‹ Histoire et description de la Suisse et du TyrolChapitre 24 sur 32 · IV E U F C H A T E L · texte numérisé non relu

IV E U F C H A T E L

Les limites de son territoire sont, à l'est, le canton de Berne et le lac de Neufchâtel; au sud, le canton de Vnud ; à l'ouest, la France (département du Doubs); au nord, encore le canton de Berne. Il a huit à neuf lieues de long et quatre à cinq de large; la superlicie est de seize milles d'Allemagne carrés ou deu?ç cent cinqunnte-six nulle arpents. La plus grande partie de son sol s'enfonce dans les vallées du Jura, et te climat y est fort varié : froid dans les montagnes, il est doux vers le lac. Les monticules qui le bordent sont chargés de vignobles; les vallées produisent des céréales, et les sommets des pâturages. Les montagnes sont calcaires; on y exploite des mines de gypse, de fer et des houillères. Il y a dans celles du Locle des pvrites renfermant des parcelles d'or. Les herboristes recueillent sur le Jura des plantes aromatiques qui entrent dans la composition du thé suisse. Le canton est ârrosé par la Thiele, la Broyé, la Reuse et le Seyon. Le pays renferme cinquante-cinq mille deux cent dix-neuf habitants, la plupart de la religion réformée : il n'y a que deux mille catholiques dans les communes de Landeron, deCrçssier et de INeufchâlel. Les curés sont nommés le premier par le canton

de Berne, le second par le roi de Prusse, le troisième par le canton même. La langue du pays est le français. Il y a beaucoup d'activité et d'esprit inventif chez les Neufchâtellais,qui réussissent 5 tous les arts et à tous les métiers. L'horlogerie, la fabrication des dentelles, l'impression sur toile, la pêche, la navigation sont les principales branches de travail. Les denrées s'exportent avec beaucoup de succès, et notamment un excellent vin rouge que donnent les vignes plantées dans les terrains les plus pierreux. Le Locle et la Chaux-de-Fond expédient de« montres jusqu'en Amérique. Il en est de même de la bijouterie. Il y a dans ce canton deux mille sept cent quarante et un chevaux ou mulets, quatre-vingtun ânes, deux mille cinq cent trentesix bœufs, onze mille sept cent trente vaches. Les maisons, au nombre de sept mille neuf cent soixante-six , sont assurées pour dix-huit millions cinq cent quarante-trois mille huit cents francs. Dans la fé«lération, où il fut reçu en 1815, le canton de Neufchàtel occupe le vingt et unième raug; mais il n'a pas cessé d'être principauté soumise au roi de Prusse, dont la monarchie est tempérée par le pouvoir des états. Les dîmes et les redevances

n'y sont pas rachetables comme dans le reste de la Suisse. Les états se composent des dix plus anciens membres du conseil d'État, de tous les présidents de district, dont le nombre ne doit pas dépasser vinj^t-quatre, et de trente membres élus par les divers districts. En cas de maladie ou d'absence, ils sont remplacés par des suppléants. Voici connne se fait l'élection : tous les citoyens qui ont atteint leur ■vingt-deuxième année, excepté les faillis et les repris de justice, nommect à la majorité des suffrages deux candidats par clïaque place, et les assesseurs de justice choisissent parmi ceux-ci les trente députés; les autres sont de droit suppléants. Pour être éii^ible, il faut avoir vingt-cinq ans accomplis, et posséder dans le canton un bien libre de la valeur d'au moins mille livres tournois; il faut de plus être né sujet. Leç quatre députées de la vijie sont nommée par les quatre ministrals (grands et petits conseils de ISeufchàtel ) , sous la présidence du maire. La députation aux états est conférée a vie, mais les conseillers d'État et autres fonctionnaires ne restent députés qu'autant qu'ils conservent les fonctions qui leur en confèrent la (jualité. Le gouverneur de la principauté rassemble les états autint de fois qu'il le juge nécessaire, mais il ne doit pas s'écouler plus de deux ans entre la clôture d'une session et l'ouverture de Tautre. Avant l'ouverture de chacune, les députés prêtent serment, entre les mains du gouverneur, de voter conformément au bien de l'Etat, de ne faire partie d'aucune association dans laquelle on pourrait méditer une atteinte quelconque aux droits du roi de Prusse ou de ses successeurs, de soutenir, par tous les moyens possibles, l'honneur et le bien-être de la confédération suisse, enfin de n'accepter, ni pour eux ni pour les leurs, aucune |>ens;on de l'étranger. Quand le gouverneur, après avoir pronom^ un discours, déclare la session ouverte, le procureur général expose les sujets qui doivent être mis en délibération. C'est le gouverneur qui recueille les voix, ou, en son absence,

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