INTÉRIEUR. — GALERIE A JOUR ÜU PORTAIL
j^ues que cet ornement n’est aucunement caractéristique et ne sourcfit jamais prouver, quand il est seul, que le monument où il figure appartienne, .soit à la personne, soit au règne de saint Louis. Malgré le dire de M. V. Taillé, rien, absolument, ne désigne ici le sacre de saint Louis plutôt (ju’aucun autre. Pour nous, sans hésiter, au lieu d’un mcre purticulicrj nous aimons mieux voir le sacre OZ/ic de tous les autres; le sacre du premier roi chrétien, de ce Clovis, le fondateur de la monarchie, baptisé <lans l’ancienne cathédrale de Hétauze, mais ensuite sacré dans l’église métro{iolilaine.
.Vu-dessus de la grande rose du portail principal, au front même de la noble basilique, est représenté le baptême du ber Sicambre; au dedans, dans cette galerie aux vitraux resplendissants, serait le second acte de cette grande histoire, ce sacre incontesté au XIP et au .\llle siècle.
En effet, aux deux cotés du monarque, on remarque deux évêques, run à droite, bénissant d’une main et tenant de l’autre son bàlon pastoral : c’est le prélat consécrateur; l’autre à gauciie, tenant un livre. Après les évôcjues, en allant du centre vers les extrémités, deux femmes richement vêtues, faisant un geste de contentement et semblant s’occuper d’une scène qui se passe sous leurs yeux. Enfin, dans les deux dernières lancettes, deux prélats et deux personnages laïques couronnés. Clovis occupe naturellement le milieu de la galerie; il est revêtu de ses ornements royaux; seul il est nu-tête (1), parce que, tout roi qu’il est, il doit s’incliner sous la main du Très- Haut, et qu’il va recevoir sur le front fonction qui le rendra sacré aux yeux des peuples. Un manteau defleursde-lis l’enveloppe ; c’est que, suivant une tradition antique
(1) Si la scèae de la galerie représentait le baptême de Clovis, le roi serait, comme dans la galerie extérieure, plongé dans une cuve , sans les ornements royaux, sans le manteau aux fleurs-de-lis. Pourquoi les pairs ecclésiastiques et laïques présents au baptême de Clovis
rî02 DESCRIPTION DE LA CATHÉDRALE DE REIMS.
déjà quand furent exécutées nos verrières, Glovis reçut du ciel, au jour de son sacre, les fleurs-dedis par Tenlremise d’un ange, et bâtit, en mémoire de ce miracle, le célèbre monastère de Joye-en-Val. A la droite de Clovis, le pontife consécrateur, saint Hemi ; à sa gauche, un assistant du métropolitain, l’évêque de Soissons ou de Laon, tenant un livre. Après les évêques, à droite et à gauche, deux femmes : l’épouse du monarque , la glorieuse sainte Clotilde, et cette sœur de Clovis, Albofléde , qui renonça avec son frère au culte des faux dieux. Enfin, dans les quatre derniers personnages, évêques et princes , les pairs ecclésiastiques et laïques qui , institués par Louis Vil, en H80 (d’après le plus grand nombre de nos historiens, entre autres Du Tillet et Favin), avaient déjà rempli leurs fonctions importantes dans les sacres de onze rois, à l’époque où l’on retraçait leur image sur les vitraux (le Reims.
Telle est notre explication. L’étude approfondie de l’ensemble des sculptures et des peintures de la cathédrale ne peut que nous aftermir dans celle idée : car si la cathédrale de Reims est l’église de Notre-Dame, d’abord et avant tout ; si Marie apparaît au centre du portail dans l’éclat de sa gloire; si nous la retrouvons remplissant de sa majesté l’immense rosace tout entière ; si, à l’abside, si, dans les nefs, nous rencontrons encore la Très-Sainte Vierge, après elle, nous admirons en tout lieu saint Remi et Clovis, et le baptême et le sacre de .Clovis, cet évènement mémorable, la source de la prérogative auguste du siège de Reims, qui amenait tour-àlour aux pieds de nos pontifes les chefs de la nation. L’intérieur de l’église et les vitraux devaient certainement, comme les portails du nord et du couchant, un souvenir à ces grands faits, et la place la plus naturelle était auprès de Marie et de son apothéose.
