‹ Histoire et description de la Suisse et du TyrolChapitre 26 sur 32 · GENEVE · texte numérisé non relu

GENEVE

fté éanton est botnë, au nord, pat ïë canton de Vaiid; à l'est et au midi, par la àavoie (provinre de Cafougîe), et à Touest, par la France, pays de .l^eij débdrteiment de l*Afii. Il est toits âe cinq iieué$ et demie, tàfgë dè deux et demie. Le sol pierreux, resserré ^ntre le Jura et le Salève, doit sa fertilité plutôt à l'art qu'à la nature. Les prés, les champs, les vignobles Sont entrecoupés d'une multitude de jolies maisons de campagne. I,e lac, le Rhône èt i'Arve, divisent le canton en trois bàrties à peu près égales, dont la ville occupe le centre. La population totale ést, d'après les derniers recensements, de cinquante-six mille six cent cin-

Ïuante-cjnq Ames; la ville en renferme elié seule vi ngt-sept mi Ile cent soixante et dix-sept. Les protestants composent les deux tiers de la population, et il n'y a guère de catholiques que dans les communes acquises par les traités de W6. le français est la lanizué de cë pa^s, où l'on est en général Studieux, actit, instruit et éclairé. L'orfèvrerie et la bijouterie remportent de beaucoup sur Tagriculture et l'élève du bétail; il y a éus$i beaucoup de faliriques de toile et de tis.^us de tout genre. En 1816, Genève obtint sur la Savoie Carouiie et quelques autres communes, et sur la France une partie du petit pays de Gex. Néanmoins il n'y a pas de blofS

Setit canton, et il n'occupe dans la féération que le vingt-deuxième ranj».

La constitution actuelle est bien différente de l'ancienne. Il n'y a de priv!ié^e de lieux , de naissance ni de fiamille : tous les citoyens jouissent de droits égaux. Le pouvoir législatif est confié au conseil des représentants; il est Composé . y compris quatre syndics qui le lirésiaent tour à tour, de deux cent soixante et dix-huit membres, lesquels doivent avoir atteint leur trentième année, et leur vingt-septième s'ils sont mariés. Tous les ans on en remplace trente , qui ne sont rééligibles qu'un an après leur sortie. Il ne peut pas y avoir plus de cinq membres de

la même ftmille aii conseil représentatif. Les syndics exercent l'initiative; le conseirvote l'impôt, le modifie, le diminue, et il délibère également Sur tbiltea les dépenses extraofdinàfrei^ lorsqu'elles dépassent six mille dnq cents francs de Suisse. Lui seul petit conclure des traités et des capitula^ tions. sur la pt^sentation du consM If État; Ihi seul crée les emplois, les tribunaux, dispose de l'armée et des fortifications, et nomme les députés à la diète, en leur donnant (fes instructions. On ne peut toucher à la constr* tution que du consentement des deux tiers des voix dans chaque conseil. Le conseil représentatif se réunit régulièrement le premier lundi de mai ou en détxmbrê : ehaque sesaioa dtire troil semaines , à moins que le Conseil d'État ne la prolonc;e. Il peut aussi convoquer des réunions extraordinaires dont il fixe la durée. Les membres du -conseil fépi^sentatif sont élos pat un ooHén électoral , dans lequel votent tous les Genevois hal itant le canton qui Ont atteint leur vingt-cinquième année, fet qui payent par eux-mêmes, leurs feolmes ou leurs enfants, au mojnt ving^ cin(| florins de contributions directâ, environ douze francs de France. On en excepte les domestiques, les interdfits, les faillis, les insolvables dont l'état est tdnstaté par jugement, cemr qui reçoivent des secours des établissements de bienfaisance sans les restituer, et ceux qui ont subi un jugement inùir mant.

