‹ Histoire et description de la Suisse et du TyrolChapitre 5 sur 32 · SUI · texte numérisé non relu

SUI

m Armagnacs. Quand le duc d'Orléans eut été assassiné, Bernard rî' Arjuaiinac, qui depuis fut connétable, forma , pour défendre la maison d'OrléanSt les troupes qui portèrent son nom, et qui obéirent ensuite à son fils, Jean d'Armagnac. Ces intrépides guerriers, qui ue vivaient que de leur epce, étaient devenus la désolation dtf nos provinces : la paix une fois rétablie, le roi de France ne pouvait les entretenir; ils cherchèrent donc leur salut dans le pillage, et se permirent des entre])rises de tout genre. Le peuple efï'rayé les avait surnommés les écorcheùrs. Sans s*inquiétor davantage du comte d'Armagnac, ils continuaient à dévaler les contrées où les avaient appelés ses intérêts, et se répandaient dans bentiroup d'autres. A Tépoque dont nous retraçons l'histoire, Cluir- Jes VII et le duc de Bourgogne, voulant en préserver le pa) s, avaient pris environ trente mille Armagnacs à leur solde. Le margrave envoya vers le duc de Bourgogne le chevalier Pierre de jUor/iiiout; mais celui-ci ne Ht qu'uue r^nse évasive, disant qu*il marche* rait en personne pour châtier ces paysans de leur orgueil , mais qu'nnparavant il désirait que l'empereur I investit des Pays-Bas, et y joignît le duché de Luxembourg, auquel iiavait, disait-il, des droits incontestables. L'empereur, quand il en fut informé, préféra s'adresser au roi de France , que ion flge, sa puissance, ses victoires, plaçaient au premier rang des souverains d'Europe : il le pria donc de se charger de la cause de tous les rois.

Ce fut le célèbre iEneas Sylvius qui rédigea la lettre : c'est un véritable manifeste de nos jours, avec les sopîiismes et les altérations de fait qui peuvent justifier d'injustes prétentions.

Quoi qu'il en soit, cette négociation traîna en longueur. Pierre de Morimont ne revînt à Ziinch qu'à la fin de l'année , et quand déjà le margrave et cette ville eurent éprouvé de nouveaux désastres*

Nous ne parlerons pas des tentatives inutiles qui avaient pour ohjpt de rpprendreiirem^irtea, ni des excursions

dirigées contre le comté deBndrn , non plus que des représailles de Giarus aux environs de B.apperschwyl. Tout à coup six bannières nés confédérés, au nombre de cinq mille hommes, rentrèrent en campagne : c'étaient Schwytz, Uri , Untcrwalden, Claris, ZugetLuctnic.

Elles prirent position de Hedingen jus-

3u'à Bonstetten, et n*élaient séparée e Zurich que par TAlbis. En vain le concile, le pape rru'il avait élu, les évéqucsde Bàleetue Constance, voulurent arrêter cette marche. Le 22 juillet toutes les bannières partirent de Hedingen sous le commandement d'Ilal Re- .

(iing et de Jost Tsr!ifidi : on gravit l'Albis, et on s'avança sur Zurich. Les étroits sentiers de U montaiicne et les chemins creux étaient occupes par les Zurichois; : îeiirs gardes s'étendaient jîtsqij'à la pointe de l'UetlibourLr. l e lour n était pas encore venu, que déjà leurs cbiens accouraient effrayés aux avant-postes, parce que trois chiens des Suisses les pourstiivaîent avec fureur. Bientôt on découvrit quelques chevaux, puis des jeunes gens qui accouraient , et Ton ne put plus douter de l'approche de rennenii. On voulut d'abord l'attendre près d'un chemin creux; mais les surprises si faciles dans les montagnes, où Ton ne juge pas les mouvements d'une armée, effrayèrent les ti ni ides, et beaucoup de soldats s'enfuirent. En effet, des jeunes Suisses et des Glurnais apparurent dans une position qui dominait celle-là. Aussitôt les gardes se mirent dans une toîle déroute, qu'il n'y eut plus que onze hommes pour protéger la fuite; cinq furent tués, et le passade devint libre : désormais l'A Ibis n'était plus un rempart pour Zûi ieh. Le conseil, présidé pour la dernière lois par le bourgmestre Stussi , était en proie a de cruelles inquiétudes. On oivoya en toute hâte les cavaliers en avant, et toute la population prit les armes sans distinction d'âge ni de rang. On se précij)itait dans les rues, aux |)ortes de la ville, sur le pont de la Sil; sans attendre I*ordre de personne. Dans le loint lin on vovait avec effroi les bannières des confédérés descendre de l' At-

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bis. Jean de Rehfaerg alla les reconnaître avec sa cavalerie : il vint annoncer oa'ils étalent enWron six mille, bien oisposés au combat, et c]ue par cette raison-là même il ne fallait pas l'accepter. 11 conseilla de faire rentrer toute la bourgeoisie, se chargeant de har- Mler tes Suisses et de les fatiguer.