Un Rémois de la vieille souche, M. Goulet-Collet, araa-
INTÉniEUR. — GALERIE A JOUR DU PORTAIL.
1 leur passionné de la cathédrale, au conseil de fabrique de r laquelle il a l’honneur d’appartenir depuis prés de trente ans, nous assure fpi’une tradition constante à Reims veut voir dans cette galerie Charles VII et la Pucelle, avec la reine et les pairs ecclésiastiques et séculiers (pu assistaient à son sacre. Reau cl poélicpie souvenir, que nous ooncevi ions aisément, et que nous accepterions avec amour, car, dans toute la série des consécrations royales, aucune, après celle de Clovis, n’a été ni plus illustre, ni plus miraculeuse, ni plus glorieuse pour notre mélro[)ole, (pie celle du roi de Bourges devenu en (juelques jours, à force de victoires et de prodiges, vrai roi de France, à Reims. Malheureusement, ce (pii est ancien dans ce vitrail appartient à une époriue antérieure à 1 120, et il ne nous est guère possible d’admellrc comme fondée une si belle tradition.
Nous n’avons plus (pi’un mol à ajouter louchant l’étal actuel de celle galeri(* pour en compléter la description. I.c moindre examen sufïit pour faire reconnaître que la [)lus grande partie des verres du XllR siècle a disparu. Presque tout le fond, une partie assez considérable des bordures et des draperies sont en vitres colorées modernes, trés-rcconnaissablcs à leur transparence, à leur peu d’épaisseur, à leur complète privation d’ornements et de dessins. Les broderies des aubes des évôijues et les robes des deux princesses sont composées de morceaux empruntés à un joli vitrail du XVR siècle. Les arabesques et l’écriture y sont on ne peut [)lus caractéristiques. Une date précise se trouve sur la manche du personnage placé dans la dernière lancelle de gauche; cette date est 1550. Le reste, et surtout, ce qui est fort heureux, les têtes et les principales draperies, portent tous les caractères du XÏVe siècle : petite dimension des verres, translucidité parfaite, sans transparence^ hachures noires tirées comme avec un peigne aux dents parallèles, enfin ensemble du dessin.
Quant aux verres modernes, ils ont été placés, en 1834, aux frais du vénérable évêque de Numidie, suiïragant du cardinal de Lalil, et pendant l’absence de ce dernier. Un ouvrier intelligent a restauré ces verrières sous la direction de MM. Simon père et fils, ses patrons, et il s’est chargé lui-même de nous l’apprendre. Au-dessous du chapiteau d’une des deux colonnes centrales, on lit finscription (jiie voici : Oudet a fait ces vitras (sic) m 1834.
Portons maintenant nos legards vers la grande rose, où de véritables merveilles nous attendent.
Grande rose.
De toutes les baies vitrées de la cathédrale de P»eims, la plus magnifique, sans contredit, c’est la grande rose occidentale. Principal ornement du portail à l’extérieur, jiar la pureté, l’harmonie de ses formes rayonnantes, la richesse de son dessin, le fini de ses sculptures, elle présente, à l’intérieur de l’église, le plus magnifique spectacle.
Aussi tous les auteurs qui ont décrit l’admirable cathédrale de Reims ont, comme à l’envi, enchéri l’un sur l’autre par la magniiicence et la pompe de leur langage, chacun comprenant que personne avant lui n’en avait dit assez.
a Quand la rose est éclairée par les feux du soleil, s’é- 1) crie M. Povillon-Pierrard, les couleurs brillantes qui » s’en échappent par torrents, ne nous laissent d’autre sen- » timcnl cpie celui de l’admiration et de rétonnement(l).
» Rien n’égale la richesse et la beauté de la grande U rose de la façade principale, dit M. Gilbert, p. 23, et
l\) Di'scriptinti ltisloriqiif‘ de l'rglisp mptrnpoiitaive de yotve Dame de Keims, p. i:LL
INTKISIKrn. — Vn’KAUX DU l'OnTAlD. — fiDANDE DOSE. ^505
M l’admiralioii î>e parlaj^e également enlre la délicatesse » des compartiments découpés en pieric, et l’éclat et la » variété des peintures sur verre, dont l’aspect est ravis- M sarit, surtout au coucher du soleil. » •
MM. (Jcru/cz , Carnus-Daras, Jacoh Kolh, de Jolimont s’expriment dans les memes tei ines.
