CHAPITRE XVIII
Des antres saints Reliquaires qui étaient dans l'Eglise de Chartres, et d'autres richesses qui étaient dans le Trésor* ^
De toutes les églises de la chrétienté, il ne s'en trouve pas {[[û puîssi; se vanter d'avoir éii autant de reli(|ues que 1 Eglise de Chartres; car outre la samte chemise de la Vierge, elle possédait les châsses de saint Piat, martyr, de saint Lobin^ de saint Calais, de saint Béthaire et de saint Solein, évêqne. de Chartres; le corps de saint Tugdual, martyr, de sainte Thède, vierge; le chef de saint Th('0(lore; les os de la main avec laquelle saint Thomas toucha le côté de Notre-Seigneur, enchâssés dans une main d'argent doré, et tous les autres conservés dans des vaisseaux d'argent doré.
Entre les chefs des Saints et des Saintes précieusement enchâssés, était celui de sainte'Ânne, mère de la sainie Vierge. C'est sui" ce chef que juraient hîs chanoines pour parvenir à leur réception; il était sous le pupitre, mais il fut mis dans le nouveau trésor qu'Anne d'Autriche, reine de France, fit faire moyennant quatre mille francs.
Cefte sainte relique était dans un huste de vermeil dont le visage était peint justju^aux lèvres de couleur de chair: le reste en has était couvert dune mentonnière de veiineil qui se perdait sous une gross(; draperie en tortillon formant la coiffure. Ce chef avait elé envoyé de Constantinople au chapitre en 1204 par Louis, comte de Blois et de Chartres, avec une grande pièce de drap d'or dont 11 était enveloppé.^ On y avait joint un howe" ment do Madame Sainte Aime, pris à une église du
faubourg Saint-Jacquos de Paris lors de.^ iMi ricades de l'année 1588, et donnr' à l'église de Chartres par un capitaine suisse nommé Michel Àllego.
L'Eglise de Chartres avait aussi le chef de saint Mathieu, apporté en 1205 de Gonstantinople par Gervaîs, seigneur de Châteauneuf, du fùl de la vraie croix et du véritable liaume de Judée.
Nous all/ons énumérer brièvement les autres richesses qui se trouvaient dans le Trésor :
Une image de Notre-Dame^ d'or massif^ émaiUée de bleu, et pour cela appelée Notre-Dame-Blme^ et enrichie de perles, donnée par Jean, duc de Berry, en U04. Cette image représentait la sainte Vierge assise, et son Fils debout auprès d elle : I habit de INotre-Seigneur était un manteau d'émail hianc^ semé de petites roses d^or; sa Mère était richement couronnée de perles et de ruhis; elle avait sur son sein une pièce formée de pierreries et un bouquet de même matière à la main. A ses pieds, était un petit reliquaire, enrielii de pierreries, sur lequel on lisait cette inscription : Des cheveux de la Vierge Marie, donnés en 1384 au duc de Berry par le pape Clément Vil.
Un ovale d'or^ au milieu duquel on voyait^ au travers d'un verre^ une croix de marbre grisâtre ou de jaspe^ de deux pouces, faite d*une des colonnes où Notre-Seigneur fut attaché et flagellé, enrichie de plusieurs petits ouvrages pendants et transparents au travers de ce verre. Autour de cet ovale il y avait huit petites boîtes ouvertes^ en forme de croix^ et couvertes d^ verre. Autour de la première on voyait cette inscription : Du sépulcre de Notre-Seigneur Jésus-Christ; de la seconde. De la table rougie de son sang ; de la troisième. Du saint suaire de JésuS'Christ ; de la quatrième , Des cheveux de Notre- Seigneur; delà cinquième^ Des mtenmU de Jesm-Christ ;
de la sixième^ De la sainte Tunique ; de la septième, De la pierre du mont du Calvaire; de la huitième^ Des langes de l'enfance du Sauveur. Le tout mv de For émaillé, écrit et non buriné. Cet
ovale était porté sur une colonue d'argent doré, parsemée de fleurs- il t^-lis gravées, au bas de laquelle il y avait une petite oui^se ciselée, et deux Anges à genoux; et à cette colonne était attaché un petit tableau de la hauteur d'un demi-pied ou environ^ tout en or; sur Fun de ses côtés était une croix faite d'un morceau de cellè sur laquelle Jésus-Chtist fut attaché. Le bois a été appliqué sur ce tableau par le moyen de petits tourniquets ; et aux deux cotés de ce bois on lisait une inscription grecque, qui contenait ces termes en français :
De la samte couronne d'épines.
