Î01 HISTOIRE ET CUIT JUBE
remarquable par sa liode prestance et. sa noble démarche, venait le dernier de tous. Les vieux niais gris étaient tendus d'écarlate; rarement un auditoire pareil à celui qui remplissait les galeries a excité l'émulation d'un orateur; là, du toutes les parties d'un empire vaste, libre, éclairé et prospère, étaient rassemblés ] a grâce et l'amabilité- féminine, l'esprit ut le savoir, les représentanls de chaque science et du chaque arl ; là étaient assises autour de la reine les jeune- [a i'u e-^'s de llrunswick avec leurs beaux cbeveux ; li, les ambassadeurs de grands rois et de grands Étals contemplaient avi:r admiration un spectacle que ne pouvait présenter nulle antre contrée du monde ; là Siddons, dans toute la fraîcheur de .sa majestueuse beauté, regardait avec émotion une scène qui surpassait Imites le- iinit.itiuiis du théâtre ; là l'historien de l'empire romain -on^eaiL au s jours où Ci ce roi i ]>l aidait la cause de la Sicile contre Verres, où Tacite tonnait contre l'oppresseur de l'Afrique devaul un stui.il qui aviul oiicurr quelque apparence de liberté; là on vevait cote à aile le plus grand peintre et le plus grand lettré du siècle. Ce spectacle avait fait quitter à Reynolds ce chevalet qui nous a conservé les fronts pensifs de tant d'écrivains et d'hommes d'Ktal. et les doux sourires de tant do ladies; il avait engagé l'air à suspendre ses travaux dans cette sombre et profonde mine d'où il a tiré un vaste trésor d'érudition, trésor trop souvent enseveli sous la terre, trop souvent étalé avec une ostentation peu judicieuse et. peu élégante, mais cependant précieux, massif et splendulc; là se montraient les charmes voluptueux de celle à qui l'héritier du trône avait en secret engage sa foi; là aussi était cette beauté, mère d'une race si belle, la sainte Cécile, dont les traits délicats, qu'illuminent l'amour et la musique, ont été sauvés par l'art de la ruine commune ; la étaient les membres de celte brillante société qui citait, critiquait et échangeait des reparties sous les tentures en plumes de paon de mistress Montague ; là, enfin, les. ladies dont les lèvres, plus persuasives que celles de Fox lui-même, avaient emporté l'élection de Westminster en dépit de la cour et de la Tréso-
rerie. brillaient autour de Ccorgjaua, duchesse dt; Devonshiit.
Les scrgenU appelèrent la cuise; llaslings s'approcha du la barre el plia le genou. L'accusé n'était vraiment pas indigne île cette grande assemblée : il avait gouverné une contrée immen-e et populeuse, il avait fait des lois et conclu des traites, il avait mis sur pied des armées, il avait élevé et renversé des princes, et dans celte haute position il s'était comporté de telle sorte, ipic tous l'avaient crainl , que lie.mcinip l'avaient aimé, que ceux-là même qui ie baissaient ne pimvaîi-nL lui dénier un seul litre à la gloire, saut la vertu. Il avait l'evléneur d'un grand homme el non d'un mauvais homme. Une taille petite cl un physique amaigri, que iàisait cependant valoir un maintien qui, s'il indiquait de la déférence pour la cour, indiquait en même temps l'habitude de se posséder et de se respecter ; un Iront haut et intelligent, un œii pensif sans cire sombre, une bouche d'une inébranlable fermeté, un visage pâle el l'aligné, mais serein, sur lequel les mois menu xqua in arduis étaient aussi lisiblement éeiils qu'au lias de la peinture qui décorait la chambre du conseil à Calcutta : tel était l'a^iect que le grand |iE'orousul |«'é>onlail à ses juges.
Il était accomplie de ses conseils, hommes qui tous s'élevèrent dans la suite, par leur talent et leur scienee, plus h au tes dignités de leur profession : Lait, hardi et profond penseur qui, depuis, fui Chief-justice du banc du roi ; Dallas, plus humain cl plus éloquent, qui, depuis, fut Ckief of Ihe comon l'leas ; Plomer, qui, vingt ans après environ, défendit avec succès brd Me! ville, et devint plus tard vice-chancelier et Master of the Rolls.