Voici les expicssions do M. P. Tarhé : a Loiscjue le so- » leil du couchant envoie ses derniers rayons caresser le » nohlc portail et dire l’adieu du soir h la grande église, U la grande rosace reçoit sa lumière hien-aimée, l’absorbe )> et la jette sur les murs de la nef sous les mille couleurs M du prisme. Klle-méme s’illumine et lutte, pour ainsi P dire, avec l’astie divin. A peine peut-on arrêter ses re- D gards sur son disque étincelant. Malheur à celui que P n’émeut pas ce majestueux spectacle! Son cœur est » moi't aux saintes impressions... (1). »
Nous avons précédemment décrit la grande rosace au point de vue architectural. Le lecteur |)eut se rappeler qu’elle se trouve d’abord partagée en douze compartiments égaux, subdivisés chacun en (juatre parties. Nous avons ainsi 1" quarante-huit médaillons formant trois cercles concentriques ; un de douze médaillons à quelque distance*dii centre ; un deuxième de vingt-quatre médaillons au-dessus, entre les deux arcades géminées de chaque compai’timent ; un troisième de douze médaillons placés dans ces quatre-feuilles extrêmes ; 2^ quatre autres médaillons placés en dehors des trois cercles ; un au centre, un au-dessus de la rosace, dans la pointe de l’immense ogive qui ferme la nef tout entière, et enfin deux autres, à droite et à gauche, aux deux côtés de la rose vers le bas.
Plusieurs auteurs modernes refusent de voir un sujet
(i; yolre-Dame de Reims, cli. IV, [). 8l.
unique dans les cin(}uanle-deux médaillons de la rosace ; ils la trouvent trop haut placée pour avoir attiré à ce point rallenlion de l'arcbilecte. Nous devons nous élever de toutes nos forces contre une pareille assertion.
Non, quelque haut placée que soit la rosace, quelque éloignée qu’elle soit de l’œil du spectateur, elle a un sujet; et certes elle ne pouvait pas ne pas en avoir un En efîel, si, dans la cathédrale de Keims, les parties les plus invisi- ' blés, les plus cachées, les plus perdues sont traitées avec autant de délicatesse et de lini que les plus apparentes ; si les étroits médaillons du haut des grandes verrières de l’abside et de la nef ont leur sujet entier, complet, comment concevoir que la magnifi(}ue rosace du grand portail n’ait pas aussi le sien? Elle devait nécessairement l’avoir, et elle l’a, bien un, bien entier, bien admirable ; elle l’a trés-visible cl facile môme à reconnaître du bas de l’église, avec une vue médiocre, quand on est prévenu.
Ee sujet, le plus magnifique que pût traiter la peinture sur verre, c’est V Assomption de la Sainte-yiei'ge. Et après quebjue examen, on conçoit facilement pourquoi ce sujet a été représenté là, cl n’a pu être représenté que là.
La cathédrale tout entière, comme nous en avons déjà fait la remarque, a été bâtie à la gloire de la Très-Sainte Vierge. Toutes les places les plus glorieuses lui appartiennent comme à la patronne principale de l’auguste basili>iue. Ainsi, au pilier symbolique, au fronton de la grande arcade du portail, ou pignon du midi comme à celui du nord, au fond révéré de l’abside, on retrouve la divine Mère du Sauveur. H fallait donc que la plus noble verrière de l’édifice, la merveille de la cathédrale, le chefd’œuvre de rarcbilecte afqiartînl à Marie ; cl , pour étaler dans toute leur pompe le Triomphe et l’Assomption de la Reine du ciel, aucun lieu n'était ni plus favorable, ni plus convenable que l’immense rosace. — Celle place, du reste, est consacrée par l’usage ; ce que l'on faisait alors à Reims
INTKKIKl K. — VITHAUX DU POHTAIl.. — ÜUANDK UOSE. 807
au XlV'i siècle, Audi devaii le reproduire au XVIe, Laon l’avait fait ii la fin du XI1% dans celle superbe église, sœur aînée de la nuire, moins riche, moins ornée, moins parfaite, mais cependant admirable. A Laon, toute la rosace qui remplit le fond rectangulaire de l’abside du levant est consacrée à la Sainte-Vierge. On la voit assise au centre, ayant autour d’elle, dans un premier cercle, les grands proi)liéles, plus loin les a[M>lres, puis enlin les rois, les patriarches, les anges célébrant son triomphe au son des instruments les [)lus variés.
