WARBES HA SI IN OS
queuce Je quelques autres, n'était pas eu majorité au Parlement.
Elle était odieuse au pav>, et do plus, autant que nous pouvons oit juger, elle était peu désuen-i 1 de s'eiu;a;;er dans une mitre prise aussi sérieuse que la itii-e un accusation d'un gouverneur de
chef du [iarti un énorme travail, et cependant il n'a guère d'influence sur lis jeu de la haute p< il i i iqui ■ . Ceux qui appartenaient à la coalition étaient, en conséquence, plus disposés à injurier HastingS qu'a le poursuivre. Ils ne négligeaient aucune occasion d'accoler son nom à ceux des brans les plu- haïssables dent l'histoire ail gardé le souvenir. Les lieaux esprits de Broucks's dirigeaient leurs plaisanteries les plus mordaiil.es et contre sa vie publique et contre sa vie privée. Quelques diamants magnifiques que, d'après le bruit public, il avait olïurls à la famille royale, cl un certain lit d'ivoire richement sculpte que la reine lui avait làil l'bonneur d'acce.plei , étaient les.-njels favoris de leurs railleries. Un poêle comique proposa que les fraude- aeliolis du mari actuel de la belle Marianne fissent iuunorlalisées par le pinceau de sou prédécesseur, et qu'Indu J' fût chargé de décorer la Cbambre des communes de peintures représentant lus lioliillas souillés de sang, îililicomar se balançant au eihct, (.ilicyle-Sitig se laissant glisser dans le Gange; un autre publia une parodie Ire-humoristique de la troisième égloguc de Virgile, où il demandait, quel était le métal dont les rayons avaient la faculté de faire la plus austère des princesses l'amie d'un libertin, lin troisième décrivit l'aspect majeslueus de misltess llastings ii Saint-James : sa coiffure ornée des splendides étoiles de diamants e.Uunpiés au\ liégums indiennes,
liriques, et peut-être une motion pour un vole de censure, auraient sati-l'ail. l'opposition ; mais il y avait dons hommes dont l'indignation ne pouvait être calmée de cette façon : ces deux lioninies étaient l'Inlipp Francis et Edmond iSurke.
Francis était récemment entre ù la Chambre des communes,
;'l Inl.'iT, il ('Ht Vrai, Ollltr 1 lie- déi'illltf II 1 - |'!llH ilklieilN, Il'
manque de facilité; niais il s'exprimait quelquefois avec une dignité et une énergie dignes des plus grands orateurs. 11 n'était au Parlement que depuis peu île jours lorsqu'il s'attira la haine de Pitt, qu'il traita ermstaniment avec aiilanl de dureté que pouvaient le permettre les lois de la discussion. Ni les années ni le
chancelé ]Wur une vertu, il l'entretenait, romme les prédicateurs nous disent que nous devons entretenir nos bonnes dispositions, et il en faisait toujours parade avec une ostentation pliarisajque.
L'animation de Burke était encore plus vive, mais l'origine en était beaucoup plus pure. Des hommes incapables de comprendre l'élévation de sou esprit mit. essayé de découvrir nu motif honteux à la véhémence et à l'opiniâtreté qu'il montra en cette
depuis longtemps, mémo par le- défenseur?. d'Flaslings. H. Gleig croit que Bnrkc était pousse par l'esprit de parti, qu'il se souvenait avec amertume de l'échec de la coalition, qu'il attribuait celcebecau! efforts de yen* iméve-é- dan- le; affaires de l'Inde, et qu'il considérait Ilasliu<js ruiiiiiif le chef et le représentant de ceux-ci. lin examen îles dates semble réfuter suffi sa m ment cette opinion. L'hostilité de Bnrkc contre Hastings commença bien avant la coalition, et subsista bien après que Burke fût devenu le vigoureux défenseur de ceux qui avaient vaincu la coalition; elle commença quand Burke et Fox, étroitement unis ensemble, com ha Liaient fin (lu en ce de la couronne et réclamaient îa conclusion de la pais avec hi République américaine; elle continua jusqu'à ce que Burke, séparé de Fox, comblé îles faveurs royales, mourût en prêcha ni mm croisade contre la République française, 11 paraît absurde du voir dans le- événements de 1784 la
coup plus participé qu'Haslings aux événements de 1784 furent complètement oubliés. P<mri |noi d'ailleurs che relier une explication de la conduite de Ilurke autre que celle qui se présente tout d'abord? La simple vérité est qu'Haslings avait commis i!o grands crimes et ipie la pensée de ces crimes faisait bouillir le sang de Burke clans si s veines; ear Ilurke était un bomme chez qui la compassion [iour le-- êtres soiilïranis et la haine de l'injustice et de la tyrannie étaient aussi l'orles que cheï las Casas et Clarksc-n, et, bien que cbez lui comme chez las Casas et Clarksou ces nobles sentiments ne fussent pas exempts des infirmités particulières à la nature humaine, il a, comme eux, l'immense mérite d'avoir voué des années d'un labeur assidu au service d'un peuple avec lequel il n'avait rien de commun, ni le sang ni le langage, ni la religion, ni les meeiirs, et dont il ne pouvait attendre m reconnaissance, m reitieE-cîuieiil-, ni applaudissements.
