‹ Histoire et découvertes de l'Amérique [microforme]Chapitre 38 sur 61 · QUINZIÈME ENTRETIEN · texte numérisé non relu

QUINZIÈME ENTRETIEN

M. Hoxrer

MazGre les plaintes de Colomb, la nomination d'Ovando fut maintenue, et le nouveau gouverneur fit ses préparatifs de départ.

On n'avait pas encore envoyé dans les Indes occidentales une aussi grande flotte.

Elle était de trente-deux voiles, et avait à bord deux mille cinq cents hommes, la plupart destinés à s'établir à St.-Domingue.

Ovando mit à la voile avec ces forces considérables, et Colomb, arrêté dans sa glorieuse carrière, eut la douleur de voir qu'un autre allait recueillir le fruit de ses travaux.

158 VOYAGES ET CONQUÈTES

Ovando arriva fort à propos. S'il avait tardé un peu plus , l'administration folle et injuste de Bovadilla aurait exposé la colonie à une ruine totale. Ce misérable espérait affermir son autorité, acquise par l’injustice, en se rendant agréable à la populace. Dans cette vue, il révoqua toutes les sages ordonnances de Colomb , et il permit à chacun de vivre comme il lui plairait. Son prédécesseur s'était fait un devoir de protéger en père les pauvres Indiens contre les oppressions des Castillans ; Bovadilla, au contraire, abandonna cette nation infortunée à toutes leurs violences. Après avoir fait un dénombrement de tous les habitans, il les distribua comme des esclaves à ses avides partisans, qui employèrent ces pauvres créatures aux travaux des mines avec une sévérité barbare. La dureté de ces travaux, et le traitement inhumain qu'on leur faisait ouver, détruisirent un nombre prodigieux de ces hommes naturellement faibles ; et peu s’en est fallu que la mort n’ait moissonné cette malheureuse nation tout entière.

Le premier acte d’autorité d’Ovando

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fut de destituer Bovadilla, et de l'envoyer, ainsi que Roldan, en Espagne, pour y rendre compte de leur conduite. Ensuite , conformément aux ordres du roi, il abolit l'esclavage, déclara tous les Indiens libres, et défendit de leur faire violence. Par de nouvelles lois, il mit des bornes à la licence des Espagnols, à qui il permit à la vérité de continuer leurs recherches de l'or, mais sous la condition expresse que la moitié de leur profit appartiendrait au roi, comme souverain de l’île.

Quant à Colomb, voyez-le, affaissé sous le poids de ses chagrins cuisans, venirdans cette cour ingrate , qui continue de fermer l'oreille à ses justes plaintes. Ecoutez-le demandant, non pas grâce, mais justice, et insistant, son contrat signé du roi à la main, pour qu'on remplisse la promesse y contenue, qu’il sera , à l'exclusion de tout autre, vice-roi dans le pays qu’il découvrira. Voyez ses indignes adversaires méprisant ses inutiles représentations, et jugez de ce que

devait éprouver un homme digne des plus.

grandes récompenses !

Henrr. Je sais bien ce que j'aurais fait.

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