‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 101 sur 257 · ROSE DU TRANSSEPT NORD · texte numérisé non relu

ROSE DU TRANSSEPT NORD

2" Rose du nord.

La rose du nord se divise, comme celle du sud, en douze parties; mais elle contient un nombre double de sujets peints, parce <jue l’intervalle compris entre le médaillon central et les douze médaillons de la circonférence est occupé par douze groupes de personnages.

L’ensemble de cette composition appartient certainement au XIIIc siècle. On y retrouve le coloris de celte époque, 1a translucidité sans transparence, la naïveté du dessin, le caractère de son style et de sa disposition. Malbeureusement, presque tous les sujets sont mutilés; c’est à peine si l’on en trouve deux ou trois dans leur entier. Les lacunes causées par la cbute des vitraux du XlIIe siècle ont été comblées presque toutes par des fragments de bordures du XVl*^, parfaitement reconnaissables à leur pâleur et à leur dessin.

Quelques auteurs ont vu dans celte rosace les douze signes du zodiaque ; M. Géruzez, entre autres, dans son Histoire de Rems. Toutefois, un examen plus approfondi lui a fait reconnaître son erreur , et il s’est empressé de la rétracter dans une note placée à la fin de son deuxième volume.

Le sujet de celte peinture est la Création du monde. Nous l’avons vue reproduite en sculpture à l’extérieur, sous la voussure de la grande ogive équilatérale, dans laquelle la rosace est inscrite.

On trouve au centre Dieu le Père, les mains étendues, faisant sortir du néant par sa parole l’univers tout entier. Autour de lui, toujours dans le grand médaillon central, quatre anges qui l’adorent et qui l’encensent. Au-dessus de sa tête, d’un côté le soleil, et de l’autre la lune.

La vitre figurant la tête du Père éternel est tombée et a été remplacée par une miniature en camaïeu brun, du

XYIe siècle, représentant sainte Magdeleine dans le désert, avec une urne à ses pieds, un temple grec à sa gauche, et dans le fond un assez joli paysage. Cette substitution bizarre a donné lieu aux interprétations les plus étranges. •.

« Le médaillon du milieu, ditM. Povillon, présente un ï) cercle blanc, comme est représentée l’hostie consacrée U que nous voyons dans les ostensoirs ou soleils que l’on » porte dans les processions de la Fête-Dieu, et que l’on » expose à l’adoration des chrétiens sur nos autels. Ce )> pourrait bien être le soleil figuré. »

Autour du médaillon central, et tout rapprochés de lui , douze groupes dont voici l’énumération : en haut , dans la ligne verticale, la création de l’homme ; à gauche, le paradis ; on ne voit plus que le tronc de l’arbre et les jambes des personnages; plus bas, la tentation, mutilée de la même manière. Au-dessous, Adam, vêtu, bêche la terre; Abel offre un agneau en sacrifice ; Caïn tue son frère avec I une hache.

En reprenant à droite et en descendant, nous trouvons le premier médaillon entièrement indéchiffrable ; — puis Adam chassé du paradis ; — Eve allaitant ses enfants; — la promenade de Caïn et d’Abel dans la campagne. Dans le cercle extrême, on rencontre au bas une lapidation, celle de saint Etienne, en costume de diacre, la dalmatique, le manipule, l’étole. Deux soldats, couverts de riches cuirasses et vêtus à la romaine, le martyrisent. Ce médaillon est évidemment du XV^ siècle. Dans les autres médaillons, tout autour , des animaux de différentes espèces complètent la représentation de l’œuvre des six jours. Ainsi on y voit plusieurs poissons de couleurs et de formes diverses; un bœuf, un cheval, un chevreau, l’ibis du désert, le lion, la cigogne, etc. Ces animaux sont rangés deux par deux dans chaque groupe.

Dans le haut de cette série surtout, les mutilations sont nombreuses, et souvent les sujets totalement indéchiffrables.

INTÉRIEUR

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