Il avait une connaissance de l'Inde que peu d'Européens ont possédée, même parmi ceux qui ont passé plusieurs années dans ce pays, et que certes ne posséda jamais aucun homme public n'ayant de sa vie quitté l'Europe. Il avait étudié l'histoire, les lois et les usages de l'Inde avec un soin qu'il n'est pas ordinaire de rencontrer associé à tant dr sensibilité et de ijéuie. D'antres ont peut-être été aussi laborieux et ont peut-être réuni autant de matériaux; mais ce que Burke avait d'individuel, c'était la manière dont il appliquait la force prodigieuse de son intelligence à établir des faits et à vérifier des chiffres. Son esprit, à la fois philosophique et poétique, trouvait quelque chose d'instructif et d'amusant dans chaque partie de ces énormes liasses de documents indiens qui faisaient reculer tous les antres lecteurs. Sa raison analysait et classait ces |iiéce.i u du ni h/h et d'une exees-ivu étendue ; son imagination les intimait et les enterait. De tant d'obscurité, de lourdeur et ilt confusion, il faisail jaillir une l'utile de théories ingénieuses et de vivantes peintures. 11 avait au plus
dans le passé et dm- l'a venir, et dans des contrées lointaines i]u'il n'a mêmejaniai- ont revues. I.'liule et. ses habitants n'étalent point pour lut comme [jour bcaneoup d'Anglais île simples noms et île simples abstractions; niais un pavs réel et nn peuple réel. Le soleil brûlant, l'étrange végétation du palmier et du cocotier, I' s rizière-, les citernes, les arbre- e.ii;aiitj'--i|iie- plus vit m ipie l'empire Mogol et à l'ombre desquels .'assemble toute la populatioiLd'un village, le toit do ehauuu; de; Inities de paysans; ta riche perspective de la musquée où prie. t'inuui la f;iee tournée vers la Mecque; les tamboui-s, les bannières, les fa. tueuses idoles, les fanatiques s'agitaut dans IVspaee, les gracieuses jeunes tilles descendant, l'ampliuie sur la tète, le- marches qui conduisent aux bords du fleuve, les faces noire-, les longue- barbes, les raies jaunes indiquant les .eetes, les turbans et les robes flottantes, les lances et les ma-se. d'arme- en argent, les éléphants avec leur dais de cérémonie, le magnifique palanquin du prince, la litière fermée île lu noble dm ne, bu pivdnkuent la même impression que les objets au milieu desquels il avait toujours vécu, que ceux qu'on aperçoit sur la route entre Ecaeonsfield et Saint-James- Streel. L'Inde entière apparai..ait à son esprit : depuis les salles où les postulants déposent au\ pieds du prince l'or et les parfums jusqu'aux marais sauvages où campent le. gypsies, depuis les baïars où vendeurs et aelu Leurs bourdonnent comme des [iheilles dans une ruche jusqu'au jungle où le courrier solitaire secoue
une idée aussi oracle, au?si vivante de l'insurrection de Bénarès (|U0 des troubles susoilés par lord George- (surdon, de l'exécution de Nuucornar que de celle du docteur Dodd. A ses jeux, l'oppression an Benuale était identique à l'nppre.-.iou dans les rues de Londres.
