tie.iui.-onp l
il pour lui. Sans titre, sans
ioi'tmio, s.ims iiiiliiiin:i
' électorale,
liai du roi, liai de l'aristo-
ei'atie, il était devenu u
il personnage
(li' première importance dans
l'Etat. Il lui avait été permis de former un ministère et de prononcer une sentence d'exclusion contre tous ses rivaux, contre le nobleman le plus puissant du parti wbig, contre le debater le plus habile de lu Chambre îles eo unes, cl maintenant il s'apercevait qu'il était allé trop loin. La constitution anglaise n'était p;is
de. la nation pouvait ni rendre redoutable un liomme d'Iitat placé à la tète de l'opposition, l'accabler de parchemins glacés et encadrés, de boîtes d'or, et peut-être, dans quelque cas particulier, semblable à celui de l'année préeé'loule. le porter pour un certain temps au pouvoir; mais avec un Parlement composé comme l'était celui d'alors, le favori du peuple ne pouvait compter sur uue majorité clans la Qinnke propreiii' i:l dite de ce peuple. Le. duc de Newc^istle, ipulpie méprisable mi'il Sut par ses mœurs, par ses manières el par sou intelligence, était un ennemi dangereux. Son rang, sa idrlutie, son inllueuce parlementaire sans rivale, en auraient seuls l'ait un lu m une inipoi I mit, mais ce n'était pas tout. 1,'arislor ratio whig le regardai! comme son ebef. Sa longue possession du pouvoir lui aiait donné une espèce de droit imprescriptible à Je posséder encore, La Chambre des communes avait été élue pendait! qu'il était aux a flaires. Les membres ]iour les bourgs iiiiiii-.lérieK .iv.iienl clé nommé- ta'àec à lui ; la plupart des lia ici ions publiques était u! remplies par ses créatures.
Pilt désirait le pouvoir, cl des motifs élevés il généreux, nous
. il était patriote x;tte pliibnlhv.ijm' i]uc les grands écrivains li'aiicais de t. elle époque prêchaient à toute les nations de l'Europe. 11 aimait l'Angleterre comme un Athénien limait la ville a la couronne violette, comme un Romain aimait la ville aux sept collines. Il voyait sa patrie humiliée ri vaincue, il vmiiif ! 'esprit m:i1 imi.it (lispiv; ilrs. 19 -nv.siî ce. qu'on pouvait obtenir avec le- ressoi lires do l'k'at.. si elles étaient vigoiirousenienl employas, et il >o sentait capable de les employer vigoureusement. « Milord, dit-il, au duc de Devonshire, je suis sùr que je puis sauver ce pays, et que personne antre ne le peut. »
Désirant donc être au pouvoir et comprenant que ses talents el la confiance publique n'étaient pas suffisants pour l'y maintenir contre le gré du roi et de l'aristocratie, il commença à songer à une audition avec Newcuslle.
lorale, un patronage considérable et des fends secrets pouvaient être, on temps île paix et de tranquillité, loutre dont un ministre avait besoin. Mais il eût été dangereux de se fier absolument à un tel appui, en temps de guerre, de mécontentement et d'agitation. La composition de la Chambre des communes n'était pas uniquement aristocratique, et, quelle que soit la composition des grandes assemblées délibérantes, leur esprit est toujours, à un certain degré, populaire. Là où la discussion est. libre, l'éloquence doit avoir ses admirateurs, la raison luire des prosélytes. U oil la presse est libre, les youvi'niant- doivent vivre dans 1111 respect constant de l'opinion des gouvernés.
Ainsi ces deux hommes, si ditTérents de caractère, naguère ennemis si déclarés, étaient 11 ères-; (in' s l'un à l'autre. Newcastle était tombé en novembre, faute de (rite umlianee publique mie Pitt possédait el de cet appui parlementaire que mil, mieux, que
WILLIAM PUT
Pitt, n'était à même du donner. Pitt était tombé eu avril, faute de cette espèce d'influence que Newcasllc avait passé sa vie à acquérir et à accroître. Aucun d'eux n'avait assez du puissance jiour se soutenir seul; chacun d eux avait assez de puissance pur renverser l'autre. Leur union serait irrésistible ; ni le roi, ni un seul parti dan* l'I'il.al. ne serait capable de tenir contre eux.
