‹ Histoire et découvertes de l'Amérique [microforme]Chapitre 5 sur 61 · SUR CAMPE, XV · texte numérisé non relu

SUR CAMPE, XV

| terrompent moins souvent ct sont déjà | riches d’un grand nombre de notions in-

| dispensables à l'intelligence de cette his-

toire.

» Les sources où j'ai puisé sont dans les

mains de tout le monde ; j'ai cru qu'il était

inutile de les indiquer; mais les gens de goût reconnaîtront aisément que bien loin:

| de les suivre au hasard j'ai fait mon choix | avec la plus scrupuleuse attention. Dans | les circonstances douteuses j'ai laissé ré- | soudre la question par le savant Robertson, | tout en relevant quelques erreurs que j'ai

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cru découvrir dans son grand et beau tra vail.

» J'ai avancé plus d’une fois dans mes:

écrits que les instituteurs, loin de découvrir à leurs élèves le côté vicieux de l'hu-manité, doivent au contraire le leur cacher avec soin. On pourrait aujourd'hui me faire le reproche de m’éloigner moi-même de ce principe en publiant une histoire remplie de traits d’injustice, de brigandages et d’inhumanité.

» Pour répondre à cette objection, je dois faire observer que cet ouvrage n’est

XV) NOTICE pas destiné à l'enfance, mais à l’adolescence, et que j'ai toujours soutenu qu’à l'époque voisine de l'entrée des jeunes gens dans le monde, il devient nécessaire de leur découvrir peu à peu les travers et les injustices des hommes, afin qu'ils ne jugent pas leurs semblables d’une manière absolue, et qu’ils reconnaissent, par les récits du passé, que la société se partage entre les bons et les méchans. Dans cette histoire, comme dans tous mes autres écrits , j'ai toujours eu pour but de meubler l'esprit de mes jeunes lecteurs de connaissances utiles et agréables , de leur inspirer ces sentimens religieux sans lesquels il n’est point de véritable bonheur; de les armer de bonne heure d’un courage à toute épreuve contre la douleur et l’adversité, et de leur inspirer un vif désir de se signaler par des actes d’humanité et d'utilité publique. »

On ne connaîtrait Campe qu'imparfaitem ent si on se bornait à le considérer sous le seul point de vue de moraliste et d'instituteur de l'enfance. Les savans de sa nation le réclament comme un des hommes

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SUR CAMPE. XVij qui ont le plus contribué au perfectionnement de l’idiome national, et comme un des lexicographes les plus profonds.

Depuis l'époque de la publication du grand dictionnaire d'Adelung, l'étude de Ja langue allemande occupait les méditations des érudits de cette nation. Campe ne resta pas étranger à ce mouvement des esprits. Le sien, vif et pénétrant, lui montra, dans cette partie, des réformes à opérer et des améliorations à introduire.

Ses Echantillons de quelques essais pour enrichir la langue allemande parurent en 1701, 1792 et 17094. Campe jeta dans un de ces mémoires, couronné par l’académie de Berlin , les idées fondamentales du nouveau dictionnaire qu'il se pronosait d'entreprendre, et des principes de grammaire qu’il croyait devoir adopter. Il examine si la pureté absolue d’une langue et surtout celle de sa nation est possible ; si elle est nécessaire; jusqu'à quel point il est permis d’épurer cette langue ; quelles sont les parties qui réclament cette épura tion, et quelle est la méthode à employer pour y parvenir. Il donne ensuite un voca

xvii} NOTICE bulaire des mots étrangers qu’il faut expulser, et des expressions allemandes qui doivent les remplacer. Dans cette dernière partie, tout en proposant des réformes utiles , il faut convenir que la haine des expressions étrangères l'emporta beaucoup trop loin, et qu'il repoussa des mots auxquels il était impossible de trouver des équivalens ou du moins des équivalens intelligibles.

On trouve l’ensemble de son vaste système d'épuration dans son Supplément au Dictionnaire d'Adelung , qui comprend encore les termes latins et grecs conservés dans le langage scientifique, et les mots nouveaux employés par l’école philosophique de Kant; on le trouve également dans un Recueil de Mémoires, de Traitcs et de Dissertations, pour servir au perfectionnement ultérieur de la langue allemande ; recueil dans lequel il eut pour collaborateurs Rüdiger, Eschenburg, Heynas, Mackenson, Mertian et le célèbre Voss.

Les productions des premiers poètes et des premiers prosateurs de l'Allemagne y furent jugées sous le rapport grammatical ,

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