I! constata qu'Hastiug. s'était rendu coupable d'actes injustifiables. Un esprit tel que celui de llurke devait considérer tout ce qui suivit comme naturel et nécessaire. Son imaginaliuu et
wabres hastikgs.
ses (lassions mie lois excitées lui firent francliîr les bornes <le la justice et du bon sens. Sa raison, toute puissante qu'elle était, obéit (iocilemeul aux si -iiliu icnls qu'elle aurait dù contrôler. Soi! indignation, vertueuse dans sa source, prit trop la forme d'une aversion personnelle, il ne voulut entendre parier ni de circonstances atténuantes, ni des bienfaits qui avaient racheté certaines I ailles antérieures. Sun oaraelrn:, qui, liien que généreux et all'et-
nioralcs. Il avait conscience de ses grands talents, de ses grandes vertus, cl il se voyait vieux et pauvre, en butte à la haine d'une cour perliilc et d'un peuple abusé. Au Parlement, sou éloquence n'était plus appréciée : la plupart des membres lie la Chambre appartenaient à une génération qui ne le connaissait point. Chaque fois qu'il se levait pour parler, sa voix était couverte par les indécentes interruptions île jeunes gens qui étaient encore au berceau quand ses discours sur le Stnmp ail arrachaient des applaudissements au grand lord Unitham. .Nous ne devons pas nous étonner que tout cela ait affecté son esprit sensible et lier. Il ne pouvait plus s'occuper d'aucune question avec calme ni tenir compte d'honnêtes divergence- d'opinion. Ceux qui pensent qu'il fut plus violent el plus acrimonieux à propos îles affaires de l'Inde .qu'en d'antres circonstances sonl mal informés quant aux dernières années de sa vie. Dans les discussions sur le trailé commercial avec la cour de Versailles, sur la régence, sur la révolution française, il montra même plus de violence qu'en dirigeant l'accusation dont 11 s'agit ici. On peut d'ailleurs remarquer que les personnes mêmes qui l'appelaient un maniaque dangereux, parce qu'il avait condamné en termes énergiques la guerre des Rohillas el la spoliation des Béguins, l'exaltèrent comme un prophète dès qu'il se mit à déclamer avec plus de véhémence encore et non avec plus de raison contre la prise de ia Bastille et
les insultes faites ;', .Marie-Antoinette. M non-- paraîl, à nous, n'avoir été ni un maniaque dans le premier cas m un prophète dans le
second, mais avoir été dans les deux cas un homme éminent et excellent qu'une sensibilité tempe tueuse, maîtresse de tontes ses (acuités, ["jurait à dire des extravagances.
Il est douteux que Francis, Lrtiidépar son antipathie personnelle, et Burke, entraîné par sa généreuse indignation, eussent décidé leur parti à adopter des mesures extrêmes contre Ilas!in«, r s, si celui-cï se lût conduit d'une façon judicieuse. Il aurait dû sentir
exempt de reproches, et il aurait dû se contenter d'être absous, sans aspirer aux honneurs dn triomphe. Son agent et lui virent les choses sous un autre aspect. Ils étaient impatients d'obtenir les récompenses qui, suivant eus, n'étaient différées qu'en attendant lejour OÙ l'attaque de Burke serait rrpoussée. Us résolurent en conséquence de provoquer à une lutte décisive un ennemi auquel, s'ils avaient été prudents, ils auraient fait un pont d'or. Le premier jour de la session de 1786, le major Scott rappela à Burke ce qu'il avait annoncé, l'année précédente, et demanda s'il avait sérieusement l'intention d'accuser l'ex-gouverneur général d'une manière précise cl. définitive Cette mise cil demeure ne laissait à l'opposition d'autre alternative que de formuler l'accusation on de se reconnaître coupable de calomnie. L'administration d'HasIin^- ti avad pa- été tellement honnête et régulière, et le grand parti de Fox et de North n'était pas» tellement affaibli qu'on put, sans perd, s'aventurer à lancer un défi aussi hardi. Les chefs de l'opposition firent immédiatement la seule réponse honorable qu'ils eussent à faire, et le parti tout entier lut iiï'éiocablcinoiit engagé dans la poursuite. %
liurke commença par demander communication des pièces. Les ministres loi refusèrent quelques-uns des documents qu'il réclamait; leur langage pendant la discussion prouva qu'ils avaient l'intention de sou enir Hastings, comme, du reste, on le pensait généralement. Eu avril, les chefs d'accusation furent déposés sur le bureau; Burke les avait développés avec une grande habileté.
