‹ Histoire et critique T. B. MacaulyChapitre 20 sur 22 · LE COMTE DE CHAT H AIL · texte numérisé non relu

LE COMTE DE CHAT H AIL

n'avait jamais entendu â Gm'lauliiiopli' un ]an::;i-e si-tn bl;il>!e à celui île lord Chatliam, il eu ne fut qu'à pxand'pciue qu'Horace

dnit dans les rangs ilu ministère par la défection de tint de Itockinghams. Hais il n'en l'ut pa- îles lied lords io<ume des autres parti». I! lit en vain des propositions n\«nU yeuses à un mi den\ membns de celle farinai dans l'espoir de les détacher du reste. On pouvait les avoir, mais on ne pouvait les avoir qu'avec le groupe entier. Ils hésitèrent et se disputèrent un moment, il est vrai; mais à la fin les conseils du rusé et résolu liighy prévalurent. Ils se déterminèrent à rester él roi le m ont unis, et signifièrent nettement à ùialliam qu'il devait les prendre Ions ou qu'il n'aurait aucun d'entre eus. L'événement prouva qu'ils étaient la connexion la pins sage qui exislùt alors dans l'Hit. An boni de peu de mois ils furent en position de dicter eiit-mènir* des conditions.

La mesure publique la plus iuipnitoiilo qu'adopta tord Chatham durant sou administration l'ut si célèbre iulervenlion dans le commerce des céréales. La récolle avait élé mauvaise; le pris des denrées alimentaire, était élevé, et Cliatkun crut nécessaire d'i^sumer la responsabilité d'un embargo sur l'exportation des grains. Lorsque le l'arlement s'assenihla, celle mesure fut attaquée par l'opposition cimuue nicfu^rlntiounelle, et défendue par le ministère comme indispensable. Kn définitive, on vota un ode accordant une indemnité à ton- ei:ii\ qui a\aièut souffert de l'embargo.

Les premiers mots que prononça Chatham à la Chambre des lords furent une justification de sa conduite en celte occasion. Il parla d'un ton calme, sohie et digne, bien approprié à l'auditoire auquel il s'adressait. Il fit sur le même sujet un .second discours qui eut moins de succès. Il délia les partis aristocratiques avec une hauteur à laquelle les pair- n'étaient poiul accoutumés, avec des geslcs et des intonations qui l ussent été plus convenables en face

d'une grande et orageuse assemblée que devant le corps dont il faisait alors partie. Une courte altercation -'ensuivit, et on lui dit très-nettement qu'on ne permettrait pas qu'il narguât la vieilli' noblesse d'Angleterre.

Il devint chaque jour plus évident qu'il avait l'esprit malade. Les acquisitions territoriales de la Compagnie des Indes orientales avaient attiré son attention, et il résolut de soumettre l'ensemble de cette grande question au Parlement. Il ne voulut cependant en conférer avec aucun île ses eollèsues. Cotiwav, qui était leader de la Chambre des communes, et Charles Townsbend, qui était responsable de la direction des finances, demandèrent en vair. quelques éelaircisseinenls sur ce qu'il méditait. Chatham répondi l d'une manière brusque et mystérieuse. Il démit éviter toute dis. cussion avec eux; il n'avait pas besoin de leur assistance; il avai; fait choix de quelqu'un qui se chargerait d'appuyer à la Chambre dos communes la mesure proposée. Ce quelqu'un était un membre (li! l'aikniei;i qui u tt:iit jus attaché ni! ^oiivernemenl , qui n'avait pas l'oreille do la Chambre et qui ne méritait pas de l'avoir : c'était l'alderman Beckford, un bruyant, riche et ignare démagogue, dont les locutions vulgaires et les bribes de latin mal prononcé étaient un sujet du plaisanterie pour les journaux. On peut bien supposer que ces étranges procédés produisirent de l'agitation dans le monde politique tout entier. La Cité fut eu émoi. La Compagnie des Indes invoqua le respect des chartes. Rurke tonna contre les ministres. Les ministres se regardèrent les uns les autres et ne surent que dire. \u milieu de la cou. fusion lord Chatham déclara qu'il avait une .iliaque de goutte et partit pour Math. On annonça quelque temps après qu'il allait mieux, qu'il reviendrait bientôt et qu'il arrangerait tout. Un avait indiqué le jour de son arrivée à Londres. Mais, lorsqu'il eut atteint l'auberge du Château, à Marlborough, il s'arrêta, s'enferma dans sa chambre et resta ià quelques semailles. Tous les voyageurs qui traversèrent le pays furent étonnés du nombre de ses serviteurs. Iles valets de pied et des grooms portent sa livrée

