‹ Histoire et découvertes de l'Amérique [microforme]Chapitre 50 sur 61 · HA · texte numérisé non relu

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272 VOYAGES ET CONQUÈTES

M. Huwrsr. Pas autre chose, mon cher Conrad.

Coxnan. Je n'aime pas Cortès non plus.

Je pensais que c'était un honnête homme.

M. Hunter. Il l'était aussi à plusieurs égards, et en même temps brigand, mais

sans le savoir. Ecoutez-moi, mes enfans ; je vous dirai comme tout cela se concilie.

Dans ce temps régnait encore l’affreuse

superstition que tous ceux qui ne professaient pas la religion chrétienne n'étaient pas véritablement des hommes, mais des créatures dignes de haine, rejetées de Dieu même, et destinées à des tourmens éterpels : de là, on ne regardait pas comme ur crime, mais au contraire comme une action méritoire et trés-agréable à Dieu, de persécuter ces gens, de les dépouiller, de les réduire en servitude, et de les contraindre d’embrasserla religion chrétienne.

Notre Cortès, tout sensé qu'il était d’ailleurs, était aussi aveuglé par cette idée superstitieuse. Il sc regardait comme l'instrument dont Dieu voulait se servir pour punir les infidèles, et les forcer à devenir chrétiens, Faut-il s'étonner qu'il allât faire

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Ja guerre la plus injuste avec la même facilité qu'on va aujourd’hui à la chasse tuer un lièvre ou un renard ?

Voilà, mesenfans, comme il est possible qu’un même homme puisse être à la fois un héros et un brigand , généreux et cruel, pieux ct inhumain : c’est un des effets ordinaires de la superstition.

Cependant Velasquez apprit avec le plus grand dépit que, malgré les ordres qu'il avait expédiés à la Trinité, on avait laissé partir Cortès. Il accusa de trahison l'officier qui avait été chargé de lui reprendre sa commission ; et, comme ses soupçons ne connaissaient plus de bornes , il se hâta de prendre toutes les mesures possibles pour que Cortès ne püt lui échapper une seconde fois, et partir de la Havane. En conséquence, il dépêcha un de ses affidés au sous-gouverneur de cette place, avec l'ordre absolu de se rendre maître sur-lechamp de la personne de Cortès, et de l'envoyer à Saint-Tago, enchaîné et sous bonne escorte.

Heureusement Cortès fut averti assez à temps de l’orage qui le menaçait, pour se

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mettre en sûreté. Il assembla tout son équi- M. page, de l'affection duquel il était sûr, et exact le consulta sur ce qu’il avait à faire. D'une déjà t voix uhanime , tous s’écrièrent qu’il ne de- était

vait ni s’embarrasser de l'injuste incon- Il stance du gouverneur, ni déposer le com- un Es mandement qu'il avait reçu, et encore cette moins se livrer lui-même entre les mains lors € d’un juge aussi inique que soupçonneux. se no Ils le conjurèrent de ne pas les priver, au qu'il moment de l’expédition la plus importante, avait d’un chef en qui seul ils avaient mis toute ropée leur confiance ; ils lui renouvelérent le la co serment de le suivre jusqu'à la mort, au turel: milieu des fatigues et des dangers de la reCoI guerre. com Cortès remercia les soldats de leur affec- basa tion, ordonna sur-le-champ de lever l’an- les « cre, et mit à la voile. port:

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TROISIÈME ENTRETIEN. clier sista tait

QuEeLLe était la partie de l'empire du prièl Mexique vers laquelle Cortès dirigeait sa telle route ?

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