En de telles ci rrons tances, Pill riait loin de vouloir eu venir à îles extrémités envers cens qui l'avaient précédé au pouvoir. Uuclque chose cependant éleit dû à la dignité île son caractère, et quelque chose était nécessaire |iotir la conservation de sa popularité. Il fil peu, mais ce |icu il le fil de manière à produire un grand ellèt. Il se transporta à la Cliaiobio dans lent l'appareil d'un goutteux, les jambes enveloppées de flanelle, le bras en écharpe. Malgré ses souffiances il ne quitta pas son siège pendant sept jours fatigants. Il prononça quelques phrases mordantes et véhémentes; mais durant presque toute la di>ciissiun sou langage fui d'une douceur inaccoutumée.
L'enquête s'étant terminée sans vote d'approbation ni de censure, le priuci|ial obstacle â une coalition était levé, mais plusieurs autres subsistaient. Le roi en était encore à se réjouir d'èlre délivré du ministre fier et ambitieux qui lui avait été imposé par !e cri de la nation. L'indignation de Sa Majesté fut portée à son comble quand il tut évident (pie Newc-istlc qui, |iendaiit treille ans, avait reçu d'innombrables marques de la faveur royale, et s'était engagé par eue promesse solennelle à ne jamais se Coaliser avec Pitt, méditait une nouvelle jwrlidîe. Fox était de tous les Itommes d'Étal contemporains celui que prêterait le roi, et ce dernier trouvait que l'alliance de Fox et île Neweastle était la plus souhaitable combinaison. Mais le due était trop rusé pour donner dans un pareil piège. Connue orateur parlementaire, Fox aurait peut-être pu, eu somme, être aussi ulile à une administration que son célèbre rival, mais il était un des hommes les plus impopulaires de l'Angleterre. Neivca-lle ressentait eu outre contre Fos cette jalousie qui, selon le proverbe, existe généralement entre
ÎHI HISTOIRE LIT QMTIQOE.
gens de la même profession. Fin voudrait certainement s'immiscer dans le département que \eweastle était, le [îlus désireux de conserver pour lui seul, dans le ik'p; i [-It î [huj t de la corruption, et Pitt était tout prêt h laisser culte i-iiobli: Issunt à quiconque aurait envie do s'en charger.
rot la hauteuTde Pitt, la jalousie, h légèreté et la fourberie de
pour se livrer et ne pas prendre se- sûretés. Le due aimait trop le pouvoir pur donner volontiers de- sûretés. Tandis qu'ils hésitaient ainsi, le roi tentait en vain d'amener cuire eux une rupture définitive, ou de former un gouvernement sans eux. 11 s'adressa une fois à lord Val déprave, homme -<usihle il honnête, mais n'ayant pas l'habitude des affaire--, i.urd Waldegrave eut le courage d'accepter la T ré- ure rie, ni;ns il .^'aperçut bientôt que nulle administration organisée par lui n'aurait la moindre eilance de subsister une seule semaine.
A la fin, l'obstination du roi céda devant les exigences de la situation. Sa Majesté se soumit, après toutefois s'être récriée avec beaucoup d'amertume, et mm sans quelque justice, sur la conduite des whigs, qui auraient dû, dit-elle, ét.ic honteux de parler de liberté, alors qu'ils consentaient à être les laquais du duo de Ncwcastle. L'inftiienuu de la maison de l.eicestcr engagea Pitt a rabattre un peu, niais seulement un peu de ses prétentions, fit tout à coup, du chaos dans lequel un avait vu pendant quelque temps les partis s'élever, tomber, s'unir, se diviser, surgit un gouvernement aussi fort à l'intérieur que celui de Pelliam, aussi heureux au dehors que celui de Godolpbin.