bien que dans une forme qui ressemblait trop à «lie d'un pamphlet. Hastings îmit une copii: de celle pièce, et on lui lit savoir que, s'il le jugeait convenable, il pourrait >c défendre lui-même à la barre du la Chambre des communes.
Ici encore Hastings obéit i\ la même fatalité qui l'avait constatumenl dominé depuis le jour où il avait mis le pied sur le sol au- ^lai^v. Il seuiblaiL décidé que cet humilie, m publique cl si heureux dans l'Inde, ne commettrait en Europe que des bévues. Un conseil judicieux lui aurait dit que ce qu'il avait de mieux a faire, c'était de prononcer à la barre de la Cliambre un discours énergique, éloquent, pathétique, niais que, s'il ne se croyait pas capable de parler et qu'il sentit la nécessité de lire, il devait êliu aussi concis que possible. Les auditoires accoutumés â des discours improvisés de la plus incontestable perfection écoutent toujours avec impatience les longues rompnsitions écrites. Hastings s'assit, ainsi qu'il l'aurait fait dan- le palais du gouvernement au Bengale, et il exhiba un mémoire d'une énorme longueur. Ce mémoire, enregistr e painu le- en nsul talion- i l'une administration indienne, aurait été justement vanté comme une noie très-bien rédigée, mais en ce moment il manquait tl'à-propos. 11 eut un insuccès pareil à celui que la meilleure défense écrite aurait eu dans une assemblée liaiiiluée ans luttes animées cl vigoureuses de Pitt et de Fox. Les membres de la Chambre, aussitôt qu'ils eurent satisfait leur curiosité relativement à la figure et à la tournure d'un étranger aussi célèbre, allèrent diner et laissèrent Hastings lire son histoire jusqu'à minuit devant les clercs et les sergents d'armes.
Toutes les formalités préliminaires ayant été dûment accomplies, Burke, au commencement de juin, parla sur la guerre des Hobillas. Il agit sagement en plaçant celte accusation à l'avantgarde; car Dundas avait aiilrclbis pi'opiisé et la Chambre avait adopté une résolution condamnant dans les termes les plus durs la politique suivie par llaslluts à l'égard du Hohilciind : Dundas eut peu, ou plutôt n'eut rien â dire pour défendre sa persévérance
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en matière d'opinion; mais dans exile occasion il lit bonne contenance et s'opposa à lu motion. 11 déchira, cuire autres clioses, que, bien qu'il n ii! la guerre des liohillas injustifiable, il considérait les services postérieurs d'Hastiims eiimine. sullisants pour atténuer une faute même aussi j-ruve. Pill ne prit point la parole , mais il vota avec Dundas, cl flasliiuis l'ut absous par cent quatrevingt-dix vois contre soixante-sept.
Haslings fut dès lors plein de confiance dans la victoire, et en cela il semblait avoir raison. La guerre des liohillas était de tous ses actes celui ([ne ses accusateurs f h.h t\ ;i ient attaquer avec le plus d'avantage. Elle avait clé blâmée par la Coin 1 des directeurs, elle avait été blâmée par la Chambre des communes, elle avait été blâmée par M. Hondas, qui depuis était devenu le ministre de la couronne, spécialement chargé des affaires de l'Inde, et cependant Durke, quoiqu'il eût choisi ee terrain excellent, avait complètement échoué. Ou pensait généralement que, battu sur ce point, il ne pourrait réussir sur aucun nuire. Le bruit courait dans les clubs et dans les cafés qu'on développerait encore un ou deux chefs d'accusation, et que, si le sentiment de la Chambre des communes se prononçait de nouveau contre le procès, l'opposition renoncerait à son entreprise, qu'il, istings serait immédiatement élevé à la pairie, décoré de l'ordre du llain, admis à prêter serment comme membre du Conseil privé et invité à donner le concours de ses talents et de son expérience à Yludia Board. Lord ihurlow, quelques mois auparavant, avail en effet parlé avec dédain des scrupules qui empêchaient pin d'appeler Haslings h la Chambre des lord-, et il avait même ajouté que si le chancelier de L'Échiquier avait peur de la Chambre des communes, il n'y avail rien qui empêchât le dépositaire du grand sceau de consulter le bon plaisir du lui à prupo- d'une patente île pair. Le titre était déjà choisi : Haslings devait èlre lord Daylesford, car, à travers lous les changements de scène et tous le- changements de fortune, il conservait un invariable attachement pour la terre qui avait été. lémoin de la grandeur et de la décadence de sa famille,
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et qui avilit occupé mu: place si nu perlante dans les lèves ambi- I icux île; sa première jeunesse.
