‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 127 sur 257 · MOBILIER DE LA CATHÉDRALE · texte numérisé non relu

MOBILIER DE LA CATHÉDRALE

E mobilier uctnel île la callicdrale n esl pas en rapport avec la somptuosité de l’édifiee ; un double vandalisme a marqué son passage dans le monument :

vandalisme destruetcur du XVIII' sièele, vandalisme des révolutionnaires de 1793. Nous avons vu, dans le premier volume, comment le elergé s était rendu complice du goût détestable qu’avaient introduit des artistes dégénérés et sans foi. Grâce au ciel, une ère nouvelle a lui. Un éminent prélat a donné l’exemple ; il a montré la vérité de cette parole de Monseigneur Pie ; « L’Ar-

^ » chéologie, c’est, la Théologie (i). »

Toute dépouillée quelle est, la cathédrale de Reims nous présentera encore des objets d’art dignes d etre e u- (liés en détail.

(t) Discours de Monseigneur t>ie, dons la séance de la Société des Antiquaires tic l'Ouest, 1849.

360 DESCRIPTION DE Lk CATHÉDRALE DE REIMS.

Nous examinerons, dans un premier article, Vameublement, ce qui est, en quelque sorte, fixe et adhérent au monument : les autels, les lombes, les fonts, etc.; les grilles , les orgues, l’horloge, les portes ; nous y ajouterons les tapisseries et les tableaux.

Le second article sera consacré à décrire tous les objets conservés au Trésor de la cathédrale : les vases anciens et modernes, et les autres objets en argent ou en cuivre ; les ornements, les dais, les dentelles, etc.

AMEUDLEMENT. — AUTELS DE LA CATIIÉDHALE. 361

AUTICLE I-.

A W E li li L E .M E \ ï.

r AUTELS.

Nous avons fait connaître, dans le premier volume, quelles richesses de sculpture, de peinture nos pères avaient accumulées dans les chapelles de Notre-Dame, les dons des rois, des archevêques et des chanoines. La Henaissance a détruit tous ces trésors, et nous a légué des autels à baldaquin, des murs nus et des grilles sans ornement.

La description des autels actuels présente Irès-peu d’intérêt; nous ne nous arrêterons donc pas à en donner une description détaillée.

1" Maitre-.Autel.

Le maître-autel , comme nous l’avons dit dans la partie historique, a été élevé aux frais de M. Gôdinol, en 1747.

Dans une église de style Louis XV, cet autel serait trèsremarquable. H a la forme d’un tombeau à deux faces ; les marbres qui le composent sont très-précieux, parfaitement travaillés ; les profils et les moulures sont trèsriches. Deux plaques en marbre, blanc , provenant du couvent de Sainte-Claire à Reims, ornent cet autel pardevant et par-derrière (I) ; elles remplacent les tables d’or que M. Godinol avait fait exécuter avec bien des diffi-

(l) Adresse des officiers municipau.v administrateurs de la fabrique de Notre-Dame, aux administrateurs des districts de Reims, représentant que les soussignés ont acheté de Sainte-Claire une couverture de tombe en marbre blanc, pour remplacer, sur l’autel, les parements d’or envoyés à la Monnaie. (Archives municipales.)

cullés (1). Il voulait faire oublier les anciens parements d’or d’Ilincmar et de Samson, épargnés par l’incendie de 1211, par celui de 1481, et conservés pendant neuf siècles avec la plus grande vénération.

La Révolution n’épargna point les tables d’or du chanoine Godinot : elle les fondit, pour soudoyer les hommes de Septembre et les fournisseurs de la guillotine. L’année 1795 vit également détruire les anges dorés et les autres ornements cjue M. Godinot avait placés aux extrémités de l’autel.

L’autel, en griot d’Italie cl en marbre rouge, coûta 9,500 livres. Les angles sont ornés de quatre anges en bois sculpté cl doré. A chaque extrémité, se trouve un riche écusson, également en bois doré.

Les deux piliijrs du sanctuaire qui sont prés de cet autel sont enveloppés de marbre semblable. Ils devaient supporter les statues des quatre Evangélistes (2).

Un jour, et, nous l’espérons, ce jour n’est pas éloigné, l’autel Godinot cédera la place à un autel conforme aux prescriptions liturgi(|ues et en raj)port avec la magnificence du monument dont il doit être un des principaux ornements.