Newcustle prit la Trésorerie. Pitt l'ut Secrétaire d'Ëtal, leader de la Chambre de- nimimuirs, dir. elcur suprême de lu guerre et
de l'embarras an nouveau gouvernement, l'ut réduit an silence moyennant la place île Paymaster ofthe Forces qui, en temps de
WILLIAM PUT
guerre, était probablement l'emploi le plus lucratif tic tout lu gouvernement. Il était painre et la |>laee l'Iiiil tentante; ec[>onilanl ou ne peut s'empcrbcr de trouver extraordinabe qu'un homme, qui, en politique, avait joué un rôle do premier ordre, et dont les ta lente n'avaient [mini puni au-dessous de ce rôle, qui avait lait partie du cabinet, qui avait été leader de la Chambre des communes, qui, à deux reprises avait été chargé par le rai de former un ministère, <(ùi était regardé comme le rival de Pitt, et qui sembla nue Ibis devoir en être le rival heureux, ail consenti, grâce à de beaux émolument-, à prendre une pince subordonnée, et à voler silencieusement peur toutes les mesures d'un gouvernement au\ délibérations duquel il ii'étail punit admis.
La vigueur, plus que le bon sens, <:a raclé ri sa les premiers actes de la nouvelle adnihusl ration. Ile- expédition- furent envoyées sans grand succès contre di If. -rente- pallie- des eiites de France. Lu petite ile d'Aix fui. prise ; llorliclnrl liit. jueuiu é, quelques vaisseaux furent brûlés dans le poil de Samt-Malo, quelques canons et quelques mortiers des fort i beat ions de Cherbourg furent rapportés comme trophées. Mais bieiilùl de- conquêtes d'une tout autre espèce rempliveul le royaume de jr.ie et d'orgueil. Une suite rie victoires assurément brillantes et, cio;;iit-oii, profitables, éle-
;"l la conduite de la guerre. En juillet 1758, Louisbourg se rendit, on s'empara de 111e du cap Breton. La Ûotteù laquelle la cour de Versailles avait confié la défense, de l'Amérique française lut détruite. Les dnq eaiix enlevés à l'ennemi furent portés en grande pompe du palais de Keiisiugtun ;i la Cité, et suspendus dans l'église Saint-Paul, au bruit des tambours et du canon et aux acclamations d'une, multitude immense. Ile- adresses de congratulation vinrent de toutes les grandes villes d'Angleterre, Le Parlement se féunit uniquement pour voter des remerciments et des monuments, et |>our accorder, sans le moindre murmure, des crédits plus que doubles de ceux qui avaient été accordés pendant la gueire de l'Alliance générale.
îfifi histoire If eut Tique.
L'anniel 759 débuta par la conquête Je Gorée:la Guadeloupe fut |nise,piusTiconderoga,puisNiagara.Boscawen défit complètement l'escadre de Toulon à la hauteur du cap Lagos; niais !e plus grand exploit de l'année fut la bataille où périt Wolfc, sur les hauteurs d'Abraham. La nouvelle, de la mort glorieuse de ee général et de la chute de Québec arriva à Londres dans la semaine même de l'ouverture des Chambres. Tout était joie et triomplic. L'envie et l'esprit de faction lurent forcés de prendre part à l'applaudissement général. Whigs et Tories ri vaudrait île louanges pour le ' génie et l'énergie de i'AL On ne p;n-l;ii[ jamais de ses collègues; «ii n'y pensait mémo pas. La Chambre des communes, la nation, les colonies, nos alliés, nos ennemis avaient les veux fixés sur lui seul.
Le Parlement avait à peine volé un monument à Wolfc lorsqu'un nouvel événement e*ciU une joie nouvelle. La flotte de Brest, que commandait Conilaus, avait mis à la voile. Elle fut attaquée par une escadre anglaise sous les ordres de Hawlte. Confiais essaya de se niellre en sûreté le lony des eûtes de France. Le rivage était hérissé de rochers : la nuit était noire, le veut était furieux, les vagues de la baie de Biscaye étaient très-fortes; mais l'ill. uvisil «unmuniqué à eliaque branche du service un esprit qui avait été longtemps inconnu. Aucun marin anglais n'avait envie de commettre une erreur pareille à celle de Bjng. Le pilote dit a Hawko que l'attaque ne pouvait s'effectuer sans les plus grands dangers, i Vous avez rempli votre devoir en me faisant cette observation, dit Hawkc. Je répondrai de tout. Je vous ordonne de me conduire vers l'amiral français. » Dcus vaisseaux français échouèrent, quatre furent détruits; le reste se réliigia dans les rivière- île Bretagne.
