‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 126 sur 257 · PEINTURES · texte numérisé non relu

PEINTURES

Le XllI® siècle a multiplié les peintures murales dans tous ses monuments ; la calhédi*ale de Reims, toutefois, n’en possède que très peu maintenant.

I II est certain (|ue plusieurs parties de rcxlérieur ont été autrefois peintes et dorées. Nous avons retrouvé des traces inconlcslahles de peinture polychrome, au portail nord, dans plusieurs ^^randes statues; sur réf»ée (jne lient l’apôtre saint Paul, brillent cncoi-e des feuilles d’or.

Au portail principal, des vêtements de statues conservent des bordures peintes. Plusieurs frises ont encore, à certains endroits, toute leur décoialion. Sur le fond de pourpre , se dessinent en vert les feuilles, du milieu desquelles les oiseaux ainsi que les roses se détachent en or. Plusieurs colonnes en or sont ornées de chevrons ou de bandes bleu et or. Le manteau de la Très-Sainte Vierge est couvert de quel(|ues parcelles d’or sur un fond rouge et bleu. Le soleil qui brille au-dessus de sa tête est encore resplendissant d’or.

Dans la première partie de cet ouvrage, nous avons vu que plusieurs chapelles étaient peintes et décorées avec une grande richesse. Toute celte splendide ornementation a disparu au XVlIle siècle ; aujourd’hui, le badigeon, en tombant, laisse apercevoir de distance en distance des restes accusateurs.

Ainsi , dans la chapelle du Sainl-Laict, les murs, les colonnes, les voûtes conservent, recouvertes par le badigeon , les peintures dues à la libéralité de Robert de

Lenoncourt. Quelques endroits ont été lavés; ils fournissent, sur le genre d’ornementation du XV® siècle , des renseignements très-précieux.

Les grandes voûtes, construites à la fin du XlVe siècle, ont été peintes, comme nous l’avons établi ci-dessus (1), par le témoignage de Cocquault. On se rappelle également (jue Gauthier de Reims, dont le labyrinthe a conservé le souvenir ^ « fu maistre de l’église, sept ans, )) et ouvra à voussures d’or. » Doit-on entendre , par ces voussures d’or , les voussures des porches au grand portail, ou les nervures des grandes voûtes? Nous inclinerions vers ce dernier sentiment. Enfin , d’après une tradition ancienne, les clefs de voûte de la nef et du clueur étaient ornées de rinceaux verts sur fond rouge , et dans les quatre t}mpans de la voûte , au sanctuaire, quatre figures d’évéques, de grande dimension, complétaient la riche ornementation produite par les vitraux de l’abside.

Nous ne pouvons en dire davantage : l’absence de renseignements ne permet point de constater que la cathédrale entière ait reçu des peintures murales, comme on vient de le faire à Notre-Dame de Paris et dans d’autres édifices de ce genre.

(I) Voir |ia{?e 249 de ce volume.

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