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noblei tenaient ferme pour des prîvilé«îes reconquis et affermis depuis quinze ans. On espérait l'appui , Tinter ventiou de l'étranger, et des troupes autrichiennes stationnaient en effet dans le Yorarlberg, en Tyrolet en Italie. Enfin le vorort convo'qua !ine diète à Berne; elle décida que chaque canton avait le droit de se constituer comme ii l'entendait; elle décréta onè levée de soixante à soixante et dix mille hommes pour protéger l'indéppndance de la Suisse. La nation, pleine d*enthousiasn)e , lit d'ijicroyables efforts; le seul canton des Grisons fournit dix mille hommes au delà de ce qu'on exiL^enit de lui. Quand les souverains donnèrent aux confédérés des assurances de paix et d'amitié , ^'aristocratie de Berne comprit que son règne était passé ; la bourgeoisie refusa de recevoir dans l'enceinte de cette capitale des soldats destinés à eomprinier le peuple; les patriciens alors se rendirent au vœu public, en Se parant d'une fausse niagnaniuiité.
A la demande des citovens , on institua une commission législative. Elle reconnut la souveraineté du peuple , les droits égaux de tous, la séparation des pouvoirs législatif, judi( iaire , administratif; la liberté de la presse et de la personne , etc. La plupart des cantons adoptèrent ces bases dans le cours de l*eté de 183L Les vieilles institutions comptaient cependant de nobles et courageux défenseurs : à Berne , Muliiueu , d'une des
«us illustres familles de la Suisse , et in des magistrats les plus intè^es , se constitua l'apôtre d'une aristocratie qui avait, durant cinq cents ans, fait la grandeur et la prospérité de la cité. Il accusa la France , lui reprocha les menées révolutionnaires qui égaraient les esprits, prouva le danger d'une subversion au moment d'une guerre genêt aie , et lit briller à tous les yeux les avantages immenses que Berne pourrait recueillir d'une con* duite ferme , si elle restait seule debout sur ses antiques bases, lorsque partout autour d'elle on voyait s'ecrouler les institutions. Ces nobles
paroles trouvèrent peu d'écho ; la majorité décida que le peuple lui-même ierait sa constitution. A Schwytz , les babitants du canton primitif ne pouvaient se décider à partager leurs droits avec les districts soumis; d'ancietines promesses furent éludées avec astuce , et, depuis 1815, le joug devenait toujours plus pesant. Mécontents de cette déloyauté, la Marche, Einsieldein, Kussnacht et PfaefBkon se donnèrent une roT)stitMtion particulière. Le canton (lf HK^iii;] (jiielqnp temps divisé; rexaspe.iaiiou eUuL grande, mais le sang ne coula point comme à Bàle et à Neufcbâtel.
Kous avons dit que le roi de Prusse avait accordé deja une constitution à ce pays ; il wi allégea beaucoup les charges , et l'on ne songea point d'abord à se séparer de sa couronne; mais après le départ de son comiiiissaire, la fermentation générale se communiquant à ce petit pays, le peuple s'assembla , réclama tumultueusement l'indépendance de Ncufchàtel , qui devait, disait-on, ^tre une république, et jouir des mêmes droits que les autres cantons. On prit les armes, et, le 12 septembre 1831, le château se rendit aux insurgés. Néanmoins , la confédération ayant envoyé des troupes , ils furent' obligés de l'évacuer.
La Suisse avait garanti et la souveraineté du roi, et Ta liberté du peuple; après avoir rét ibîi les autorités (fnns leur siège , les troui}cs se retirèrent. La bannière de la révolte fut de nouveau levée le 17 décembre; cette fois Il y eut de sanglants conà>ats entr^ l'émeute et les troupes prussiennes , et ces combats furent suivis d'exil^;, d'arrestations et de procédures. Liit^ ne s'arrêtèrent point aux limites de la justice, et trop souvent elles devin* rent des persécutions. Il y eut des suspects; en tout, on recoruiaissait le triomphe d'un parti plutôt que le retour ue Tordre.
La guerre civile prit dans le canton de IkITc un caractère beaucoup plus sanglant. La plupart des communes sollicitaient depuis longtemps, et dans la forme la plus respectueuse, le re-
L'UJSIVERS.
tour des anciennes franchises et Tac-
complissement de promesses solennellf^s-. On demandait une assemblée constituante nommée |)ar le peuple.