Vint l'année 1760; et avec elle vinrent encore de nouvelles victoires. Montréal fut pris. Toute la province du Canada fut subjuguée. Les flottes françaises essuyèrent une suite de désastres dans les mers d'Europe et d'Amérique.
En même temps s'étaient accomplies dans l'Inde des conquêtes égalant en rapidité el surpassant en grandeur eelles de Gorlci et
WILLIAM P1TT
Je Pizarre. En l'espace de trois ans l'Angleterre avait fomlf 1111 puissant empire. Les français avaient éd' défaits >nr Ions 1rs points de l'Inde. Chandernagor s'était rendu à Clive, Pondichéry a Conte. Dans toute la province de Bengale, Bnliar et Orissu, et dans le Cainalie l'autorité de la Compagnie des Indes orientales était plus absolue que ni. 1 l'avait jamais été celle d'Achat' et d'Aurrungzebe.
En Europe, les Anglais avaient contre eux l'av;ititiigo du nombre. Nous n'avions qu'un allié important, le roi de Puisse, et il était attaqué non-seulement par in France, mais encore par la Russie et par l'Autriche. Cependant sur le continent l'énergie de Pitl triompha aussi de toutes les difficultés. Lui qui avait condamné avec tant de véhémence l'usage de soudoyer des princes étrangers, il pratiqua ce système beaucoup plus que Carkret n'aurait osé le faire. L'actif et habile souverain de la Prusse reçut des secours pécuniaires suffisants pour être à même de continuer la guerre sur un pied d'égalité contre ses puissants adversiiires. Pitt n'avait jamais parlé sur aucun sujet avec autant d'éloquence et d'anleur que sur les inconvénients de la connexion hanovrieime. Il déclara, non sans une. fui te apparence île raison, qu'il serait indigne du peuple anglais de souffrir que son roi fût dépouillé de ses domaines électoraux dans une querelle anglaise. Il assura à ses compatriotes qu'ils n'y perdraient pas et qu'il leur conquerrait une Amérique en Allemagne. Ku agissant ainsi, il se concilia le roi, et ne vit diminuer en rien son influence sur la nalion. L'ascendaut que lui acquirenl dans le Parlement son cloqugnec, ses succès, sa haute position, sa fierté et son courage intrépide, fut si grand qu'il se pennit envois la Cliambre des libertés dont jusqu'alors il n'y avait eu aucun exemple et qui depuis ne se sont jamais renouvelées. Là nul orateur ne pouvait se liasariler à lui reprocher ses inconséquences. Un infortuné membre fit celte tentative: l'altitude dédaigneuse du ministre 11; déeoncorlo tellemeul qu'il balbutia, s'arrêta court et se rassit. Mémo les vieux gentilshommes campagnards tories, auxquels le nom seul du Hanovre
m histoire et cmtiQUK.
avait été odieus, donnaient franchement leur assentiment aux demandes de subside qui se succédaient les unes aux autres. Dans une vive satire du temps, hi-ancoiip plus vive que délicate, celle conversion esl décrite assez heureusement :
Ils tic firent plus un flddte-fMdlr (murmure ironique}
Pus rkYnnlagi! à .h;s !n.;Hjri's rantiiu'iiliilt's
,l.ivni:t'i;c !;■: ilissipliui] ili's tn'ïûrs arj^liiis : lJiï rnii'iiiiri-, ni un vote île crédit 1 C'est iiien I II ne ueut avilir tort teiui qui a fait cola.
Pilt avait pris relativement au continent de vigoureuses masures dont le succès fut tel qu'on pouvait s'y attendre. Quand il était arrivé au pouvoir lf Hanovre fuit dans un danger imminent, et il n'y avait pas trois mois qu'il finit en ['onction que tout l'électoral était aux mains îles français. Mais la faco dos choses changea bientôt. Les envalii:-seiu; lurent i ■ -poncés. lue armée, composée partie d'Anglais, partie rie llaiiovvieus, partie de soldats fournis par les petits prince- il'AlItmii.uiio, fui. placée -ous le commandement du prince Ferdinand île Iîrimswick. Les Français furent batlus à Crevelt en 1758, puis en 1759 à Miniien uù ils éprouvèrent une défaite encore plus complète el encore plus humiliante.
