ONZIÈME ENTRETIEN
M. Hurwrer.
O mes chers enfans ! que nepuis-je tirer un voile sur la suite de ce qui s’est passé dans le Nouveau-Monde! Dans tous les temps la voix de l'humanité s’élèvera contre les horreurs dont des chrétiens se sont rendus coupables envers leurs frères innocens. Je vais vous les faire connoître ces faits abominables, sans en rien déguiser , afin que, dès ce moment même, vous appreniez à abhorrer les cruautés dont les hommes sont capables lorsqu'ils suivent la voix de leurs passions.
Les deux armées sont déjà en présence, et voici le moment terrible qui va décider de la vie des Espagnols ou de la liberté des Indiens.
D'un côté il y a cent mille Indiens armés de massues, de cimeterres de bois, de pi-
ques forn
joux ving peti nah:
cette bre, taire mên M ame] lâch.
com:
autre M.
part ficile Co
horri
l'obs serai:
impr entre
consa-
AAVVIUUETAAN
-je tirer st passé ous les Ta conse sont s iInn0îitre ces guiser , ous aplont les ivent la
ésence, décider erté des
s armés de pi-
ques et de flèches, dont les pointes sont formées d’arêtes de poissons ou de cail- Joux. De l’autre, deux cents fantassins et vingt cavaliers européens, soutenus par un petit corps d'Indiens aux ordres de Guakanahari. Différence énorme! Mais ce que cette poignée d’Européens perdait en nombre, elle le regagnait du côté de l'art militaire, des armes , des chevaux, le dirai-je!
même d’une meute de chiens.
Caarces. De chiens!
M. Hunter. Où mon ami. On avait amené une meute & gros dogues, pour les lâcher contre les pauvres Indiens nus, comme on le fait contre les sangliers et autres animaux.
CHARLOTTE. Les vilains Espagnols!
M. Hunrer. Le péril était donc égal de part et d'autre , et l’issue de la bataille difficile à prévoir.
Colomb choisit la nuit pour la scène
horrible qui se préparait, espérant que
l'obscurité augmenterait la frayeur dont seraient saisis les Indiens à une attaque imprévue. Ayant partagé sa petite armée entre son frère Barthélemi, lecacig uGua-
120 VOYAGES ET CONQUÈTES kanahari ct lui-même, il tomba sur les Indiens au moment où ils s’y attendaient le moins. Les cris et la fureur des assaillans , le bruit de la mousqueterie , le hennissement des chevaux, l’aboiement des chiens, effrayèrent tellement ces malheureux, qu'après une légère résistance, ils prirent la fuite en désordre, le désespoir dans le cœur. Quelques-uns tombèrent sous le fer; d’autres furent écrasés par les chevaux, déchirés par les chiens, ou faits prisonniers : le reste se dispersa dans les forêts. |
Il est donc décidé que ce peuple innocent courbera sa tête sous le joug européen!
Colomb se hâta de profiter de sa victoire ; il parcourut tout le pays, et partout on se soumit sans faire la moindre résistance. En quelques mois cette île si peuplée se trouva entièrement assujettie à l'Espagne.
Jusqu'à présent Colomb n'a rien fait qui ne doive nous inspirer de l’admiration et de l'amitié pour lui : mais il était homme; ainsi préparez-vous à ses faiblesses et à ses erreurs ; et puissiez-vous apprendre par-ià combien on doit veiller sur son cœur et sur
I 5 pou au ses I ve orag ne ll à la cons fait être oblig mall Fr M.
tribu pays à ceu tion « Co
que «
sur Îles
idaient
assail-
le henent des aalheu- ACe » ils ésespoir nbèrent par les ou faits daus les
le innoropéen !
ictoire ; ut on se ance:. En e trouva fait qui ation et omme ; et à ses e par-là retsur
ses actions, pour ne pas broncher dans la carrière de la vertu!
Margarita et le père Boyl, ses deux ennemis jurés, étaient arrivés en Espagne.
Il s'attendait qu'ils ne négligeraient rien pour déprimer son mérite, et persuader au roi, naturellement ombrageux, que ses découvertes étaient de.peu de valeur.
Il voyait donc se former sur sa tête un orage qui ne manquerait pas d'éclater, s’il ne le dissipait à temps.
Le seul moyen d'y réussir était d'envoyer à la cour d’Espagne un échantillon un peu considérable des richesses qu'il lui avait fait espérer de ses découvertes ; et, pour être en état de faire cet envoi, il se vit obligé de mettre un impôt excessif sur les malheureux Indiens.
Frépéric. Qu'appelle-t-on impôt ?
M. Hunter. Ce que l’on nomme aussi tribut , c’est-à-dire ce que les habitans d’un pays sont obligés de payer à leur prince ou à ceux qui les gouvernent , pour la protection dont ils jouissent.
Colomb ordonna aux Indiens subjugués
que ceux d’entre eux qui habitaient les L 6
| meme 2 RE, L — - nr [a " U rent . L c: Va :
e. Pr L. L p D s L PE L La Sn er P % ES F %
ESS: == AR sem 2
cantons où se trouvoit l'or lui apportassent tous les trois mois une certaine quantité de ce métal, et que les autres lui remissent, aux mêmes termes , chacun vingtcinq livres de coton. Or c'était plus que ces pauvres gens ne pouvaient fournir.
Accoutumés dès leur enfance à une vie peu active, ils ne purent supporter d’être forcés, comme des esclaves, à travailler sans relâche à la recherche de l’or et du
coton; productions dont, par là même, la quantité devait nécessairement diminuer de jour en jour. Mais ils avaient beau se plaindre, l'ordre était donné, et les
Européens en pressaient l'exécution avec la dernière rigueur.
Pour se délivrer d’un joug insupportable, les malheureux Indiens prirent une résolution que le désespoir seul pouvoit leur suggérer.
D'après les idées qu'ils s'étaient faites de la voracité de leurs vainqueurs, il leur parut possible de les forcer en peu de temps, par la faim, à quitter leur île, dès qu’ils cesseraient d’ensemencer leurs champs de maïs et de manioc. Ils se mi- |
Jrtasjuanui revingt- Is que urnir.
ne vie d’être vailler et du nême , dimi- 1t beau et les nn avec
e r'ésO— bit leur
ht faites ,illeur peu de ur ile, er leurs
s se mi- À
rent donc tous à détruire les semences déjà en terre; puis ils se retirèrent dans des montagnes inaccessibles, où ils ne trouvèrent, pour leur propre subsistance, que quelques racines sauvages. Ils ne furent pas long-temps sans éprouver euxmêmes toutes les rigueur € la famine qu'ils avaient voulu attirer sur leurs oppresseurs. Une partie considérable périt misérablement; une autre fut emportée
par des maladies épidémiques, suites in-
séparables de la faim ; et le reste se trouva si exténué qu'ils furent beaucoup moins en état qu'auparavant de supporter les charges dont ils étaient accablés.
Quant aux Espagnols, ils souffrirent sans doute aussi de l'exécution de ce projet désespéré ; mais par leur travail, et moyennant une nouvelle provision de vivres qui leur était arrivée d'Europe, ils furent préservés d’une disette absolue.
Pauvres Indiens! vous perdites ainsi pour jamais l'espérance de vous délivrer de vos tyrans. |
Sur ces entrefaites, on vit éclater l'orage qui s'était formé de loin sur la tête de Co-
= nee
ABRE LES Se = - == ca à > # |
a < S 2e 15 PR ss