INTÉRIEUK. — VITRAUX DE LA NEF
menls. Nous avons dit des rois et des reines , sans être bien siir qu’il y ait des reines. Ce qui cause de l’incertitude, c’est que plusieurs de ces personnaj^es, qui ont le même costume et les mêmes ornements que les rois, sont entièrement imberbes.
Le fond du vitrail, ainsi que nous en avons fait la remarque en commençant, est une mosaïque de diverses formes, mais toujours composée de compartiments réguliers et géométriques. Tous les jiersonnages sont placés dans une espèce de niche, présentant une arcade ogivale ou cintrée, et surmontée [)resque partout d’un fronton triangulaire assez aigu, dont les lampants sont recouverts de crosses végétales. Aux deux angles de la base de ce fronton s’élèvent de petits clochetons de formes différentes, mais toujours dans le style de l’époque, le Xllh siècle.
Les bordures varient : vers le sanctuaire de l’église, ce sont ordinairement de ces fleurons élégants, composés de feuilles recourbées en crochets , d’entrelacs dessinant des encadrements elliptiques , .au centre et aux extrémités desquels s’épanouissent des palmelles. En un mot, ils sont absolument semblables à ceux dont M. de Gaumont nous a donné le dessin dans son sixième volume du Coiü's d\mtiquitéii monumentales^ p. 473, comme type des encadrements du XIIl^ siècle. Vers le portail, ce sont plus souvent des fleurs-de-lis et des compartiments géométriques.
Les roses, également faites sur un modèle unifornae, contiennent sept personnages ou sept groupes : un au centre, et six dans les six pétales qui entourent le centre de la rose. OLielques-unes offrent des sujets intéressants : nous les décrirons.
Quels sont ces rois et ces évêques, et qu’a-t-on voulu représenter sur ces vitraux ? La réponse ne peut être douteuse. On a voulu représenter évidemment la suite des
rois de France et.celle des archevêques, leurs consécraleurs. C’est la Iraililion locale qui répond ainsi avec nous. A son défaut, et avant tout examen il faudrait voir dans celte série de rois, ou les rois de Juda, ou les rois de France ; on n'en pouvait représenter d’autres dans une église. Mais une preuve des plus incontestables vient trancher la question en faveur de ces derniers. Le personnage placé dans la quatrième fenêtre de «Iroite, en comptant depuis le sanctuaire, précisément au-dessus de la première arcade de la nef après le petit orgue, a un nom fort lisible. On voit au-dessus de sa tète KarohiSy comme on l’écri vait alors. Aucun roi de Juda n’a jamais porté le nom de Charles, et à ré[)0(|ue où l’église fut achevée, où les chanoines prirent possession du chœui’ , oîi les vitraux, par conséquent, furent placés, vers 1240, la France comptait trois princes de ce nom.
Mais (juels sont les monarques représentés sur les verrières? Sonl-ce les rois (jui reçurent à Notre-Dame l’onction sainte de la main île nos pontifes? Nous n’oserions l’anirmcr, cl ce[)endant, en 1240, dix fenêtres géminées s’élevaient, donnant place, par conséquent , à vingt rois, et par une coïncidence remaniuahle, les cathédrales successives de Ucims avaient vu, à celle époijue, dix-neuf monarques se prosternant, à rcxcmple de Clovis, sur les dalles de Notre-Dame cl promettant, en reconnaissance de leur sacre, fidélité à Dieu, amour tà leurs peuples.
Mais sei’ail-il possible de préciser quel prince représente chaque figure ? Nous ne le croyons pas. Ces personnages sont- presque tous, de fenêtre en fenêtre, faits sur le même modèle, et comme découpés sur les mêmes cartons ; ou bien ils se regardent, et leur image reproduit, de gauche à droite et de droite à gnuclie, les mêmes lignes, les memes poses, les mêmes vêlements C’est une galerie semblable à celle que nous avons vue à l’extérieur du grand portail. Essayons cependant quelques conjectures.