‹ Histoire et description de la bibliothèque publique de GenèveChapitre 5 sur 16 · HI8T0IKB DE LA BIBLIOTHEQUE , DE 1816 A · texte numérisé non relu

HI8T0IKB DE LA BIBLIOTHEQUE , DE 1816 A

Genève fat tellement heureuse en recouvrant son ancîenne^ndépeodance par son agrégation plus intime à la Confédération suisse, que la première pensée , celle qui domina long-temps chez beaucoup d'esprits, fat une pensée de restauration et de conservation pures ('). n fallut quelques années avant que les hommes éminens dans la science , qui fleurirent à Genève de 1814 à 1830 , fassent en état de iaire prévaloir des vues plus larges et plus libérales. Long-temps ils durent lutter contre ce parti stationnante absofa ,

(') Nous ayons déjà donné un aperça des dangers que conrat la bibliothèque durant la période impériale ; mais nous sommes loin d'ayoir épuisé ce saieh Ou. sait, par ex., que des demandes réitérées, lesquelles se cunTertirent bientôt en quasi-sommations , furent faites par l'administration française pour obtenir la remise des correspondances originales de Calvin et des réformateurs. Les manuscrits en idiome vaudois des Vallées du Piémont, signalés par M. Reynouard, faillirent plusieurs fois éprouver le sort de la Chirurgie d'Abulcasis en langoedocien , qui est aujourd'hui dans la bibliothèque de Pécole de médecine de Montpellier. Ces petits volumes se trouvèrent même tellement menacés en 4845 , que M. 'Weber, professeur et bibliothécaire, prit le parti de les dérober à tous les regards inquisiteurs des visiteurs en pratiquant , pour les celer, une cachette au-dessus de sa chemiuée. On a beaucoup parlé aussi de manuscrits de Calvin qui auraient été vendus comme vieux papier, durant le r^ime français, et retrouvés chez une revendeuse. Mais nous n^avons pu recueillir sur ce dernier fait que.de vagues renseigneraens.

que la révolution avait terrifié et rendu craintif au point de lui faire regarder 1* innovation la plus innocente comme un premier pas de retour vers l'anarchie. Les procès de tendance faits aux idées ne furent peut-être jamais plus nombreux qu'alors.

La bibliothèque publique de Genève n'échappa pas entièrement à ce danger. Il fut d'abord question de la remettre entièrement sur Tancien pied. Et dans la séance du 10 août 1816, M. le recteur Boissier annonça qu'il avait fait convoquer les membres auxquels les antiques droits et usages permettaient de siéger, savoir les magnifiques seigneurs scholarques (') , le président de la Société des arts, le professeur de droit (M. Girod), le professeur de langues orientales (M. Cellerier), et les membres ordinaires de la direction. Les nouveaux bourgeois furent invités à faire des dons comme précédemment sous l'ancienne république. M. Uourrit, biblioihé* caire, rapporta que le Conseil d'Etat avait fait reprendre dans la salle du haut un certain portrait de la reine Anne d'Angleterre pour le mettre à rhôtel-de-ville dans la salle dite de la Reine. M. le conseiller Lefort fut prié de redemander bien vite ce portrait qui e$t celui de la fille de Stanislas, épouse de Louis XV (*). On décida d'acheter les ouvrages de Schiller, de Gœthe , de Gessner et de Mathisson , en allemand. M. Pradier fit présent d'une gravure de son fils représentant M. de Saussure, et M. Bourrit de ses deux sermons sur la restauration de Genève en 1814 et 4815. M. Alen présenta une collection des rapports de la Société biblique.

En 1817, la direction eut peu de séances. M. le professeur Pré*vost fit un voyage en Angleterre où il acheta pour la bibliothèque divers ouvrages et entr'autres la suite des Tratisactions^ philoao^ phiques. Les éditeurs de l'Encyclopédie d'Edimbourg (M. Brewster) firent hommage d'un exemplaire, et M. Egerton donna plusieurs livres. M. de Souza, ambassadeur de Portugal à Paris, fit don de sa belle édition de Camœns.

En 1818 , la direction s'occupa de la convenance qu'il y aurait à ce que la bibliothèque fût plus souvent ouverte et à ce qu'd y eût eo hiver une chambre chauffée. On sentait la nécessité de ren-

, (') Nous avons vu qu'on appelait ainsi les conseillers d'Etat chargés de la surveillance des études.

(') Ce portrait occupe encore la place d'honneur dans la salle de la Reine où il est en compagnie d^autres images royales. II paraîtrait donc que>l. Lefort échoua dans sa mission .

d^e i'usage de Tëtâblissemem phis géâëral. Là Société biblique de Londres envoya 45 vôlunuss des textes Sacrée en diverses làng^ues.

En 1819^ M. Vauchér était rectear dé TAcadéniie et en cette qualité caissier de la direction. iParmi les membres on voit figuriet* M. De Candolle, et M. Diodati secondait M. Bourrit comme bibliothécaire. La Société économique s'était occupée de la question d'une onverturë plus fréquente de la bibliothèque, mais mollement et sans conclure. M. Boissier avait proposé de donner au Musée nouvellement formé, tous les objels d'histoire naturelle. M. De Candolle demanda s'il ne serait pas opportun dlmprimer le Catalogne des livres de b bibliothèque.

En 1820, là Société de lecture de Genève Art fondée C). La création de cet établissement, aussi utile qù'iiBporiant, fut sans ddtite

(') La daté dé la première séance du comité de la Sociélé de lecture est le H juillet 4848. La première assemblée générale eut lieu le 24 avril 48 1§.

