QUATRIÈME ENTRETIEN
M. Honren.
Mes enfans, avant de continuer notre histoire, je dois vous dire quelque chose qui réclame toute votre attention.
Tous, d’un air de curiosité. De quoi s'agit-il?
M. Hunter. Je serai obligé de vous par-
ler quelquefois de /ongitude et de latitude; il est donc nécessaire que vous compreniez bien la véritable signification de ces termes.
! Henri. Mais il y a long-temps que nous
‘ l'avons apprise.
Joux. Papa nous l’a expliquée il y a deux
‘ ans, quand nous avons commencé la géo-
| graphie.
| M. Honrer. En cecas, un des plus âgés
| prendra ma place, et instruira les plus jeu-
nes qui n'en ont pas encore entendu parler.
Henri. Sans doute; maisil faudrait aller chercher le globe.
M. Hunter. Je crois que nous pourrons
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92 VOYAGES ET CONQUÈTES
nous en passer. Tenez, voici une petite mappemonde de ma façon; je pense qu’elle pourra remplir notre objet. Eh bien! qui de vous veut me représenter?
Tous. Moi! moi! moi!
M. Hunter. Puisque vous vous offrez tous, il faut bien que je choisisse. Henri, toi qui es l'aîné, avance ici; etvous autres, s’il se trompe, vous n’oublierez pas de le mettre dans son chemin.
Henri. Hé bien! Charlotte , ma fille, approche ; et toi aussi, mon fils Frédéric. De l'attention : je vais vous enseigner ce qu'on appelle la longitude et la latitude de notre globe.
Mar. Hunter. Voilà un début assez grave.
Herr. Mais, maman, je suis le papa; il faut bien que je prenne un air d'importance. Regardez, mes enfans , cette petite figure représente la moitié de notre terre.
ne petite se qu'elle bien! qui
us offrez . Henri, is autres, pas de le
fille, apdéric. De ce qu'on
de notre
ut assez
papa; il d’importe petite re terre.
Frépéric. Fort bien.
Henri. Vous savez déjà que la terre est ronde comme une balle, et qu'elle est un peu raboteuse. Cette figure représente un de ses côtés; sur cette terre ronde il y à deux points, l’un précisément vis-à-vis de l'autre autour desquels la terre tourne continuellement. Dans notre figure , ils sont indiqués par les chiffres 1 et 2. Ces deux points s'appellent les pôles de la terre. Celui des deux qui est en haut a perpendiculairement au-dessus de lui une étoile appelée la septentrionale, et par cette raison on lui a aussi donné le nom de pôle septen-
trional ; l'autre , au contraire, est appelé le pôle méridional. Au milieu de la boule dont notre figure représente la moitié, on a tiré une ligne ou un cercle, qui sépare cette boule en deux parties égales. Cette ligne est ici marquée À et B.
FRéDÉRIC. YŸ a-t-il en effet une telle ligne sur notre terre?
Henri. Non sans doute. Nous autres savans, mon bon Frédéric, nous imaginons seulement qu'une telle ligne passe tout autour de la terre.
CHARLOTTE. Mais pourquoi cela ?
Henri. Patience, et tu l’auras bientôt compris. Voulez-vous à présent savoir comment on appelle cette ligne ? L'équateur.
CHARLOTTE. Pourquoi ?
Henri. Parce que non-seulement, à l’aide de cette ligne, on partage la terre en idée, en deux parties égales, mais encore parce qu'à l'époque où le soleil est perpendiculairement au-dessus de ce cercle, les jours sont égaux aux nuits. Eh bien, l’espace tracé par cette ligne tout autour de la terre, depuis À jusqu’à B , et ensuite depuis B, de l'autre côté que l’on ne peut pas voir d'ici,
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jusqu'au même point À, on l'appelle la longitude de la terre. M'avez-vous bien compris ?
Frépéric et CHanLorTE. Oui! oui!
Henri. Voilà donc le premier point éclairci. Il vous reste à apprendre ce que c’est que la latitude de la terre. Voyez-vous ces lignes qui sont tirées ici du pôle septentrional jusque là-bas au pôle méridional?
Les DEux ENFANs Vraiment oui, nous les voyons. |
Henri. Eh bien, elles marquent la latitude de la terre, et on les appelle les méridiens.
Frépéric. Pourquoi done méridiens ?
Henri. Parce que tous les liéux au-dessus desquels on peut tirer un même méridien ont midi en même temps, et cela au moment où le soleil est précisément visà-vis de cette ligne. Le comprenez-vous ?
