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sur les cartes s’il y à ou non, entre l’Amérique et l'Asie, une mer libre partout.
M. Huwrer. Et pourquoi cela n'est-il pas marqué ?
FErDiNAND. Parce que le faiseur de cartes l'ignorait peut-être alors lui-même.
M. Hunrer. D'accord. Mais pourqu oi l'ionorait-il? Il n'avait qu'à lire les voyages de ceux qui y ont passé par le nord.
FerpiNanr. Mais personne, peut-être, n’a encore fait ce voyage.
M. Hunter. Eh bien! conçois-tu maintenant pourquoi il a fallu, il y a trois siecles, commencer par faire des tentatives pour savoir si l'on pouvait tourner autour de l'Afrique pour parvenir aux Indes par mer?
FErpiNanp. de le conçois.
M. Hunter. Revenons à Colomb. A son arrivée à Lisbonne, où sa réputation l’avait déjà précédé , il se vit recherché par les plus habiles marins; il se lia d'amitié avec quelques-uns d’entre eux. Dan$ leurs réunions, les affaires maritimes étaient le sujet ordinaire de la conversation ; les tentatives des Portugais occupaient tous les
Ly r, …
10 VOYAGES ET CONQUÈTES
esprits, et ces hommes de mer discutaient souvent ensemble le plan qu’on s'était tracé pour découvrir par l'Océan un chemin qui conduisit dans l’Inde.
Diner. Mais par quel chemin yallait-on?
M. Hunrer. Les Vénitiens étaient alors la seule nation qui fît le commerce dans l'Inde. Ils recevaient les productions de cette contrée par la mer Rouge (1) et par la Méditerranée; mais ces deux mers, comme vous savez, ne communiquent pas l’une avec l’autre, étant séparées par un isthme considérable. Ainsi, quand les vaisseaux étaient arrivés à cet isthme , il fallait les décharger pour transporter les marchandises à Alexandrie en Egypte, soit par terre, soit par des canaux, sur des bâtimens de moindre grandeur. De là on les faisait passer, par la Méditerranée, à Venise.
Cette nécessité de décharger et de re-
(1) Ainsi nommée parce que le sable qui est
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charger, et ces transports par terre depuis la mer Rouge jusqu’à Alexandrie, devaient gêner considérablement le commerce des Indes, et il était naturel d’attacher une très-grande importance à la découverte d’un chemin par mer.
Une autre circonstance facilita beaucoup à Colomb l'entrée de la carrière qu'il ambitionnait : il épousa la fille de l’un des capitaines de vaisseau qui avait fait la découverte des îles de Porto-Santo et de Madère. Son mariage lui ayant procuré les journaux et les cartes de cet habile marin, il les étudia jour et nuit; et le penchant qui le portait à des entreprises semblables, ainsi que son désir de visiter lui-même ces iles nouvellement découvertes, acquirent par là de jour en jour plus de force. I1s’embarqua pour Madère, où, pendant quelques années , il fit un commerce assez lucratif, ct fréquenta tour à tour les Canaries et les Açores.
12 VOYAGES ET CONQUÈÊTES
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