Maïs en peu de jours ces riurilcs perspectives s'évanouiront. Le 30 juin, M. Fu\ esposa d'une usinière lrè"-ha!>ue et en termes fort éloquents l'accusation relative au traie m eut qu'avait subi Cbcyle-Sing. Francis l'appuya. J/;s amis d'Haslings se croyaient sûrs du triomphe, quand Pitt se leva. Le ministre discuta le point eu question avee son abondance et. son bnnheur d'expressions habituels. Il soutint que le gouienicur général avait eu le droit d'exiger du rajidi de Bénaiè- un .-ecuurs pécuniaire, et de lui imposer le payement d'une amende pi re secimrs avait été obstinément refusé; il ajouta qu'à sou avis la conduite du gouverneur général, pendant 1'insiuïtcliou, avait été reinaripiable d'habileté et de présence d'esprit. Il critii|iia amèrement la conduite de Francis, et dans l'Inde et an Parlement, et la qualifia de trèsmalhonnête et de trcs-uiah cillante. I.a conclusion nécessaire (les arguments de Pitt pemlilaiL être qu'on devait acquitter Hastings honorablement, cl. les mnis ainsi qnc les ad\ei'saii'es dil ministre s'attendaient à uni: piïipnpitKjn dans ce sens. An grand étoiiuementde tous, il conclut ni disant que -'il rceoiu laissait qu'Hastings avait eu le droit d'iivq>oser le payement d'une amende à Choyte- Sing pour sa résistance, il n'en trouvait pas moins le montant de cette amende exagéré. Sur ce point, et sur ce point seulement, M. Pitt, qui, du reste approuvait pleinement les autres parties de la ci na lui te d'Ha-lina- à l'égard d'j Ijcuarc-, déclara qu'il voterait eu faveur de la motion de M. Fox.
La Chambre fut comme frappée d'un coup do foudre, et cela non sans raison ; car le tort l'ail à Clievte-Sin^, alors même qu'il eut été aussi grave que le prétendaient Fox et Francis, éliiit une bugatelte à coté des horreurs infligée- au ltohilcuud; mais, si l'opinion de M. Pitt sur l'affaire de Cheyte-Sing était juste, il n'y avait pas lien à intenter ni) procès; il n'y avait même pas heu à émettre lin vote de censure. Si la laule d'ilastings -o léduisait réellement a ceci, qu'avant le droit d'imposer le payement d'une amende dont
le moulant n'élait |iini]l ilélecitimé, mais laissé à sa direction, il avait demandé trop, an profit do l'État et non an sien propre ; était-ce là une finie qui néce-silàt un procès criminel d'une extrême solennité, mi procès tel qu'on n'en avait pas fait depuis soixante ans à aucun fonctionnai] public"? Nous croyons comprendre comment un homme intègre et sensé aurait pu adopter n'importe quelle ligne de conduite, suif celle que suivit M. Pilt. Cet homme aurait pu jii.'cr qu'il lallai! un grand exemple afin de
voté pour le procès sur le chef d'accusil ion rclnlif à la guerre des Bohillas et sur celui relatif à Bénarès. Cet homme aurait pu penser que les fautes d'IIastiiigs avaient clé rachetées par de grands services, et il aurait voté contre le procès sur les deus cliefs d'accusation. Notre opinion, que nous donuci on s du reste avec beaucoup de réserve, est que ce qu'il y avait de plus .juste à faire, c'était de poursuivre pour l'affaire des Rohillas et d'acquitter sur celle