Pour expli(juer les sujets peints sur les vitraux du Moyen-Age, il faut s'adresser aux légendes et aux écrits du lem[)s; toujours l’artiste traduit dans son œuvre les traditions populaires de l’époque. Si nous suivons ce conseil, nous aurons bienlol reconnu la source où le peintre a puisé les idées sublimes qu’il a reproduites sur le verre. Rien n’égale, en elTel, la magnificence des descriptions du Moyen-Age louchant le triomphe de Mario. Saint Bernard, le saint le plus populaire du XIP siècle, venait d’écrire ses pages brillantes, les plus belles que nous ayons encore sur la Sainte-Vierge. Et dans la Légende dorée de Jacques de Voragine, ce manuel de la sculpture et de la peinture gothiques, on lit (p. 272 de l’édition Gosselin) le récit suivant de la mort et de l’Assomption de Marie :
a A la troisième heure de la nuit, Jésus vint, accom- » pagné d’une multitude d’anges et de martirs, et de pa- » Iriarches, et de confesseurs, et de vierges ; elles chœurs 1) des anges se rangèrent devant Marie, et se mirent à » chanter des cantiques très-harmonieux. El l’on voit » dans le livre attribué à^saint Jean ce qui se passa alors. a Jésus parla le premier, et lui dit : Viens, loi que j’ai » élue, et je le placerai sur mon trône.... Marie lui ré-
5 pond.... Et son âme sortit de son corps Et tous les
» chœurs des bienheureux se mirent à la précéder, et ils
308 DESCRIPTION DE LA CATHÉDRALE DE ilEIMS.
ï) porlèrenl dans leurs bras l’ame de celle qui avait en- » fanté leur roi.... Trois jours après, les apôtres veulent ^> porter au tombeau le corps de Marie ; mais Jésus repa- » raît avec une multitude d’an;,^es. L’àme de Marie est de >i nouveau réunie à son corjts ; il sort glorieux de la ï> tombe, et s’élève vers le ciel au milieu des cbœurs des )j bienheureux, u Tel est, en abrégé, le récit de la Légende durée ; tel est aussi le texte qui a servi de guide à l’artiste j de la grande rose; l’explication des figures le démontrera. I
Au centre, dans le cœur môme de la rose, la Vierge j environnée de l’azur des deux. Les veux, les bras sont '
élevés vers le ciel ; la figure est ravissante de beauté.
Kn dehors de la rose, dans le médaillon qui remplit la pointe de Togivc, deux personnages : le Père éternel dans la gloire, tenant entre ses bras le divin Enfant-Jésus (\). D’une main , il soutient son Fils; de l’autre, qu’il abaisse vers la rosace, il semble inviter Marie à venir rejoindre, pour ne plus le (piitlcr jamais, celui qui est né d’elle et qui l’a comblée de tant de grâces.
Dans le premier cercle concentrique, douze personnages, femmes, vieillards, rappellent les ancêtres de Marie et les femmes illustres de IWncien Testament qui auraient élé ses figures.
Dans le deuxième cercle, vingt-quatre anges représentent certainement les neuf chœurs d’esprits bienheureux. Trois ou quatre appartiennent évidemment à l’ordre des Chérubins ou des Séraphins. Les quatre ailes qu’ils ont aux épaules et à la poitrine les rendent très-faciles à reconnaître.
(t) D’après M. D'uiroii, jamais le Moyen-Age n’a représente Dieu le Père portant le Fils. Il y aurait ainsi, dans ce médaillon, une retouche ignorante qui eu aurait totalement altéré le sujet.