Mais ni l'accusé ni ses défenseurs n'attirèrent l'altention autant que les accusateurs. An milieu des éclatante* draperies rouges ou avait arrangé, pour les Communes, un espace garni de tables et de bancs verts. Les accusateurs, avant Burke à leur tête, étaient en grand costume; les collecteurs d'anecdotes n'oublièrent pas de remarquer que Fox Im-mèmc, généralement si négligé dans sa mise, avait fait à l'illustre tribunal la politesse de porter nue bourse et une épéo. PitL avait refusé d'être un des directeurs du
procès, et sa [>;iro!i: impérieuse, ahondaule i.l sonore manquait à celte belle réunion de talents varié*. L'âge et la cécité avaient nus lord North hors d'état de remplir les devoirs d'un accusateur public, et ses ami; étaient privés du secours de sou rare bon sens, de son tact et de sa capacité ; mais, malgré l'absence de ces deux membres distingués de lu Chambre ha-.se, à l'endroit où se tenaient les directeurs du l'accusa l.iun, on voyait un groupe d'orateurs tels qu'il n'en exista peut-être jamais de semblables dans un même temps depuis le grand siècle de l'éloquence athénienne. Là se. trouvaient Fox e(. Slieiiil.111. Ir I Nl'-lik i~thîi i . ■> i t l'Iii perider. anglais; là se trouvait Burki.'. qui ignorai:, il est vrai, on dédaignait l'art d'adapter son argumentation et son stvle à la compréhension et au goût de ses auditeurs, mais qui. par h largeur de ses vues et la richesse de sou Imagination, était supérieur à n'impoile quel orateur ancien ou moderne; là était l>: gentleman le plus accompli dn siècle, l'ingénieux, le chevaleresque, le magnanime Wyndham, les veux respectueusement fixés sur Burke ; de mâles exercices avaient développé, m 1 - ionue*, m plivsiouotuie ravoiutait d'intelligence et d'esprit. Le plus jeune de- accusateurs, quoique à côté de pareils hommes, mérite aussi d'être signalé. À un âge où la plupart de ceux qui se distinguent dans la vie disputent encore des prix à leurs camarades de collège, il avait conquis nu Parlement une place remarquable. Pas un avantage de fortune ou de relation, pouvant iiie(ti , c en lumière splendides talents et son honneur sans tache, ne lui faisait défaut. A vingt-trois ans il avait été jugé digne d'être au nombre des hommes d'État expérimentés qui venaient à la barre de la noblesse anglaise comme délégués des communes anglaises ; ceux qui se tenaient, à cette barre, l'accusé, les avocats, les accusateurs, sont tous morts, excepté lui. Pour la génération qui est maintenant dans la force de l'âge, il est l'unique représenta ni. de relte grande époque disparue, et ceux qui, pendant les dix d'-rnières années, ont écouté avec bonheur, jusqu'au moment où le soleil levant frappait de ses rayons les tapisseries de la Chambre des lords, ia parole sublime et animée
de Charles, comlc Crcy, sont à inouïe « l * i' 1 * [ ' •^«■" i* ■ ■ " puissance de ceux parmi Icsqucl- il n ctail pas !i: premier.
Li lecture des chefs d'accusation cl 1rs réponses d'Hastiugs occupèrent deux journées entières : la voix argentine et l'emphase mesurée du Couper, clerc île lu Cour et parent de l'aimable poêle, rendirent ces formalités moins ennuyeuses. Le troisième jour Bui'ke prit la parole. Son discours d'ouverture, destiné A l'exposition générale des charge., dura quatre séances. Avec une exubérance de pensée et une magnificence de diction qui dépassa même l'aUeiitc île. l'auditoire, il li! connaître le caractère et les institutions des natifs de l'Inde; il raconta au milieu de quelles circonstances était née la domination anglaise en Asie, puis il décrivit la constitution de la Compagnie et celles des présidences anglaises. Avant ainsi essayé de donner à ses auditeurs une idée aussi uellc de la société indienne que celle qu'il en avait lui-même, il se uni j allumer l'administration d'Haslings comme ayant été systématiquement cmiduilc en dé|nL de la morale et de la lui publique. L'énergie et la passion 'lu grand orateur arrachèrent au sévère et hostile chancelier des marques inaccoutumées d'admiration, et semblèrent un inslaut ébranler 1 àmc résolue de l'accusé. Dans les galeries, les dames, peu habituées à de tels mouvements d'éloquence, excitées par la solennité de la discussion, et désireuses peut-être de manifester leur goût et leur sensibilité, étaient en proie à une irrésistible émotion. On sortit les mouchoirs. Les (lacuns d'odeur circulèrent de niains en mains. On entendit des sanglots cl îles ens frénétiques, et inistrcss Sheridan fut emportée évanouie. L'orateur conclut enfin. 11 éleva la voix de manière à faire résonner les \ ieilles voûtes eu chêne irlandais. « C'est pourquoi, dit-il, les Communes de la Grande-Bretagne, fortesde leur conviction, m'ont ordonné d'accuser Warreu Hastings de méfaits et crimes graves. Je l'accuse au nom de la Chambre des communes dont il a trahi la confiance. Je l'accuse au uoin de la nation anglaise dont il a compromis l'antique honneur. Je l'accuse au nom du peuple de l'Inde dont il a foulé les droits au\
pieds, cl dont il a changé le territoire en désert. J'accuse euliii l'ennemi et l 'oppresseur de tuns an nom de la nature humaine elle-même, nu nom des deux sexes, au nom de tous les temps, an nom de toutes les classes. »
Loinpio le calme Ait rétabli. M. se leva pour parler aux lords de la marclie à suivre. Les accusateurs désirai en I. que. la Cour se livrât à une étude approfondie du premier chef d 'accusa lion avant de passer au second; Haslings et ses conseils désiraient que leurs adversaires produisissent ions les chefs d'accusation et toutes les preuves avant le commencement de la défense. Les lords se retirèrent dans le lieu ordinaire de leurs délibérations pour examiner la question. Le chancelier se prononça en faveur d'Haslings. Lord Lougborough, alors membre de l'opposition, appuya la demande des accusa leurs. Le vole par division indiqua de quel coté penchait lu sentiment du tribunal. La méthode proposée par Haslings fut adoptée à nue majorité de près de trois contre un.