de Bénarès. Si l'affaire, de Bénarès nous était apparue sous le même jour qu'à M. Pilt, nous aurions voté sans hésiter pour l'acquittement sur ce chef d'accusation. La voie que prit M, Pittcst la seule qu'il est inconcevable qu'ait pu prendre le premier venu, même ayant dis Ibis moins do (aient que lui. Il acquitta Hastings sur l'accusation relative- aux ftolidlas, il aliénai celle relatives Bénarès jusqu'à la réduire à. rien, puis il déclara qu'elle prêtait à un
Et il ne faut pas oublier que le motif principal que mil en avant le ministère pour ne point inlonler un procès à Kastings à propos de la guerre des Rolullas chut que les fautes de la première période île son ailiiiiiiisl.ral.ion m: trouvaient compensées par les actes excellents île la dernière. N'était-il pas surprenant que des hommes ayant loi m ce langage pussent ensuite voler que celle dernière période fournirait matière à vingt cliefs d'accusation au moins? Ils représentèrent d'abard la conduite d'Hastings en 1780 et en 1781 comme si hautement inériluire, qu'elle devait, à l'exemple des œuvres de subrogation de la théologie calliolique,
WlKREn 11ASTISCS.
sullire pour annuler ses taules primitives, puis ils le poursuivirent à cause de sa conduite en 1780 ot 1781.
li'éton non ifiil général lilt d'autant plu- grand, que vingt-quatre heures auparavant les membres sur lesquels h ministère pouvait compter avaient reçu les cireulii-j-cs habituelles, les priant d'assister à la séance et do voter contre la motion de M. Foi. M. Huslings a affirmé que, le matin même du jour où eurent lieu 1rs débats, Dundas alla chez Pilt, le réveilla cl s'enferma pendant plusieurs lieures avec lui. Le résultat de «'Ile conférence fut une résolution d'abaudnnner le gouverneur général à la vengeance de l'opposition. îl fut impossible, mémo an puissant ministri', d'entraîner tous ses partisans dans une voie aussi étrange. Plusieurs personnages haut placés, l'attorney général, M. tîreuvitle el lord Mulgrave, se séparèrent de M. Pilt, mais les adhérents dévoués,
qui suivaient aveuglément le clief du gouvernement, furent assez nombreux pour faire pencher la balance : cent quatre-vingt-dix membres votèrent pour la motion de 11. Fox, soixante-dix- neuf contre. Dundas imita silencieusement Pilt.
Feu William Wilberforce, ce grand homme, cet homme excellent, racontait souvent le» détails de cette nuit remarquable. Il décrivait la stupéfaction de bi Chambre et les amères réflexions que faisaient entendre sur le premier ministre quelques-uns des soutiens habituels du gouvernement. Pitt lui-même parut sentir que sa conduite avait lies, in .le quelques implications. 11 quitta le banc de la Trésorerie, s'assit un infant près de M. Wilberforce, et lui déclara Iros-cbalcureusement qu'en conscience il trouvait im|)ossible de prendre plus longtemps le parti d'Hastings. La situation, disait-il, était trop mauvaise. M. Wilberforce, nous sommes forcés de l'avouer, croyait fermement que son ami était sincère et que les soupçons auxquels celte mystérieuse affaire donna naissance étaient sans aucun fondement.