; INTÉRIÏCIJR. — VITUAUX DL’ PORTAIL. ~ GRANÜR ROSE. ,"]09
î(l Presque tous jouent de (|uelque inslrumenl de musique.
L’un pince de la harpe, un autre de la guitare , un li’oii3! sième fait résonner avec un archet une espèce de violon.
Ît i.es autres ont «les instruments à vent semblables entre
I eux et odranl une analogie mar(|uée avec la trompe , ou I le litmis anti(jue. Deux ou liois ne tiennent aucun inslru- I ment de musi(|ue: ccux-l:i chantent; leurs mains sont I étendues et élevées dans une altitude d’admiralion et d’ex-
Itase. Enfin, un, placé dans la partie supérieure de la rosace et au-dessus de la Vieige , tient de cbacjue main
S une couronne brillante, destinée certainement à la Reine
de la terre et des deux , (juand elle sera placée sur le I trône qui ratlend et vers leijuel elle s’élève gloiieuse.
Dans le troisième cercle de «louze médaillons placés j dans les [«ointes des ogives, des rois et un patriarche portant un listel sur lecpiel se lit distinctement son nom : c’est Jacob. (Six des douze médaillons ont été brisés ; toute j forme de personnages a dispai-u, sauf deux ou trois, où
I l’on peut en retrouver encore quehjue trace.) Tous ces rois
j s’occupent de la scène principale et y jouent évidemment
j leur rôle. Trois d’entre eux élèvent vers le ciel la main
I droite, comme pour exprimer la joie, l’admiration. Un
autre, qui se voit au bas de la rosace et que l’on peut toucher de la petite galerie intérieure, tient une couronne, comme pour l’offrir à Marie.
Enfin, dans les deux médaillons extérieurs, deux angeSj plus grands que les autres, tournés vers la Vierge, l’encensent d’une main et portent de l’autre une navette, selon l’antique usage de la liturgie.
Tel est l’ensemble des personnages et la disposition des principaux groupes.
Pour achever la description, ajoutons que chaque trèfle est rempli par un fleuron très-élégant, composé de trois
brandies se réunissant au centre, et étalant sur chacun des lobes leur feuillage vei t et leurs fruits d’or.
Le fond du vitrail entre les médaillons alterne dans les douze feuilles de la rosace. Dans l’une, c^est une mosaïque composée de ronds rouges et bleus, rangés l’un au-dessus |
de l’autre sur la môme ligne ; dans l’autre, une branche î
courante (jui croise en tous sens ses rameaux touffus, ses i feuilles vertes et sa lige rouge et jaune. Cependant ces i liges ont subi une altération ; elles étaient primitivement d’un blanc mal qui devait ajouter beaucoup d'éclat à la I com[»osilion générale déjà si brillante. Leur teinte actuelle ^ est le résultat d’une peinture à l’huile ajoutée à une époque toute récente et qui devrait disparaître.
Dans ces vitraux, le rouge est le ton dominant ; et ce- | pendant les nuances sont ménagées de telle sorte que le i centre est vivement éclairé ; vient ensuite un cercle plus obscur, puis une très- grande lumière qui va, en dimi- ; nuanl, mourir sur les bords de la rosace, et produit ainsi i un rayonnement du plus bel effet.
(juanl aux détails iconograpbi(|ues, nous ne pourrons en j trouver qu’un assez petit nombre, ù cause de l’état de dégradation dans lequel se trouve tout ce vitrail.
Le groupe du Père éternel et de VEnfant-Jésus a souf-. fert de malbeureuscs réparations. Le nimbe croiselé du Fils est très-visible, celui du Père a disparu en partie. Le nimbe du Père est bleu, celui du Fils est blanc. L’Enfant- Jésus a les pieds nus, ceux du Père sont invisibles. Dieu le Père paraît jeune plutôt que vieux ; il porte une longue I barbe. (I
La Vierge a souffert également. Les bi'as sont parfaite- | ment indi(|ués par le mouvement de la draperie, mais les | mains sont absentes. La tunique et le manteau de la Vierge i sont de la pourpre la plus éblouissante, dont l’éclat tranche | admirablement sur le fond d’azur du médaillon. ;