Lorsque la Cour rentra en séance, M. l'os, assisté de M. Grev, aborda l'accusation relative à Clieylc-Sing, et plusieurs jours furent consacrés à la lecture des piêees et à l'audition des témoins. L'accusation quivonuil ensuite élait relative aux princesses d'Onde. L'exposition de celle pari le de l'aifaire fut confiée à Sberidan. La nirio-ilé du palilie élait sans borne. Le jibiiiloi'er, trcs-brillaul et très-travaillé, dura deux jours, cl pendant louL re temps on s'éloulTait dans la salle. On a, dit-on, payé un simple billet cinquante guinées. A la péroraison, Sliei idun, montrant une connaissance des effets de scène qu'aurait enviée, son père, imagina de tomber comme épuisé dan- les bras de llurke, qui l'embrassa avec l'énergie d'une généreuse admiration.
On était alors à la lin de juin. La session ne pouvait se prolonger beaucoup, cl les progrès du procès étaient peu satisfaisants.
lion, on n'en avait développé que deux, et une année s'éfail écoulée depuis qu'IIaslii^s avait été admis à donner caution.
Le vif intérêt que le publia avait pris au procès, lors des premières séances de h Cour, s'était élevé au plus liaut point quand Sheridan parla sur l'accusation relative aux Béguins, mais I partir de ce jour il alla s'affaiblissant. h.: spectacle avait perdu l'attrait de la nouveauté. Le temps des grands effels de rhétorique était passé. Ce qui restait à frire n Y-bit pas de nature a arracher, dés le matin, les hommes de lettres à leurs livres ou à décider les dames, -m tics du bal à deux heures, à quitter leur lit avant huit lieurcs. Il restait à examiner et a réexaminer, à établir des comptes, à lire îles documents pleins de mots inintelligibles pour des oreilles anglaises, tels que tara et crores, %emindars et aumils, mtnnuds et perwamiahs, jagliires et nuzMtrs. Il s'agissait maintenant de querelles qui n'étaient pas toujours du meilleur goût et du meilleur caractère, entre les directeurs de l'accusation et le conseil de ilëfeii-e, particulièrement entre M. Burke et M, Law; de continuelles marclies et contremarches îles pair- entre leur sali' ordinaire et la salle d'audience, car, toutes les fois qu'un point de droit nltVad matière à discussion, leurs seigneuries si; retiraient, atiu de le discuter en particulier, et il eu résultait, mm me le taisait spirituellement remarquer un pair, que les juges marchaient et que le jugement s'arrêtait.
Il faut ajouter qu'au printemps de 1788, lorsque le procès commença, minute question importante soit, de politique intérieure, soit de politique étrangère ne préoccupait l'opinion publique. Le procès de We^tsinn-ter ■ Mail avait donc spécialement fixé l'attention du Parlement et du public. C'éUiit le grand Tait de la saison; mais l'aimée suivante la maladie du roi, les débals sur la régence, la perspective d'un clian^cnicnt di: ministère, détournèrent compléleuieiit les esprits des affaires de l'Inde, et quinze jours après celui où Georges III alla à Saint-Paul offrir des actions de grâces pour sou ré taillis se m eut, les Ktals généraux de France se réunirent à Vrisaiile-. Au milieu de l'agitation produite par ces événements, le procès fut un instant presque oublié.
H1ST0IHË ET CRITIOGE.
Il se continua d'une façon languissante. Dans la session de 1788, alors qu'il avait l'intérêt de la nouveauté et que les puirs n'avaient guère autre chose à faire, trerilo-cinq jours seulement y furent consacrés. En 1789, le bill de régence occupa la Chambre haute pendant une grande partie de la session. Quand le roi fut rétabli, en commençait à partir. Les juges quittaient la ville; les lords attendaient le retour des crades de la jurisprudence, et, sur l'année entière, seize jours seulement furenl accordés à l'affaire d'Hastillgs. 11 élail. éi aient que celle-ci aurait une durée sans précédent dans l<-> annules de la justice criminelle.
Un procès de ce genre, ou ne saurait le nier en vérité, bien que ce soit une belle cérémonie et qu'au seizième siècle cela ait pu être utile, est une chose dont actuellement il est impossible dVspi'rcr beaucoup de bien, (Juclipic eonlhucc rju'on puisse avoir dans les décisions des pairs sur un appel en dehors de Ll législation ordinaire, il esl ccrhiui que personne ne cr oit à leur impartialité quand un grand lonrtiomiaire public, accusé d'un grand crime d'État est traduit à leur barre. Les pairs sont tous des hommes politiques, c'est à peine s'il y en a un parmi eus dont on ne puisse prédire sûrement le vote dans un procès avant qu'un seul témoin ait été entendu; et alors même qu'il y aurait lieu de compter sur leur justice, ils seraient encore tout à fait hors d'étal de juger une cause comme celle d'Hastrngs. Ils siègent seulement pendant la moitié de l'année, il- ont à traiter beaucoup d'affaires législatives et judiciaires; les law lords, dont les avis sont nécessaires à la majcrilc, ignorante en ces matières, rendent journellement la justice ailleurs. II est donc impossible que, pendant une session surchargée d'afîaires, la Chambre haute puisse donner plus de quelques jours à un procès public. 11 serait vraiment déraisonnable d'exiger que leurs seigneuries renonçassent à la chasse au\ perdrix pour condamner promptement le plus grand coupable ou pour acquitter promptement un accusé innocent. Un tribunal, régulièrement «institué, siégeant six jours par semaine et neuf heures par jour, aurait terminé l'affaire
eu moins de trois nids : il fallut aux lords plus de sept ans.
