BERNE
Ce canton, le plus grand de toute' la confédération, dans laquelle il occupe le deuxième rang, accéda à la liiîue suisse eu 1352. Il y avait douze ans que, sous les murs de Laupen, Berne avait reçu les glorieux secours des Suisses et s'était montrée digne de leur appartenir. Nous ne reviendrons point sur son histoire, ni sur ses agrandissements , ni sur les pertes de territoire qu'elle a éprouvées.
Tel qu'il est, le canton a pour limites , au nord , l'Alsace , Soleure et i'Argovie; à l'est, Lucerne, Uri, Unterwaid; au sud, le Valais; à l'ouest, la Franche-Comté, les cantons de Vaud, FriI)ourf; et Neufchàlel. Il s'étend des sommités glaciales du Grimsel jusqu'aux frontières de France; sa plus grande longueur est de trente
lieues, sa plus grande largeur de vingt. On évalue la superficie a quatre cent vingt-cinq lieues carrées. C'est surtout au canton de Berne que l'on peut appliquer ce uu'on a dit de la Suisse en général , quelle renfermait tous les climats , depuis celui du Spitzberg jusou'à celui de l'Kspagne. Il n'y a point ne véritables plaines, mais, autour de la vdle et dans la riante vallée de Thoun, des collines gracieuses et lèN tiles viennent s'interposer entre les grandes chaînes des Alpes. Les frimas sont riî^ourcux dans les montagnes de l'Oberiand , et au milieu de ces glaciers qui séparent le canton du Valais entre le Grimsel et la Jungfrau. Là sont le Sustenhorn, le Galenstock, le Finsteraarhorn , If Schreckhorn , le Moine, TEiger, le :3auebch, et tant d autres
SUISSE
Sics dont les noms sont à eux seuls e majestueuses et imposantes images.
Jamais la Jungfrau ne dépouille son éclatante robe ûe neige , jninais los nvnïanehps ne s'arrélent. Puis, de l'autre ctUé tie la vallée de la Kander, vaste avenue qui divise la chaîne méridio»
çale, et dont le portail a pour impostes gigantesques le Mp^en et le Stock horn , Recommence une nouvelle série de glaciers. Le canton de Berne possède aussi le Jorat depuis là vallée de la Sanejusqu'à renihouchure de la Broyé; cette chnîne rattache ks Alpes au Jura. Les rivières sont l'Aar, qui reçoit tous les torrents de TOberland, TEinmCf la Birse, le Doubs, la Thtele, la Simme et la Kander. Les plus beaux et les plus poissonneux de tous les lacs, Tlioun, Brienz et celui de Bienne^ offrent des ressources à la navigation, en même temps qu'ils attirent sur leurs bords de nombreux voyageurs. Outre te gibier ordinaire, Il y a dans les montagnes des cerfs, des chamois, des sangliers, et ce qu'il y a de singulier, c'est que les lièvres y deviennent blancs en hiver; dans TOberland et dans le Sim* nienthal, il y n des gazelles, finoiqu'en petit (îonil)re. Les h.ibitants rtMisMssent surtout à relève du bétail. D'après le recensement de 1830, on comptait alors onze mille cent vingt et un bœo(^, deux mille deux cent sei/f t:iureaux,qtintre-vingt-onze mille huit cent soixante et seize vaches, trente-neuf mille trois Cent soixante-quatre génisses, vingt et un mille huitcent soixante-deux veaux, six cent quatre-viimt -quatre étalons, dix mille quatre-vingt-douze hongres, onze mille huit cent sept juments, parmi lesquelles cinq mille neuf cent vingt-sept pleines , cinq mille huit cent trente-huit poulains, cent trente mille sept moutons , cinquante-cinq nulle huit cent soixante et douze chèvres, cent soixante et quatorze fines et six mille neuf cent onze porcs. Les vaches du Sînnnenthal et de la Sane sont les plus grandes de toute la Suisse, et pèsent jusqu'à six quintaux et demi, tandis que les bœufs gras sont de quatorze à vingt-cinq quintaux , ce qui est presque ' incroyable. Les chevaux du Simuien-
Ut
thaï, de la racâ appelée Ërlenbach, sont excellents. Le canton est fort riche
en forêts qui sont parfaitement admi«
i;istrées; il possède aussi beaucoup de muierais de fer et de hauts fourneaux; ou n'y fabrique pas moins de vingttrois mille quintaux par an; mais les fabriques les plus in)()ortantes sont celles de lin. L'industrie v est en général fort encouragée par le gouvernement. A la fin de 1829, la fortune publique ^ait évaluée à dix millions deux cent quatre-vingt-douze mille cent un francs.
Ln population est de plus de trois cent mille âmes, dunt à peu près quarante mille catholiqaes et mille anabaptistes. D'après la constitution, la religion réformée est dominante. Il y a en tout viiigt-si^pt bailliages. Avant la révolution opérée en 1832, la souveraine puissance était exercée par l'a* voyer, le petit et le grand conseil de la ville de Berne: deux cents membres étaieiit pris parmi les eiigibles de la ville, et quatre-vingt-dix-neuf parmi ceux des villes et campagnes. L'élection de quatre bannerets se faisait dans les tribus; il y en avait quatre : celles des bouchers, "des boulangers, des tanneurs et des maréchaux. Les choix étaient faits par des coUéges électoraux. L'îige nxé pour l'exercice des droits politiques étaitde vin^t-neuf ans. Quant aux quatre-vingt-djx-neuf, ils étaient élus en partie par les magistrats des villes, en partie par les collèges des bailliages, en partie par le grand conseil lui-même; c'est-à-dire que les villes nommaient dix-sept inembres, les bailliages soixante et dix, et que douze memores étaient admis par voie d'adjonction. Les députés des communes avaient besoin de conlirmation annuelle. Le grand conseil avait deux sessions annuelles, et se réunis- ^ sait en outre le premier lundi de chaquo n)ois et toutes les fois que les affaires l'exigeaient. Tl exerçait la puissance léislative, nommait les députés à la iète, examinait et sanctionnait les décisions de cet te (1 iete eti ce qui concernait le canton, choisissait les avoyers, les trésoriers et les membres du petit