La nation offrait tous 1rs situes de la richesse et de la prospérité. Los marchand:- de Londres n'avaient jamais fait de meilleures affaires. L'importance do plusieurs m ; iirlc- villes commerciales et maiiiifacliirièrcs, rJotiLisi/ow on particulier, ilati; de celte époque. D'après la belle, inscription jrruvé.e sur le tombeau de lord Ch'atham, à Guildhall, l'opinion jjfm'r.ile. des citoyens de Londres a été que sous l'administration de Pitt le commerce fut ir associé à la guerre et par elle rendu florissant, s
11 faut avouer que Ces signes de prospérité étaient, jusqu'à un
les frais nécessités par la gnen e n'enlraieut jamais dans les eon-
WI1.UA» NTT.
sidéralions do dit. I'ln it-i' itu serait-il plus exacide dire que le plaisir qu'il ami! à remporter dos victoires croissait ou proportion des sommes qu'elles ; eïignaient. Tout différent des autres Iwmrnes
sait la nation sous sou administration. Il était fier des sacriliccs auxquels son éloquence il ses succès avaient en traîné ses compatriotes. Les charges an prix desquelles il aelicta de loyaux services et de complets, triomplies, quoique bien moins louriles que celles qu'imposa son (Ils, le plus prodigue et le [dus incapable des ministres de la guerre, pour n'aboutir qu'à la trahison, à la défaite et à 11» honte., pesèrent longtemps et rudement sur' la
Même comme ministre île l.i j/ucîti:, c'est à peine si l'ilt a droit ;t Ion- les éloges dont le roiiiijléivnl -es contemporains. Nous no pouvons, — peut-être est-ce ignorance de notre par[, — découvrir dans ses actes qurlqui- ;-jiji.u i ru-c de combinaison profonde, ou habile. Plusieurs de ses expéditions, particulièrement celles qui furent envoyées cou In; les cèles île. Fiance, furent à la fois coûteuses el absurdes. Nos conquêtes indiennes, bien qu'elles aient ajoute' à la splendeur île la période durant, laquelle il a été a la léte des affaires, ne lui sont pas dues, H avait sans contredit une grande énersiie, une ^r.mde viiionté, de grands nunens pei— sonnels. 11 avait un caractère entreprenant, et, placé comme il l'était, il n'avait qu'à obéir à son caractère, l'our chacune de ses tentatives il pouvait compter sur la fortune et sur la valeur d'une nation brave et riche.
11 mérita cependant, S un point de vue, tons les éloges qu'il
n aies et de l'esprit national. Mais si l'esprit national ne l'ut pas an-dessous des circonstances, si les ressources nationales furent prodiguées avec une bonne volonté sans exemple, c'est évidemment à lui qu'on le doit. L'ardeur de son âme avait mis en feu le royaume tout entier. Elle enflammait chaque soldat qui traînait
iiisToinK et critique.
le canon sur les hauteurs do Québec, chaque marin qui abordait les vaisseau* français un milieu des rochers do l;i Bretagne. Le ministre était depuis peu de. loiups au pouvoir, qu'il avait déjà rendu le caractère dos chefs ijn'il employait aussi impétueux, aussi avriilnroiiï, aussi audacieux que. lo sien propre. Ils étaient ainsi que lui disposés à iout risquer, à jouer quitte ou double jusqu'à la fin, à penser que rien n'était fait tant qu'il restait quelque chose à faire, à périr plutôt que de ne rieu tenter. Pour des fautes résultant d'un excès do témérité il pouvait y avoir de l'indulgence, pour dr.~, fautes résiliant d'nn , u è-. de circonspection, pour des fautes du genre de celle de loiil Georges Sackeville, il n'y avait aucune merci. Dans d'autres temps et avec d'antres ennemis, cette manière de faire la guerre n'aurait peut-être pas réussi. Mais l'état du gouvernement français et de la nation française donnait tout avantage a Pitt. La vigueur de celui-ci effrayait et déroutait les petits-maîtres et les intrigants de Versailles. Toutes les classes de la suciélû étaient frappées de panique. Nos ennemis en étaient promptemeut venus à regarder comme inévitable d'être toujours battus. La victoire engendrait la victoire, de telle façon que partout où les années dos doux nations se rencontraient, il y avait d'un côté une confiance méprisante, et de l'antre une teneur profonde.
