‹ Histoire et description de l'église cathédrale de Chartres dédiée par les Druides à une vierge qui devait enfanterChapitre 6 sur 48 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Description de l'intérieur de l'Eglise de Chartres.

Après la description du dehors de l'église^ il convient de donner celle de Tint^ieur^ qui ne le cède en rien par sa magnificence aux plus beaux monuments de «e genre.

Entrant d'abord par la porto royale^ il se présciUc à la v ue une nef d'une longue éleiiduo, entre deux rangs de colonnes massives, qui font lurnement de Téglise, comme elles en sont Tappui. Cette nef^, de la porte royale à la principale porte du chceur^ contient en longueur trente-six toises et un pied. Le cliœur> depuis son entrée jusqu'au fond du Sanctuaire^ a vingt toises de longueur, et depuis l'autel jusqu'à la porte du chœur, dix-neuf; et de largeur huit toises de même que la nef. La croisée a de longueur trente une toises et demie, et de largeur sept toises; la longueur de l'église, depuis la porte royale jusqu'à la chapelle Saint-Piat qui est derrière la clôture du chœur, est de soixante-neuf toises.

Tout autour du chœur, de la nef et de la croisée, il y a de hautes galeries par lesquelles on peut faire le tour de l'église dans Fintérieur : il y en a également de hautes et de basses , par lesquelles ou lait doublement le tour de l'église. Par celles qui sont dans rintérieur^ on peut aller facilement sur toutes les voûtes des ailes du chœur. Les voûtes du chœur et de la nef ont de hauteur^ depuis

— sole pavé jusqu'à leurs chefs^ dix-nenf toises, et celles des ailes, dix toises. Il est à restarquer que le long des deux côtés de la nef, des deux côtés de la croisée, à

l^entour du chœur ^ il y en a dcax.

Autour du chœur, entre les colonnes qui en font la clôture, il y avait quatre belles chapelles destinées à la garde do plusieurs saints reliquaires, et deux dômes élevés sur cette clôture, dans Fun desquels était un réveil-matin composé de petites cloches, qui, autrefois tonchées avec un compas, sonnaient nn hymne de Notre- Dame. Cette liorloge a été entièremeut supprimée dau5 la R,évoluti(m.

La clôture du chœur a été faite d*une pierre fort blanche et fort polie. Aux deux côtés de la porte du chcBur, pour sortir par la nef. Von trouvait deux escaliers de pierres de taille, par où Ton montait de côté et

d'autre au Juhé , qui contenait onze toises de longueur, et deux toises neuf pouces de largeur. 11 était artisteraent fait de pierres de taille; plusieurs sujets historiques et autres ornements y étaient sculptés; il était soutenu par des colonnes de pierre d'une seule pièce; il y avait aux deux bouts des armoires fermantes, oùdeuxmargnilliers laïques couchaient pour la garde de Téglise. Ce Jubé a été supprimé en 1763 pour faire place aux nouvelles décorations.

Au-devant de ce Jubé, du cùté du septentrion, était une colonne ronde d'une pierre fort dure, sur laquelle était posée une image de Notre-Dame, entourée de colonnes et de traverses de cuivre. Elle fut ainsi érigée par la piété de Vastin des Feugerais, en son vivant chanoine de cette église , afin que , sans troubler le service divin, elle fût lil>rement exposée à la vénération do tmit le peuple. L'aiUuence y était si grande, que la colonne

de pierre, qui soutenait cette image ^ était cavée des baisers des personnes dévotes.

Getle colonne a été détruite^ et Ton a transporté la statue en bois de la Vierge dans Taile gauche du tour du chœur, à côté de la sacristie, où on lui a fait une belle décoration, comme nous le verrons plus loin.

De l'autre côté, vers le midi, se trouvent les orgues, placées en cet endroit vers le milieu du XYIII© siècle et qui 9 restaurées en 1846, à la suite de Tincendie de 1836^ se font admirer par leur belle harmonie. Peut^tre cependant serait-U à désirer qu'elles fussent replacées au-des* sus de la porte royale, où elles existaient primitiTement; elles ne briseraient puiiu ainsi l'harmonie de ia mL

Pour les vitraux , ils répondent aussi à la beauté et à la magmlicence de ce grand édiiice ; ils sont en trèsgrand nombre et montrent leur ancienneté par leur épaisseur extraordinaire; ils sont diversifiés par des fleurons et des ornements historiques^ et plusieurs représentent les miracles qui se sont faits par Flntercession de la sainte Vierge.

« La \ itrerie peinte de la cathédrale de Chartres, dit H. Tabbé Bulteau est sans contredit la première du monde. La peinture sur verre garnit grandes fenêtres, 3 roses immenses, 35 roses moyennes et 12 petites roses; presque toute cette peinture date du XIII« siècle. Parmi ces fenêtres, les plus remarquables sont celles qui sont placées sous la grande rose occidentale; elles paraissent remonter au XU» siècle. C'est d'elles que M.

^ Description dé la ùUhédrale de Chartret, Chartres, Garnier, iSSO. — Nous ne saurions trop recommander cet exceUent ouvrage à ceux qui veulent étudier en détaU notre Cathédrale. Il nous a souvent servi de guide à uous-mème.

Lassus a dit : « Chartres possède trois magnifiques ver- 1 rières qui font pâlir tous les vitraux dont le XIU® siècle . 9 a enrichi cette admirable cathédrale. >

c La cathédrale de Chartres^ dit M. de Lasteyrie^ ohre

> au peintre-verrier un des plasf parfaits modèles qu'il

> puisse étudier, et si, comme exécution de détail, on » a été beaucoup pins loin, il n'existe, j'ose le dire, 1 rion de plus complet, rien de plus admirable comme » décoration et entente des effets. Chartres est un type,

> et un type parfôit. >

GUAPIIHE VIL

Des Autels et fSltapelles qpi existaient dans cette

Eglise.

