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mes maitres ; eux seuls peuvent me les ôter. »
Bovadilla avait ordonné que les prisonniers, arrivés en Espagne, fussent aussitôt remis entre les mains de l’évêque de Badajos , afin de leur ôter les moyens d'implorer la pitié de la reine Isabelle, leur protectrice. Mais un pilote nommé Martin, touché du sort injuste de l’amiral, quit!
secrètement le vaisseau, et se hâta de por:
ter à la reine une lettre par laquelle Colomb l'informait de tout ce quis’était passé.
La cour était loin de croire que Bovadilla abuserait de ses pouvoirs. On reconnut l’indignité d’un pareil traitement, et l’on prévit l'horreur qu'il inspirerait à toute l'Europe. Un courrier fut expédié avec ordre de faire mettre sur-le-champ en liberté Colomb et ses frères.
En même temps l'amiral fut invité à venir à la cour ; on lui fit toucher l'argent nécessaire pour y paraître d’unemanière convenable à son état.
En entrant dans l'appartement où le roi et la reine l’attendaient, ilse jeta aux pieds de leurs majestés sans pouvoir parler, le