‹ Histoire et découvertes de l'Amérique [microforme]Chapitre 4 sur 61 · X NOTICE · texte numérisé non relu

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teurs et de semer l'intérêt sur les sujets les plus sévères.

Nous allons donner d’abord une idée rapide de cette partie des travaux de Campe qui le recommande plus particulièrement à la reconnaissance de la jeunesse , en suivant moins l’ordre chronologique que l’ordre des matières , et la nature même deses écrits, qu'on peut diviser en ouvrages de morale dogmatique et historicogéographiques. Nous remarquons dans la première classe le Commentaire philosophique sur ces mots de Plutarque : la F'ertu est une longue habitude , où il examine avec méthode la manière dont se forment les inclinations vertueuses. Son Traité de la sentimentalité et de la sensibilité sous le rapport de l’éducation à pour objet d’enseigner les moyens de conserver l’équilibre entre les facultés humaines. Il révèle aux jeunes gens, dans son Petit livre de morale, les vérités éternelles de la religion et de la métaphysique. Son Theophron ou le Guide de la jeunesse , et les Conseils paternels à ma fille, qui en sont le pendant, présentent sous une forme animée les règles les plus sûres pour

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élèves sur les facultés de l’âme, Campe emploie dans sa Petite psycologie la manière de Socrate. Le récit d’un événement, les différens objets de la nature, une fleur des champs, un palais, une chaumière, les

| plaisirs du riche, les travaux du pau-

vre, un meuble, une gravure même, lui fournissent la matière d’une conversation claire et lumineuse qui conduit ses lec= teurs à la connaissance de la vérité. Mais l'ouvrage qui seul suffirait pour le recommander à l'estime des amis de l'enfance, c'est le recueil périodique publié de 1785 à 1792, en 16 volumes in-8, sous le titre de Révision générale de toutes les matitres relatives aux écoles; c’est là que l’on trouve réuni tout ce qui a été écrit d’utile sur l'instruction et sur l'éducation de l'homme. Campe fut à la vérité secondé dans cette vaste entreprise par un assez grand nombre de gens de lettres et de savans ; mais c'est lui qui a su rassembler tous les matériaux nécessaires ; et ce que les écrits de Quintilien, de Locke, de

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Fénélon, de Rousseau et des moralistes de tous les âges et de tous les pays offrent de meilleur, s’y trouve enrichi de notes, d'observations et de discussions importantes, dues soit à ses nombreux collaborateurs , soit à sa plume élégante et facile. Ce qu'il y a de mieux dans ce recueil, où l’on rencontre beaucoup de bonnes choses, appartient à Campe.

Nous arrivons maintenant à cette portion de ses travaux où la forme dramatique est appelée à prêter un attrait de plus à la connaissance de la terre et à l’histoire de ses habitans, connaissance toujours accompagnée des instructions morales qui en découlent.

Depuis long-temps l’idée principale du Robinson Crusoé lui semblait merveilleusement applicable au but de sa méthode d'instruction; il s'en empara, et se livra à une rrfonte générale de cet excellent ouvrage. L'annonce de la traduction du Robinson anglais par Wetzel ne le découragea pas, il savait que le sien n'avait d'autre rapport avec ce dernier que le fond seul du sujet, mais que la forme du dialogue qu'il

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SUR CAMPE, Xi] avait adoptée et les explications instructives qu'elle amène faisaient du Robinson le jeune une production toute particulière.

Ælle à été traduite dans toutes les langues de l'Europe, et elle à mérité l'éloge des critiques les plus difficiles. C’est un des ouvrages élémentaires les plus propres à être mis aux mains des enfans; il plaît encore à des lecteurs d’un autre âge, parce qu'il réunit la varicté des événemens aux lecons d’une morale vraie et au charme de tableaux d’autant plus intéressans que la

, nature en est toujours le modèle.

|. Robinson, dans la pensée de son auteur, n'était que le prélude d’une suite d’ouvrages de même nature et conçus dans le but d’une instruction progressive. C’est dans | cette vue qu'il composa également la Petite bibliothèque des enfans, que; l’on connaît en France par l'imitation que Berquin : en a publiée. À cette série appartiennent encore les histoires de Colomb, de Cortès et de Pizarre, réunies sous le titre de {&

| Découverte de l’ Amérique. Laissons Campe

nous exposer lui-même le plan qu’il a suivi

et le résultat qu'il s’est proposé. Dans ce

Xiv NOTICE dernier travail c'est la plus courte et la meilleure introduction dont nous puissions le faire précéder.

« C'est pour les enfans qui ont lu mes deux derniers ouvrages que j'ai rédigé celui-ci; je n'y suppose nulle part une masse d'idées plus considérable que celle qu'ils ont dû acquérir par cette lecture. Ce que Robinson aura laissé d’imparfait dans le développement de ces idées sera fécilement achevé par Colomb, dont le style par cette raison est un peu plus élevé.

» Les histoires de Colomb, de Cortès et de Pizarre doivent à leur tour préparer à la lecture d’un recueil de voyages fait exprès pour les jeunes gens, dans lequel on ne supposera aucune notion géographique, cosmographique , historique et autre qui a’ait pu s’acquérir par les premières compositions.

» Tel est le plan que je me suis fait, et dont la découverte de l'Amérique peutêtre regardée comme la préparation nécessaire. J'ai continué de donner à cette histoire la forme du dialogue; mais on s'aperçoit déjà que mes jeunes élèves in-

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