De la samte pierre.
Des îimures du samt eUm.
Du saint linceul.
De la robe de pourpre donnée à Noire-Seigneur, De la sacrée serviette de laquelle il se ceignit quand U lam les pieds à ses Apôtres, De la ceinture de la vénérable Mère de Dieu.
Des langes sacrés.
Cette inscription était burinée sur de For , et le soubasseuient de cette culoiine était d'argent doré, portant huit ourses de même matière. Au-devant ii y avait des paysages et fleurs-de-Us dorés et émaillés. Ce beau reliquaire était encore un présent de Jean^ duc de Berry, en Fannée 1406. Cependant on croit que le petit tableau en or attaché sur la colonne avait été donné ^rccodemnient par un certain Henri, fils d'Arnoul.
Une image de Notre-Dame, tout en argent, et pour cela appelée Nolre-Dame-Blanclis , enrichie de perles:
aax pieds de laquelle était une petite fiole de cfistal
enchâssée, où était renfermé le lait miraculeux de la sainte Vierge, avec lequel elle luauecta la langue de saint Fulbert, qui était toute consumée par le feu, et qui fut soudainement guérie : deux ou trois gouttes de ce iait précieux restées sur son visage furent reéueillies avec soin et mises dans le Trésor. On en parlera plus ample-> ment dans le chapitre des miracles de la sainte Vierge. Cette précieuse statue était un présent des Anglais, pendant qu'ils furent maîtres de la ville de Chartres au XVo siècle. £n 1559> le Chapitre ht faûre à ses frais un piédestal de vermeil^ orné de beaucoup de pierreries, sur lequel on la déposa.
Un reliquaire d'argent dans lequel était un morceau de la ceinture de la sainte Vierge; puis une grande image d'argent doré, qui représentait sumt Laurent, oii était enchâssée une de ses dents; et une chasse fort petite^ mais fort riche, de saint Serge et de saint Bacciie^ donnée par le roi Henri iV, le jour de son sacre^ le 27 février 1594.
Un bâton du Brésil, virolé d'argent, fait en forme de bourdon, duquel le roi Jean so servait dans ses pèlerinages et qu"il olTrit depuis à la sainte Vieri,^ede Chartres, il servait autrefois de bâton cantoral aux petits solennels.
Une excellente pièce d'orfèvrerie destinée à porter le corps de Notre-Seîgneur^ et qui était toute d^or massif» enrichie de beaucoup de pierreries; elle fut donnée par les Anglais en môme temps que la statue de iN'otre- Dame-Blanche.
Une Vierge de vermeil, portant son divin fils sur le br&s gauche et tenant de la main droite un petit reliquaire de la roche du mont Calvaire. Ëiie était sur un pied à huit pans, aussi de vermeil^ sur lequel était un
reliquaire contenant les reliques suivantes : Du sépulcre de la Vierge Marie ; — De la coulonne oit Nostre-Seigneur fut lié; — De la crèche Nostre-Seigneur; — Du bois du cercueil Nostre-Seigneur; — De la verge de Moyse, Autour du pied on lisait cette inscription : Anno ah incamatione Domini MCCL^ se^to, Alaydis, abbatissa de Monasteriolo, me fecit fieri. Quicumque habuerit et viderit or et pro^ et pour celuy qui la fist.
Deux grands calices de vermeil avec leurs patènes, servant autrefois aux jours solennels; l'un fut donné en 1582 par le roi Henri III, et l'autre par l'amiral de Graville, sous Charles VIII, en 1487; l'un et l'autre d'un pied de haut.
Le buste à mi-corps, aussi de vermeil, de sainte Amplonie, de la hauteur de seize pouces, posé sur un grand pied aussi de vermeil, porté par quatre lions : le tour du col bordé de rubis et d'émeraudes, dont celle du milieu, qui servait comme d'agrafe, était d'un prix considérable pour sa grandeur et sa beauté; donné en 1503 par le cardinal Perrault, à qui MM. de Cologne en avaient fait présent.
