ÎCGNOGRAIMIIE INTÉRIEURE. — PORTAIL PRINCIPAL
[‘rcciirsciir, est reconnu par les Juifs ; les miracles (ju’il fait proclament sa divine mission. Le sculpteur va donc nous retracer, dans la partie gauclic, la naissance et la vie du Sauveur.
I. Trois grands prophètes qui ont annoncé la venue et les circonstances de la venue du Messie, Malachie, Isaïe et Daviil , tiennent dc.s listels ; ce dernier est couronne.
II. Un ange ap[)aiaîl à saint Joachim et à sainte .\nne : U Joachitn , dit la légende, api’ès avoir été renvoyé du » tempie, s’en était allé vers ses troupeaux, et il conduisit D avec luises pasteurs dans un pays éloigné, sans rien dire ») à sa femme. Après cinq mois, un ange lui apparaît et n lui dit : Sache, au sujet de ta femme, (ju’elle concevi’a » une fdle qui sera dans le temple de Dieu, et l’Esprit* » Saint reposera en elle b (1). Joachim, debout, coilVéà la juive, écoute les paroles de l’ange.
L’envoyé du ciel avait apparu sé[)arément à sainte Anne. Le sculpteur, cependant, la représente debout derrière son mari. « Lors(jue Joachim et scs pasteurs curent chemine » trente jours, l’ange du Seigneur apparut à Anne, (|ui était » en oraison, et lui dit : Va à la porte Dorée, etrends-loi au- » devant de ton mari, car il viendra à toi aujourd’hui (2),»
III. Joachim et Anne se rencontrent à la porte Dorée (3), sous laquelle apparaît un personnage de petite dimension. Les paroles de l’évangile apocryphe ne sont pas traduites exactement : le père et la mère de la Sainte-Vierge, placés l’un derrière l’autre, arrivent par le même chemin; tandis que le texte porte que , Joachim arrivant seul de la campagne, sainte Anne se jette à son cou, rendant
(1) Ecangiles apocri/phes.
(2) Ibid.
(3) Elle était à l’orient de la ville, et l’on conjecture qu’elle était en bronze de Corinthe.
o'âO DESCRIPTION DE LA CATHÉDRALE DE REIMS.
grâce à Dieu et disant : <l J’étais veuve, et voici que je ne i) serai plus stérile, et voici que je concevrai. »
IV. Trois prophètes sont encore ici représentés. L’iconographe, pour exprimer le sujet de leur prédiction, c’està-diie la naissance de rEnfant-Jésus, a représenté entre les mains du prophète placé au milieu une crèche avec un bœuf et un ane ; aü fond de celle petite crèche, on aperçoit couché rEnfanl-Dieu nouveau-né, emmailloté de langes.
V. llérode envoie deux soldats pour massacrer les saints Innocents.
VI. Trois soldats massacrent les enfants. Une femme serre son enfant contre son cœur pour Tarracher aux bourreaux. C’est Rachel pleurant ses fds, et (jui ne veut pas être consolée, parce (ju’ils ne sont plus(l).
VU. Le dernier étage offre différents sujets. Les trois premières statues à gauche représentent saint Joseph fuyant en Egypte , avec Marie (pii lient dans ses bras rEnfant-Jésus. Elle marche, contrairement à celle imagination des peintres, (pii la représentent montée sur un ane. — i\ la suite de la sainte famille fuyant la persécution , le sculpteur a rappelé l’iiisloirc de Moïse fuyant aussi la persécution, et Dieu lui apparaissant dans le désert. Le futur libérateur du peujile saint est à genoux ; il lient déjà les tables de la loi; il a (ïlé ses chaussures. Dieu lui parle du milieu d’un buisson fleuri. — Enfin, dans le haut de l’ogive de la porte, un personnage est à genoux devant un objet roulé ; un ange parle de la niche voisine. Ne serait-ce pas Cîédéon , celle autre figure du Messie lihéraleur, à genoux devant la toison mystérieuse, sur laquelle tombe la rosée céleste ?