Cette proposition était trop sage pour être agréée : on convînt spiileiiient de placer l'infanterie entre la ville et la 3il.

Bientôt Sebwytz et Glarus arrivèrent et prirent position tout près de Tinfanterie de Ziirich, en avant du village de Reden; la cavalerie accouïat jusqu'à un fossé, derrière lequel les Suisses attendaient leur corps d'armée; puis elle faisait feu, fuyait et revenait encore. Cela incoiinnodait beaucoup Ital Kedtug ; il eut recours à la ruse , et fit marcher le gros de son armée aur Wiedilion, le long de la montagne, afln d'intercepter les Zurichois de leur ville; en même temps îi garda sa position. Il choisit aussi

Slusieurs jeunes gens, et leur fit coure sur la poitrine des croix rouges comme Ips portait l'ennemi , en leur recommandant' de se placer sur ses derrières dans les environs de Friesenberg, comme s'ils faisaient partie de Farméc de Ziiri('h, et de jeter le désordre dans cette armée dès que Tattaqiie serait commencée. Il en arriva comme Tavait prévu Reding : la multitude ne voulut point obéir au plan arrêté en conseil ; il sembla honteux aux Zurichois d'attendre l'ennemi derrière la Sil. Ils passèrent donc la rivière, et s'établirent sur des prairies entourées de baies , entre Wiedikon et la trèsantique chapelle de Saint Jacques. Là, ils se firent apporter des provisions, mangèrent, burent, et poussèrent des cris de provocation. Ils virent bien le corps ennemi qui suivait la montagne, mais ils s'imaginèrent que, n'osant combattre , ce corps se dirigeait sur Wiedikon pour se rendre en Argovie, ou pour camper sur les pâturages du Hard, entre la Limmath et !a Sil, où l'on en aurait bon marché.

Quand on vit descendre de Friesen-

berg les deux cents Suisses destinés à l'embuscade, on hésita quelques instants ; mais i leurs croix rouges on les prit pour la garnison de l'uetU* bourg.

On n'étnit pn«; arrivé à Wiedikon que deja Timpatience des Suisses engagea le combat contre les cavaliert qui les harcelaient; ceux-ci , repoussés pnr line eolonne serrée, furent trèsétonnes de trouver leur infanterie en deçà de la Sil. Comme il ne cessait d'arriver des renforts de la ville, on se déploya en ordre de bataille dans la prairie le long des haies, et dès que Fennemi fut à portée de fusil , on exécuta des décharges; la cavalerie n'en fut point rassurée, et courut péle-méle vers les porter de la ville : c'est à peine si quelques braves descendirent de clieval pour se joindre aux Ziirîchoi». Au moment où Tarmée des confédérés s'approchait de la baie, où la mêlée s'enî::rL'pait , les deux cents qui s'étaient embusqués tout près du pont s'écrièrent avec force : Ftds, Zurich, fids; smtoe qui pet^! et , en même temps, ils coururent vers J le pont pour couper la retraite, et !

les Zurichois purent nlors les reconnaître, parce qu'iis avaient conservé sur le dos la croix blanche des confédérés. La terreur fut portée à son comble ; c'était h qui nrriveraît le premier au pont. Rodolphe Stussi se conduisit comme il convenait à sa réputation et à sa haute position : il jugea indigne de fuir comme toute l'armée, saisit sa hache, se po?tn sur le milieu du pont, et d'une voix tonnante cria : Arréte^f citoyens j (arrêtez; c'était en vain, la foule se précipitait de plus en plus : lui, | calme, inébranlable, comme s'il eiU été au conseil , voyait tomber benucouj) de braves. L'eimeiiii s'avançait; Stussi insulta Tun des fuyards. C'est toi , s'é- i cria celui-ci^ c*esi ici qui a* fait UmA : le mal, et il le perça de sa lance.

