LE COMTE DE CHAT 11* M
résolu que, longtemps avant lu future session, lord Rockingham aurait cessé d'être ministre.
Il nous faut maintenant en venir à une partie île notre histoire que, vu notre admiration pour les nombreuses et nobles qualité* île Pilt, mous ue pouvons rapporter qu'avec beaucoup de peine, fious croyons que Pill était 'i même, dans telle cireotistauee, de donner la victoire suit aux ivlii^'s, suit aux Amis iln roi. S'il était devenu l'allié intime de lord Rockingham, qu'aurait pu faire la cour? Il n'y aurait eu qu'une alternative : leswhigs ou Grenville, et il était facile de prévoir quel serait le choix du roi. Le roi se rappelait encore parfaitement et non sans la plus vive amertume l'esclavage dont son oucle l'avait affranchi, et vers ce temps il disait avec une grandi' véhémence qu i! aimerait mieux voir entrer le diable dans son cabinet que Grenville.
Et qu'y avait- il qui put empêcher l'iil. île devenir l'allié de lord Kuckingham?Snr toutes les questions principales leurs opinions étaient identiques. Ils avaient été d'accord pour blâmer la paix, le Stamp Act, les Generut-Warrants, h saisie des papiers. Les points sur lesquels ils différaient étaient peu nombreux et de nulle importance. Ils se ressemblaient l'un à l'autre par l'intégrité, le désintéressement, la haine de la corruption. Leurs intérêts personnels ne pouvaient se heurter. Ils siégeaient dans deux Chambres distinctes, et Pitt avait toujours déclaré que rien ne le déciderait à être premier lord de la Trésorerie.
Si on laissa échapper l'occasion de ibriuer une coalition utile à l'État et honorable pour ceux qui eu auraient fait partie, la faute n'en est point aux ministres «in.- Us se conduisirent envers Pitt avec une obséquiosité qu'on aurait pu appeler servile, si elle n'avait été le résultat Je leur -.incère admiration pour lui et de leur anxiété relali'eiueul ,uix affaires publiques. Ils lui donnèrent plusieurs fois à entendre que, dans li ras où il consentirait à se joindre à eux, ils étaient prêts à le considérer, non comme un collègue, mais comme un chef. Ils lui avaient prouvé leur respect en eoniéranl la pairie à la personne en qui, à celte é|>oqiie, il
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avait le plus <lc confiance, nu C bief-justice Priilt. Qu'y avait-il ilonc qui pût séparer Hittite wliigs? D'autre jiart, qu'y avait-il de commun entre Pitt et les Amis du roi, pour qu'il te prêtât à leurs desseins, lui ijui n';iv:iit jamais rien dù :'i la flatterie ni à l'intrigue, lui dont l'Êloinipuce rl l'esprit indépendant avaient maîtrisé deux généraliiins dV.-chves et d'agioteurs, lui que les vœux d'une nation pleine d'enllii.iiisiasuie. avaient deu\ Ibis imposé à un rui mécontent?
Malheureusement l;i ijuitr avait ^agué Pitt, non pas, il est vrai, pur ces moyens ieïiolite qu'on employait, lorsqu'il s'agissait de gagner des hommes tels que Rigby et Weddferburoe, niais par tout ce qui était propre à toucher uni: nature noble, même en ses alwrations. Le roi s'éfail appliqué à séduire le seul liomme à l'aide duquel il lui était possible de renverser te wliigs, sans faire rentrer Grenvîlle. (.es louanges, les caresses, te promesses, furent prodiguées à l'idole de la nation. Lui, et lui seul, pouvait dompter les factions, défier les puissantes iMutexitm*, réunies, whigs et tories, Ikickiiigbum, Bedford et Grcnville. Ces flatteries avaient produit un grand effet. Car, bien que Pitt eut L'esprit mâle el élevé, bien que son éloquence se fût souvent exercée d'une manière formidable contre la cour, bien qu'il fut imbu des doctrines gouvernementales de Locke el de Sidney, il avait toujours eu une profonde vénération pour la personne du roi. liés qu'il se trouvait face à face avec la royauté, son imagination et sa sensibilité l'emportaient sur ses principe-. Son vln^isme lienlait el disparaissait, el il devenait, pendant un certain temps, un tory de la vieille roche, un tory tel qu'Ormoiul. 11 ne lui répugnait en aucune façon de contribuer à la dissolution de toutes les eu un axions politiques. Sa propre autorité dans I i-'taî. ne dépendait tuilienienl de paivilte connexions. Il était done enclin à les mépriser, et ne distinguait pas assez des liaïute de coquins a—uciés uniquement dans le but de voler le public d'avec des confédérations d'hommes honorables formées pour le Iriompbc de grands intérêts publics. Enfui il n'avait pas la sagacité de s'apercevoir que les énergiques elforls