Une médaille d'or ayant d'un côté saint Louis et de l'autre deux mains de justice; sur le revers une couronne de lauriers avec ces mots : A l'immortalité! et autour : Prix d^éloquence 1675; donnée en 1681, par l'abbé Mathieu de Melun de Maupertuis, chanoine de Chartres, qui l'avait reçue pour le prix par lui obtenu
' à? l'Académie française; pesant quatre onces deux de-
^jiiers et valant deux cents livres.
• Un soleil de vermeil ou porte-Dieu (hauteur seize pouces, longueur douze, largeur six) porté par deux
■ anges; au-dessus un dais de vermeil porté par quatre personnages : le tout orné de pierreries.
Une grande croix de vermeil enrichie de pierreries, qui senait aux processions solennelles (hauteur trentequatre pouces). •
Une autre croix en vermeil , qui se mettait sur Tautel aux jours solennels (hauteur vingt-trois pouces, pesant trois marcs trois onces), donnée par MM. de la ville d'Issoudun, le 15 mars 1630, 5 la suite d'un miracle que nous raconterons dans la suite.
Un bâton cantoral haut de cinq pieds six pouces, pesant quinze marcs cinq onces; donné le 13 mai 1559, par M. Thiersaut, chanoine, et servant aux grands solennels.
Un textuaire d'évangiles, de vermeil; sa couverture pesait onze marcs deux onces.
Un textuaire d'épîtres aussi couvert de vermeil.
Une châsse de bois doré (longueur trois pieds cinq pouces, largeur treize pouces, hauteur vingt- un pouces) contenant deux sacs. Tan de velours cramoisi renfermant plusieurs petites boîtes et paquets où étaient des reliques de sainte Anne, des vêtements de la Madeleine, de la tunique et du cilice de saint Yves et de saint Romain, un doigt de saint Potentien, le couteau de saint Thomas, des reliques de saint Etienne, de saint Eustache, de saint Jacques, de sainte Mesme, de sainte Colombe et autres. — Le second, de satin bleu, contenant trois petits sacs de reliques, en outre plusieurs ossements de saints et un chef qu'on croit être celui de saint Gervais, dont le reliquaire, en argent doré, pesant trois marcs, fut vendu en 1502. ^
Une châsse d'argent doré (longueur vingt-trois pouces, largeur quatorze pouces, hauteur trente pouces), qui renfermait le corps de saint Turien, évêque de Dol en Bretagne, mort vers 841.
Un buste d'argent doré, représentant un évéque (hauteur vingt-six pouces), lequel renfermait le chef de saint Lubin, évôque de Chartres, mort en 551.
Un petit tableau d*argent doré, fermant à volets, dans lequel il y avait du bois de la vraie Croix apporté de la Terre-Sainte par Hervé, chanoine de Chartres (hauteur cinq à six pouces, largeur quatre à cinq pouces).
Un calice en vermeil avec sa patène, de six pouces de hauteur; c'était celui de saint Yves.
Une main de vermeil renfermant des reliques de saint Etienne, pape, premier de ce nom. Elle portait les armes de Jacques Fourré, de Mainvilliers, évéque de Chàlons (longueur sept pouces, largeur cinq pouces, hauteur cinq pouces).
Un grand calice d'argent avec sa patène, pesant douze marcs et demi, donné par le maréchal d'Ornano, le jour de la Chandeleur 1002.
Le chef de saint Théodore, donné on 11 20 par Geoffroy de Lèves, évôque de Chartres, enfermé dans une châsse à six faces (hauteur dix-sept pouces, largeur neuf pouces). Il y avait dans cette châsse deux écrits sur parchemin; Tun était des commis de l'œuvre, et certifiait que ce chef de saint Théodore était autrefois dans une châsse d'argent doré, qui fut prise sous Charles IX, et qu'il fut remis en celle-ci sous Henri III, laquelle fut bénie par M. de Thou, évéque; l'autre était un certificat de M. Mahon, orfèvre, qui attestait avoir refait cette châsse en 1576; que le chef qui était dedans avait été dépouillé de sa première châsse, qui pesait dix-neuf marcs d'argent doré, du temps de Charles IX; qu'il fut pris en même temps, en ladite église, cent vingt marcs d'or et six à sept cents marcs d'argent de toutes sortes
d'ottvrages de reliquaires de l'église, par ordre du Eoi, à cause des nécessités du royaume, pour écarter les hérétiques; qn'il fut enlevé de la sainte châsse quarante
pièces d"or représentaiit plusieurs lustoires; qu il y avait de beaux rubis balais, des émeiaudes et des perles , qui furent vendus en 1562 et par lui estimés à dix mille livres*.