En 1840 9 la Société publia un catalogue dé sa bibliothèque couiénarit 10^004 ouvrages formant environ 38,000 volumes. Parmi ces livres beal^ coup sont très précieux , d'autres sont rares et tous ont une utilité réelle. En générai le choix est excellent. La Société a acquis dès-lors 4,ioÔ Volumes, de sorte que le nombre total est de 42,900. Là circulation dés vOln^ mes est par année de 17,000 à 18,000 volumes. On voit que peud^tablisr scmens particulier^ sont établis sur des proportions plus vastes et sur des bases plus iargés. Ce qui fait le mérite essentiel de la bibliothèque delà S(h ciété de lecture , c^est qu'elle est parfaitement au niveau de la ^cîeAoe. 9Mi budget. lui permet d'acquérir toutes les nouveautés un peu importantes.

Les recettes annuelles sont de fr. 15,560 fournis par 5!â0 sociétaires à fr. 48 par an.

Les dépenses, calculées sût une moyenhe de 10 ans, sont fes sultaiifes ;

Employés F. 3^,750.

Loyer » 2,250.

ieclairage » 1,891.

Chailffage » 1,143.

JBntrctien du local . . . . » 727.

ÀbonneiAens aux journaux. . » 5,263.

Achats délivres » 2,043.

Reliures . » 740.

Total: f7ï5,127.

hdi, Société de lecture est établie dans une partie de VHôtel du Musée à la GrandVue, et dans la maison contiguë avec laquelle cet hôtel communique. Il ne faut pas confondre la Société de lecture avec la Société littéraire, autre cercle très nombreux, situé dans la rue du Khône, et qai a aussi une bibliothèque composée de 5,000 volumes. Le nombre des membres de la Société littéraire est de 178 payant annuellement fr. 36. Cette société consacre annuellement fr 500 pour abonnemens aux journaux et recueils périodiques (18 à 20) et fr. 300 en achat de livres.

hâtée p9^ 1^ 19^^3^(09 que rmcoxammi les demandes d'ime. publicité pl^ Isurge poiu* 1^ biUiotbèque de Gieoèye. Le comité de la Société (h lecture, eo ajononçapt par l'orgase de M. le professcui* De CabdoUe^ son entrées eo fonctions à la direction de la biblioâièque , lui communiqua son règlement dont l'art. 35 porte : « Dans >j|le cas d'une dissolution de la Société, tous les livres, cartes et » JQMrnaux qju'^e possédera , seront remis g la UUiothèque de » Qmèy&, à l'ei^ception 4e c^x que les sociéta^es auraient donnée >>en se réservant la faculté de les retirer à. cette époque. »

M. Liotard, fils , ayant réclamé le beau portrait au pastel de son pèpe, on lui répond que l'on met le plus grand prix à le conserver. tt: m, Jean Humbert ayanl* écrit de Par^s qu'il avait une bonne oc^ Qa$ion (l'^cfa^ter à Paris .des manuscrits arabes, la direction mit à sa disposition 400 francs pour cet objet , et M. Favre en ajouta 900 autres ('). M* jCellerier demanda aussi que Ton consacrât unç somme à de$ livrer hébreux* Il fut constaté que l'avoir de la bi« blÀQthèqi]^ était compio^é de 14,473 tivres courames déposa chez MM. De Candolle-Turretin et Comp"". Les revenus annuels sex^omposaient en iSJO de$ 3,000 âorMMS que la Société économique cdntirait 4e £^9f nir, (de$ in^a^atrk^lations let des dons des nouveaux bourgeois.

D^M^ la séance du 7 jnijle^ i$29., M. Bounrit oommunicpie nos lettre de l'éditeur Panckouke qui offre un exemplaire de La Des* cript^o^ de r%ypte poiirfr. 4,5Q0 (*). jLa proportion de M. Bois- ^er de faire (transporter au Musée nou|veUement érigé en établissemeiQ^ Pi^blic et niupÂcipal > les antiquii^ appartenant à ^la biUiothèKiue, es( prise i^n ^^nsiidération (').

;(') M. Jeaa Hambect aciieta d«8 rmanitscrits orientaux pour 67S francs et il ajouta ;à son envoi un présent de 30 mai^us^rJ^ts afabQs^ «t^urcp^ ^e^sans, e^ç. m!, Jean Humhcurt ayant demandé le préavis de û direction sur son oroj et d^étàbHr à Genève une in»prinierie arabe, on se montra très favorable à celiteidée qm n'eut pas de suite. Tout le inonde «onnait les qualités distinguées et les services rendus aux lettres et aux études par M. le professeur Humbert , orientaliste et philologue que la mort a enlevé l'année dernière au milieu de ses travaux littéraires et quand il achevait avec une ariâléur infatigable son Glossaire genevois qui a été publié récemment.

(') 11 résulte d'un compte de M. Favre , que ce livre (exemplaire de la 4'® édition) a coûté 6,2^5 florins de Genève, y compris 414 florins pour lés frais de port. Cet ouvrage fat placé dans une armoire faite exprès.

(^) Le transfert de ces pbjets eut lieu en effet quelques jours ^iprcs et la chancellerie en donna décharge à M. Boissier, qui siégeait dans la commis-

M. Bocca avait été tenu plii«eure années auparavant de renipiaoer une édition do Dante dont on croyait qu'il avait égaré tin vo* lome. Ce volume s'étaot retrouvé sur les rayons de la bibliothèque, M. Rocca fut remboursé des 60 francs, prix de cet exemplaire do Dante , par lui ioduement payé,

M. Ampère ayant envoyé son livre sur réiectro-magnétisme , M. Delarive est chargé de le remercier. M. Prévost est prié d'indiquer les livres de psychologie qui manquent à b bibliothèque, M, Moulinié fait présent d'un volume de poésies persanes qu'il a apporté de Constantinople.