Le résultat avait '■(.'• w d'être di>uleu\ depuis que les lords s'étaient décidés S suivre, en lait île preuves, les règles qui sont admises dans les cours inférieures du royaume. Ces règles, on le sait, permettent de supprimer une foule d'informations qui suffiraient amplement à détermine]- la conduite de tout homme raisonnable, quant au.i tran>arli<iu- lis plu- importantes de la vie privée. A chaque session dis assise- files sauvent bon nombre d'ncousésque les juges, lejun et les as-istants croient forniriuoiil être coupables. Mais ranime il s'agissait de crimes commis plusieurs années auparavant et à plusieurs coulâmes de milles, naturellement on ne s'inquiéta pas d'établir d'une manière positive la culpabilité île l'accusé. Nous ne blâmons ni celui-ci ni ses conseils de s'être prévalu de tons les avantages que fournissait la loi pour l'obtention d'un acquittement; mais il est clair qu'un acquittement ainsi obtenu uc peut èlre défendu à la barre du li ilumiil île l'histoire.
Les amis d'Hastiiigs s'cllorcèreiil à |ilusieurs reprises d'arréler le procès. En 17811 ils proposèrent un vole de censure contre liurke à propos de paroles violentes qu'il avait proléiés louchant la mort de Nuucomar et lu roiuiivenred'lliistinfis avec Impey. Burke était alors impopulaire au plus liant, point, et dans la Chambre et dans le pays. L'àpivlé et le ilélaul. île mesure de quelquesunes de ses expiv-sion- pendant lis débats sur la régence avaient refroidi sis amis lis plu- ardent-. Le Mite de censure l'ut enlevé, et (fin qui l'avaient pnspi>é eunipl i ici il. que les i li iy rieurs dr l';.r citation, démoulés, se dé.-i-lctairul. liurke était profondément blessé ; mais sou zèle, pour ce qu'il considérait comme la cause de la justice et de l'humanité triompha de ses sentiments personnels. Il accepta la censure de lu Chambre a\ee dignité et soumission, et déclara qu'aucune mortification ou humiliation ne pourrait le détourner de la lâche sacrée dont il -'était charge.
L'année suivante le Parlement lut dissous, et les amis d'Hastings conçurent l'espérance que. la nouvelle Chambre des corn-
HISTOIRE ET Cf. ITIOUE.
munes ne serait pas .lisposije. à donner suite au procès. Ils prétendirent d'abord que la dissolution avait mis 3 néant toute !a piocédurc. Battus sur te puiol, ils liront. calcueriquement la ilio-
cependant qu'afin de hîler la solution on ne tiendrait aucun compte île plusieurs clicis d'accusation. Si l'on n'avait adopté quelque mesure de ce genre, le procès aurait duré jusqu'à la mort du défendeur.
Au printemps de 17 l J,"> l'arrêt fui enfin prononcé : il y avait près de huit ans que le sergent d'armes des Communes avait amené Haslings à la barre des lords. Au dernier jour de ce grand procès, la curiosité publique, longtemps su- pendue, sembla se raviver. On ne pouvait avoir aucune inquiétude concernant l'arrêt, car il était làtile de prévoir avec certitude qu'il y avait une imposante majorité en laveur du détendeur, néanmoins bien des gens désiraient iissis ter an speciacie, il h salle fut aussi enconibri'i! que le premier jour. Mais ceux qui, présents au début de l'aifairo, participaient alors aux actes de !a fin, étaient peu nombreux, et beaucoup d'entre eux étaient changés.
Comme le disait ll:i.-ling^ lui-même, le procès avait commencé devant une génération, cl l' arrêt était piouiuieé devant une autre. Les spectateurs ne pouvaient jeter les yeux sur le sic de laine, ou sur les bancs rouges de lu pai™, on sur les bancs verts des Communes, sans apeieevoir quelque chose qui leur rappelât l'instabilité des conditions humaines, l'in-labilité du pouvoir, de la renommée, do la vie, l'instabilité plus déplorable de l'aminé. Le grand sceau élail coulic à !eid Lougborougli, qui, loisque le piticès commença, faisait nue violente opposition au gouvernement de M. Pitt, et qui était actuellement membre de ce gouvernement, tandis que Tlturluvy, qui présidait lu Cour au début du procès, élail séparé de tous ses ancien- alliés, et siégeait, l'air re.rogué, parmi les jeunes barons. De cent sonanle nobles environ qui faisaient partie du collège te premier jour, soixante relisaient dans
d' uiler h
stfo
décida
WARHEK B1ST1NGS.
le caveau de leurs familles. La vue dos hunes où éLiient assis les directeurs de l'accusation devait èlrc plus affligeante encore. Qu'était devenue* elle lie- lie el fraternelle réunion que resserraient si étroitement îles liens publics et privés, que faisaient briller lant de tileuls et lie perfections? Elle avait Été dispersée par des calamités plus horribles que les horreurs de la mort. Les principaux chefs étaient encore vivant-, et il- étaient encore dans toute la vigueur du génie; niai- leur amitié n'existait plus; elle avait élé rompue violemment i:t ] riibl iqm -îii^j i ! V, non sans île uls rcgivlet d'amers reproches. Si ces hommes autrelbis >i chers les uns
él rangers rassemblé-- ;iar mu: affaire publique, et. se conduisaient les uns envers les autres avec une politc-se froide et réservée. Burkc avait ciilrahn' Wyiulhaiii dans -ou knirJjilluu. Fox avait élé suivi par 1 Sheriilan et pur Grey.