LE COMTE DE CIlATiUM.

eiinjinbi\iieut l'unlji'i^i- , bien que celle-ci lut une des plus grandes d'Angleterre, tl reiN|ili--Liii , iit [r< rues de lu petite ville. La ïêrilé est que l'invalide av.nl hi.isté pnur que durant son séjour tous les garçons et palefreniers de l'auberge du Cllâteau portassent sa livrée.

Ses collègues étaient au désespoir. Le duc de Graflon proposa de se rendre à Marlborough afin de consulter l'oracle. Mais on lui apprit que lord Chalham se refuserait à toute conversation concernant les affaires. D'un autre uilé, ton- lr. partis laissés on dehors des emplois, les Beilfords,lcslJrei[villcs,et les H ockinghams l'entendirent peur f;iire, sur le vole de l'impôt foncier, de l'opposition au gouvernement désuni. Ils eurent avec eux presque tous les membres des comtés et obtinrent une majorité considérable. C'était la première fois depuis la chute de sir Robert Walpole que le ministère était battu à la Chambre des communes sur mie question importante. L'administration, ainsi en butte à la fureur des partis, était déchirée par des dissensions inleslines. Aucun principe quelconque n'avait présidé à sa formation. Au début, l'autorité de Chatham avait seule empêché les contingents hostiles qu'elle comptait dans se- rang* d'en venu 1 aux mains entre eus. Cette autorité n'était plus là et tout était en désarroi. Conway. brave soldat, mais l'homme le plus timide et le plus irrésolu quand il s'agissait d'aliaire* civiles, craignant du désobliger le roi, craignant d'être lyiupamsé dans les journaux, craignant de passer pour factieux s'ii se retirait, craignant d'être" accusé de n'écouter que son propre intérêt s'il restait, craignant tonte espèce de choses, et craignant d'être connu comme tel, était tic même qu'un volant lancé tantôt en avant tantôt en arrière par Horace Walpole qui voulait le faire premier ministre, et par lord John Cavendish qui voulait l'attirer dans l'opposition. Charles Townshetid, homme d'un talent éminent, de principes relâchés, d'une vanité et d'une présomption sans bornes, avait la prétention île n'être contrôlé par personne. Ses qualités, son ambition et son arrogance ne s'étaient pas encore complètement dévoilées, C3r il

s'était toujours incliné devauL le génie et lu tarkolère élevé de l'itt. Mais, maintenant une- Pill avail <|iiitlo la f.hambre de? communes et semblait avoir renoiieé nu rôle de premier ministre, Tovvnshcud secouait loute contrainte.

Tandis que les chose- élaieut en cet éfat, Chatham revint enfin à Londres. Il aurait pu huit au- si bien demeurer à Marlborough. 11 ne voulut voir personne. 11 ne voulut donner son avis sur aucune question publique. Le iluc de Grafton sollicita humblemejit une heure, une demi-Injure, cinq minutes d'entretien. Il lut répondu <[iie c'était impossible. Le roi lui-même eut S plusieurs reprises l;i condescendance de se plaindre et de prier. « Votre devoir, écrivit-il, voire propre honneur exigent que vous fassiez un effort, » Les ré|>onses à ces appels étaient en général écrites par kidj Gbatham sous la dictée de son mari, car celui-ci n'avait même pas l'énergie de se servir d'une plume. Il se jetait aux pieds du roi; il était profondément touché do la façon signalée dont la houté royale se manifestait en faveur du plus infortuné des hommes, il implorait un peu d'indulgence, il ne pouvait encore s'occuper d'alfairo-, il ne poitvai! recevoir ses collègues, surtout il ne pourrait snppinter l'énielion d'une entrevue avec Sa Majesté.