En 182i (séance du 4 février), M. le syndic et scbolarqueTrembley annonça que le conseil municipal avait décidé de porter à son budget 7,000 florins environ dont 3,000 seraient employés en achat de bons livres et le reste à procurer des ouvertures plus fré^ quentes de la bibliothèqtie. Cette heureuse augmentation nécessita la rédaction d'un nouveau règlement, et M. Favre fit présent de 30 louis pour les frais du premier établissement d'une salle de lec«tore (*).

La direction , attendu que les imprimeurs ne font plus le dépôt des livres sortis de leurs presses , insista sur la nécessité de raf^i-* chir cette obligation par une loi. MM. De Candolle efr Vaucher furent autorisés à acheter dans une vente à Zurich des livres de botanique jusqu'à concurrence de fr. 400.

M. Hess, auteur de la vie de Zwingle, ayant demandé à emprunter le manuscrit des chroniques de Bonivard, on décida de le lui remettre pour deux mois aux conditions du nouveau règlement (*)« On arrêta aussi de faire imprimer des lettres de remerciemens pour adrcsser.à tous ceux qui donnaient des livres.

En 1822, M. Masbou, seigneur syndic, fut admis dans la commission comme délégué de la chambre municipale qui maintenant supportait une partie des charges du budget de la bibliothèqtie. M* Bourrit annonça que la salle de lecture (ancienne salle de droit)

Hiofi (le la bibliothèque comme recteur et comme membre de )a Société économiiiue.

(') Le» meuble» qui gariiiii»ejit fa salle de lecture actuelle Curent acquin avec ce don de M. Favre-Bertraiid.

(') Ce règlement portait, que lor»qu^on deuiaudail la hortie d'un manu»-; crit, l%;mpruntcur devait H't'ugager Hur non honneur et par un billet ftifné dn le r<!mctfrc intact au terme flxr. Il devait de idu<( fournir caution.

availété potirviie de moyens de chauffage {*), M. Duval Tôpffer donna plusiears livres arméniens ('). Les frères Tilliard de Paris , envoyant quelquefois des ouvrages qu'on ne leur avait pas deman* dés, ils sont priés de s'abstenir d'agir ainsi. Un nouveau règlement pour la comptabilité fut adopté ("). M. Prévost obtint la suite des mémoires d'Edimbourg par son beau-frère, M. Marcet. On écrivit (un peu lard) à M. Brewster pour le remercier du don de TEncy- Glopédie d- Edimbourg qu'il avait fait en 4817. MM. Pictetet Diodati , faisant un voyage à Paris , sont chargi^s d'acheter des livres jusqu'à concurrence de 5,000 francs, surtout des livres de droit dont la liste a été fournie par M. Rossi. La bibliothèque reçoit vingtdeax volumes des livres saints envoyés par la Société biblique de Londres à celle de Genève qui en fait hommage à la bibliothèque. M. Egerton Brydges envoie un livre généalogique sur sa famille et M. Karadja, hospodar de Valachie, un almanach turc. On adopte la proposition de M. Prévost d'acheter cinquante exemplaires des mémoires de la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève pour les offrir en présent à ceux qui s'intéressent à la bibliothèque. On décide de foire faire un timbre pour marquer tous les Hvres. La proposition de donner à la Société de lecture les doublets de la bibliothèque est ajournée indéfiniment. M. Ant. MouehoD fait un legs de 50 livres et iuvite la direction à placer dans un endroit apparent le portrait de son frère, le pasteur Mouchon.

' M. Alcabo , Grec de nation , ayant demandé l'autorisation d^lmprimer le manuscrit d'Homère que possède la bibliothèque , M. Boissier est chargé de s'entendre avec ce savant et de demander le préavis de M. Coraï à Paris. Jusqu'alors le lecteur qui demandait communication d'un manuscrit était tenu de déclarer le but de ses recherches. M. Favre fit supprimer cette disposition quelque peu inquisitoriale On établit un registre oii les lecteurs pouvaient inscrire les ouvrages qu'ils désiraient faire adquérir.

En 1823 , l'avoir était de 3,374 florins pour Tannée, non compris les 3,000 florins de la Société économique. M. Ccllerier déposa le présent de M. Adams, secrétaire d'Etat en Amérique, con-

(') c'est la iTKÎme salle qui est encore aujoard^hui cousacr(Se à la lecture.

(') Entr'autres, la Chronique d^Eusèbe en arménien et en latin, des dictionnaires arménien -français et arraénien-angtais, etc.

(') D'après ce règlement (art. 5) , le recteur tenait compte de toutes les receltes et dispenses.

mUertiga de ilgr— iM ■■ la nm iMi 0»

d'«s«oy«r M émaimr ém utt i ugn* «r llâioire et ledraii pmhUt à€ GêÊihfé COÊÊÊÊB 00 léflMNgMg^ de giJl i iwfiT

Ul directtoi de BH^ âh Mmemm efak en d'aboed de Eure préeeet & Geeive d^ee excapiaire de fa do ottoiiferk alexendm 0) ; M. PkvvoBi aj»t lappeké e^ de promené, il loi a été répoodo de Londres que la chcrié de eatte ioiprgwieo ai fèc^mmUU avait décidé ici diredeors à n'en deMioer qo'oo teul eseoplainB peor teote la Suisee, el de Penvofer àbUUioUièquedeBcriieqaietlIeeaDtoDceBtfal O-

M» De Caodolle anoooce qœ M. Baller de Berae a légné aoD herbier à le bibUeCbèqtie de Ceoève , ne Toolanl pat le lûeer daae •a patrie ob il a épreové des désagrémeos» La direeiioD aooepie, tout eo étant peinée de la eirconstaœe qui prive Benae d'osé cdi leetieo qui devait oaturelleaieDt lui apparieuir. IL De CaedoKe , qui a offert pour eela ses services, sera chargé de necemr cei herbier.