La porte priuci[)ale du grand portail est séparée par un
P» s. MAiimi.i , ch. Il, V.
ICüNOGRAlMIIE INTÉllFEUnE.— POllTAH. PRINCIPAL.
meneau en [)ierre : au-dessus, règne un bandeau sculplc. (Les sculptures cxlcrioures ont clé détruites.)
Contre le meneau lui-mème s’élève la statue de saint Nicaise, revêtu de tous les habits pontificaux. Il lient sa télé dans ses mains.
De chaque coté, sur les parois intérieures de la porte, sont deux grandes statues, représentant des guerriers. Ce sont, sans doute, les soldats (|ui martyrisèrent le saint évc(juc. Ils sont tous bardés de 1er ; l’un tire son épée, et l’autre la tient élevée.
Près d’eux sont [ilacés deux anges aux ailes étendues. Leur attitude semble indiquer qu’ils sont là, ou pour introduire le saint martyr dans le Saint des Saints, ou plutôt pour engager les fidèles à s’avancer dans le lemple.^
Le LINTEAU est divisé en deux parties, composées chacune de quatre groupes. Plusieurs célèbres iconographes ont cherché, mais vainement, à donner un sens à cette série de personnages.
Nous les décrivons donc sans chercher à les interpréter, en commençant de gauche à droite.
Le premier groupe représente une reine couronnée ; elle est assise et interroge une jeune fille debout devant elle.
Cinq personnages forment le deuxième groupe.— Celui (jui est le plus rapproché de la jeune fille est velu d’un long manteau ; il a une barbe bien fournie ; il indique à cette jeune fille le feu qui la menace. — Vient ensuite un homme sans barbe, ayant les yeux fixés sur la reine. — A ses cotés sont trois bourreaux, dont deux sont armés de pelles, et regardent le feu. Leur vêtement court indique assez qu’ils se tiennent prêts à jeter la jeune vierge dans le feu, sur l’ordre de la reine.
La scène continue dans le troisième groupe. — Un quatrième bourreau, sans barbe, tient une fourche; il se pré-
serve de l’ardeur du feu avec le pan de son manteau. — Près de lui brûle un ardent brasier, dans lequel on croit reconnaître le pied d’un homme. Des flammes sort un horrible démon.
Enfin, dans le quatrième groupe, apparaît encore un bouireau appuyé sur une pelle; il est également imberbe et regarde attentivement le feu. — A côté, un personnage pose la main sur l’épaule d’un des assistants, et l’invite à regarder le démon debout dans les flammes. — La dernière statue représente un personnage qui se détourne de cette scène, et ne semble regarder que sur l’invitation (jui lui en est faite.
Le [)rcmier groupe de la deuxième partie du bandeau représente encore la même reine couronnée et assise; elle semble presser la jeune fille de se rendre à ses désirs, car elle la tient par le bras .
Dans le deuxième groupe, on reconnaît le même personnage qui, lout-à-l’beure, montrait le feu à la jeune fille. — Auprès de lui un assistant, sans barbe, indique du doigt la jeune martyre. — Un soldat tii e son épée. — Un autie détourne les regards et contemple la scène voisine.
Des bourreaux occupent le troisième groupe. — Le premier tient sa hache fixée -dans le dos d’un martyr renversé contre terre. — Le second regarde ce qui se passe. — Le troisième pose le pied sur le corps qui est couché devant lui, et semble lui couper la tète.
Le (|uatriémc gi’oupe figure un bourreau qui lance sa hache ; à ses côtés, un personnage regarde le martyre.
Nous n’avons pu deviner quelle scène est reproduite dans ce bandeau ; elle n’a aucun rap[)orl avec l’iiistoire de la Sainte-Vierge ni avec celle de saint Nicaise ; peut-être même aucun rapport avec l’histoire de Reims.