Quelques individus étaient disposés à penser qu'il faisait le malade. Il avait, disaient-ils, commis une grande iàule et il s'en était aperçu. Sou immense popularité, sa haute réputation d'homme d'Ltat, av.iti.:iil ilisp;ini pour L'UjiHir.. Lnivré d'orgueil, il avait entrepris une lâche au-dessus tic- ses Iuitcs. Il ne vovail |ilus devant lui que malheur et humiliation, et il avait en conséquence simulé une ludie afin d'éehapper aux vexations qu'il

n'avait pas le courage d'affronter, l.a faiblesse, qui était le défaul le plus saillant de sou caractère, semblait jnstilier re soupçon qui, reries, n'avait aucun fondement, (ihalbam, avant d'être nommé premier ministre, avait déjà, ainsi que nous l'avons dit, l'espiil dans un état maladif, oL des cau-es plu sii pies ei morales coucouraienl ma in tenant à rendre complet le dérangement de ses facnllés.

depuis l'Époque où. jeune homme, i! était à Oxford, il passa plusieurs mois sans ressentir un seul élancement. Mais sa main et son pied avaient été soulagés au dépens de ses nerfs. Il élait devenu mélancolique, fantasque, irritable. La situation embarrassante îles alfah't -, (.1 ju'aie région-, diililé i;iu pesa il -ur lui, ht conscience de ses erreurs, le- querelle- 1 U^ ses- collègues, les sauvages clameur- qui: poussaient -es détracteurs, avaient égaré sun esprit affaibli, l'ne seule clio-e, dis:ii(-il, pouvait le sauver, il fallait qu'il rachetât Hâves. Les supplications et les larmes de lady Cliatliain ai radièrent lui nouveau propriétaire son consentement, et lu lord eut un puni de mieux. Mais, m l'on parlait d'affaires en sa présence, lui qui jadis était le plus lier et le plus hardi des

hommes, il se conduisail 1 imc une jeune lillc hvsiérique, il

tremblait do la tète aux pieds et fondait en larmes.

Ses collègues continuèrent pendant quelque temps à nourrir l'espoir que sa sauté se rétablirait bientôt et qu'il sortirait de sa retraite. Mais les mois se succédaient, et il restait toujours m;» tcrïcuseinent enfermé et ploueé, autant que nous pouvons le supposer, dans le plus profond abattement intellectuel. Ils cessèrent enfin d'espérer on de craindre quelque chose de lui, et, bien qu'il tut encore nominalement premier ministre, ils prenaient sans scrupule des mesures qu'ils savaient être diamétralement opposées à toutes ses opinions cl à Ions ses sentiments; ils s'alliaient avec ceux qu'il avait proscrits; ils disgraciaient ceux qu'il estimait le plus, ils imposaient des taies aux colonies en dépil île la déclaralion l'unuellc qu'il avait laite récemment.

11 avait passé vingt et un mois environ dans une sombre solitude, lorsque le roi reçut quelques ligues de la main de lady Chatham. Celle-ci avait écrit sous la dictée de sou mari une ivquéle où était demandée la permission de résigner le Sceau privé'. Sa Majesté fit quelques dhïienltés polies, puis accepta la démission. Cliatliain était alors, en vérité, presque aussi oublié que s'il

avait Otê déjà couché dans son tombeau i l'abbaye (le Westminster.

Les images qui avaient olscum s-oii esprit se dissipèrent enfin et s'évanouirent. Sa goutte revint et le délivra d'infirmités plus cruelles. Ses nerfs se dé tendirent, son esprit se rétablit. 11 sembla sortir d'un rêve ]ténihle. Ce fut une étrange guérisou. Certaines gens avaient pris l'habitude de pjrliT de lord Cliatham ainsi que d'un homme mort, et, quand il se montra pour la première fois ;ni lever du roi, ils tressaillirent comme s'ils avaient aperçu un spectre. Il j avait plus de deux ans et demi que Cliatham n'avait para en public.