2“ Autel du Cardinal.

A la place de l’autel de la Magdeleine, le cardinal de Lorraine avait fait élever sur son tombeau un autel en ^ marbre noir ; il est maintenant placé dans le bras de la |

(1) Tome I*', |). 108 et MO.

(5) Marché du 1" Mars 17i7, entre Guillaume Boucqueniau, J. -B. Broguet, marbriers, pour revêtir de marbre les deux piliers qui sont à côté du maitre-autch les piédestaux des quatre Evangélistes , moyennant GOO livres. (Pièces Godinot.)

AMEUBLEMENT. — AUTELS DE LA CATllÉDUALE.

croix, auprès des fonls. Celui (jui en occupe la place, el (jui a retenu le nom d’autel du Cardinal, provient de l’abbaye de Saint-Nicaiso. Il fut acbelé en 1793, et payé, avec plusieurs aulres objets, 4,450 livres. Le monastère ne le possédait (jue depuis 17G4. 11 avait clé exécuté par Dropsi, marbrici*, sous dom Mallbieu llul)eiT, grandprieur de Saint-Nicaise.

Le tombeau de l’autel est appli<jué contre un massif en marbre qui sert de soubassement au gradin. Le tabernacle est en granit d’Egypte.

3^ Atitel de la Tuès-Sainte Vierge, autrefois autel du Saint-Laict.

Nous avons fait connaître les dévastations commises dans la splendide cbapelle du Saint-Laict , l’azur des voûtes , les peintures des murailles recouverts par le badigeon, la clôture de pierre renversée avec ses statues, l’autel et ses piliers de cuivre surmontés d’anges, jetés à terre par le marteau des démolisseurs de 1739. A l’autel gothique du XVc siècle est substitué un autel en marbre, exécuté en 1741. Il est surmonté d’un fronton circulaire, supporté par des colonnes et des pilastres en marbre. Dans un renfoncement ménagé entre les piliers du fond, s’élève, sur un pied rocaille, une statue de la Très-Sainte Vierge, de style Louis XV. Marie porte dans ses bras l’Enfant- Jésus, qui semble vouloir s’élancer vers les assistants; elle-même abaisse ses regards sur eux et les invite de la main à s’approcher de l’autel. Elle foule à ses pieds un énorme serpent enroulé autour d’une boule étoilée d’or. Cette statue serait un véritable objet d’art , si elle représentait un tout autre sujet que la Très-Sainte Vierge. Elle porte pour signature Ladate.

Les travaux de sculpture furent exécutés par Drouart, de Reims, et les dorures par Douetle.

En '1835, des réparations furent entreprises à cet autel. M. Simon, peintre à Reims, reçut 1303 francs pour restaurer les dorures et la peinture. A celte même époque, fut placé sur Taulel un tabernacle en bois sculpté, d’un assez mauvais goût.

La chapelle de la Vierge attend une restauration qui lui rende son antique rélable avec son dais couronné d’un élégant clocheton, son autel gothique, ses anciennes peintures murales et les dorures de la voûte.

4o Aulel de Saint-Calixte.

Nous avons fait connaître les changements que subit cet autel. A la place d’un aulel gothique , orné de statues et dédié à saint Jean-Baptiste, l’archidiacre Dozet fit élever un rélable corinthien avec colonnes de jaspe. Plus tard, M. Godinol, auquel cette ornementation plaisait, la fit transporter dans une autre chapelle. Au mois de Mars 1740, il traitait avec Nicolas Bonhomme, pour démolir l’autel existant alors, et refaire à la place un « aulel à la » romaine, avec quatre colonnes de marbre choisi, jaspé, B avec un baldaquin. » R n’a donc pas été reconstruit en 1619, comme le suppose M. P. Tarbé.

Devant les arcalures du fond de la chapelle, se trouve un tableau. « 11 représente, dit M. Povillon, saint Galixle, B pape, en pied. Il est debout, appuyé sur une béquille, o

Telle est la seule description que donne cet historien de l’autel élevé à grands frais par M. Godinot. La description est digne du monument.

5o Autel de Saint-Nicaise.

Cette chapelle de Saint-Nicaise, réduite à l’ornementation que lui infligea le marché de 1708, est arrivée jus-

AMEUBLEMENT

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