La Société des amis de$ beauK^^rts fiiit hosunage de deim gnn vures des portraits de Jeanne d'Albret et d'Heari IV jaoae^ doal les originaux sont à la bibfioihAque» On les doit au beria <ieu M, Sebenker de Genève.

Dans la séance du 20 août 1823 , M. De Candoite aonoiiça qo'il avait reçu do la famille Haller rherbier en queetioe. LesiadmÎMH U'ateurs du Musée de Benne n'avaie&i manifesté aucun aentiaient pénible. Cet heii)ier fut déposé au Musée jusqe'à meillaor aws» M. Simeode fit hommage de la suite de sen QHvr«Qe;Sur l'hteieim des Français, et M.^ Brjrdges d'un ouvrage «ur la paiiîe4'Àngle-' leri'e. Le chevalier Ai>omateed, savant hellémste danois» ayani 0)iaminé le roanusorît d'Uomàre et rédigé qoekiues noies impor-^ tantes sur son oontenu,la direction arrêta que ces notes seiaieet annexées i\ Touvcaga.

(^) IVIm 1V«l««i4mlHai GracmN codîce manascripto ilesaBénno deacc^-» tum cura ei Ubon) U. II. Baber. Loudiui. ISiS-lSStl. 3 vol. ^rand in>foUo.

t^ La dirvcUon tlu lltt»i^ brUanuique se ravisa heureusemeoi plas tard, car w Hiasnia<|tt« livre fui envoyé |>ïus lard à Génère avec la lettre soi* vaille î * L^ aâmini^tratour» du Musée britannique présentent à la bibliv- Ulèque iknbUque de GemHe un e&emplaire d^m envrase impriaé avx dépeu» do la ualiun ^ans Te^poir qu*îl avancera la critique de ITIistoire s^inW« • C<wi\rafv arriva a iien^'ve par les sein» ds M. Préveel Sis, élabU ^ tunvtre:>.

£&i88&, M« Miriv«,ayMl été Boomié reeteiir, reçut les sceùm , )m livres e( la petite caisse de la i^ioâièque. La grande caisse resta en comple coarant chez MM. De Candolle et Coniip*. Chaque oaiase eutsoH ornnple à part. L'université de Leipzic envoya un recueil deaestbèses. M. Maunoir ayant demandé d'échanger con^ tra des livres un lutrin qui était au haut de la bibliothèque , oii refusa parce que ce lutrin est le même qui supportait la MUIe ma-* Doscrite dont on se servait à Saint-Pierre ('). M. Pavr&«Bertrand fit présent du Munipuluê Curaiorum de Gui de MoBt4(echer im^ primé à Genève en 148^. M. Louis Vaucher; docteur ès-iettres , qui aime à s:'oooaper de bibliographie, est adjoint à la directfon. M. Dupan, avocat, dont les comiaissaBces en livres et eh mé-^ daîUessoBt'très étendues, entre aussi dans ce corps eu la même qilalifé. M. Boissier propose d'examiner de près les papiers de Le Sage où Ton uxnivera pe«t«étre des lettres de l.-l. Rousseau k iaiprfaner:)-(^ Le même ayant parlé i M. Hees de faire un l'apport sur ce qui pourrak être imprimé dans les lettres des réformateurs;, Ma Hess, répondit t «^^ Que celte correspondance , qu'il a paiHxni- » me, est en quelques endroits très difficile à lire ; 2* (pi'èlie ren- «ièrma^ des passages tout-à-feit énigmatiques pour l'hiteRigenee » desqwâs il foudrait un ti^ grand travail qui peut-être même«e-^ ^vm sans siicois ; %* qu^etle route sardes objets qu'il eonvien^ » drait peu de miter aujenrd'hai. »

M. OÎmaflri imprimant les chromques de.Bofllivafd, en déeidiBi deka firdter les dictionnaires dkm il avait besoin pour ee travail. M. Virévost' ayakot demandé raotorîsation de donner a de^ am»*' teurs quelques fragment des écritures d'Kuler, de lambert , etc. , qui ee tnouvaient dans les papiers de Le Sage , ainsi que d'antres firagiBens de réorîMre des réformateurs , la direction f consent pour les écritores d'Euler^ etc. ., <mais pour celle des réformateurs eHe insiste sor l'inconvémeat qu'il y aurait à détacher des mor* oeaux que Ton pftt regretter dans la suite. De plus , la direction

{*) AjujourdUiitt ce Lutrin qn ier, d'ua tr^vaU très ewrsieiux^,» «été •r^wiitt à son ancienne destination. Il.supporte, diios la seconde salle de la l)ib)iothè-* que, la -grande Oîble httine inanascrite qui parait a^oir (té donnée au chapitre à» Saiftt-HaBre |iar 4'(é¥é«p8 Foéd^itic (Frideriaw ÉpUeopm imueniSi seuJGmev^WiU) v«rs Tan iOi^.

,('} Da^sjune séance suixanie, M. Prévost 4éclaxe que les papjyiirs de Le Sage ne contenaient qn^une seule lettre de Kousseau adressée au pcre de ce

consent à ce que son médailtei* soit réimi à celai -da Musée, à condition que la propriété des médailles de la bibliothèque lui sera garantie.