Lui aussi avait des motifs detounement. Le monde où il entrait alors n'était plus le monde qu'il avait quitté. L'administration qu'il avait organiser n'avait jamais été diangee de fond en comble, mais il y avait eu de si nombreuses pertes et L-mt de nominations nouvelles, qu'il pouvait à peine reconnaître son propre ouvrage. Charles Townshend était mort; lord Shelburne avait été congédié, Conwaj en était arrivé au dernier degré de l'insignifiance. Le duc de Graftou était tombé dans les mains îles Bedfords, les Bedfords avaient débité liremille : ils avaient, fait leur )»ix avec le roi et les Amis du roi, et diverse-; fondions leur avaient été confiées. Lord Sortli était Chancelier de l'Échiquier et devenait de joui' en jour un homme plus important. La Corse avait été abandonnée sans combat à la France, Les querelles avec les colonies américaines s'étaient ravivées. Une élection générale avait eu lieu. Wilkes était revenu d'exil, et, tout hors la loi qu'il fût, il avait été èluKnight oftlœ shire (Chevalier du comté) pourMiddlesev. La multitude s'était prononcé* en sa faveur. La Cour désirait ardemment la ruine de Wilkes, et elle était disposé à ébranler les fondements mêmes de la Constitution plutôt que de renoncer à une misérable vengeance. La Chambre des communes, usurpant une autorité qui, en droit, n'appartient qu'à la législation tout en. liërc, avait déclaré Wilkes incapable de siéger au Parlement, et l'on n'avait pas trouvé suffisant de l'exclure. 11 aïail fallu qu'un

LE COMTE DE CHATH1H. ,7>l

autre le remplaçât. Les (V;kics U-u s liciers du Middlesscv ayant obstinément refuse d'élire un membre qui convînt à la Cour, la Chambre eu avait choisi un pour eux. Ce n'était pas le seul eiemple, ce n'était peut-être pas le plus mouslrueux exemple de la perversité invétérée do la Cour. Les anus «Lie roi qu'eiaspérait la ferme opposition du purli île ftorknigham avaient essayé de dépouiller de sa Hn'luiie per-uimelle un uohleman wliig distingué, et ils avaient persévéré dans leur liasse méchanceté jusqu'au moment où leur servile majorité, éoreurée et bouleuse, s'était révoltée. Le mécontentement avuil gradué la nation entière, et il était entretenu par îles sliimilauls Iris qu'on eu a rarement employés pour aiguillonner l'esprit publie. Jailius était entré en lice; il avait (rainé sir William llraper dans la poussière; il avait presque brise le cœur île Blackstone; il avait si cruellement battu en brèche ia réputation du duc de Graflon, que Sa Grîce en était venu au dégoût des fondions publiques, et commençait à tourner sagement les yeux vers les ombrages d'Euslon. Tous les principes de politique étrangère, intérieure et coloniale dont Cbalham poursuivait ardemment le triomphe, avaient été, durant l'éclipsé de son génie, violés par le gouvernement qu'il avait formé, fl dépensa les dernières année- de sa vie à des Intles infructueuses contre la fatale politique qu'il avait été amené à prendre sous sa protection le jour même où il aurait pu lui porter un eiiup mortel. Si s efforts relevèrent sa renommée, mais ils curent peu de résultat pour son pays.

Il trouva deux partis ligués contre le gouvernement : le parti de ses propres beaux-frères, les llremille et le parti de lord Hockingbam. Ces partis étaient du même avis touchant l'élection du Middlesses; mais ils différaient lieiiucoup d'opinion sur plusieurs antres questioas importantes, et en vérité ils étaient non moins hosliles l'un a l'autre que tous deu\ l'étaient à la Cour. Les Grenvilles avaient pendant plusieurs années lounncnté les [ioekinghams en lançant contre rciis-ci une. série de pamphlets acrimonieux, lin long temps -'éroiila avant que les Korkinghanis jitis-

NlsTOinE ET CRITIQUE.

