pra|ios d'une prébende pour son fils; un troisième disait a voix basse qu'il avait toujours appuyé Sa Grâce et la succession protestante; que. sa dernière élection avait été tics-dispendieuse; que les Potwallopers 1 n'avaient maintenant plus do conscience ; qu'il avait été forcé d'emprunter sur hypothèque et qu'il ne savait comment faire pour se prociu-er cinq cents livres. Le duc leur pressait les mains, les serrait dans ses bras, leur donnait dit (tetites tapes dans le dos et les renvoyait, tantôt avec des gaies, laulùl. avec des proiiiesscs, Pitt se tenait fièrement à distance de ce ti alic, Non-seulement il était incorruptible, mais il reculait devant l'ignoble besogne de corrompre les autres. Cependant il n'avait point été vingt ans membre du Parlement et dix ans fonctionnaire sans avoir découvert par quels l'essorts marchait le gouvernement. I! savait parfaitement que ses collègues pratiquaient la corruption sur une vaste échelle. Haïssant cet usage, mais désespérant de le l'aire disparaître, et doutant
lut de fermer les yeux. Il ne voulait rien voir^ vien connaître, rien croire. Les gens qui venaient lui parler de parts dans des contrats lucratifs ou de moyens d'assurer une CoiTlisk corporation (Corporation de Cornouailles) étaient bientôt décontenancés par son arrogante humilité : ils lui faisaient trop d'honneur; de lois sujets étaient ao-dessii- de sa capacité; son gracieux souverain
1 Électeurs rl'ira bourg, où quiconque fait bouillir mi pot a droit .lu vêler. : Tr»d.)
écoutait, il <fst vrai , avec indulgence, ses pauvres avis touchant tas Militions et les traités; ses mlleL'iies miiiU^ceiulraient probablement à prendre son opinion, s'il s'agissait di: savoir qui serait chargé du commandement dans l'armée du Nord, ou i]ui serait nommé ambassadeur à Berlin ; mais il n'avait pas la moindre influence sur le sécrétai de la ïn'-orerio, et ne pourrait se hasarder à demander une place de Tidewaitev ' .
Il devait penl-ôti'c sa [Mipulai ilé autant à sa fastueuse probité qu'à son éloquence et à son talent pour l'administration de la guerre. Partout on disad, mec joie, cl admiration, que le grand Coiummier, u'iivaul aueun avantage de fortune ou de naissance, était devenu le premier nt.oien d'Angleterre, en dépit de la cour et de l'aristocratie ; qu'il avait l'ail de l'Angleterre le premier pays du monde; que , de Lisbonne à Moscou, son nom était prononcé avec respect dans [oui les palais; qu'il avait dos trophées dans les quatre parties du monde; que, cependant, il était encore William Pitt tout court, sans litre ni rubans, sans pension ni sinécure; que n'importe où il se retirerait, «près avoir sauvé l'État, il lui faudrait vendre son attelage et ses flambeaux d'argent ; que malgré la corruption si généralement répandue, ses mains étaient pures, qu'elles n'avaient jamais reçu, jamais donné le salaire do l'infamie. Ainsi lu coalition était, pourvue île toutes les qualités, hautes et basses, de la nature humaine ; elle était forte des forces réunies de la vertu et de Mammon.
Pill et Newcfislle avaient tous deus également rang de premier ministre. Les places -eeondaires avaient, été distribuées d'après un principe- qui consistait à faire entrer dans le gouvernement tous les partis et tontes les ombres de parti, sauf cependant les jacohites déclarés, c'est-à-dire tout hoimnc public qui, grâce à ses talents on à sa position, semblait devoir être utile par ses services ou formidable par son opposition.
Les whigs, en vertu r!i! ie que l'un [■iiii^-iilévjii I alors comme leur droit imprescriptible, mirent la part dil pouvoir de beaucoup In plus considérable. I.c pivot principal de l'administration était ro qu'on ] eut appeler la grande connexion ivliii;, connexion nui durant près d'un demi-siècle avait éfé presque toujours la puissance dmnmanle dans lf p:ivs, et qui p;i~-édail mie immense aulorïté à cause du nuy. du la fu r 1 1 1 1 1 i v , de l' in Aliénée, électorale, do lu pirfaile union de ses membres. A cette connexion, dent Ncwcosllr était le chef, appartenaient les liaisons de Cavendisii, de Lennoï, de Fitzray, de Bentinck, deMauners, de Conway, de Wentwoi th et plusieurs antres d'imeliaule distinction.