L'armure de ce grand homme fit résonner le pont de la chute de son corps immense.Onveutaussîqu*aQLacerD0is de Merischwanden , appelé Luthard, se snit mis sous le pont , en nit enlevé un madrier, du bas eu haut ait porté

SUISSE

Ui

jk Stussi le coup mortel; le bourgmestre fut grand dans la mort. CepeiKkmt i ennemi arriva dans les faui)our^!> : le pont-ievis était levé, les Iwirgeois péritsaieiit laDt pouvoir tCDtrer; enfin on l'abaissa pour les recevoir. A la faveur de la mêlée, quelques Suisses parvinrent dans l'intérieur de la ville. Rodolphe Kîing de GJanu prit la bannière de Zurich, et ^a celui qui la portait. Le bruit se répandait que le bourgmestre était mort, que l'ennemi entrait : la consternation était à son comble; un pyfian, rencontrant le greffier Micnel Graf, le tua dans sa colère, en s*écriant : f 'oila le fruH de tes mauvai' ses écritures. La contusion était telle lu'on avait oublié de refermer les portes le la ville; alors une femme appelée Zieijlerin, fit preuve d'un grand courage; elle s'avança et abaissa la herse. Kodolphe Kùng venait de prendre la bannière; Il comprit que ses compagnons et lui étaient jmbkIus, et, par un sentiment d'héroïsme digne des anciens jours, il voulut sauver sa conquête, et passa la bannière de Zurich a travers les barreaux de la herse aux Skîsscs qui étaient accourus pour entrer après !uî ; puis il mourut en vendant cheremen Isa vie. LesZuriclutisse rallièrent, et tirent avec beaucoup de soooès usage ëe leurs machines. £a rille fijt sauvée. Cependant l'incendie constimnit nu loin les villages, elles confédérés se livraient à mille excès divers. Les Glarnais, entre autreSi trainèrefit le corps de Stussi derrière une haie, et de la graisse de ses entrailles frottèrent leurs lances, leurs bottes et leurs souliers, parce qu'il étftit leur compatriote, et qu'ils le reeardaient comme un traître à la cause de la liberté. Oiif Iqnes auteurs disent cju'il vivait encore quand il subit ces indicnes traitements.

Eraprèn Pantique usage de leur pays, les confédérés restèrent trois jours sur le chnmp de bataille, en signe de victoire; puis ils passèrent là Liinmath a Baden (>our marcher sur ilapperscitmy\ , donl ib voulaient 6ire le siège.

ilsdéGlèrentde noumufioui les murs

de Zurich, et repoussèrent vigoureusement une sortie qui n'eut d'autre effet que de les exciter au pillage; dans cette circonstance, ils détruisirent k Krattenthurm, maison forte située sur la hauteur. L'armée se déplova devant RappiTsthwyl , qui envoya demander des secours au margrave; mais ce

8 rince reconnut qu'il serait dangereux *aflàiblir la garnison, de peur que le

Parti autrichien ne succombât dans intérieur dr la ville sous les efforts du parti sui.'^»e. Il ne pouvait rien espérer que de Tarrivéc des Armagnacs, et dans cette vue, il proposa un armistice, et se servit pour négocier de Tévéque de Constance, qui, à son tour, s'adjoignit l'abbé d'binsiedeln.

Rapnerschwyl résistait avec courage :

les brèches étaient toujours réparées sur-If r! :!nip; néanmoins les Suisses se nioutrerent peu disposés à la suspension d'armes. Ils exigèrent Tévacuatiott de Zurich par les AutrichlensV ils (ieniandèrent la conservation de leurs conquêtes, et voulurent que, pendant les huit mois (|ue duieraitla trêve, les négociations de la paix eussent lieu à Baden ; ils ne se doutaient pas de es qu'on tramait contre eux au sigel des Armagnacs. Le margrave, mieux avisé, et ne voulant que gagner du temps, autorisa l'évéque à consentir à tout. Pendant ce temps , Bâle et Berne prenaient de vive force la ville de Laufenhoiirg, et une assemblée de' députés ues seigneurs et des villes punissait Seckii^gen des vexations que les Bâlois avaient eu à souffrir de sa part, et la forçait à leur en demander pardon. Les confédérés , quoiqu'ils ne fussent quepossesseurs provisoires des terres conquises , exigeaient le serment de tous, et le margrave chargea Tbttring de H.'ihyvl de déclarer à l'empereur qm les possessions de l'Autriche dans les provinces antérieures,/ oompris l'Alsace, se ieteraient infaif* liblement entre les bras du duc de Bourgogne, si lui-même ne pourvoyait promptement à leur défense.