11 n'y eut qui; vingt-neuf pairs ipii mlèrent : six d'entre eux seulement trouvèrent Hasliims cmipable -tir les charges relatives à Cheyte-Sing et aus Béguins ; sur les autres charges la majorité lui fut encore plus l'avuraltle, sur ipn , li|iic--imcs II fut absous à l'unanimité. Il fut appelé à la barre. Le président lui apprit que
liberté. Bastilles -alua respectueusement et se relira.
Nuus avons dit qu'on s'attendait à celle dérision. Elle fut universellement approuvée. Au ei>nirin:iu:eineiit du procès il y avait contre Hastings de fortes el iléralsniuiahlcs préventions : à la lin du procès il v avait en faveur il'llii-tiiiïs des préventions égalenous tout simplet! ici il la lei Relier:. le de la nature humaine, était sans contredit une des causes de ce changement. Chez les individus el chez les niasses une violente iriitation est suivie toujours d'indulgence et souvent de réaction. Nous sommes tous enclins à déprécier ce que nous avons loué outre mesure e! à montrer
nable procès, il était devenu ustért s-ant. On pensait, non sans raison, que, fut-il coupable., il n'en liait pas moins victime, et qu'un procès qui avait duré huit années éLai! un oh;îliment plus que suffisant. (In sentait aussi que 1rs réglos ordinaires de la justice criminelle, règles qui ne | m'incitent pas à un accusé de l'aire valoir ses bonnes actions eu compensation de ses crimes, étaient inapplicables à une granile cause politique, et qu'un nomme ayant gouverné un empire pn niant. I rente uns pouvait avoir commis quelques actes répréhi ■nsiblcs, d cependant sur l'ensemble de son administration mériter dos récompenses et îles honneurs plutôt que l'emprisonnement tit l'amende. l,a presse, instrument dont les accusateurs n'avaient pas lait, usage, avait été employée avec grand suceè.s par Haslings cl par ses amis. De plus chaque vaisseau qui arrivait do Madras on du Bengale était plein d'admirateurs île J'ox-fïoirvrM'Èioiii- général; eliaque gentleman qui venait de l'Inde déclarait qu'Ilastings plus que personne avait accompli des choses lionnes el utiles, et qu'il avait été traité plus mal qu'aucun homme vivant. Ce témoignage unanime de tous cens qui connaissaient l'Inde fut d'un grand poids. Bans tous les coins du royaume s'étaient établis d'anciens employés des services indiens, civils et militaires : sur la question indienne chacun d'eux était ualurellemriU roganlé comme un oraele dans son petit cercle, et tous, à peu prés sans exception, étaient de zélés défenseurs d'Hastings. Il faut ajouter que les nombreuses adresses a l'cx-gouverncur général, que m's amis du Bengale obtinrent des natifs et qu'ils eu voutciiI en Angleterre, produisirent une notable impression. Ces adresses sont, suivant nous, sans importance. Hastings était, il est vrai, aimé du peuple qu'il gouvernail; mais les éloges de- pundits, des immimltirx et des docteurs ma homélans n'en sont, pas mie preuve su disante, car un collecteur on nn juge anglais aurait amené sans peine tout natif sachant écrire à signer un panégyrique dn gouvernement le plus odieux
WARHEH HASTI NUS.
qu'il y ait jamais eu dans l'Inde. On disait qu'à Bénares les natifs avaient élevé un temple à Hastings sur le lieu même où avaient été commis les scies formant la base du premier chef d'aceosalion, et cette histoire (il une vive sensation en Angleterre. Les observations de Binie à propos de celte apolbéosc furent admirables. 11 no voyait, ilil-il, aucune raison île s'étonner de l'incident qu'on citait connut- si frappant; il connaissait nu peu la mythologie des brahrnines; il savait que si ces derniers adoraient quelques dîeui par amour, ils en honoraient d'autres par terreur; il Savait qu'ils avaient élevé îles autels tinii-seulemeut ans divinités bienfaisantes de la lumière et de l'abondance, mais encore aux mauvais génies qui président à la petite vérole cl au meurtre, et il ne contestait îuillennnl. à M llaslin^s le ilrnil d'être admis dans un pareil panthéon. relie réplique nous a toujours paru l'une dès plus remarquables qu'on ail jamais entendues au Parlement : c'est un argument plein de force présenté avec un rare bonheur |iar l'esprit et par l'imagination la plus brillante.