seul se décider à prendre leur revanche. Mais une brochure perfide, écrite sous l'inspiration de Grenvîlle et intitulée Etat de la nation, avait lusse leur patience. Bmke avait entrepris de détous les points, et nulle part ne l'avait été plus complètement que là où il avait ; ibon le ces question.; ardue- ci iiiinulieuses de détails statistiques cl financiers qui fais-aio.nl la principale force de Grcitville. La bête de somme du ministère, même sur sou terrain de prédilection, avait été absolument incapable de soutenir la lutte contre le grand orateur philosophe. Lorsque Chatham reparut, Grenvillc se tordait encore sons la lionfc cl lu douleur récentes de ce châtiment bien mérité, line entente cordiale entre les deux fractions de l'opposition était impossible, et Cliatham ne pouvait facilement conclure une alliante ni avec l'un ni avec l'autre. En dépit de beaucoup d'affronts infligés et reçus, ses sentiments l'enti aillaient vr-i--- les i'.vciivilk:-, r ir il avail des affections domestiqui-s fortes, elle chagrin avait adouci sa nature qui, quoique hautaine, n'élail uiillcincnt inson-ibie. M. us une- ejandc différence, d'opinion sur la question de la (a\e coloniale le scpiivail de ses parents. Il y eut cependant une réconciliation. Cliatham alla à Slave. Il serra la main de Georges Grenville, et les francs tenanciers wliigs du Duckinghamshire burent à leur banquet de nombreuses rasades J l'union des troisfrères.

Chatham était, sous le ['apport des opinions, beaucoup plus près des Rockinghams que de ses propres parents. Mais, entre lui et les Rockinghams, il y avait un abime bien difficile à franchir. Il les avait profondément offensés, et, en les offensant, il avait profoudémenloffensé son pav. Quand la kdanec oscillait entre eus et la Cour, il avait jeté tout le poids de son pvnie, de sa renommée, de sa popularité, du cité du mauvais eoiiveriicincnl. Il faut ajouter que plusieurs membres éminents de ce parti conservaient encore un amer souvenir de l'àpreté et du dédain avec lesquels il les avait traités le jour où il avail pris la direction de- affaires. H est clair,

d'après les pamplikls et lu- thymus do llinkc. et plus encore d'après sa correspondance privée ri d'après le langage qu'il tenait dans la conrers.it iun, que Unité éprouvait à l'égard de Chatham un sentiment assez voisin de l'aversion. Chatham avait indubitablement, conscience de sa faille, et il désirait la réparer. Mais ses avances, quoique iàilcs avec empressement et même arec une dëiïrence qui n'était pas dans sus habitudes, furent accueillies par lord liockingliam avec une froide et austère réserve. Les relations mutuelles de ces deux hommes d'Étal devinrent peu à peu courtoises et même amicales : toutefois le passé ne fut jamais compkk'inent oublié.

Cependant Chatham ne resta pas seul. Il se groupa autour de lui un parti faible par le nombre, mais fort par la grandeur et la variété des talents. LordCamden, lord Shclburne, le colonel Barré et Duming, plus tard lord Asliburton, étaient les principaux me m bus île cette connexion.

11 n'y a aucune raison du penser que, de cctle époque à celle qui précéda de quelques semaines la jiioi t de Cliatham, l'intelligence de celui-ci ait subi la moindre olleiutc. L'éloquence de Chatham fut, à peu près jusqu'à la fin, émulée avec plaisir. Mais ce n'était pas précisément ce genre d'éloquence qui convenait à la Chambre des lords. Cette parole sublime et entraînante, mais un peu journalière, cl que rendait plus admirable encore des regards, des intonations, des gestes dignes de Ganick ou de Tabla, n'était pas 15 sa place dans un petit appartement où souvent l'auditoire se composait uniquement de [roi- un quatre prélats assoupis, tic trois ou quatre vieus juges ayant coutume, depuis bien des années, de dédaigner les qualités puremeul oratoires et Je ne tenir comple que des faits et des aigu m en ts. puis île (rois on quatie lionimcs à la mode, insouciants cl présomptiu'ire, die; lesquels tout ce qui rappelait l'enthousiasme n'incitait que la raillerie. Quelquefois, à la Chambre des connu unes, Chatliam, d'un éclair de ses yeux, d'un mouvement de son brus, avait intimidé Murrav. Mais à la l'.hambre île; pairs ses plus grandes violences, ses élans les plus

passionnés produisaienl moins, d'elii.t * | nu l,i modération, la raison, l'ordre lumineux, la dignité sereine qui ciiiiiuléiisaient les discours de lord Mansfield.