U y avait encore dem importantes connexions wliigs, qui, toutes deux, aumient pu former le nmau d'une forte opposition ; mais on trouva place pur toutes deux dans le gouvernement. Elles étaient connues sous les noms des Bedfords et dos firenvilles.
Richard Temple fiait le clic!" dos (ïrcnvillcs. Ses talents pour l'administration el.la discussion n'étaient pas d'un ordre très-élevé. Mais sa grande. fortune, san caractère litrliult-nf et saris scrupule, son infatigable activité, -on ImliileU': comme tacticien parlementaire éhonlé, taisaient de lui l'ennemi lo plus formidable que put avoir un ministère. Il fut nommé garde du sceau privé. Son frère Georges fut trésorier de la marine. On les supposait étroitement liés d'amitié avec l'itt qui avait, épousé leur sœur et était le mari le plus esclave de sa femme qui oïislftt.
Les Bedfords, on, comme les appelaient loin - ennemis, la bande de Bloomsbury, faisaient profession de suivi e John, duc de Bedford ; mais en réalité, ils In conduisaient un ils voulaient et trèssouvent le conduisaient où il ne serait jamais allé de son propre mouvement. I! avait iilusiciirs lionnes qualités intellectuelle- cl morales, et aurait certainement été un homme respectable, ucutèlro même un homme distinsué, s'il avait moins subi l'influence de ses ainis, ou s'il avait été plus heureux eu choisissant ceux-ci. Quelques-uns d'entre eux, il est juste de le dire, étaient des gens
de talent : mais, à cela, mous le cmiiiuuns, doit se borner leur «loge. Sandwich et Higby étaient d'habiles itebaters, de joyeux compagnons, d'adroits intrigants, des mailres en matière de broeantage électoral, dos homme* d'une honteuse immoralité' dans la vie publique et (Lins la vie privée, Wegmouth avait une éloquence naturelle i|ui parfois étonnait oeuv qui savaient combien peu il avait Étudié. Mais il riait indolent et dissolu, et il avait de bonne heure compromis une belle i'oi lnue rn iibnsatil des dés, et une bolle constitution eu abusant de la bouteille.. La richesse et la puissance du duc, les la lents et l'audace de ses adhérents mesura IrLr concours. Leducfut nommé lord lieutenant d'Irlande, Ri^hv fut son secrétaire, et le parti tout entier appuya avec docilité les mesures proposées pur le gouvernement.
Deux hommes, William Muri'av et Henri Fox, avaient paru, peu de temps aupara vaut, en situation de disputer à Pitt les fonctions de leader de. la Cl ri n dire des niiuiuuues. Mais Murray avait été relégué â la Clfcimbrc des lords, et il était Ch ici-justice du Banc du roi, Foi était encore, il est vrai, à la Chambre descommuncs; mais on avait trouvé le iuom u d'obtenir sinon son appui vigoureux, du moins son acquiescement silencieux. C'était un liomitio pauvre : c'était un père plein de faiblesse. La place de Paymaster gênerai, |teudunt une guerre dispendieuse, était à rotte époque le poste le plus lucratif ipii lut à la disposition du gouvernement. Cette place fut donnée à Fox. La perspective de faire on peu d'années une magnifique fortune, et d'assurer amplement l'a venir de sou cher lils Charles lut pour lui une tentation irrésistible. C'était, à la vérité, erandeiin'iil déchoir que dVce|>ter mie position secondaire, quelque avantageuse qu'elle Fût, après avoir été le leader de la Chambre des communes, après avoir été chargé de composer un ministère. Hais Fox n'était pas doué d'un sentiment délicat de la dignité personnelle.
