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coup de citoyens confédérés se réunirent à Lausanne pour y rédiger une pétition : le peuple aussi s'attroupa : on demandait à grands cris la création d'une commission. Le grand conseil paraissant peu disposé à faire dro14à ces réclamations , on planta des arbres de la liberté , on sonna le tocsin , et rémeute pénétra jusque dan;5 la salle des délibérations. Quand les insurgés se furent retirés à Montbenon , le conseil nomma enfin la commission. Voici les principaux traits de la constitution qu'il rédigea, et qui fut ensuite adoptée par le peuple.
Le pouvoir souverain appartient à l'universalité des citoyens qui l'exercent par représentation : tons sont égaux devant la loi. Il n'y a de privilège ni de naissance , ni de lieux , ni de personnes. La liberté individuelle est garantie , et nul ne peut être arrêté , hors les cas prévus par la loi. La constitution assure l'inviolabilité du domicile et la liberté de la presse, dont les abus sont réprimés par une loi spéciale. L'Église réformée est reconnue comme religion de l'État ; on permet aux catholiques le libre exercice de leur culte; ils dépendent de l'évéque de Fribourg. Le droit de grâc* est soumis à certaines restrictions ou conditions. Le canton est divise en dixneuf districts. Désormais les électeurs des soixante cercles nomment directement tous les membres du grand conseil , chacun dans la proportion de sa population, et pour cinq ans seulement.
Il y a deux sessions au chef-lieu du canton; elles ont lieu en mai et en novembre. Neuf membres du grand conseil forment le conseil d'État; ils sont dési|;nés pour six ans, et toujours rééligibles. (lhacun des deux conseils élit son président pour l'année. Chaque district a son tribunal de première instance composé de neuf membres ; chaque cercle son tribunal de paix, présidé par le juge de paix ; (piatre assesseurs siègent avec lui. Le tribunal d'appel est demeuré ce qu'il était. Les communes s'administrent en assemblée générale quand elles n'ont pas plus de sU cents Habitants ; les autres ont des
conseils tîn vini^t-cinq à cent nioinbres élus pour six ans. Le syiulic est président; et, pour conipuser la municipalité, on lui adjoint de deux à seize coUègues.
•V'ers le milieu dtr seizième siècle, on entreprit de creuser un eanal entre la Venoge et l'Orbe , el d'unir ainsi le lac de Genève à celui de Neufchâtel , Je Rhône avec le Rhin; mais les travaux ne sont exécutés' (itiVntre l'auberge d'Kntreroches et Orbe. Dans ces derniers temps, il a été question de reprendre ces travaux; néanmoins rien n*est£Biit encore. En 182S, on o constaté le nombre des pauvres du canton : la statistique a fait connaître trois mille sept cent familles mdÎRentes , en tout dix-sept mille quatre cents individus , dont à peu près dix-huit cenfs orphelins et six cent soixante enfants naturels; onze cent malades, et trois mille incapables de travail, à raison de leur âge ou trop tendre ou trop avancé.
On applique chaque année trqis cent cinquante mille fiancs de Suisse à \rs soulager, sans compter les produits de la bienfaisance particulière.
I/académie oe Lausanne a douze professeurs qui enseignent les sciences et les langues anciennes el modernes; il y a dans le rmton six coiiéi;es et beaucoup d lustilutions particulières, n II y a peut^tre pas en Europe de nays plus avjuicé sous le rapport de l'éducation : aussi la plupart des citoyens ont - ils des connaissances fort variées et un esprit très-cultivc. Onjencontreeneux plus depolitessequed'empressement ; leur caractère est , en général, réHcchiet séripnx . .. Les femmes sont belles , et leur costume est trèsavantageux , sans présenter cependant ce mérite d*originalité qui frn})pe Tétranger dans les autres cantons. Le chapeau vnudois va fort bien , et le bonnet des jeunes filles semble ajouter quelque chose encore à leur beauté.
De Lausanne, de Vevay, de Mon* treux, on jouit de la plus belle vue qui puisse ranimer dans rhonime toutes les sensations de la nature si souvent négligées au milieu du bruit et des affaires; il est impossible de ne pas oublier
tout en présence de ref; merveilles.
En face, de noirs rochers plongent à pic dans le lac, et se renversent par le reflet vers un eiel reflété comme eux dans ces ondes si claires et si douces » ou bien un brouillard épais se couche sur le lac, se rehausse vers les cimes, et , pour quiconque gravit ces montagnes , fait disparaître les profondeurs et s'étend en surface unie que Ton prendrait pour ime mer ??Mpérieure, pour un lac sirperposé sur ce lac qu'on ne voit plus ; souvent il suffit d un rayon àn soleil , d*un coup de vent pour emporter ces Ondes en fumées légères : alors s'ouvrent des éciiappéesde vue sur le Lémati, sur les roches, sur les villes et les villages; puis ces ouvertures se referment, et se dégagent tour à tour. Quand les vapeurs se replient en cemture et se posent sur les montagnes, elles se dissipent en flocons, et s'envolent avec une indicible légèreté. Ces effets sont si rapides quelquefois, que c'est à peine si l'on a le temps de les juger. Les Alpes du Chablais, Saint - Gengoulph et Meillerie, une route de Genève au Simplon, et de beaux noyers sur le rivage, voilà ce qui fait l'admiration du navigateur (lont la barque s'approche de la Savoie. Ici la route est souvent assise sur des constructions voûtées , et l'on di»
rait, à voir leseintres profonds sur lesquels ( lie repose, qn'ik sont les portes d'une cité de pécheurs. On aperçoit beaucoup de voiles de navires marchands; d'abord elles apparaissent comme des points à l*horizon« puis elles L^andissent comme les vaisseaux qu'on observe en pleine nier , car ce lac n'a pas moins de quatorze iieuet»
de longueur, et, à certains endroits, sa largeur est de près de quatre. U a la forme d'un croissant. C'est du signal au-dessus de Lausanne qu'on en Juge le mieux la ligure et l'étendue; c'est de ce point aussi que les con* trastes se font le mieux apprécier. Au sud, on devine Genève, an pied du Sainve, et les yeux s'iurctent avec complaisance sur les coteaux de Touciit , oùsontNyon, Coppet, Relie, Pnah'
Sins , tandis que vers le Valais, la dent e Jainant et les Diablerete d-une part, et, de ràutre,J*4ent de Morde el celle du Midi,attirent vers les hautes régions du ciel Padmiration du spertait'ur ; au pied de la dent de Jainanl, apparaissent Vevay, Montreux. C est une délicieuse navigation que celle qui conduit à la tour du Peii, et de cette île à Chillon , à Villeneuve et à IVnihouchure du Khùne; mais, si la tempête s'élève, si le lac se gonfle et s'agite, il faut se bâloMil rôg^ncr le port; rhirondelle démer rase la surface de Fonde, et son cri plaintif et perçan^ est UQ OOQ? seil à ne pas dedaii,ner.