Cette facilité avec laquelle un corps grave et savant , tel qu'était la direction de la bibliothèque de Genève, dispose des autographes confiés à sa vigilance, nous surprend à bon droit aujourd'hui. Mais il fiiut se reporter au temps où Ton était alors. Durant une longue période d'agitation révolutionnaire , à laquelle succéda une période non moins longue de conquêtes et de régime mililah'e, on s'était habitué à n'attacher qu'un prix très secondaire à des choses de la plus grande valeur littéraire. Qu'étaient ces morceaux de pa^ pier dans un temps où l'on jouait incessamment sa vie et sa fortune ? il a feUu les heureux et paisibles loisirs d'une longue paix pour que Tattention minutieuse des gens de lettres et même des geps du monde se portât avec une sollicitude si vive et parfois s» cupide sur ces autographes des hommes célèbres. On serait au^ jourd'hui fort mal reçu, et avec juste raison, si Ton s'avisait de demander à Genève à un conservateur quelconque d'un dépôt pu* blic , une seule ligne de Calvin , de Bèze, de Bonivard , de Jean* Jacques Rousseau ou de telle autre illustration. On n'a que trop usé et abusé de la facilité avec laquelle on permit dans le temps à chaque citoyen de faire des recherches dans les archives de l'Ëtat ponr y prendre connaissance de ce qui concernait sa femille. i>es séries entières de documens ont disparu de cette manière , au milieo de rinatlention du public distrait par les graves événemens de l'extérieur. Les magistrats eux-mêmes ne semblaient pas se douter du tort que Ton faisait à la république par ces détoumemens. Ils en- QMirageaient plutôt la dilapidation en permettant, par exemple, que les vieux papiers des archives fussent employés aux usages les plus vils. On se rappdlera long^temps cette barque qui avait été bourrée et calfeutrée de vieux titres et de documens parmi lesquels la vigilance d'im citoyen éclairé (M. Sordet, qui fut depuis archiviste) sut retrouver des lettres originales de Charles-Quint et d'autres pièces non moins précieuses. Et ce n'est pas à Genève seulement qu'on voyait de pareilles choses dans les premières années de la restauration. Allez à Bâle , et dans les volumes qui renfer-t ment les lettres des personnages de la Réforme, vous trouverez des originaux de Luther remplacés par des copies , avec l'indication que l'on a disposé des premiers en faveur de quelque étranger.

Les manuscrits autog^raphes dont la commission de la bibliothèque, de Genève autorisa raliénaiion , étaient destinés à M. Upeott , bibliothécaire de l'Institution de Londres (').

En i82ô, M. Bétant fut autorisé à consulter chez M. Picot, et sous la responsabilité de celui-ci , le manuscrit d'Homère que possède la bibliothèque (*). Le transfert du médailler de la bibliothèque au Musée fut décrété, mais la propriété des médailles resta garantie à la bibliothèque.

Dans la séance du 49 novembre , M. Bourrit fit part d'une véri^ table catastrophe que la bibliothèque venait d'essuyer. Des couvreurs, travaillant par ordre de la Société économique, ayant découvert, dans toute sa longueur^ le (oit du bâtiment du collège , et une forte pluie étant venue à tomber durant la nuit, les planchers de toutes les salles furent bientôt recouverts de demi-ponce d'eau flottante. Tous les livres étaient inondés, et même les ouvrages précieux reliés ou en feuilles contenus dans les armoires, a On dut foire. égoutter environ mille volumes dont toutes les feuilles n'en faisaient qu'une seule compacte chargée de mortier et de plâtre entraînés par Teau. » Près de 4,000 volumes furent plus ou moins atteints. « S'il s'agissaii , » dit le bibliothécaire , M. Bourrit , dans sqn rapport sur cet incident lamentable, « d'un établissement de >^ librairie dont les livres doivent être propres, la perte de la bi- » bUothèque serait immense ; mais comme la bibliothèque ne vend » pasBl i^e fait que prêter, les lecteurs peuvent prendre leur parti » que leur livre soit un peu taché ou qu'il soit déformé. Ensorte » que la véritable perte se borne à quelques exemplaires à rache- » ter, à un certain nombre de reliures à refaire et à des dépenses u indispensables pour mieux garantir les ouvrages précieux, n On voit que la direction prit aussi son parti très philosophiquement. M. Bourrit reçut 200 francs pour l'indemniser de ses peines dans oette occasion sinistre.

En 1826, la bibliothèque de Genève reçut la visite de M. Valéry,

{*) Ces autog;raphes , dont on se contenta de reteuir copie, étaient des lettres ou des billets de Ch. Bonnet, Jacquier, La Place, Gorani, Lalandc ^ La RochefoucauU , Frisi, Bossut, BaUly, d'Aiembert, Hugens.

(') M. Bétant 9 après ayoir coUationné ce manuscrit, qui du reste n'est pas fort ancien (on sait qu'il n'existe pas de manuscrits d'Homère d^une, grande antiquité) , fit tenir le résultat de son travail à M. Didot pour être utilisé dans une nouvelle édition du prince des poètes grecs.

bîMiolfaéciâre du Louvre. C^ bomm de lettres» qàs dans ees fl^g^ i'Uaiie , fiouyeni réiofNriiwée , a eoAiecré quelques par ges à rétablissement dont nous retraçons les aneales , i^coposa à.ia direction divers ouvrages précieua en «cbauge des ioeslimables tablettes en cire des dépenses de Pbilippe-le^Bel que possède la biUiotbèque de Genève C), Il offrait contre ce wanMnient presque uniqMe, dont on chercherait en vain l'analogue dans le tnésor des chartes de France, une iconographie grecque ei romain^e, Iç M^4e 4e8 afUiquee el les Trouhadp^ra de ReyiNUiaild. « M. De n Caudolie demanda qu'on ajoutai, comme appoint, à ces ouvrages

(') C«9 tablettes de bQis.de bétre (endujlt de .çU», ,écrites avec uq siyl^ sont Tundes dons les plus précieux du généreux Âinédée LuI.Uq. Elles prô~ Venaient des inaRuscrits d'Alexandre Petau. Ce sont six taUettcB de treize pouces de longueur sur environ six de largeur. Le caracièi^est petit et hét ri$8.é d'9bréviatioDS. ^Ues contiennent 1/es comptes de la maison du roi Pl^ilippe-le-Bel pour les six derniers mois de 1508. Le professeur Gabriel Cra- Hier a déchiÂré ce document précieux pour l'iii»toire de Frailoe ayee uiie sagacité étoppàDte (voyez te catalogue 4^ |Ddii|iscrits . ^ Sentier, pagsy 449 à 17?;.