llaslin^s était sauvé; mais en toutes choses, l'honneur excepté, il eût obtenu un meilleur résultat si, au moment de l'accusation, il s'était avoué coupable el avail p.i'.é uni' amende de cinquante mille livres. C'était un homme ruiné. Les frais légaux de sa dé-
tres non moins considérables avaient sei vi à solder des journaux, à stipendier des pampldéliiires. Ile- 1700, Bnrke affirma qu'on avait employé vingt mille livres à corrompre la presse. Il est certain qu'on ne négligea aucun moyen d'action, ni les plus sérieux raisonnement ni les plus liasses plaisanteries. Logan défendit tr&vhabilcment en prose le gouverneur accusé. Les amateurs de vers ne furent pas oubliés, et les discours des accusateurs furent parodiés dans les lettres de Simpkin. Il est impossible de nier, nous le craignons, qu'IlastuiLis alla jusqu'à implorer l'appui de Joint Williams, ce méchant et infâme drôle qui se donnait le nom
d'Anthony Pasquin. Il était nécessaire de soudoyer largement de tels alliés. Les épargnes particulières de mislress Ilastmgs avaient dis[>nrii : elles avaient clé confiées à un banquier qui, dît-on, lit faillite. Si cependant Hasting* s'était conduit avec une stricto économie, il aurait jm, même après tontes ses pertes, avoir encore une modeste aisance. Mais il manquait do prudence dans la direction de ses affaires personnelles. Le vœu le plus cher de son cœur avait toujours été île devenir pes-es-our de lhiylesfurd. L'année même oit commença le procès, ce vœu fut enlin accompli ; et le domaine aliéné plus île soixante ans auparavant fut racheté par le descendant des anciens maîtres ; mais le manoir était en ruine, et les terres avaient été complètement abandonnées depuis plusieurs aimés. Hastings se mit à bâtir, à planter ; il fit creuser nue glotte, une pièce d'eau el availl qu'il lui renvové absous de la barre de la Chambre des lords, il avait dépensé plus de quarante
et que son ïèle pour leurs inJorOts Lirait été la cause de ses infortunes. Ses amis de Hall Strce! proposirent de payer les frais de son procès, et de lui constituer une rente viagère de cinq mille livres par au ; mais le consentement du Bureau du
adhérents d'HasUugs avaient vroleuunen! atla.pié et qui, par conséquent, n'était pas dans des dispositions favorables. Il refusa son consentement : les directeurs protestèrent. 11 s'ensuivit une longue discussion, flaslings, pendant ce temps, était réduit à une telle détresse qu'il pouvait à peine paver ses dépenses de quinzaine. H y eut enlin nu i OŒpromïs. Une rente annuelle de quatre mille livres fut constituée à Hastings, et, pour qu'il put faire face aux exigences pre-sanle*, on décida qu'il recevrait d'avance dix années de sa pension. La Compagnie fut en outre autorisée
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à luï prêter cinquante nulle livre- qui drviiîi-nt élrc remboursées p:ir à-compte et sans intérêts. Tout cela, liienque donné de la façon la plus absurde, aurait suffi pour mettre l 'ex-gouverneur îi même de vivre dans l'ai?; m ce cl môme dans le luxe, s'il avait habilement administré sa fortune, mais il était négligent et prodigue, et plus d'une fois il fut forcé de demander à la Compagnie des secours qui lui furent libéralement accordés.
11 avait la sécurité et l'abondance, mais non le pouvoir et lis dignités qu'il espérait avec raison quand il revint de i'Inde. A cette époque, il avait rêvé une couronne seigneuriale, un ruban rouge, un siège au conseil, une chaire à Wilohall ; il n'avait que ci ni[ iiante-deux ans, et il pouvait encore compter sur plusieurs années de vigueur physique et intellectuelle. Lorsqu'il quitta la barre de la Chambre des Lords, les conditions dans lesquelles il se trouvait étaient bien rliiférotile-;. Il était .dors d'un âge trop avancé pour appliquer -on r-pril à ■ i« — = étuili's et à des travaux d'un nouveau genre. 11 n'avait aucune chance d'obtenir la moindre faveur royale tant que M. Pitt resterait au ministère, cl quand M. Pi il se relira Haslings touchait à sa soixante-dixième
Après son acquittement, il intervint une Ibis, et seulement une lins, dans les affaires politiques, et cette intervention ne fut pas beaucoup à son honneur. F.ti IJù'U, il [il Ions ses efforts pour empêcher M. Addhigton, contre lequel Fox et Pill étaient ligués, de se démettre de la Trésorerie, Il est difficile de croire qu'un homme aussi capable et aussi énergique qu'il. istings ait pu penser qu'au moment où Ponaparte él:ul à limiloime avec une nomhreuse armée, il fût prudenl de confier la défense de notre île à un ministère qui n'avait personne dans son sein que la flatterie ellemême eût pu qualifier de grand homme d'État. 11 est également certain que sur l'importante question qui avait fait arriver M. Addinglon au pouvoir, et sur laquelle celui-ci étaitd'uno opinion contraire à celle de Fox et de PiU. Ilasliugs, comme on aurait pu s'y attendre, s'accordait avec Fox cl Pill et était l'adversaire
décidé d'Addington. L'uili.ik'r;uicc [cligieuse n'a jamais été le viw; de ceux qui ont servi dans l'Inde, cl n'était assurément piis le vice d'Haslings; mais M. Addiusteuaviit traité l'r-x -gouverneur général avec une bienviiill iiii i' tente particulière, et Fus avait été un des principaux diivcteurs de l'accusation. C'est à Pitt qu'était dû le procès, et Haslings, mais le craignons, fut en celte circonstance guidé par des considérations personnelles plutôt que par l'amour du bien public,
Il passa la plus grande partie des vingt-quatre dernières années de sa vie à Daylesford. Il prît plaisir à améliorer ses terres, à monter de beaux clievau\ arabes, à engraisser des bestiaux pour les concours, à (ici ht d'aeclitnatcr eu ÀiraleleiTe des animaux et des végétaux de l'Inde. 11 sema de la graine d'un très-beau cacbiment venant du jardin de son ancienne villa, située paimi les Verts ombrages d'AUÎpare. R essaya aussi d'importer dans le Worccstershire le délicieux l?echi><>, peut-être le seul fruit du Bengale qui mérite d'être regretté au milieu des profusions de Covent-Garden. Au temps de leur grandeur les empereurs mngols avaient vainement lente d'introduire dans l'Iluulostan les chèvres du Thibet dont la soie fournit ans métiers de Cachemire la matière première des châles les plus beaux ; Haslings s'efforça, sans plus de succès, d'en élever un troupeau à Daylesford; et il ne |iarait pas avoir mieux réussi avec les animaux du Boutan, dont les queues sont considérées comme les meilleurs éventails pour chasser les moustiques.