Un reliquaire composé de deux cylindres de cristal en croix, ayant des reliques de saint Luc, évangéliste, et de saint Vincent, martyr. Il était porté par un Chérubin.
Sur le haut du second cylindre on lisait sur unvéiin: De S. Marci evangelislœ corpore.
V\\ reliquaire appelé de$ Maries, fait d'un cylindre de cristal; sur deux morceaux de vélin on lisait : Bie smU htœ reliquiœ : De lacté beatm Virgms, — De %no crucU B, Mri aposioH, — De ossihus beatorum Emngelistanm Lucœ et Marci; Ceciliœ , Vincentii, GcnnaJil Parisiemis , Eligii Noviomensis et Evurtii. Aurelianeusis ipiscoporum. — De vestibus Bernardi abbaîis. — De sancta Margareta, Ces reliques étaient dans un taiïetas rouge, avec lequel il y en a'^alt un autre oîi étaient des osseikents des Maries avec de la terre de leur tomheau, d'où ce reliquaire avait pris son nom. 11 fut présenté en 1449, sous ce titre, par Jean Bernard, archevêque de Tours.
Une Viftfge eu argent, tenant son Fils (hauteui* treize
» Toutes les reliques de l'église furent portées , par l'ordre des * commissaires du roi , dans rhôtellerie de la Fleur-de-lis , faubourg de lâ porte Guillaume , oit ils étaient luges ; ou en appréeia l'argenterie et toutes les pierreries, qui furent transférées ensuite à Paris et vendues; on en racheta une partie : il n'y eut que la sainte châsse qui ne sortit point de l'église , les habitants ne Tayant jamais voula permettre et a^ant donné des otages pour la repr^nter.
pouces); près d'elle était une femme à genoux, représentant Marie de Luxembourg, veuve ^e Philippe- Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, qui avait donné cette figure en reconnaissance de la guérison qu'elle obtint en 1618, par l'intercession de la sainte Vierge, pour la duchesse de Vendôme, sa fille, abandonnée des médecins.
Une châsse de bois doré (longueur vingt-deux pouces, largeur huit pouces, hauteur dix-sept pouces), qui renfermait les reliques de sainte Thècle. 11 s'y trouvait des reliques de saint Corne et des morceaux d'une grande boîte d'ivoire, siu' lesquels était représenté le martyre de sainte Thècle. Ces reliques étaient autrefois dans une châsse d'argent pesant dix-sept marcs, qui fut vendue en 1562.
- Une chasse couverte d'argent doré (longueur vingt- . quatre pouces, largeur douze pouces, hauteur vingt-trois pouces), renfermant le corps de saint Tugdual, évéque. de Tréguier, qui vivait en 5U. .^^r-
Une châsse d'un bois tout uni, de la longueur d'un » corps entier ( longueur six pieds, largeur dix-neuf pouces, hauteur vingt-trois pouces), renfermant^le corps de saint Piat, martyr.
Une châsse (longueur vingt-sept pouces, largeur treize pouces, hauteur \ingt- quatre pouces) contenant des reliques de saint Calétric, évoque de Chartres, mort en 571.
Une châsse (longueur trente -cinq pouces, largeur quinze pouces, hauteur vingt- trois pouces) couverte de lames de cuivre, renfermant le corps de saint Taurin, évêque d'Evreux, invoqué dans le pays chartrain contre les grandes sécheresses^
Une châsse (longueur vingt-huit pouces, largeur
treize pouces, hauteur vingt-trois pouces) contenant une partie du corfs et le chef de saint Bohaire, ou Béthaire, évèquc de Chartres, qui fut élevé à Tépiscopal en 594.
Une châsse (longueur vingt-trois pouces, largeur douze ponces, hauteur vingt-un pouces) contenant différents ossements de plusieurs saints et notamment de saint Solein, évôque de" Chartres, catéchiste de Clovis, mort le 24 septembre 507.
Deux grands tableaux en broderie : l'un, de treize pieds de longueur sur huit de hauteur, représentant l'Assomption de la sainte Vierge; au bas, d'un côté, était le roi Jean avec ses deux fils, Charles V et Louis d'Anjou; de l'autre coté, la reine Bonne de Luxembourg, sa femme, accompagnée de deux de ses filles. L'ouvrage était une broderie extrêmement relevée; les vêtements étaient d'or nué, enrichis de pierreries et de perles. Les carnations étaient d'un point refondu plus fin que le satin. Le duc de Barry en fit présent en 1406, pour sen ir de rétable au grand autel. 11 avait coûté dix raille écus.