Nous n'avons pas le loisir d'evaminer tous les hommes marquants qui furent, a un titre quelconque, attachés au gouverne-
ment. Nous pouvons citer le- noms de. Ilardwirke, réputé le premier jurisconsulte ilu siècle; de Le^e, réputé le premier financier du siècle; d'Oswald, esprit prompt et pénétrant; deNugent, audacieux et spirituel, de Charles Towrishend, le plus brillant et le plus versatile des hommes; d'Elliot, de Barringlon, de North, de Pralt. En vérité, si notre mémoire nV-st p;is en défunt, il n'y avait à la Chambre des communes que deux hommes d'un talent remarquable rpii n'appartinssent pas au gouvernement, et ces déni hommes étaient placés si bas dans l'estime publique que le seul service qu'ils pussent rendre il un gouvernement, n'était de lui faire de l'oppo.-ilion. Nous voulons parler de lord Georges Sackoville et de llubb Doddingkin,
Bien c|ue la plupart des hommes en place et tous les membres du cabinet fussent des whigs reconnus, les tories ne lurent en aucune façon exclus des emplois, l'il.t avait gratifié quelques-uns d'entre eux de commandements dans la milice : ces commandements augmentaient leurs revenus f't leur influence dans leur comté, et ils étaient, en conséquence, mieux disposés qu'ils ne l'avaient jamais été depuis la mort de la reine Anne. Quelques membres de ee parti continuaient encore de murmurer en prenant leur punch au Cocoa Tree; mais à la Chambre des communes, il n'y avait [ias un seul de ces mécontents qui osât lever les yeux au-dessus de? boucles do souliers de Pitt.
Ainsi, il n'y avait absolument aucune opposition. Bien plus, il n'y avait aucun signe qui permît de deviner de quel coté une opposition pouvait vraisemblablement s'organiser. Il s'écoula plusieurs années durant lesquelles le Parlement semblait avoir renonce à s» principale mission. Les procès-verbaux de la Chambre des communes, pcndmd i|u;.!ro sessions, ne. foui pas mention d'un seul vote sur une question de parti. Le budget, quoique supérieur à tout ce qu'on avait vu piéeédomuient, iiit voté sans discussion. Les débats les plus aminés de cette période portèrent sur des bills relalils à des routes et sur des hills relatifs à de* clAfmes.
Le vieux roi était content, et l'on se souciait peu qu'il le lût ou non. Il lui aurait été impossible de se débarrasser d'un ministère aussi puissant, alors même qu'il eût été enclin à le iàirc. Mais il n'en avait mille envie. Il avait eu naguère, il est vrai, île fortes préventions contre ht!, et avait été maltraité à plusieurs reprises par Ncwcastle. Mais la vigueur cl le succès avec lesquels la guerre d'Allemagne avait été conduite, et Li facilité avec laquelle toute alfaire publique était menée à bonne tin, avaient amené un changement lavorable dans l'esprit rayai.
Tel était l'état des choses, lorsque, le 25 octobre 17GI), Georges II mourut subitement, et George- III, âgé de vingt-deux ans, devint roi. La position de Georges III dînerait énormément de celle de son aïeul et de celle île son bisaïeul. Il y avait bien des années qu'un roi d'Allglctci re ;iv;iil. été un objet d'affection pour
souvent ont suppléé au mérite, ni ces qualités |iersonnelles qui souvent ont suppléé au\ I lires. Un prince qui a peu de vertu ou de capacité peut-être populaire, s'il règne comme héritier légitime d'une longue suite de prédécesseurs illustres. Un usurpateur peut être populaire si son génie a sauvé ou rendu plus grande la nation qu'il gouverne. Il n'y a peut-être pas eu de souverains qui, de nos jours, aïeul inspiré autant d'aifoo.lioti à leurs sujets que l'empereur François et son gendre l'empereur Napoléon ; mais qu'on imagine un souverain n 'avant pas plu; de titres que Napoléon et pas plus d'inlclligerice que François! liichard Cfomwell était un souverain de cette espère, et, dès qu'un bras fut levé contre lui, il tomba sans la moindre tentative de lutte, au milieu de la risée universelle. Georges I" et Georges II étaient dans une situation assez senibl.il i!e à colle de Itieliard Grotuvvel] : S'ils n'eurent pas le même destin qm 1 Milliard OomwHI. c'est grâce aux vigoureux et intelligents efforts du parti wbig et » la conviction où l'on était en général que la nation n'avait à choisir qu'entre la maison de Brunswick et le papisme. Mais il n'y avait pas de classe