Le conseil d'État est eOnmdié ée

vingt-huit membres du conseil représentatif qui ont atteint leur trentecinquième année. On comprend dans ce nombre les quatre syndics, le lieutenant, le trésorier, les deux secn6taires d'État qui ont voix délibérative, et les cinq conseillers d'État qui siègent dans le tribunal civil et dans le tribunal supérieur. Il ne peut y siéger que deux personnes de la même famille et du même nom, encore ne faut-il pas que ce soient père et iiiSi beau-

8 ère et gendre. Le conseil d'État jouit e l'initiative des lois et de toutes les mesures à soumettre au conseil représentatif ; à lui seul le soin des relations extérieures, l'exercice de la police et éu pouvoir exécutif, et la surveillance des cultes. Il dirige Tinstruction publique, nomme à tous les emplois, pour lesquels ce droit n'appartient pas au conseil représentatif ou à d'autres autorités; c'est lui aussi qui prend soin des finances et qui organise une chambre des comptes, laquelle procède, sous sa surveillance, à rexamen de toute la comptabilité. Cette chambre peut se donner des adjoints qui n'ont que voix consultative; elle est en même temps le conseil municipal de la ville; outre le s}ndic, il y entre trois conseillers d'État, trois députés du conseil représentatif, et le conseil d'État y ajoute encore quatre conseillers municipaux âgés de vingt-se|>l ans au moins. La chambre des comptes prononce sur le contentieux administratif, sauf appel au conseil d'État. Celui-ci cormaît en dernier ressort des contestations dont l'importance n'excède pas mille francs de Suisse. Si le taux est plus élevé, il a recours au tribunal supérieur. Le conseil d'État a le droit de faire arrêter et mettre en prison les personnes prévenues de crime, mais il faut que dans les vingt-quatre heures il les renvoie devant l'autorité compétente. Il surveille toutes les tutelles, l'examen et la nomination des avocats pt notaires, les exercices du tir et de la navigation, etc., etc. Le traitement des conseillers d'État est de six cent cinquante francs de Suisse; celui des syndics est double. Le tribunal d'au- •dience est composé d'un lieutenant nommé pour un an, de six auditeurs et de deux secrétaires; il juge en premier et dernier ressort les affaires de police. Chaque district a d'ailleurs son administrateur élu pour quatre ans; il juge les affaires civiles et de police correctionnelle. Le tribunal civil a sept membres, dont le président et le premier juge sont pris dans le conseil d'État. Ces places sont conférées à vie. Le tribunal connaît en dernier ressort

SUISSE. i6t

de ce que le tribunal d'audience et lés administrateurs de justice ont jiigé en première instance; il connaît ausçi des affaires correctionnelles de toute la république, excepté de celles qui sont attribuées aux juridictions que nous venons de nommer. L'appel de ses décisions n'est pas suspensif. Le tribunal sunérieur a un président civil et un président criminel, huit juges et cinq suppléants; il décide en appel des affaires civiles et de commerce, des affaires correctionnelles, et prononce souverainement sur toutes les causes crimiiielles avec réserve du recours. Le tribunal de recours se compose d'un syndic, de cinq conseillers d'État, des ^eiix I lus anciens membres du tribunal d'audience, du tribunal de commerce et de vingt-quatre membres du conseil représentatif; il juge les recours ou les demandes en gnice en cas de peines afllictives et infamantes, sans pouvoir les aggraver; il apprécie aussi les niillités de procédure. Le procureur d'État, choisi dans le sein du conseil représentatif, veille à la sûreté des biens des mineurs et de ceux de l'État; il est en même temps accusateur public.

En cette année 1838, de nouveaux projets de lois sont présentés au conseil représentatif pour donner à la justice criminelle une autre organisation : un homme distingué par ses vastes connaissances et son patriotisnie , M. Auguste Cramer, conseiller d'État et rapporteur, a publié récemment ce travail législatif digne de l'approbation des philosophes. L'un de ces projets remplace le tribunal de recours par un tribunal de cassation et un conseil des grâces , dont les membres seront élus pour huit ans par le conseil représentatif. Le conseil de grâce se composera de trois conseillers d'État et douze membres du < onseil représentatif. Après ces lois d'organisation vient un projet complet de code d'instruction criminelle. L'idée religieuse a présidé à quelques améliorations ; on reçoit le serment des témoins, des experts et de l'interprète sur les saintes Écritures; il v a de sages dispositions sur les extraditions;

L'UNIVERS

mais on n'admet pas le jury : dans une république. , dit le rapport , les juges sont élus par la natioo ou parles corpit qui la représentent : aucune récompense n'est offerte au drvoupnient du juge, que la satisfaction d\ivoir accompli son devoir. On nie que , dans les agitations politiques , le jury puisse être une garantie; les jures désignés par le sort dans la nrition ne représentent trop souvent que la passion et l'agitation qui fermentent dans les masses. Le même rapport donne à la magistrature une grande supériorité sur le jury pour la découverte de la vérité, pour les lumières, pour Tindépendance, etc. On maintient donc la cour criminelle. Ce projet peut blesser les idées reçues, mais on ne saurait nier que ce ne soit l'tin des meilleurs documents législatifs que nous connaissions.

