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du cacique ou roi, et de son fils, qui en effet nous ont accompagnés jusqu'ici, et ont partout donné ordre de nous traiter avec une grande considération. »

L'amiral en témoigna sa reconnaissance à ces deux princes , et les régala à bord de son vaisseau avec beaucoup d'attention et d’égards.

Quand il en vint aux informations sur le pays où se trouvait l'or, on lui montra l'orient ; mais ils ne pouvaient comprendre pourquoi les hommes blancs faisaient paraître une si grande passion pour ce métal, qui à leurs yeux n’était presque d’aucun prix, et qu'ils n'employaient qu’à leur parure. Les hommes blancs de leur côté n'étaient pas moins surpris de la simplicité de ces bonnes gens ; et Colomb abrégea son séjour dans cette île, pour aller chercher, suivant les nouveaux renseignemens que l’on venait de lui donner, le pays à mines d'or, objet de ses vœux, que les Indiens appelaient Haiti.

En quittant Cuba , le 19 novembre, il emmena douze naturels du pays, pour les conduire en Espagne. Ces Indiens quittè-

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DE CHRISTOLHE COLOMB. 63

rent leur patrie avec la plus grande indifférence , parce que Colomb avait soin de leur rendre le séjour dans les vaisseaux aussi agréable qu'il était possible.

Le vent étant devenu contraire pendant plusieurs jours , l'amiral fut obligé de louvoyer (1). |

Alonzo Pinzo, capitaine de {a Pinta, voulut profiter de la circonstance; et comme son vaisseau était meilleur voilier que les autres, il chercha à s'échapper, pour parvenir le premier dans le pays de l'or, et en faire sa provision avant que les autres n'y fussent parvenus.

Colomb, qui se douta de ses intentions, lui fit signal de l’attendre (2); mais Pinzo n’y eut aucun égard : la soif de l’or lui fit oublier le devoir de l’obéissance.

Colomb n’y pouvant remédier, prit le

(1) Louvoyer c’est voguer tantôt d’un côté tantôt de l’autre. On fait cette manœuvre lorsque le vent est contraire et que cependant on veut maintenir le bâtiment dans les parages où l’on se trouve.

(2) On appele signal à la mer des instructions

que l’on donne au moyen de quelques marques dis-

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parti de retourner à Cuba avec les deux navires qui lui restaient. Le gros temps l'obligea à y rester quelques jours; il les employa à reconnaître le pays partout où il était riant et assez bien cultivé. On remarqua dans la manière de vivre des habitans une particularité qui d’abord dégoûta les Espagnols : ils avalaient avec grand appétit une espèce de grosses araignées, des vers nourris dans le bois pourri, et des poissons à demi cuits, auxquels ils arrachaient auparavant les yeux pour les manger crus.

Aussitôt que le temps eut changé, Colomb remit à la voile pour aller à la recherche de Haïti ct du traître Pinzo.

Il n'eut à faire que seize lieues de chemin. Ce fut le 6 décembre qu’il arriva devant cette grande ile , qu’il nomma Hispaniola ou petite Espagne , à raison de la

tinctives qui servent à faire connaître aux divers bâtimens d’une cscadre les ordres ou les avis du commandant. Le jour on emploie des pavillons de diverses couleurs, et la nuit on fait usage du canon, des fusées, de feux, etc.

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ressemblance de son sol avéc celui de l'Espagne d'Europe. Depuis elle reçut le nom de Saint-Domingue , nom d’une ville que les Espagnols y bâtirent et qui devint la capitale de l’île,

À son arrivée, les habitans se sauvérent dans les bois, et comme on n’eut aucune nouvelle de la Pinta, l'amiral quitta bientôt le havre où il avait mouillé , et fit gouver-. ner au nord en rangeant la côte.

Ayant jeté l’ancre dans un autre havre, il réussit à faire connaissance avec quelques habitans. Une Indienne, que l’on avait prise et qui avait été comblée de caresses et de présens , fit à ses compatriotes un portrait si avantageux des Espagnols, qu’ils n’hésitèrent pas de s’en approcher, pour voir et obtenir à leur tour quelques-unes des choses merveilleuses qu'elle avait reçues.

Ces gens, quant à la figure et aux mœurs, ne différaient en rien des habitans de Guanahaniet de Cuba. Commeeux, ils n'étaient pas vêtus : ils avaient le teint couleur de cuivre ; ils étaient aussi timides et ignorans, et n'avaient pas moins de douceur

dans le caractère. Surpris de tout ce qu’ils voyaient , ils paraissaient croire que les Espagnols n'étaient pas des hommes, mais des êtres célestes. On voyait briller dans leur parure plus d’orqu’on n'en avaitaperçu !* d dans celle des insulaires précédens ; mais

ils faisaient également si peu de cas de ce À l métal, qu’ils s'estimaient heureux de le 1 pouvoir échanger contre des grains de + ‘à

verre, des épingles, des sonnettes ou d’au- : ET tres bijoux de cette espèce. Quand Colomb leur demanda le lieu où l’on trouvait de l'or, ils montrèrent la partie orientale; d'a ? prés cette nouvelle indication, il remit | aussitôt à la voile, plein d'espoir de décou-

vrir bientôt une source immense de ri-

chesses.

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