Les négociations, toujours remises, et enfin entamées à Baden , n'avaient rien de sincère : on parlait de Tann^*

L'UJNIVKRS*

lation dn traité conclu par Zurich avec l'Autriche, de la remise des conquêtes, etc., etc. Mais on élevait des diffiniiltés, et pendant ce temps, on excitait le peuple de Zurich contre quelques magistrats vertueux et bons citoyens, qui périrent victimes de sa fureur. On les accusa d'intelligence avec l'ennemi; les Suisses, disait-on, ont leurs représentants dans le conseil. Ne sont-ils pas instruits de tout? Peut-on dire que Henri Meisz et Ulm'ann Zœrnli-Truikler soient des citoyens de Zurich?

Oui, par leur naissance, par leur place; maïs, au fond, ce sont des Suisses, traîtres à la guerre, traîtres dans les négociations. A res disî ours, on joignait des imputations caiom* nieuses.

Telles étaient les dispositions des

esprits, quand les députes apportèrent a Zurich les propositions de la paix.

Le nouveau bourgmestre les avertit quHIs ne pouvaient sans danger se montrer en public, et les engagea à attendre à leur auberge la réponse du conseil. Meisz était l'un de ces députés au congrès. Quand lui et ses Quatre' collègues voulurent âtre leur rapport, il se forma des attroupements d'hommes armés. Iji maison commune fut cernée; ou se précipita vers la salle^ en s'éorîant : Xet iraUres dê^ gaU encore au coimiL On saisit Meisz , on le traîna avec sps collègues dans la tour du "Wellenbcrg, prison construite sur un rocher, au milieu du lac. Puis le bruit se répandit que les Suisses arrivaient pour les délivrer, et le peuple courut aux murailles pour apercevoir de loin leur bannière. Quand . on jugea Meisz et les députés a la dicte, on ne put leur trouver de crime : aussi la inajdritc se dêcjara-t-elle pour leur conserver la vie, les uns les acquittant , les autres ne prononçant qu'une amende; mais en oomptantles voix on adopta un genre de calcul qui fit prévaloir le

gjrti le plus sévère. Henri M msz , Jean luntsrhii et Ulmann Zœrnii lurent décapités. Jean Brunner fut enfermé et frappé de deux mille florins d'amende. Beaucoup d'autres furent privés de leurs dignités. Pour toute l'é-

ponse aux propositions, Zurich dit

qu'elle s'en rapporterait volontiers à I arbitrage des évêques de Constance et de Baie, et des villes qui avaient leurs envoyés à Baden , ou de toutes autres, ensemble ou séparément. Les confédérés, en témoignant de la confiance dans ces juges, réclamèrent contre cette désignation, qui violait les traités de la ligue per[ietuelle. Le margrave oiïrit aussi de s'en rapporter aux princes de Wirtcmberg ou de Savoie, ou h la ville de Berne, ou à celle de Soleure. Les confédérés répondirent qu'ils n'avaient rien à démêler avec 1 Autriche , sinon de lui signifier de ne se point immiscer dans leurs affaires. Ils couMnençaient à connaître la marche des Armagnacs, et refusèrent toute prolongation de trêve. Le lendemain du jour où elle expira, on brûla les diàteaux de Spie-

âelberg et Griessenbergen Thurgovie; s appartenaient à la femme du roar- ^ve. Les sept bannières reparurent a KIoten, et le siège de Rapperschwyl fut repris avec vigueur. Pendant trente et une semaines on manquad eau à la vue du lac; on n'avait de bois de chauffage que les meubles, et bientôt il fallut manger les chevaux ef même les rats et les souris. Ce siège néanmoins n'offrit pas de circonstance extraordinaire; les efforts des confédérés se portèrent sur Creiffensée, dont la garnison excitait j>ar des vexations les plaintes irequenles du vcisiii'i'^e, et notamment de Gruningen, qui leur appartenait. Frédéricb de Tockenbourg avait cédé à Zurich le château de Greif fensée qu'il tenait de la maison de Uohenlandenberg: au bord du lac du même non) que lecodteau s'était formée ime petite ville. Jean de Breitenlanden* berg tenait la place avec soixante et dix braves; c'était un guerrier actif, entreprenant et téméraire, que, pouxcette raison, on avait sornonuné /f-'i/cl/iannes ( Jean le Sauvage). Il avait plus d une fois témoijjçné son inépris à Gruningen. qui, deux fois en deux ans, s'était rendue à l'ennemi.