Le conseil de guerre est soumis au conseil d'État; il fait exécuter les lois et les règlenients militaires, dirige la inilice, les arsenaux , entretient les fortifications, etc. Le pays compte trentelept mairies, chacune composée de plusieurs communes et hameaux administrés par un maire et un adjoint.

Genève fournit huit cent quatre-vingts hommesau contingent fédéral et vingtdeux mille francs de Suisse. Tout Genevois î^gé de vingt ans est soumis h l*obiigation de se faire, inscrire dans la milice. Le cierge relbrmé est sous la direction d*un synode, et, par un bref de 1819 Je clergé catholique a été placé sous rautorîté de l'évéque de Lausanne qui réside à Fril)Ourg. il y a en tout vingt et un curés eatlioliques dirigés par trois archiprétres qui résident à Genève, à Caroui^e et a Chêne. Les établissements d'instruction publique sont excellents, ainsi que ceux de bienfaisance. D*apres les derniers calculs, il y a dans le canton cinq mille six cent cinquante-six bêtes à cornes, et l'élève du Détail fait de grands progrès. Les propriétés bâties sont assurées pour environ quarante-oina millions de franes suisses. Genève administre parfaitement ses finanres; elle a pour environ cinq cent trente mille franco de dé-

penses, et SCS revenus sont de six cent mille francs, produit de divers impôts directs et indirects.

La ville ne se montre dans toute sa beauté (pie du roté du lac et vers l'entrée par la porte de Savoie. Il n'y a pas longtemps encore Qu'elle a fait construire un quai magnifique, en dégageant la rive des maisons assez laides qnr encombraient le port: elles ont été remplacées par de très-beaux édifices.

Ici le Rhône , qui a disparu au Boveret , et dont on ne revoit point de trace dans tout le lac , reparaît tout à coup avec impétuosité, et, comme pour se dédommaser, il se fraye deux routes à ia fois; sa course est tellement rapide que Ton prend une sorte de vertige à le regarder du haut du pont. Les rues basses, celles (|ui sont parallèles au port, sont étroites et laides; elles ont mspiré aux vovageurs des descriptions très-défavorables; cependant il y a de l'injustice dans ces critiques, car elles ont du moins un aspect très-original :

de longs piliers de bois s'élèvent du sol iusqu*à des toits tellement avancés qu^iis constituent une galerie couverte, mais couverte de si fiaut qu'il n'v a aucune idée de proportion. Ce qui restreint encore ces rues, c'est qu'elles sont encombrées d*une double rangée de boutiques qui les partage comme en trois n venues , dont les côtés sont très- * populeux, tandis que les chars et les voitures roulent au centre. Cette triple répartition disparaît au premier étage , et, comme les maisons ont beaucoup d'élévation, leur alignement prend du contraste même quelque chose d'original et de bizarre. 11 doit résulter de ces énormes avant-toits supportés par degrêles piliers, quelque obsniritédans les appartements. Le reste de la ville est sur une colline élevée de cent pieds au-dessus du lac, et les rues qui en descendent invitent plutôt à la course qu'à la marche, taiitellr^ sont rnfiides. Genève est une ville magriifi(nit' dans la partie haute, et quiconque a vu la Corraterie, la Treille et la promenade Saint-Antoine, ne peut se lasser de l'admirer. Le beau quartier entoure la ville; ses promenades et ses ruçs SOQt