On voit par l'examen' de ces comptes de la dépense domestique deThî- Hppe-*le-fi6l, que ce prince résida a Poitiers dans les mois dejteia et ée juiiw l^t 4508, ^as doute pour y conférer avec le papOiÇiéiHiept Y si»;' ra|^ljJtio9 des T.empUers. Les dates ;ne sont point marquées parle ^uantièine du ipois^ mais par le nombre des jours qui suivent ou précèdent une fête. Les aUipd* nés et les oifrandes aux église^ , aux couvens et Aux Ii6pif ft«x , ooeupenl Rue'graiide place dans les douze i^ges de ^et ,À^qfAa, 11, parait frass^ p^r.çps comptes que la chasse était une occupation capitale du roi PhiUppe-le-Bej, à en juger par les chevaux , les chiens et les valets (paleti et pctgii ' canum) , destinés à celte récréatton. Dans les charges de la maison du roi ou troave un,écl|;iaiison et uAeécJ^iaas^iie^ ua iar4iiiier, an cuiAinler^ un 80|i£Aeiir de cuisine (sufflator coquinœ), un cressonnier (cressonnariusj , car on faisa^it afoTâ un grand usage de cresson pour prévenir les maladies cutanées et la Upfe, Le gaivâe des coffres o4 l'on consenrait les .actes ^est appelé ^CMfoi arc^'ftt>m. CeAiM §|û fofvnit^e pAin d«) 4'eucb;irUtie est appelé Bof^^ivs. fOjp apprend dans la septième page qu'il ,y avait cinq espèces de chevaux d'.emV plôis et de prix diflérens : i''lc grand cheval de l>atailie (magnus equus), estimé L. 32 ; 2^ le cheval de guerre (eqvus sans autre désagottAÎon), estiané de -^ (20 à (1-2 ; ^^ le paVefooi (^c^0;e4us^ , qui val^t L. ^0 ; 4^ le rpossin (Roncinus), valant L. 8 ; 5^ enfin, le cheval de somme (Summarium), qui était du même prix»

On apprend que partout où le roi se portait, unefople.de iqalhearefix attaqués des écrouelles (morbus regius) ^e précipitait sur sc^ passage ^our recevoir la guérison et des aumônes.

Terminons «n disant que les manuscrits de cette espèce sont rarissivm. On n'en citerait que deux ou trois, celui de Flofence et ceux que l'on conservait dans les abbayes de Saint- Victor et de Saint-Germain à\i Prés, ce dernier contenant les dépenses du même roi dans les six premiers mois de Pannée 1307.

» précisa, lèd Râp^i^s dé ^tati^ique des préfets de Paris ! . . . . ^> Iaé coifséil d'Stàt , àfiqoel ia difeetiotï èD référa i eut le bon sens déf fié pas aittorisér cette aliéiiatidn Vandale. M. Valéry eût-il offet^ dit iûiWe volumes plti§ priciéux encore , tebm croyobs que le gouVér-^ nement genevois aurait été bien inspiré en éconduisant M» lé bi^ bliothécaire dii Louvre.

M. Charles Peschiër <>ffré 100 franicë pour qu'oil achète touft tel livres écrits par des Genevois qui manquent dadë la biblîolbèqye. On )é remei^ié eii lui demandant de dresser ad préalable uàe lieilé

dé ces dôêideràta .

En 18'27, la direétloti décida éh principe la rédadioii d*un uGê^ veau èaiàlogue. M. t'à\vé se chargé^ de cla^r les éditions du 15«* siècle cft lés livrés d'histdiii'e, M. De Ca^dôlie de l'histoire tiOi^ ttirélkf, M. Dé \h Rlté^ fils, dés livres qui traitent des iscienees physiques, M. Picot de ceu^t dé httititsittàtiqUé, dé statistique M de voyages ; M. Vaiichèi*, fils , de ki liitératairé. M. te premier ^ynîlic Rtgâud, dans lé cèmpte rendu qu'il fit atl €énseil représentatif de radministratioh du lèonseil d'Etat pour 4S27 , annonça ainsi la éoilfeiêUoà dé té catalog'ne : « Ce travafl, feit pour chaque brandie par dés hôm'm^s experts, demandait béâtiéOHp dé temps. Vm Conçoit (o'at lé détail qu'exige réxâméiB dé quarante ifàUlë ioèlû^ Mtèi9. bé zèle qu'y fM Bfris plusieurs deâ membres de la directi^ta*, Hidés dé quelques étndla^s , a surmonta ces difficultés^ »

Oti s'étaR mis en effiat à fœtfvre avéic àrdeténc. PariAi tes coltàbô^ rateurs, M. le professeur Vaucher, qui fut appelé en 1831 à la place de bibliodiécaire honoraire avec la mission spéciale d'aciiever le nouveau catalogue, Cite MM. Prévost, Cboisy, Gautier, Pascalis, Munier, Bourrit et Diodati, outre les noms indiqués ptiis haut. MM. Riliiet, Bétant et Théremin , alors étudiant en théoldgie, furent chargés de la transcription des titres sur les cartes, ce qui exigea près de deux ans. Il fallut ensuite procéder à la révision et à la classification méthodique de toutes ces cartes et l'impression tlu catalogue commença dès qne la première division fut prêté. Etifiù ce catalogué méthodique , qui feit le plus grand honheur à M. te professeur L. Vaucher, bibliothécaire honoraire, par^ en 4834 en deux volumes in^S*» avec une table alphabétique des oùnas d'auteurs et une tablé des anonymes.