L'autre, ayant aussi treize pieds de long sur sept à huit de haut, représentait l'histoire de la Passion et de la Résurrection de Jésus-Christ. Cet ouvrage était admirable et d'un goût beaucoup plus moderne que celui du roi Jean. Il était d'or, nué en broderie mêlée de différents points; les contours et le bord des draperies étaient enrichis de perles fines dont trois, extraordinairement grosses, formaient la tête des clous avec lesquels le Sauveur était attaché sur la croix. Le cadre, d'architecture faite de point traîiKî, était aussi rempli de perles. Il fut donné, le 12 avril 1556, par François Bohier, évéque de Saint-Malo, chanoine et prévôt de Normandie en l'église de Chartres : il était estimé cinquante mille
écus. Ils étaient dans le chœur et en furent ôtés en 1714 et 171 G pour être placés dans la sacristie : ils furent vendus depuis, et l'un d'eux fut seulement porté à cinq cents livres environ et adjugé à un brocanteur.
Plusieurs rois, reines, princes et princesses ont enrichi cette église à différentes époques. Au nombre de ces dons était un tableau d'or massif, sur lequel était posée une image de Notre-Dame, d'ambre gris, relevée en bosse, donnée par le roi Henri III, avec une. croix d'or ornée de pierres précieuses, ensemble un vaisseau au haut duquel on voyait une horloge d'un travail admirable. Tous ces présents furent faits par lui à l'offerte de la Chandeleur, l'an 1582 ; et le 27 juin suivant, il offrit une grande lampe d'argent qui était suspendue au milieu du chœur. •
En la même année 1582, Louise de Lorraine, reine de France, entre les autres présents qu'elle fit à l'église de Chartres, donna un corporal avec le volet brodé de sa propre main; et Louisti do lîourbon, abbesse de Fontevrault, donna le canon de la messe fait en broderie de sa propre main. Marie de Médicis, reine de France, épouse d'Henri IV, fit présent d'une lampe d'or (elle fut volée le ler mai 1690), qui était suspendue devant l'ancien trésor et qui était estimée dix mille livres. Nicole, duchesse de Lorraine, offrit, en 1634, un saint Georges à cheval, d'argent doré et enrichi de pierreries, dans lequel Léonor d'Etampes, évêque de Chartres, fit déposer en 1635 des reliques de ce saint, qui lui avaient été envoyées de l'abbaye Saint-Germaindes-Prés. Louis XIII, roi de France, donna en 1637 deux grands chandeliers d'argent, de hauteur d'homme. M. Maquet, d'Abbeville, théologal, fit don en 1642 d'un ange d'argent qui tenait une main de saint Thomas, en-
chassée dans de Tor pur. M. Robert, sous-doyen, offrit une chemisette d'or émaillée, où était l'image de la sainte Vierge , et un missel dont les couvertures étaient d'émail, enchâssées dans l'ébène. Etienne Robert, son frère, chanoine, donna, en 1644-, un missel ayant les couvertures en or.
Par une lettre du roi de Sicile, en date du 26 jan- , vier 1410, écrite à Jean, fils du roi de France, et au duc de Berry, son neveu, l'on apprend qu'il y avait dans le Trésor de Chartres la figure d'un ange en argent tenant un reliquaire de cristal garni d'or, de pierreries et d'une grosse perle qui était au-de^us; dans ce cristal était renfermé le pouce de la main droite de saint Louis de Marseille, évéque de Toulouse; plus une fiole contenant du lait de la sainte Vierge et un morceau d'une côte de de saint Louis, roi de France : au bas de cet ange étaient des reliques de saint Fiacre. Ce prince donna ce reliquaire à Chartres peu de temps après l'avoir reçu du roi de Sicile, son oncle ^
1 Avant la Révolution de 1793, la cathédrale de Chartres était sans contredit la plus riche de France en reliques authentiques, et son Trésor n'avait presque point de pareil dans la chrétienté. On pourra lire le détail de toutes ces richesses dans un volume actuellement sous presse et intitulé Catalogue des reliques et joyaux de l'église de Chartres.