SUISSE

comme Tare dont les nies basses sont la corde. II n*est pas une promenade d'où l'on ne jouisse d'une vue délicieuse. Du haut de h place Saint- Maurice ou promenade Saint - Antoine , on Tott à ses pieds le lac s'éiarçir en s' éloignant , et sur ses rives fertiles des villes, des villn^ips et de riches maisons de campagne; à droite, à travers Touverture qui sépare le Salève et les Voirons, la grande, et imposante masse du Môle, et, dans le fond , les £;laciers de la Savoie. A la Treille, on jouit d'une autre vue: ce

beaux d' A grippa d*Àiibigné, Tami de

Henri IV, et de Henri, duc de Roban^ gendre de Sully et chef du parti protest.'uît. L'hotei de ville offre cette singularité que l'on peut monter en char jusqu'aux étages les plus élevés; une machine hydraulique y entretient un réservoir qui reçoit les eaux du Rhône pour les cas d'incendie et pour l'usage de la ville. Le théâtre, l'observatoire , le musée, la porte neuve attirent tour à tour les regards des étrangers. Le jardin botanique, fondé par^I. Kvnnrd, est fort riche en végétaux exoiiijues.

sont des jardins et des avenues qui Tous ces lieux sont aniqiés de la prés*abaissent par terrasses; l'Arve et le sencedes étrangers; mais il n^en est pas

Rhône joignent leurs ondes au pied des collines de Saint-Jenn et de la Bâtie.

Le paysage, enrichi de jolies maisons de campagne en partie cachées par les bosquets, est resserré d*une part par le Jura et par les flancs escarpés duSulève; quand on parcourt les retnparts, on voit la pelouse du Mail, Plein-Palais, Tallee des grands Philosophf^s , et, dans le lointain, Carouge. La ville ne le cède en rien aux plus belles sous le rapport de l'architecture; il y a peu d iiôtels qui puissent le disputer à ceux de MM. Eynard, de Saussure et Saladîn, peu d'édifices qui l'emportent sur le musée Rath; c'est à peine si l'on fait attention aux fortifications que les gazons et les jardins ont envahies sur plusieurs points : on les traverse pour aller visiter un beau pont de fll de fer qui conduit â la campajine.

Lîle du Rhône a sept cent quatrevingts pieds de long sur cent trente de large. Le quartier de la rive droite s'yppelïe Saint-Gervais; ce n'était autrefois qu'un fauhourii; il est réuni à la ville par deux ponts en bois : les étrangers en vont admirer deux autres en fll de fer dont Yun joint la

SJOmenade Saint- Antoine à la place 'armes, et conduit sur les tranchées et aux villages de Malngnou, Florissant et Champel ; l'autre va de la rue du Cendrier aux Paquis. Il y a dans Genève de très-beaux édifices : la façade nioderne de Saint-Pierre est construfte oaprès le modèle du péristyle du Pan- *néon à Home; on y montre les tom-

ici comme des villes oij les promenades, abandonnées par les habitants , ne semblent avoir été faites que pour y conduire les voyageurs : une sortie de spectacle, un but commun vers lequel on se presse ne remplissent pas nos boulevards d'une foule plus considérable que celle qui , par une belle soirée d'été , peuple la Treille et la Corraterie, Il n'y manque pas non plusd'équipafçes; c'est à peine si Ton [ oiit se persuader qu'il n'y ait pas inéiiie trente mille âmes de population à Genève. Le musée Ratn a été fondé en vertU'des dernières volontés du lieutenant général de ce nom, mort au service de Russie : il avait légué l'usufruit de sa foitune à ses deux sœurs; mais elles Crent surle-champ construire le musée sous |a direction de M. Samuel Vaucher. La maison pénitentiaire devmit servir de modèle a toutes les prisons de TFjirope : quatre ailes en forme d éventail partent du corps de lof^is principal dans lequel est placée l'administration; à travers d'imperceptibles ouvertures, or) voit tout ce qui se prisse dans les salles de travail. La peine des détenus n*est pas définitivement flxée; Tespé* rance leur inspire une bonne conduite : une commission de recours a droit de réduire la durée de leur détention.

L'hôpital a re^u une excellente organisation ; Tacademie a douze professeurs ; elle est très-fréquentée; la oibliothèque a trente mille deux cent qn^tre-vinf^ts volumes et des manuscrits précieux, tels que des lettres de Calvin et des

L'UHITBES

rëfbrniâteurs suisses, puis un Quinte* 6nree pris à Grahidn, dans la tente dé

Charlies le Téméraire, et des comptes de Philîppe- Auguste écrits sur bois àvec uii style. Le musée d'histoire naturelle et celui d'antiquités sont tort Beaux. IM Journaut littéraires de l*Ea* fo\ie. entière viennent se placer sur le tapis vert de la soriété de lecture, qui a défà une bibliothèque de dix-huit îl){|le TOlumeâ: Ort febrique à Genève f^Ius de soixante et dix mille montres pnr nn ; il y a des manufactures de tout genre, et, indépendaninient deeeeoinmerce, il se tait un transit considérable ttitre la France, la Suisse et ritalie.