Après trois siècles et demi d'existence , la btbliotbèque de 6e^ nève avait donc son catalogue rédigé avec soin et convenablement

impriaié (')• ^ pnx de limpressien reviDl à il, 987 florios de Genève, soii fr. 5^532»45 cent. {*). L'arrêté, eo 36 articles sur le mode de procéder à la rédaction de ce catalogue , peut fournir des données utiles à ceux qui se trouveraient désormais chargés d'un

pareil travail ('}.

L^élan qui fut imprimé à rétablissement par l'impression du catalogue fut hien heureusement secondé, cette même année 1834, par lie magnifique legs que M. Moutonnât (Louis-Anloine) , ancien magistral à Lyon , et domicilié depuis plusieurs années à Genève , fit à cette ville de sa belle et nombreuse bibliothèque. Le conseil municipal vota le dépôt pur et simple de ce legs dans la bibliothèque publique qui se trouva ainsi enrichie de trois mille volumes la Impart rares et précieux (*). La nouvelle loi sur l'instruction publique rattacha la bibliothèque à la direction de ce dicastère^ ce qui rendit encore nécessaire un nouveau règlement.

En 1835 , la nécessité de placer dans les salles de la bibliothèque les beaux et nombreux ouvrages légués par M. Moutonnât, $t élire de nouveaux arrangemens dans le local. Le conseil municipal fournit la somme nécessaire à cette dépense. Celte même année, le Jubilé' de la Réformation ayant attiré à Genève un grand noml>re d'étrangers , la bibliothèque resta presque toujours ouverte durant cette fête religieuse. On avait mis à la poi*tée du public les objetô les plus curieux et surtout les belles éditions du Xy""* siècle et les riches manuscrits ornés de miniatures. On profita de cette occasion

(') Les deux volumes contiennent 948 pages et une table de 453 pages.

(') Le prix d'un exemplaire de ce catalogue, fixe d*abord par le conseil d'Etat à 8 francs, fat ensuite rédoit à fr. 6. Il en reste encore environ 200 exemplaires.

(') On se servit pour le classement des ouvrages d'un travail bibliographique intéressant de MM. Diodati et Senebier, intitulé : Ordinis sysletnatici inCeneçensi hihliotheeà ohservati delineaiio ad annum 1790. Manuscrit in-folio de 50 pages.

(*) Les livres de Moutonnât sont remarquables par leur belle conservation et par le choix des exemplaires. Ils sont généralement reliés avec élégance et parfois avec luxe. Tous portent un cartouche gravé avec cette inscription : Ex musœo Moutonnât. Le catalogue manuscrit de cette bibliothèque d'amateur est compris dans 482 pages in-folio. M. Moutonnât n'était pas seulementjnn bibliophile distingué pour son temps. U avait aussi rassemblé» à Paide de circonstances favorables , une collection de tableaux très remarquables, surtout en fait d'œuvres de maîtres flamands. La galerie de M. Âudeeud , assurément l'une des mieux choisies de Genève, eut pour base d'exceUens morceaux provenant du cabinet de Moutonnât.

poiir foire une révisiofi de ceux de ces incunables qui comment çaient à se détériorer elon fit réparer les anciennes reliures. Tous furent placés dans des armoires vitrées 0.

Déjà depuis 1831 , par suite d'un arrangement fait avec le gouvernement, la Société de physique et d'histoire naturelle dé Genève avait mis à la disposition de la bibliothèque publique les ouvrages périodiques obtenus en échange de ses mémoires. Cette même Société consentit aussi à faire à cet établissement le don de la totalité des livres qu'elle possédait , et parmi lesquels il y en avait de très précieux. Comme compensation , le gouvernement genevois s'engagea à compter à la Société de physique et d'histpire naturelle une somme annuelle de fr. 1,400 pour l'aider dans la. publication de ses mémoires. Les seules conditions que celte société mit à son don , c'est que les livres provenant de ses envois porteraient son estampille et que le prêt ne pourrait jamais en être refusé à ses membres (*). Il n'est pas nécessaire d'insister sur l'heu-

(*) On lit à cette occasion dans le rapport de M. Bourrit : a Les bibliothécaires ont fait pour le Jfnbilé une exposition des objets curieux que renferme la bibUotlièquo. Les portraits des réformateurs ont été restaurés et au-dessous de ces portraits ont été placées les œuvres imprimées ou manuscrites de ces réformateurs. La Bible manuscrite de Saint-Pierre a été déposée sur son lutrin , 6t la première version (française), par Olivetan, était mise sur UD autre lutrin. Les deux retables de l'autel des Machabées ont été réparés et placés dans la grande salle avec deux tableaux sur verre, l'un représentant Calvin et l'autre l'Escalade. Dans deux nouvelles tables vitrées, furent exposés nos plus beaux manuscrits et nos premières éditions dont on a fait imprimer la notice. »

NB. Cette notice forme une brochure de 8 pages in-8^ , sous ce titre : Curiosités de la bibliothèque publique de Geinève. Elle a pu un moment servir de guide aux visiteurs, mais elle serait insuffisante aujourd'hui.

(') Pour donner une idée de l'importance de cette source d'accroissement, nous citerons , parmi les mémoires fournis à la bibliothèque de Genève par la Société de physique , le Bulletin de la Société géologique de France , les mémoires et comptes-rendus de l'Académie des sciences, les Annales du Muieum d'histoire naturelle, les mémoires de l'Académie de Bruxelles et ceux de la Société royale académique de Savoie.

Parmi les mémoires anglais nous citerons les Transactions philosophiques de la Société royale, celles de la Société géologique de Londres ^ celles de la Société royale d'Edimbourg et celles de l'Académie royale d'Irlande, enfin les transactions de la Société zoologique de Londres et de la Société royale astronomique.