Aussitôt qu'il eut connaissance de l'approche des Suisses, il renvoya à Zop

SUISSE. m

ricb toutes l€t bouches inatiles ; il garnison proposa de capituler : f^out avait résolu de tenir jusqu'à rarrivée êtes iios piisonsUerê ^ dirent lesconfé-

des Armugnacs ; son honneur lui dér-es, cl vous rou'rz traiter ! - FJi conuuandait de tout essayer pour con- bien , répliqua W iitlhannes, nous brâserver la place. Le premier mai, après- leroti^ le château avec tout ce qu'il

mtdî, les Suisses se montrèrent en renferme, et fum nota entewlbrmu

force sur les prairies qui bordent le soi» set ruines. Les assiégeants ne lac, et à la lîsipre rln bois derrière le voulurent pas perdre le butin; la gar- "le chîîteau. "Wildhniitips comprit qn'il nison n'avait point de prêtre, et ne

ne pounait (garder ia viile,et y mit voulut point mourir sans confession,

lefeu. A minuit rinoendieétait général; La convention fut donc conclue ver»

qut igues femmes qui étaient restées, balement; mais en de tels termes que

s'enluirent avec leurs enfants, en pous- les assié^jés crurent y trouver sér u-

SâQt de grands cris. Les Suisses en rité, tandis que Rediog y chercha un

eurent pitié, les nourrirent et les en- tout autre sens, voyèrent à Ziiricb. Bien approvisionné La porte était si bien ferm^ que

et riclie rn munitions, quoique privé les assiégés eux-inômes ne purent Tou-

de toute communication , Wildhannes vrir; les Suisses entrèrent donc p.ir

teuait bon, et son feu causait beaucoup la brèche, aidés par les soldats de

deravages, sans queles murs dudiâteau Wildhannes, qui leur donnaient la

fussent ébranlés par les Suisses. Il y main. Ceux-ci en descendirent tris*

avait vingt et un jours que le siège tement et garrottés; on les conduisit

durait : en vain on proposa de faire dans les prés entre Greiffensée et

une puissante diversion sur Baden ou ]Naenikon. Là il y eut une délibération

sur Wesen, ou de simuler une attaque fort agitée sur le sort qu^il convenait

dans un lieu voisin de Greiffensée pour de leur faire subir. Un homme de

dé//vrer la garnison ; tels n'étaient pas Schwytz demanda qu'ils fussent tous

Jes plans des chefs : Greifiensée fut mis à mort, à rexception d un seul,

abandonné à ses propres ressources, car il voulait sauver Lirich Kupfer-

Mais les confédérés se lassaient; déjà il schmidi, d'une bonne âimilie de

était question de départ, quand un Schwytz, qui avait pris du service à

paysan, appelé î\Ialer, soit cupidité, Zurich, et qui, hdèltî à son serment,

soit méchanceté , indiqua l'endroit par s'était si fort distingué qu'on le r^ar-

lequel le château pouvait être miné le dait comme le premier après Wildnan-

plus aisément. Les Suisses s'approchè- nés. Un autre fit remar«|uer qu'il ne

ïent des In nuit suivante, et placés serait pas juste de faire périr les trente

sous une machine recouverte d'un toit, soldats de Greiffensée, puisqu'ils s'é-

ils travaillaient avec ardeur, lorsque taieut conduits en Udetes sujets. Hoi-

Witdbannes fit précipiter du bsut des zach, capitaine du contingent de

créneaux Timmense pierre qui servait Menzingen, près deZug, voulut enfin

de maître-autel à Téglise. Le toit fut faire entendre la voix de l'humanité,

rompu, et tes travailleurs tues. Les II fit voir que la conduite de Wild-

Suisses préparèrent uae seconde ma- bannes avait été loyale et courageuse,

dune; dix maréchaux accompagnèrent qu*il se serait déshonoré s'il edt agi

Ips travailleurs pour réparer sans re- autrement, que ses soldats n'avaient

Vklie leurs instruments. Cette fois on pas dd l'abandonner. Des murmures

jeta du haut des murs des tonnes accueillirent son noble discours. Ital

mnplies de pierres; mai$ le toit était Redîng jura que quiconque parlait

iDlide, et ne put être enfoncé. A cet ainsi n'était qu'un traître, un Ziiri-

endroit on avait compté sur le rocher; chois. Ilolzach, indigné, s'érria :

le mur n'était pas épais, il renfermait Personne plus que moi ne cliérit la

du bois et du remblais : déjà on allait cause que nous défendons: mes ser*

I mettre du feu , et c*ea était fait de menis oni âMé tne$ eontàU ; je suis

U place* Bans ces drconstaiKes la imsipur fueMet tous les Uens

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