î)e Geilève, les voyageurs t'ont de Adknbreuses eteursions dans la vallée dè Chamounv ; le xMont-blunc est le roî de ces contrées^ chacun veut présenter i eê soUverafll altier des montagnçs le tribut de son honnnage. On accourt de toutes les parties de l'Europe, ori le contemple avec un respect mêlé de eràinte; on Tadmire de Servoz, on l*Obëerve de Chamouny; mais Tsudace S*aft'aiblit à mesure qu'on approche du but. On rîfe, on retient les noms des voyageurs liardis qui ont ose s aventlirer sur ces abîmes de glace. L'intérêt de la stsIeAcd y a conduit les Saussure , \h BoUrrit, etc., etc. Les voyageurs orrlinnires , ceux qui n'ont pas de progrès à taire faire aux connaissances Aumaftaes^ se contentent de Ta^cension éé Montanvert : pour eux, c'est assez d'avoir visité !n mer de glace, etfrancfu* les i rev:isses qui lasillomient ; ils vont Jusqu'au Jarc^m et s'en reviennent effrayés. On cueille des fraises sur les bords même de cet Océan de vagues cristalisées. Il semblerait, à voir cette fllcr^ qu'elle ait été prise d'une gelée subite pendant la tempête. On sert des raihitobissements dans le Tempk tte te Hûture^ à raventureux piéton, qui^ sans te secours d'aucun inir.icle, a parcouru, nouveau saint Pierre, la surface de flots , qui, jusqu'au dernier jour du lAolmle resteront immobiles^ au milieu Iles belles aiguilles d'Argentières , de Charm07, et du Dru. Eh quittant la Savoie, on rej^agoe ie Valais par k coi de

Balme, ou pnï la iéte-Noire, ou hieu Ton rentre à Genève par Sallencbe, Saint-Martin, Cluse et la Boonevillé.

Carouge, qui n'était encore qu'un chetif village en 1780, compte troîs mille six cents habitants : ce bour^ n u de remarquable qu'un beau pool dé pierre sur l'Arve; il a été céoe à Genève en 181 G. Versoix avait été bâti sous Louis XV, dans la vue de fairé concurrefice au commerce ae Genève :

les derniers traités lui ont donné cette ville, en éloignant la France du lac.INous m parlerons point de Ferney, parce qu'il n'est pas sur le territoire suisse.

Si on était aux sciences et aux arts ce qu'ils doivent a Genève, ils en soullriraient d irréparables pertes. Le

fU'aiid lunn de Kous.seau domine toutes es réputations; madame de Staël vieut se placer à c6té oe lui . C'est aussi ta pa trie des Saussure, des Cuildole, dès Tronchin, des Jurieu, des Odier. Què d'autres noms encore a citer ! Comment oublier Sismondi, Picot, fictet et leurs travaux bistoriques? CasaUbon, à travers plusieurs siècles, inspire tbdjours le même respect aux philologues, bi liurlamaqui aux pubhcistes. Ou n eu finirait pas, si l'on vuuiait seulement énuiuérer toutes les institutions d'utilité publique dont Genève a conçu Theureuse pensée. La France naguère l'avait absorbée en elle-même, et réellement Ton ne peut voir dans ce pays , si français par les arts et le génie, qu'une parcelle de notre grande pairie Vivant sous un autre ré^jinjc, avec une jplus entière liberté; mais toutes ses gloires nous appartiennent, tout^ les nôtres l'enorgueillissent. Rousseau est îiof I plus gr,iud prosateur, comnie r)0S ecriv.jius sont les modèles qu'eludie la jeuiiesse de Genève, et c est par là description d'une ville presque française que nous avons terminé ce tableau général de la Suisse. Puisse cette fédération être aussi llorissante dans l'avenir qu'elle fut grande dans lepasse !

f»uisse-t-elle conserver sa ireligion , ses ois , ses mœurs , et ne subir l'inlluencè du tetups que pour les progrès et là prospérité.

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