Ses collections et ses mênagenes ne lui firent pas abandonner la littérature. 11 avait toujours aimé les livres, et ceux-ci lui étaient maintenant nécessaires, bien qu'il ne fut nullement poëte dans le sensélcvédu mot, il composait avec une extrême facilité des veis corrects et limés, et il aimait beaucoup à cultiver ce talent. S'il faut dire toute nuire pen-ée, il nous Semble en vérité qu'il y avait en lui plus de Trissotïn qu'on n'aurait dû s'j attendre de la part d'un homme doué d'un esprit aussi puissant et ayant joué dans le inonde un rôle ans-i nnpnrtaul. Ou nous assure dans ses Mémoires
ijlie 1» première chose dont il s'occupait chaque matin, c'était d'écrire une pièce de vers. Lorsque lu famille cl les hôtes étaient rassemblé-, le jimiuic l'akiit son apparition aussi régulièrement que les œufs et le rôti; et M. Glcig nous aflirme que si, par suite de quelque accident, Hustings avivait mu déjeuner sans avoir à la main une de ses charmantes productions, tout le monde était trèsdésappointé. Lesgd'.lls ilitïèrcnl. -m.uiilièrcment. l'our ce qui nous concerne, nous devons dire ipic. 4 li I > [ n u bons qu'aient pu être les déjeuners de Daylesford, — et nous sommes persuadé que le Ibé avait un parfum exquis et qu'on ne manquait ni de langue ni de pâté de venaison, — nous aurions cru payer bien cher notre* repas si nous avions été forcé d'écouter chaque jour un nouveau madrigal ou un nouveau sonnet de notre amphitryon. Quoique nous soyons loin de considérer ce petit trait île caractère comme la preuve d'une qualité, nous sommes cependant heureux que M. Gleig l'ait conservé. Il est bon qu'on nous rappelle souvent les inconséquences de la nature humaine, et qu'on nous apprenne à regarder sans êtonnement ni répugnance les faiblesses dont les esprits les plus remarquables ne sont pas exempts. Denjs dans l'antiquité, Frédéric dans le siècle dernier, unissaient à une intelligence et à une vigueur rapatries de mener à bien les affaires les plus graves, toutes les puériles sanités et toutes les alFectatious qu'on rencontre chez les bas lilens de proiince. Ces grands exemples peuvent consoler les nrimir atcurs d'If i-lings du chagrin de le voir descendre au niveau des Haijlr.ij et des St'wurd.
Hastiugs, après être resté plusieurs année.- dans la retraite et avoir dépassé île beam uiip la limite de la vu' e.'jiiunune, devint encore un instant l'objet de l'attention générale. Eu 1813 la cliarle de la Compagnie des Indes fut renouvelée et il y eut an Parlement de nombreuses ili^iissieii- sur les al'iuircs indiennes. On résolut d'appeler des témoins à la barre des Communes, et Haslings reçut l'ordre de s'y présenter. Vue fois déjà il avait paru à celle barre. C'était quand il lot sa réponse aux accusations déposées par Bmkc sur le bureau, tlepui- ce temps, viugl-sepl années s'étaient
écoulées, lœ sentiment puiilic. avait subi une complète trausfor-
nait pins que de s*.-» services, ll'adlours, l;i réapparition d'un
homme qui avait c pté r ;,I ™i If"- l 1 ' 11 - distingués d'une généra-
ti';il éleinlc, d'un homme qui maintenant appartenait à ] histoire cl qui semblait sortir du tombeau, ne pouvait manquer de produire 1111 effet solrii m l el [1:1 II . 't u[i le . i.c- it)i , iiil)i , i:s de la Chambre îles commune* poussèrent des acclamations à son aspect; ils lui lirait apporlei' un siège, cl , qH;i!iil i I se retira, ils se lovèrent et se découvrirent. Il v en avait, 1! esl vrai, quelques-uns qui no partageaient pas le scnlmicnl. général, l u ou deux des directeurs du procès étaient présents; ils étaient assis sur Ira mêmes sièges qu'ils occupaient quand un leur avait offert des rcmercimenls pour les services qu'ils avaient rendus dans Westminster-Hall, car, suivant les usages de Li Oiamlirc, un membre qui a reçu des remereimeuts, étant :ï sa ce, est considéré connue ayant le droit de toujours occuper cette place. Ces gentlemen n'étaient point disposes à reconnaître qu'ils avaient employé plusieurs des meillenros aimées de leur vie à poursuivre un homme innocent. Ils réitèrent donc assis et enfoncèrent leur chapeau sur leur lèlc: niais celle exception ne lit que rendre plus remarqua Me i'entlraisiasme général. Les lords reçurent le vieillard avec de semblables imnilcslaliuiis il' respect. I.'miiui>ilé il'thlord lui conféra le titre deDoctoi' <>/' Inwn, cl dans le Shvhlunhtn Théâtre, les étudiants l'accueillirent avec des applaudissements tumultueux.