Dans les mémoires américains , nous indiquons seulement ceux des sociétés d'histoire naturelle de New- York , de Boston , de Philadelphie, etc.

Pour le Nord , nous nous contenterons d'indiquer les mémoires de l'Académie impériale de Saint-Pétersbourg , les Nova acta Acadcmiœ Cœsareœ natures curiosorum de Bonn , les mémoires de l'Académie de Bavière , ceux de

reuse iofluence que cette combinaison exerça sor rensembie de la bibliothèque publique de Genève qui put ainsi se procurer lide foule de publications précieuses naais en général fort coûtouses et qui étaient au-dessus de la portée de son modeste budg^.

En dS36 , le ministre de hniérièur de France envoya les Doou^ mens inédits sur rhisteire de France, et dès-lors les nombreinc volumes de celte collection n'ont pas cessé d'arriver à la bibliothèque. Cet envoi fut adressé par l'intermédiaire de M. Rossi qui avait quitté sa chaire de droit à Genève pour aller se fixer à Paris, lifalgré tous ces accroissemens l'usage de la bibliothèque était encore «n 1837 fort resUeinc en comparaison de ce qu'il est anjfHird'hui. La circulation des livres n'était que de 6,000 environ et le nombre des personnes qui venaient travailler n'était en moyenne que de 4 à 5 par jour.

En 1838 , un don qui » par le nombre et le prix des objets dont il se composait, mérite une mention particulière,, est cetei qae&t M. Dupan Talné , notaire et avocat. Ce citoyen non moins. généreux qu'éclairé, amateur passionné des arls et des lettres, (âissa à la bibliothèque les objets suivans :

l"" Le buste d'Henri IV donné à la ville de Genève par ce monarque , déposé d'abord dans l'arsenal , volé ensuite pendant Toccupatlon française et racheté en 18^0 par M. Dupan dans le département de l'Ain ; 2'' le portrait d'Abauzit , par Saint-Oui*^ ; 3^ le portrait de Dassier , par Largiliière , 4^ tous les' livres qqe possédait le donateur en archéologie^ numismatique, antiquités, beaux'-arts, et toutes les éditions des quinzième et seizième siéclea

r Académie royale de Berlin, les mémoires de« sociétés de Rotierdara, d'Ans* terdam , d'Utrecht , de Batavia , ceux des académies royales de Danemarl: , de Stoekholm.

Pour PEspagne , la Société royale des sciences de Madrid envoie ses màmoires , ainsi que l'Académie des sciences de Lisbonne. L'Italie fournit pour contingent les mémoires de l'Académie royale de Turin , les actes de PAcademie royale des sciences de Naples » les annales des sciences du royaume ix>mbard-yénitien , les mémoires des Georgofili de Florence, de l'Académie de Padoii«. En tout, plus de 150 collections de mémoires de sociétés fiavitntes. Il faut ajouter kcela un nombre considérable d'ouvr^ages isolés 9 de cartes géographiques , hydrographiques , etc. , de dessins que la Société de physique dépose annuellement dans la bibliothèque de Genève. Ces envois, faits généralement en échange des Mémoires de la Société de physique et d^hiitoire naturelle de Genève , prouvent de quel crédit cette association savante jouit à rétranger.

que o'avail pas la bibliothèque, le tout formant une collection de près d^ l.gOO volupiçs la plup^r^ très bien relié» (')<

Ce don fut encore augmenté par la générosité de MM. les frères et héritiers du défunt, qui çompléUèrenC ses volontés enjoignant à son legs de beaux classiques anglais , allemands et italiens. Pour recevoir cette bibliothèque , la direction dMt Êùre di^ns le hcsA de nouveau?^ arrangemens. Ainsi, par Thcyreux effet d0 Vembarrs)s des richesses, qui chassait de leurs rayons séculaires le9 anciens livres, pgur foire place aux nouveau?^ venus, la bibliothèque dç Genève se transformait insensiblement pour prendre la forme , la consistance et Tapparence qu'elle a revêtues ^qjQurd'bui. U est à observer que par un effet non moin3 heureux du maintien de ce dépôt si intéressant de nos richesses Uttérair^ dans r^ocjea local» ces dépiqeemens n'ont pas été assez capitaux pour nécessiter juft*qu'à présent le transport des livres dans un noqveau local pin? approprié aux exigences modernes. La bibliothèque publique (le Genève a conservé son caractère sévère et original. C'est toiiyours la bibliothèque primitive du collège fondé soqs les influences du calvinisme , mais sagemeot et prudemment agrandie et embellie 9 mesure que de nouveaux besoins et d'heureux accroi^semcRs ve^ naient à se manifester. Il ne nous reste doQû plus qu'à consacra quelques pages aux anpée^ tput^à-feit contemporaioes et a l'état actuel de Téutblissement pris en quelque sorte sur le foit. Neus cherra cherons, en les écrivant^ à atteindre un dQMble but : d'iibord nous constaterons les dernières améliorations , et en mèniç ti^mps fK>us tâcherons de donner à ce tableau final Teitactitnde d'un Hanuel 041 d'un Çuide à l'aide duquel le bibliophile comme aussi le$ simples curieux pourront, en peu d'instans» se rendre compte de^ objets essentiels dignes de leur attention et qui méritent nne in^peeû<^ spéciale.

(^> M* i-*h* Dup^ Vaiiaéf biiiliopbilQ 4i&tiofpuitt| «ffaclMoM^ ^urloift une reiiur^ en yelin dont il avait pris le modèle à Rome et qui approcl^e beaucoup f qoant à la solidité et k Inélégance , des beaux relins hollamdaltf , si cberB a<n anateaf s dHin goût délicate

HISTOIRE DES DERIflEKS TEMPS DE LA BIBLIOTHÈQUE

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