Ces soupçons étaient tels, en effet, qu'il est pénible de les rapporter. Les amis d'Hastu^s, dont bon nombre, ne l'oublions pus, appuyaient ordinairement l'administration, prétendaient que la
jalousie était le mobile rie Pïtt et île Itundas. Haslhigs était personnellement en faveur auprès du roi. Il était l'idole de la Compagnie des Indes et rie soi employés. S'il était absous par la Cliambre des communes, appelé à lu Chambre des lords, admis au bureau du contrôle, élroitcinent uni à l'habile el impérieux Tlmrlow, n'était-il pus S peu près certain qu'il accaparerait promptcj nent la rlucelinu dis Imites les affaires de l'Iode? N'étaitil pas possible qu'il rle\hiE un adversaire formidable pour le cabinet? Probuhle.iiieu! le bniil :ivait couru que Thurlow et le major Scott avaient eu diverses entrevues particulières, cl que si le premier lord rie la Trésorerie avait peur rie recommander Hastiugs pour la pairie, le chancelier éluit prêt à assumer la responsabilité d'une pareille démarche. Pitt était ïlaisciiiblableinenl le ministre le moins disposé à tolérer un pareil empiétement sur ses attributions. Si la Cliambre des communes mettait Ilastings en
être l'issue, durerait certainement plusieurs aimées. Pendant ce temps l'accusé n'ebliendrait ni honneurs ni l'un étions publiques, et il pourrait à peine ;e basarder à venir à la cour. Tels étaient les motif- qn'iiiL!'. grande partie ilu publie prétiiil u jeune ministre, rliiut la jiassiun duiim le. prélcii-.lail-iMfijétiéralrnieiit,
La prorogation interrompit bientôt les discussions relatives à Ilastings. L'année suivante elles recommencèrent. L'accusation touebant la spolia! ion des béeum- fui soutenue par Sberidan dans un discours qui fut si mal reproduit, qu'on peut dire qu'il a élé complètement perdu, niais qui fut sans doute l'œuvre la plus brillante et la plus aebevéc rie cet esprit ingénieux. L'effet fut immense et n'a jamais été égalé. .Sheiirlan se rassit au milieu, non de simples acclama lions, mais rie bnnants applaudissements auxquels prirent pari les lords placés sous la barre et les étrangers qui occupaient lu galerie. L'émotion rie la Cliambre fut si grande, que personne ne put ensuite se faire entendre et que le débat fut ajourné. LYiithoiMasme -e répandit promptenioul
pur toute la ville. Le jour même on offrit à l'orateur mille livres |ioui' une édition exacte de sun discours s'il voulait en corriger personnellement les épreuves. Ce remarquable morceau d'éloquence fit une impression profonde et permanente sur des critiques sévères et expérimentés qui, en qualité d'ému les, étaient peut-être plus que personne aptes à le juger. M. Wyndhani disait, vingt ans après, que ee discours méritait toute sa réputa- (ion, et que, malgré quelques fautes de goût, telles que celles qu'on rencontre souvent dans les productions littérJires et parlementaires de S heri da 1 1, 1 c'était le meilleur discours que de mémoire d'homme ou eût jamais entendu. Environ vers la même époque, le feu Ion! Huilant!, avant demandé à H. Fox quel était lu meilleur discours qui eût jamais été prononcé à la Chambre des communes, celui-ci assigna sans hésitation la première place au grand discourt de Slieiïdan sur le chef d'accusation relatif aux princesses d'Onde.
A la réouverture île: débats, l'opinion était tellement contraire à l'accusé, que ses amis ne purent se faire écouter. Pitt luimême se déclara en faveur île Shcridan, et la question fut déridée par cent -ai\ i.il;-tl.\ voi\ contre sui.\ante-huit.
L'opposition, fièie de sa victoire et fortement appuyée par l'opinion publique, multiplia les accusations, qui, presque toutes, portèrent sur les transactions pécuniaires. Les amis iriluslmgs étaient découragés, et, sc\o;ant incapables d'empêcher un procès, ils manquaient d'audace et de vigueur. La Chambre ayant eufui admis vingt clicl's d'accusation, Iturkc reçut la mission de se présenter devant les lords et de poursuivre l 'ex-gouverneur général pour inélaits et crimes graves, llasljngs fut en même temps arrêté par le sergent d'armes et conduit à la barre des
Lu session allait finir dans dix jours, il était doue impossible que le procès fit un pas avant l'année suivante. Hastings fut autorisé ù donner caution, et l'affaire fui ivmuvée à l'époque de ia réouverture des Chambres.