Dis marques de la f.,veur royale ne tardèrent pas à suivre ces marques de l'estime publique. Iliisliiiiis fut appelé au Conseil privé et il eut une longue audience pal tirulicrr du pl'incc-rêgcut, qui le traita fort gracieusement. Lorsque l'empereur de Russie et le roi c!e Prusse visitèrent l'Angleterre, llasliiigs parut à leur suite à Oxford et dans le Guild-Hall de Londres; et, bien qu'il fut au milieu d'une foule dcpibeeset île soldais illustres, paituut la population lui donna de; preuves de respect el d'admiration. Le prince-régent !e présenta à Alexandre cl à lYédéric-Guillaume, el
Son Allasse [loyale déclara même publiquement que dos honneurs beaucoup plus importanlsqn'un s:é;:e ;hj Conseil privé étaient dus et seraient bientôt accordés ;i celui qui avait sauvé la domination anglaise en Asie, Ehsliugs a- croyait sûr alors d'obtenir un litre de pair ; mais, grâce à quelque cause inexpliquée, il fut déçu nue seconde fois.
Le 29 août 1818 il mourut dans sa quatre-vingt-sixième année, avec ce courage tranquille et bienséant qu'il avait toujours opposé aux épreuves de s;i vie si varice et si pleine d'événements.
Malgré toutes ses failles, — et elles ne furent ni peu nombreuses ni médiixrcs, ■ — il n'y a vint qu'un ciiMclicre qui fût digne de recevoir ses restes. C'est dans I ■ temple du silence et de la réconciliation, où repiwnl le- inimitiés de vingt générations, dans la grande ablmvo où ceux dont jus esprits et les corps se sont épuisés aux luttes et aux discussions de la grande salle ont trouvé une demeure paisible, que le- cendre- de l'illustre accusé auraient dû se mêler aux cendres des illustres accusateurs. 11 n'en fut pas ainsi; mais le lieu de la sépulture ne fut pas mal choisi. Derrière le ehœur de l'église paroi-siale de llajlesfnid. dans la livre où étaient déjà les ossements de plusieurs chef- de la famille d'Ilasliligs, fut déposé le cercueil de l'homme le plus émulent qui jamais ait porté ce nom ancien et fameux. A cette place même le petit Warreu, pauvrement vêtu et maigrement nourri, avait probablement joué, quatre-vingts ans auparavant, avec les enfants des laboureurs. Son jeune esprit avait fait alors des rêves qu'on pourrait appeler romaucsip.es, mais qui, s;ms nul doute, n'étaient pas, quoique romanesques, aussi étranges que le lut la réalité. Le pauvre orphelin ne s'était pan borné à relever la fortune de sa maison, à racheter les vieilles tei ees, à rebâtir la vieille résidence; il avait conservé et agrandi un empire., il avait fondé un nouvel ordre de choses, il avait présidé au gouvernement cl à la guerre
avec plus (le géilii: i] ire Hirhrlini, il avait ci in m ragé les leUres et
les sciences avec une libéralité aussi judicieuse que celle de Côme, il avait été attaqué par la plus formidable coalition qui jamais s'acharna à la perte d'une seule victime, il avait iriomplié de cette coalition après dix années de lutte ; puis, tranquille après tant d'orages, honoré après tant de médisances, il était enfin descendu plein de jours au tombeau.
Ceux qui examineront son caractère, sans préventions favorables ou malveillantes, reconnaîtront que les deux principaux éléments de toute vertu sociale, le respect des droits d'autrui et la sympathie pour lis souffrances d'autrui, lui faisaient en partie défaut. Ses principes s'étaient quelque peu relâchés, son cœur était quelque peu dur; mais, si nous ne pouvons vraiment le représenter ni comme un gouvernant austère ni comme un gouvernant généreux, nous ne saurions contempler sans admiration la largeur et la fécondité de son intelligent:-:*, ses val us talents pour le commandement, l'administration et la polémique, son courage indomptable, son honorable pauvreté, son zèle fervent pour les intérêts de l'État, sa noble égalité d'âme, éprouvée parles fortunes les plus diverses, et jamais troublée par aucune.
WILLIAM PITT