A la fin du règne de Georges II, Pitt était dans une situation plus enviable que celle où (ht jamais aucun homme public on Angleterre. Il s'était concilié le roi; il régnait en maître sur la Chambre des communes; il était adoré du peuple; il était admiré de l'Europe entière; il était lo premier Anglais de son temps, et il avait fait de l'Angleterre le premier pays du monde. Le grand Commoner, nom par lequel on le désignait souvent, j>ouvait de sa haute position jeter un regard de dédain sur les couronnes comtales et ducales et sur les jarretières. La nation était ivre de joie et d'orgueil. Le Parlement était aussi tranquille qu'il l'avait été sous Pclliam. Les vieilles distinctions de partis étaient presque efiacées, et n'étaient pas encore remplacées par des distinctions
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plus importantes. Il y avait uni? nouvelle génération de squires et de recteurs campagnards ([ni ne connaissait pas les Sluarts. Les dissidents étaient, toléré.; lis catholiques n'étaient pas cruellement persécutés; l'Église sommeillait et se montrait indulgente. Le grand conflit civil et religieux qui avait commencé à la Béformation semblait finir au milieu d'un repos universel. Whigs el tories, anglican* cl puritains parlaient avec un égal respect de la (^institution, et avec un égal enthousiasme des talents, des vertus et des services du ministre.
Quelques années suffirent pour tout changer. Une nation déchirée par l'esprit de faction, un trône en butte aui plus violentes invectives, une Chambre des communes haïe et méprisée de li nation, l'Angleterre levée contre l'Ecosse, la G ran de-Bretagne contre l'Amérique; une législature rivale siégeant au delà de l'Atlantique; le sang anglais versé par les baïonnettes anglaises, nos années capitulant, nos ennemis se hâtant de tirer vengeance de leur humiliation passée; notre pavillon à peine capable de -e faire respecter même dans les mers qui baignent nos cotes, tel fut le spectacle que Pitt put voir avant de mourir. Mais l'histoire de cette grande révolution exigerait plus d'espace qu'il ne nous en reste. Nous laissons le grand Commoner au zénith de si gloire. 11 n'est pas impossible: qm: nous saisissions quelque autre occasion de raconter sa vie jusqu'à son dernier jour, triste, mais non sans gloire.
LE
COMTE DE CHÀTHAM
OilTaspolldaurr ilf William l'iil. ramlf de Cliattiiiiii. -ivol, in-R°, Londres, 1840.
I.ellft's d'Horace M'admis, .'<>mtt> d'ili-finil, à H .irai? Mann. 4 vol. ia-%; Londres, IMS-M,
la vie politique du ^i'iuhI Ion! Oinlliani, .Nous Eionsarr(*Lïmes alors à hi mort de Georges II, avec l'intention île reprendre bientôt notre lâche. Des eireonskuircs qu'il serait fastidieux de rapporter ici nous ont longtemps r-m|jt;r.!ié de metlre notre projet à exécution. Nous ne pouvons le VL'pvtler. Cm; minparés à ceux que nous possédons nettiellemi'iil , les niiitériam que nous avions à
cieuses sources d'inliinnalions, enrore iuterdiles lui publie, nous ne saurions nous ilissiiiudir qui'- l'Induire des di\ premières années du rèfiiie de Georges III no nous est connu qu'imparfaitement. Nous croyons néanmoins que nous sommes à même de mettre sous les yeux do nos lecteurs mi récit qui ne sera dépourvu
LE COMTE DE CHATlliM.
ni d' enseignement ni d'intérêt. Nous revenons donc avec plaisir à
Nous avons laissé Pilt an zénitli de lu prospérité el de ta gloire, l'idole de l'Angleterre, la terreur de lii France, l'admiration du monde civilisé. De quelque côté que vint le vent, il apportait à l'Angleterre des nouvelles île batailles gagnées, de forteresses prises, de provinces ajoutées à l'empire brilanuique. A l'intérieur les partis étaient plongés dans un état léthargique sans précédent depuis l'époque où l'esprit public avait été lire île sa torpeur par le grand schisme rcli^iem du seizième siècle.