Lorsque le Parlement se réunit de nouveau, lu Chambre (les communes procéda à l'élection d'un comité chargé de suivre le procès. Le nom île linrke. était en tète de la liste. On lui adjoignit la plupart des chef- de l'opposition : repcndatit, quand on lut le nom île Francis, il 5 eut une violente discussion. D'un côté l'on dit qu'il était notoire que Francis et llastinps étaient très-mal ensemble, qu'ils avaient été ce querelle durait plusieurs années; que leur liaine mutuelle les avait nue fois poussés à se battre, et qu'il serait inconvenant et indélicat de choii-ir un ennemi personnel pour l'cniplïi 1m râle d'i'.ccu -alci 11' publie : de l'autre, on représenta, avec beaucoup de force, particulièrement M. Wynilham, que l'impartialité, si elle est le premier devoir d'un juge, n'a jamais été coiuplée parmi le- qualilés obligatoires d'un avocat; que, selon [es usages de la pi-l.iee eriiuiuelle en Angleterre, la partie lésée, dcrmci e per-nmic qui dut entrer dans la composition du jury, était cependant admise à diriger les poursuites; que ce qu'on exigeait d'un directeur de poursuite, ce n'était pas d'être dégagé de tout intérêt personnel, mais d'être capable, bien informé, énergique et actif. Francis était habile, bien informé, et l'animosité qu'on lui reprochait, qu'elle iùt vertu ou vice, était une garantie d'énergie et d'activité. Il était difficile de réfuter ces arguments; mais la haine invétérée que Francis portait à Hastings avait eicité un dégoût général. La Chambre décida que Francis ne serait pas au nombre des directeurs de la poursuite, l'itt vota avec la majorité et Dnndas avec la minorité.
On faisait, pendant ce temps, tous les préparatifs, et le 13 février 1788 les séances de la cour commencèrent. On a vu des spectacles plus cblouis-aiits, plus resplendissants de pierreries el de draps d'or, plus ail rayants pour les hommes frivoles qiic celui qu'on vit alors à Westminster; mais il n'y en eut peut-être jamais du mieux combiné pour frapper un esprit cultivé, réfléchi et doué d'imagination. Tous les genre- divers d'inlérè: qui appartiennent
étaient rassemblés dans ni: même heu et dans une même heure ;
W AR HEN BASTINGS.
tous les talents et toutes les facultés que développent la liberté et la civilisation étaient en ce moment déplojés avec tous les avantages qu'ils, pouvaient emprunter à leur alliance et à leur contraste. Chaque plia»: ilu procès transportait l'esprit soit en arrière, à travers plusieurs siècles de troubles, aux jours où furent établis les fondements <le notre Constitution; sod au loin, par delà les mers et les déserts sans bornes, parmi des Nations basanées, qui vivent sous des astres étrangers, qui adorent des dieus étranges et qui écrivent de droite à i^auclic avec des caractères étranges. La liante cour du Parlcmcnl allait jimcr. selon des tonnes datant des Hantagenels, un Anglais accusé d'avoir exercé la tyrannie sur le souverain de la sainte cité de liéuarès et sur les dames de la maison prhicière d'Oude.
Le lieu était digne d'un tel proi es : c'était la grande salle de Guillaume le Roux, la salle qui avait retenti d'acclamations a l'avéncmcnt de treole cois, la salle qui ruait vu la juste condamnation de Bacon et le juste acquittement de Somers, la salle où l'éloquence de Slrali'ord avait frappé de crainte et attendri pour un instant un parti victorieux enflammé d'un légitime ressentiment, la salle où Charles avait affronté la hante cour avec le courage tranquille qui a racheté à demi sa répulahou. Ni la pompe civile ni la pompe mililaire ne manquaient à ce spectacle; des lignes de grenadiers bordaient tes avenue- ; la cavalerie maintenait les rues libres ; les pairs, couverts d'or et d'hermine, étaient guidés par des bérauts, sous l'ordre de Jarretière, le roi d'armes, les juges, en costume de cérémonie, les accompagnaient pour donner leur avis sur les points de droit ; près de cent soixante-dix lords, les trois quarts de la Chambre liante, allèrent, en ordre solennel, du lieu ordinaire de leurs séances au tribunal; le plus jeune baron, Georges Eliolt, lord Heatlifield, récemment anobli pour sa mémorable défense de Gibraltar nuitée les Hottes et les armes de Fiance et d'Espagne, conduisait le cortège ; le duc de Norfolk, comte-maréclial lu rn\;mme, les ^imikIs dignitaires, les frères et les fils du roi, fermaient la longue procession ; le prince de Galles,