Avencbes, en allemand Wiflisbourg, est Tanden Ayenticum , cité qui peut- ^tre a précédé rentrée des Romains, et (pii fiit rolonie sous leur re^nc. Ves-
t)asieu et Titus l'enibelli refit ; mais, eu *an 307, elle fut ravagée par les Aleroenoi ; rebâtie 4B»ffi&f iHe foi totalement renversée par Attila en 447.
T.es vicissitudes qu'elle a subies depuis que les ducs de Bour^u^Mie 1 ont retaulie ont beaucoup contribué à la disparition de ses monuments. Néanmoins il ja encore des restes d^amphithéâtres, d'aqueducs , des colonnes , des chapiteaux, des inscriptions. Le vieux château , élevé en 605 par le comte Vivilo, après avoir été la r(Mdenee des baillis j[usqu*en. 1798, sert aujourd*hui de maison d'aliénés. Les Romains avaient aussi i ne colonne éauestre a Nyon ou ?îion, eu allemand Meuss; elle s^appelait Noviodunum. On y découvre toujours des antiquités qui , la plupart, sont eorjservées au musée de Genève. Les anciennes roules dont il reste des vestiges sont communément appelées Estras. Tir«idim est fÉbrodunum des Romains; Vevay s'appelait Viviscum. Cette jolie ville est bien biitie , dans une situation cliarmante, sur le lac Léman. Le voyageur Simon a oontet^ v'daiis un ouvrage d'ailleurs excellent , la possibilité d'apercevoir Vevay et Clarens du haut des roches de Meillerie; il a, en conséquence , accusé Rousseau d'avoir peu eowia les Ueux^difls .lesquels il a fixé le 8^yo«r d»6alnt>Fmx; mais Terreur
est au voyageur et non au grand peintre de la nature et du cœur humain. Les descriptions qu'il nous a
données sont aussi vraies que ses sentiments. Clarens est un charmant village au pied du Châtelard , vieux château des sires de Gingins, qui sert^ encore à Thabitation , et qui apparta-*' nait, il y a peu d'années, à de riches particuliers, ('/est un délicieux séjour. •Pious avons décrit déjà et Villeneuve et le château de Chillon. Dans la branche méridionale du lac, notre imagination s'arrête à de nobles souvenirs : au château de Coppet reposent les restes de M. ^ecker et de madame de Staël , noms célèbres à jamais, dont l'un rappelle Taurore de la révolution française, si pure encore da nuages , dont' l'autre, surpassant de beaucoup la gloire paternelle , semble avoir accompli la mission de conquérir, à force de génie, et d*attribuer a son sexe le premier rang pour 1rs productions intellectuelles. Ravie avait autrefois habité ce même château. Celui de Frangins fut naguère la retraite do comte de Survilliers , roi d^lispagne. Dans le dernier siède, il avait été babité par Voltaire.
Le^ salines de Bex sont visitées souvent par des voyageurs qui se revêtent de la chemise du mineur. La galerie
percée dans le roc vif est longue d'environ quatre mille pieds; une roue de trente-six pieds de diamètre fait agir les pompes destinées à ektrafre l'eau salée de puits tn>s-profonds , et à Téléver au niveau de rigoles qui la con- \ duisent au dehors. Lu escalier de près ' de quatre cents marches taillées dans le roc communique avec la galerie, dite du fondement d'en haut , qui débouche dans un vallon étroit et sauvage.
On trouve sur les places solitaires du lac des loutres qui pèsent Jusqu'à vingt livres, et .des rats d'eau. Les oiseaux aquatiques sont nombreux:
on y voit le balbuzard ou aiule de mer, le marlin-pêeheur ou merle bleu , et la cigogne qui se promène sur les bords marécageux de Villeneuve. Parmi les poissons du lac , on recherche beaucoup le féra. La légende veut qu*un
évéque de Lausaime ait autrefois banDÎ toutes les anguilles, et les |)ius irieux pécheurs affirment n'en avoir jamais vu.
Beaucoup d'hommes marquants sont ISSUS de ce canton : le cardinal Duperron , les réformateurs Viret et Pareil Bociuit et Struve, le général Bejrdier, le pasteur Brldel, eafla le
générai Laliarpe qui mourut le 80 mars à râge de quatre-Yihglquatre ans. Il était né à Rolle en 17^, avait fait ses études à Tubîngen. De* venu précepteur d'Alexandre, qui de* buis fut empereur de Russie, tl ieviat «ans sa patrie ^ tH prit séÉOCe itt difectoire nelvétifpie*