Pour bien iaire comprendre les événements que nous avons à raconter, il est bon que nous examinions les causes qui pendant un certain temps avaient eu apparence calmé l'ardeur des deux grands partis anglais.
Si, rejetant tout ce qui cl [inreuicn! accidentel, nous nous attachons aux traits vraiment caractéristiques du Wliig et du Tory, nous pouvons considérer charnu d'eux comme le représentant d'un grand principe essentiel à la prospérité des nations. L'un est d'une façon spéciale le gardien de la liberté, l'autre le gardien de l'ordre. L'un est la puissance motrice de l'État, l'autre la puissance conservatrice. L'un est la mile sans laquelle la société ne ferait aucun progrès; l'autre est le lest sans lequel on ne serait guère: eu siivdé l],iii> mir teiiipéte. illais iliirmil les quarante-six aimées qui siiivjrwii l'avéoeme'it r'e la ncu-on de Hanovre, rvtraits distinctifs semblèrent s'effacer. Le Wbig pensa qu'il ne pouvait mieux servir la libel lé civile et rdiuieit-e qu'eu soutenant vigoureusement la dynastie p roi est an le. Le Tory pensa qu'il ne pouvait miens prouver sa haine des révolutions qu'en attaquant un gouvernement issu d'une révolution. Tous deux finirent, peu à peu, par tenir plus de compte (tes moyens que du but. Tous deux se trouvèrent jetés dans des Mtualious ennlraires à leur nature, et tous deux, comme des animaux transportés sous un climat antipathique à leur constitution, languiront et dégénérèrent. Le Tory éloigné du soleil tic la coin 1 était comme un chameau
HISTOIRE Bt CRITIQUE
au milieu des neiges de la Lapouie; le Whigse chauffant aux rayons de la faveur royale étuil comme un renne au milieu des «iilili's il>' l'Arabie.
Dante raconte i (il 'il vit dans le .lhlolioge un wmbat étrange entre une figure humaine et un serpent. I/ss doux adversaires, après s'être fait de cruelles blessures, s'arrêtaient nu instant et se lançaient des regards terribles. Un grand nuage les entourait, et alors commençait une étonnante métamorphose. Chacun de ces êtres prenait la forme de sou antagoniste, La queue du serpent se partageait et se changeait en deux jambes; les jambes de l'homme s'entrelaçaient et se changeaient en queue. Du corps du serpent sortaient deux bras, et les deux bras de l'homme rentraient dans le corps de celui-ci . Enfin le serpent devenait homme v et parlait, l'homme ilevniait serpent lJ rampai! oit sifflant. Quelque chose de semblable arriva aux deux partis anglais pendant le règne de Georges 1". Chacun d'eus prit graduellement la couleur et la forme de sou ennemi, à ce poinl OW le ïoTJ se leva en défenseur zélé de la liberté, que le Whig rampa et lécha la poussera aux pieds du pouvoir.
Il est vrai que ces politiques dégénérés quand ils discutaient sur des questions purement spi'culiilivi-., priiinpiilemcnt quand ils discutaient sur des questions relatives à la conduite de leurs ancêtres respectifs, semblaient encor'e différer autant entre eux que l'avaient fait leur.- ancêtres, l.e Whig qui peiulant trois législatures, n'avait pas émis un seul vulo contre la cnur, et qui était prêt a vendre son âme pour le Comptroiler' s staff {Bâton de contrôleur) ou pour la Gréai uiardrobc iCrande L'inde-robe), prétendait encore devoir ses doctrines politiques a Locke et à Millou, nouerait encore la mémoire de Pym et de llampdeu, et te 51 janvier buvait encore volontiers, d'abord a l'homme masqué, puis à celui qui aurait agi du mu'usc sans masque. Le Tory, de son côté, tout eu injuriant le dnux et modéré Walpolc, tout en le traitant d'ennemi mortel de ta lilierté, ne pouvait trouver rien â blâmer dans la tyrannie de fer de Stralford et de Laud. Maïs quelque ju-