On comptait dans cette Eglise jusqu'à trente-huit autels, en y comprenant le maître-autel; mais aujourd'hui il n'y en a pas la moitié. On a ôté tous ceux qui étaient appuyés contre les colonnes et on n'a laissé que ceux qui sont dans les chapelles. Par la démolition de ces autels, la nef est pins belle> FEglise paraît plus auguste et plus majestueuse, et ressent mieux son antiquité. Quoique ces autels n'existent plus, on ne laissera pas d'en faire mention ici, peut-être sera-t-on bien aise un jour de savoir ce qu'ils étaient. Pour faire cette descrip* tion avec quelque méthode^ il làut commencer par ceux qui étaient du côté de la chaire.

Le premier autel était consacré à saint Cloud, et était appuyé contre la seconde colonne, proche le bénitier^ à main droite en entrant par la porte royale.

Le second était appuyé contre la troisième colonne^ sons le nom de saint Thibaut.

Le troisième , du môme côté, était dédié à saint Fiacre et à saint Aiviiileur.

Le quatrième était celui de saint Germain.

Le cinquième, appuyé contre la dernière colonne^ était dédié à sainte Anne.

Le sixième était à la seconde colonne au-dessus du bénitier à main gauche en entrant par la porte royale ; il était consacré à saint Gatien.

Le sei)tième était celui saint Eustache.

Le iiuitièmc était Tautel de sainte Marie-Madeleine.

Le neuvième était de sainte Catherine.

Le dixième était de saint Mamert, de saint Gôme et de saint Damien.

Le onzième était celui du Cruciflx, Tun des dix anciens, dont cinq sont sous terre et cinq en haut. Pour ceux de &uus-terre, nous en parlerons dans la suite; ceux d'en haut sont de saint Laurent, des Apôtres, des Confesseurs et de saint Vincent.

Le douzième était Fautel de Vendôme, hors d'œuvre et non assis contre un pilier, comme étaient ceux dont , nous venons de parler.

Le treizième, dit de Notre-Dame-Blanche, à cause d'une imat(c do la Vierge en albâtre, était dans la croisée tirant du midi au septentrion; il était situé contre un des piliers du Jubé.

Le quatorzième était celui de la Trémouille, sis contre un autre pilier du Jubé.

Le quinzième était l'autel oii l'on gardait le chef de sainte Anne; il était appelé autrefois Fautel des trois Maries; il était sous le Juhé.

Le seizième, dédié à saint Mathurin, était appuyé contre

une colonne, dans la croisée qui regarde le midi^ entre l'autel de sainte Anne et le bénitier.

Le dix-septième était celui de saint Michel^ où étaient^ outre son image ^ eelles de sainte Gertrade et de saint

Rocli, sis contre la colonne de cette croisée, proche le clîoïur, à main droite.

Le dix-huitième était celui de saint Jacques et de saint Christophe, autrement dit de Pellegrue^ du nom d'un Cardinal qui l'avait fondé.

. Le dix->neuvième était Fautel de saint Louis ^ situé dans l'autre croisée^ allant du chœur vers la porte septentrionale.

Le vingtième était l'autel des Vierges, sis contre la muraille et proche la porte septentrionale, fondé par saint Louis.

X Le vingt-unième était Fautel de saint Lubin, pratiqué dans la muraille de la clôture du chœur^ du côté droit.

Le vingt-deuxième était celui de saint Guillaume, sis dans le mur du côté gauche.

Le vingl-truiHômo était celui de saint Jean rEvaugéiiste.

Le vingt-quatrième était l'autel de la Belle-Verrière ou de Notre-Dame-des-Neiges, appuyé contre le plus proche pilier de Tautel de saint Michel, en montant vers le haut de l'Eglise.

Le vingt-cinquième était Fautel de sahat Santin, appuyé contre le piher suivant.

Le vingt-sixième était l'autel de sainte Honorme, situé au pilier suivant, et vis-à-vis la porte du chœur pour aller au chapitre.

Le vingt-septième était celui de saint Verain, sis an côté gauche de FEglise, près Fautel de samt Laurent et la porte du chœur qui allait à la sacristie.

Le vingt-huitième était celui de saint Laureut, où

étaient aussi rej^résentées sainte Cécile et sainte Apolllne>

sis au môme côté, contre la uiuraille de TB^glise, entre lâ sacristie et la chambre où se rendaient les comptes de ITglisc.

Le vingt-neuvième était Fautel de saint Julien^ sis contre la même muraille^ entre la chambre que nous venons de nommer et la petite porte qui conduit à l'Evéché.

Le trentième était l^autel de saint Etienne^ dit communément la chapelle des Pénitenciers, parce que c'était là qu^ils coiil essaient les Pénitents.

Le trente -unième, était celui de saint Jean-Baptiste^ où était limage de saint Georges. *

Le trente-deuxième était Tautel des Apôtres, contre la même muraille et au rond-point de l'Eglise, près duquel étaient les degrés pour descendre au chapitre.

Le trente-troisième était celui de saint Nicolas, dit l'autel des Confesseurs, sis au rond-point de l'Eglise, contre la muraille.

Le trente-quatrième était Tautel de saint Loup et de * saint Gilles, où était aussi une image de saint Jean TEvangéliste, sis au rônd-point, contre le mur.

Le trente-cinquième était celui de saint Vincent, où étaient aussi les images de Notre-Dame et de sainte Barbe.

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