CHARLOTTE. Oui, monsieur ie professeur.
Henri. Bon. Un des méridiens, que vous voyez ici tirés en grand nombre, et dont on peut tirer autant que l’on veut, s'appelle
le premier. Que ce soit ici, sur notre figure, celui qui est un peu plus gros que les autres, et qui est divisé en quantité de petites intersections. Voyez-vous ?
VOYAGES ET CONQUÈÊTES
Les peux Enrans. Oui! oui!
Herr. Quand donc on demande ( faites bien attention) à quelle longitude est un lieu donné, c’est comme si l’on voulait savoir à quelle distance il est du premier méridien ; bien entendu que l’espace de là au méridien se mesure d'orient en occident.
Si au contraire on demande à quelle lati=
tude est un endroit, on veut savoir combien de chemin il y de là à l'équateur. Cela est-il clair?
Les Deux Enrans. Très-clair !
Henri. J’aperçois là, sur notre petit planisphère, un navire : si je vous demandais à quelle longitude il se trouve, qu'est-ce que cela voudrait dire ?
CuarLorTe. De combien il est éloigné du premier méridien.
Henri. Mais, Frédéric, si, en continuant, je demandais aussi à quelle latitude est le navire , que voudrais-je savoir ?
figure, les aupetites
| (faites
est un ilait sajer méde là au ecident.
lle lati=.
ir COMur. Cela
etit planandais -ce que
jgné du
contiatitude ?
Frépéric. Combien il y a encore de là à l'équateur.
Henri. À merveille. Allons, je suis content de votre attention.
M. Howrer. Et moi, je le suis de tes explications. Donnez un baiser à votre jeune professeur, puisqu'il vousa si bien instruits ; et celui-ci (en l’embrassant ), je te le donne comme récompense pour avoir fait les honneurs de ma place.
Joux. Mais il a passé quelque chose, mon papa.
M. Hunter. Quoi donc?
Joux. Il a oublié de dire que l'équateur et les méridiens sont divisés en degrés.
M. Hunter. Va donc prendre sa place, et tâche de leur faire comprendre ce que tu viens d'avancer.
Joux. Je vais essayer. Vous voyez bien que l'équateur et le premier méridien sont coupés, à des distances égales, par une quantité de petites lignes qui forment autant de divisions?
FréDéric et CHARLOTIE. Oui.
Jon. Chacune de ces divisions est :ppe-
38 VOYAGES ET CONQUÈTES
lée un degré, et signilie un espace de quinze milles d’ Allemagne, ou de vingt-cinq lieues communes de France. L’équateur contient trois cent soixante de ces degrés ; et un méridien, d'un pôle à l’autre, en contient cent quatre-vingts. Ainsi, quand on dit, par exemple , que tel ou tel endroit est autrois cent trentième degré de longitude, or: ne prétend dire autre chose , sinon qu’en comptant les degrés de l'équateur depuis cet endroit, allant toujours à l’ouest autour de la terre jusqu’au premier méridien , il s’en trouvera trois cent trente. Et si ensuite on ajoute que ce même endroit est au huitième degré de latitude, cela signifie qu'en comptant les degrés du premier méridien depuis l'équateur jusqu’à l'endroit en question , il s’en trouve huit.
M. Huwrer. Trés-bien ; John a mérite aussi d’être embrassé. Donnez-lui un baiser, mes enfans. Et voici pour ma part.
#7 M. Hunter continuant. Voyons maintenant à quel degré de longitude et de latitude pourra se trouver le navire que j'ai dessiné ici. D'abord à quel degré de longi-
tude ? Tenez , il faut que nous comptions |
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les degrés de l'équateur vers l’ouest, depuis le point où est le navire jusqu'à ce que nous soyons arrivés au premier méridien ; mais comme cette figurene représente qu'un côté de la terre, nous n'y pouvons pas compter les degrés de l’équateur tout autour; il faut donc que vous vous en rapportiez à celui qui a fait ce dessin, et qui, comme vous voyez, a mis au-dessous du navire le nombre de 340. Voilà bien le degré de longitude du navire. Mais à
présent le degré de iatitude ? Rien ne nous
empêche ici de compter les degrés du premier méridien depuis l'équateur jusqu’à la distance où le navire est de l’équateur, c’est-à-dire à peu près jusqu'ici. Ainsi , un,
| deux, trois, quatre, cinq. Nous y voilà !