La prière l'ut dédaignée , la menace aigrit; l'orgueilleux citadin ne voyait dans ie campagnard qu'un objet de mé-
f>ris. Le grand conseil s'avisa d" faire ui-méme la loi du pays; les bourgeois y étaient en majorité; les membres qui représentaient des communes se reti* rèrent, réclamant l'égalité de 1708, et protestant que désormais il n'y avait
i>ius de garanties pour leurs commetants. L'indignation des paysans leur eut bientôt mis les armes à la main ; on plantait partout des arbres de la liberté ; un iionvernement provisoire s'établit à Licstal. Aussitôt le conseil fit marcher des troupes. Les rebelles furent dispersés; on arracha les arbres de la liberté ; on chassa les nouvelles autorités. C'était en janvier 1831 ; vers le méipe temps, le pays de Porentrui se levait aussi ; là , comme à Liestal , les arbres de la liberté assemblaient la population ; on marrha vers le val de Moutier et sur Bienne, et Berne ne fut pus moins inquiétée que Bâie , mais du moins ces troubles n'eurent pas d'aussi funestes suites.
A Baie, quand les troupes ramenèrent les prisonniers , on les traita comme les plus vils criminels , les promenant dans les rues, la corde au cou, et les exposant aux outrages d'une populace insolente. On choisit cet instant de ten eur pour proelamer la constitution iniauinée par le grand conseil , et Ton jugea les principaux auteurs de la révolte. En vain les confédérés prêchaient la modération , en vain les malheureux rampagnards demandaient qu'on les épargnât: fière du succès.
Bille n'écouta rien que son aveugle colère. L'indii^nation des Suisses amena beaueoup d'auxiliaires aux eanipagnards ; des guerriers prêts à soutenir leur cause accouraient. La ville se hâta de s'entourer de retranchements ; elle enr(3!a des soldats, et redou!)1a d'insolence; on insultai' h s paysans (jui venaient en ville pour leurs alïaires ; on maltraitait les étrangers , on violait le
secret des lettres. Ces excès eurent
leurs conséquences naturelles : l'insurrection éclata de nouveau, et, le 21 avril , Bûie envoya des forces et de l'artillerie contre Liestal. L'amour de la liberté était surpassé encore par une soif de ven^ieanee que rien ne pouvait apaiser : le peuple des campagnes y courut en masse; les troupes ne purent tenir devant ces paysans ; après avoir perdu beaucoup de chefs et de soldats , elles se replieront vers la ville, et se hâtèrent d'y rentrer. Cette fois la fédération s'émut tout entière , et commanda la paix en faisant occuper le pays pour protéger la campagne. On filt iongi de maintenir dans sr^ injustes privilèges une cité qui ne craignait pas de les acheter au prix du sang. BâIe , de son côté , accusait les confédérés de manquer de foi , et , le 23 févrirr 1 832 , repoussa de son sein quaraïite-enifj communes des plus rebelles, chose sans exemple et que le vorort voulut en vain empêcher. Quand les confédérés eurent retiré leurs garnisons , des bataillons nouveaux furent envoyés , à la faveur de la nuit , sous prétexte de protéger les communes paisibles; le 6 août» ils arrivèrent par des détours , et en franchissant le territoîre étranger, jusqu'à Gelterkinden.
L'expédition ne fut pas heureuse; tout à coup les paysans investirent le village ; ce n'était , sur tous les (lolnts , que combat, meurtre, incendie; les troupes furent encore massacrées , mises en fuite , et vii^ourensement poursuivies; c'en était lait de la ville, si elle n'eût été protégée par ses remparts; elle refusa même d'y recevoir les forces que la confédération envoyait de nouveau ; elle rejeta la nu diation de la diète, et déclina les conférences qu'on voulait établir à Zofîngen. La diète, comprenant alors l'ctendue de cet infle\il)le orgueil , et prévoyant les maux ui pourraient en résulter, prononça 'autorité la division du canton en , ville et campagne. Cinquante - trois ' communes formèrent un nouvel État; seize denieurerent à la ville. Ces événements servirent de prétexte aux déclamations contre la cause populaire;
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