Au sujet de l'élection du Middleft-cs , 1rs trois fractions de l'opposilion agirent de concert. Aucun orateur dans les deux Chambres ne défendit ce quVin r.insi'lère univrr;cilcnieut aujourd'hui comme ayant été la cause de la vérité constitutionnelle avec plus d'ardeur ou plus d'éloquence que lord Chatham. Georges Grenville mourut avant que celte question eût cessé de préoccuper l'opinion publique. Sun parti -e fondit validas mit, et an bout de peu de temps bon" nombre de ;o; adhérents vinrent s'asseoir sur les bancs ministériels.

Si Georges Grenville avait vécu quelques mois de plus, les liens d'amitié qui, aprèsdes aimées dr séparation ci. d'hostilité, venaient de se reformer entre son beau-frère et lui, se seraient, selon tonte probabilité, brusquement rompus une wcumli: lois, car la querelle île l'Angleterre avec l'Amérique du Nord prit alors un aspect sombre et terrible. L'oppressini] provoqua la résistance, et la résistance devint le prétexte d'une oppression nouvelle. Les avertissement- donné? par tous les grands hommes d'Etat du siècle ne furent d'aucune utilité à nue cour impérieu-e, ;i une nation abusée. Un sénat colonial se constitua en face du Parlement anglais ; la milice coloniale croisa la baïonnette avec les régiments anglais : l'empire se partagea en dru*. Deux millions d'Anglais qui, quinze ans auparavant, avaient été. aussi fidèles à leur souverain et aussi fiers de leur nationalité que la populalion de Kent ou du Yorcksliire, se séparèrent du reste du louis concitoyens par un aclc solennel. Il sembla un in^truil qui: les insurgés essayeraient vainement de lutler contre les ressource; financière- et militaires delà mère-patrie, liais des désastre;, se succédant rapidement les tins aux autres, dissipèrent bientôt les illusions de la vanité nationale. Une giandc armée anglaise épuisée, affamée, harcelée de tons côtés par des bandes de paysans, fut enfin forcée de rendre les armes. Les gmiverncmrnls rpic l'Angleterre avait humiliés d une

manière si complète l<>rs de la dernière ^ntti-rc, et qui, après

IlOUlblV d'alUlél.'S, Pi' SiiUVfUilil'Ill Ll UN HC i'Illèl M 1 l(-tlt iti' OllcllCC,

île Minden et du Moro, voyaient avec, joie que lu jour de la vengeance était proche. La France reconnaissait l'indépendance des États-Unis, et il n'était guère possible de douter que son exemple serait promptement suivi par l'Espagne.

Chatham et llocliiiijjkmi avaient éfé franchement d'accord pour combattre pas à pas la fatale politique qui avait jeté l'Étal dans cette dangereux situation. Mais ils étaient maintenant dans des dilTérrnirs. l.oid lliickiiiuliani pensait cl | «'Usait avec raison, ainsi que l'événement l'a prouvé, que les colonies révoltées étaient à jamais séparées de l'empire, et que le seul résultai de la prolongation de la guerre sur le continent américain serait d'éparpiller des forces qu'il élai! désirable de enneeulrer. Si nous renoncions à la tentative désespérée de subjuguer la Pensylvanic cl la Virginie, nous éviterions peiii-èlrc I, enerre :i\ec la maison de Bourbon; on, si celte guérie était inévitable, nous pourrions la poursuivre fructueusement et glorieusement. Nous pourrions même lious indemniser en partie de ce que nous avions perdu, et cela aux dépens des ennemi* du dehors qui avaient espéré profiler de nos dissensions domestiques. Lord lleckin^liain et ceux qui agissaient avec lui pensaient donc que ce que l'Angleterre avait de mieux à fîiirc, c'était de rceonuailrc l'indépendance des Etals-Unis, et de [mimer lui des -es l'urees coii're ses ennemi- d'Europe.

Chatliam, semble l-il, aurait diï adopier la inéiue ligne de conduite. Avant que la France eut pris la moindre part à la querelle entre nous elles colonies, il ai ail plnsiem-s l'ois déclaré, en lermcs très-énergiques, qu'il était impossible de. subjuguer l'Amérique, et il no pouvait sans absunlilé simlcnir ijil'il était plus facile de vaincre la France et l'Amérique réunie- que de vaincre l'Amérique

celle séparation ab-olumeut uisnp|>"i table, l.c démembrement de SI,

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