‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 107 sur 257 · INTÉRIEUR. — VITRAUX DE LA NEF · texte numérisé non relu

INTÉRIEUR. — VITRAUX DE LA NEF

lisent ou écrivent sur des listels déroulés les enseignements que leur laisse leur divin maître. — A la neuvième rosace, Jésus-Glirist monte au ciel ;un ne voit plus que res pieds et le bord intérieur de sa robe. Les douze apôtres, nimbés et portant la tonsure sacerdotale, regardent, les mains étendues, le Sauveur s’élevant vers les cieux. Dans le dernier médaillon de droite, la Sainte-Vierge, couverte d’un voile blanc, contem[)Ie avec amour son divin Fils, dont elle va être sépaiée pendant quelque temps. La dernière Icnétre n’a pus de sujets , car elle est en grisaille.

On s’étonnera, sans doute, de voir tant de ressemblance dans les vitraux de la nef; il n’y a guère de variété que dans l’agencement des couleui’s. Nous le répétons, cela suHisait pour le but (jue se proposait l’arcliitecte, et nous croyons (|ue c’était pour lui une question d’économie. On sait (ju’avant de (leindre sur verre, il faut arrêter les dessins coloriés sur des planches égales en dimension au vitrail (|ui doit être exécuté, et les profiler avec une telle exactitude que ces pièces innombrables, réunies par le plomb, remplissent parfaitement le cadre assigné. Ce travail est toujours fort dispendieux, parce (|u’il doit être triple, d’abord pour servir de modèle, ensuite pour être découpé en autant de parties (jiie les figures ou ornements demandent de morceaux de verre taillés de forme différente; enfin, pour établir ces morceaux dans leur ordre, en suivant les contours du dessin. Et les architectes voulaient cependant donner sur-le-champ à leur monument tout l’ensemble de leurs vitraux ; ils ne léguaient point aux siècles suivants le soin de continuer cette œuvre d’ornementation : pour eux, le vitrail, par ces douces ténèbres qu’il répand dans l’édifice, est une partie essentielle qui doit donner à l’édifice lui-même sa physionomie propre, son caractère religieux ; ce n’est pas une série de tableaux ajoutés, un simple décor, comme l’est peut-être la peinture murale ; le vitrail doit, c’est sa destination, intercepter

i2i)8 DESCIUPTION DE LA CATIIÉDUALE DE REIMS.

les rayons trop vifs du soleil, el porter les cœurs au recueillement de la prière; sans les vitraux, il serait impossible d’ouvrir les yeux, en plein midi, dans ces élégantes basiliques où la pierre a disparu |)Oiir être remplacée par le verre.

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