‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 104 sur 257 · INTÉRIEUR. — VITRAUX DE LA NEF · texte numérisé non relu

INTÉRIEUR. — VITRAUX DE LA NEF

Le premier roi de droite porte un glaive au lieu d’un sceptre. Ne serait-ce point Clovis, le conquérant de la Gaule et le fondateur du royaume? A côté de lui, nous reconnaîtrions assez volontiers saint Louis. Sa main gaucho indique un médaillon où est représenté le crucifiement de Notre-Seigneur ; au pied de la croix, se tiennent la Sainte- Vierge et saint Jean. On connaît le culte de saint Louis pour la croix du Sauveur.

Les rois de la seconde fenêtre sont assis sur un pliant à griffes de lion. Les bras du fauteuil se terminent par une tête d’animal à longues oreilles. De leur main droite, ces princes tiennent le sceptre, tandis que la gauche joue dans les cordelettes de leur manteau.

La troisième fenêtre nous montre deux rois, assis sur un pliant, le sceptre dans la main droite, tandis que leur gauche retient également les cordelettes de leur manteau, dont la couleur violette se marie fort bien avec la robe à fond d’or.

Le huitième personnage est assis sur un large siège droit, sur lequel s’étale un manteau cramoisi. Si l’on admet que cette galerie représente les rois sacrés à Reims, ce prince, nommé Karolus, serait Charles III, le seul de ce nom qui reçut l’onction sainte à Notre-Dame. Nous aimerions mieux y voir ou Charles le Chauve, ou Charlemagne. Ce prince nous paraît être un empereur. Dans la rosace qui termine la fenêtre, il est représenté assis, tenant à la main un objet surmonté d’une croix ou d’une fleur. Ne serait-ce point la boule du monde avec une croix, emblème des empereurs d’Occident?

Ces deux princes n’ont pas été sacrés à Reims, mais Charles le Chauve avait assisté à la dédicace de la cathédrale d’ilinemar, et il comptait parmi les principaux bienfaiteurs de notre basilique (1). Charlemagne, cet autre

(1) Tome I*', p. 2G.

fondateur de la monarchie, et de qui est venu aux rois de la seconde dynastie le nom de Garlovingien, Charlemagne méritait bien une place dans cette galerie de rois français. Nous inclinerions vers cette dernière interpréta- ^ lion : le monarque tient l’épcc ; Charlemagne était conqué- f rant comme Clovis, et, de plus, les médaillons qui en- j tourent la rosace, ainsi (jue les écoinoons voisins, renferment huit anges balançant leurs encensoirs devant le pi ince (jue la France honore comme un héros, et la religion comme un saint.

Nous ne mentionnons pas les l ois de la cinquième verrière ; ils n’ont aucun signe |)articalier.

Les deux premiers rois de gauche appuient les pieds sur des lions couchés ; ce type se retrouve sur des pierres tombales du VI* siècle. Le premier de ces princes pourrait être Dagobert On connaît la magnificence de ce roi : l’image de Salomon, placée au-dessus, nous [)orterait à croire que l’architecte a voulu rappeler les richesses et la splendeur du roi mérovingien.

Ouant aux évêques peints sur le verre, ils rappellent de la meme manière la suite des archevêques de Reims. Seulement, plusieurs sont nommés. Voici dans quel ordre : dans la première fenêtre à droite, on lit DonatianuSy Donatien (huitième archevêque, de 3C1 à 390). Son nom est bouleversé : o« lit Aiiadoituÿ, au lieu de Donatlanus .

Au deuxième panneau, il y a le nom de Vivcntins, saint Vivent (neuvième archevêque, successeur de Donatien, de 390 à 394). — A la deuxième fenêtre, il y a deux fois le nom de Raruc (et non Borne, comme dit l’auteur des Paies de Picims) : Raruc et Raruc II ; Tun monta sur le siège métropolitain en 410, et l’autre en 440. Entre eux et saint Vivent, il y a eu deux évêijues, saint Sévère et saint Nicaise, dont les vitraux ne parlent pas. — A la troisième fenêtre, Rennade et Rarnabé sont inscrits; ils succédèrent aux deux Raruc, mais dans l’ordre inverse : Rarnabé est le

INTKHIKUU.

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