‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 220 sur 257 · PIÈGES JUSTIFICATIVES · texte numérisé non relu

PIÈGES JUSTIFICATIVES

Note A, page 17.

Le plan de la cathédrale n'a jamais été modifié.

L’épaisseur des contre-forls, la grandeur des assises, la solidité inusitée des soubassements ont fait dire que la cathédrale de Reims devait , dans le plan primitif , être élevée sur de plus grandes proportions.

c( Si nous comparons la cathédrale de Reims, dit M. Viollet-le- » Duc, avec celles de Paris, de Bourges, de Noyon, de Laon, de » Chartres, nous serons frappés de Tépaisseur proportionnelle des B constructions formant le périmètre de l’édifice. C’est que Robert » de Concy appartenait à une école de constructeurs robustes ; » que cette école s’était élevée dans un pays où la pierre est )) abondante ; c’est bien plus encore parce que Robert de Coucy » avait ridée d'un édifice devant atteindre des dimensions colos- » sales. La bâtisse avait atteint à peine la hauteur des basses-nefs, » que l’on dut renoncer à exécuter, dans tout leur développement, )) les projets de Robert de Coucy, qu’il fallut faire certains sacrij) fices, probablement à cause de l’insuffisance des revenus et des » ressources futures. Le plan du premier étage de la cathédrale

a de Reims est loin de répondre à la puissance des soubassea ments.

a Cependant il est certain que Ron suivit, autant que possible,

B en diminuant le volume des points d’appui, les projets primitifs,

» et il faut une attention particulière, et surtout la connaissance » des construclions de cette époque, pour reconnaître ces chan- » gements apportés au plan de Robert de Coucy. Nous essaierons )) de les rendre saisissables pour tout le monde, car ce fait ne » laisse pas que d’avoir une certaine importance pour l’histoire de O nos cathédrales, d’autant plus qu’il se reproduit presque )) partout, s

M. Viollet-le-Duc donne une coupe transversale de la nef de la cathédrale, et continue :

(( Il est facile de reconnaître que les contre-forts, dans la hauteur a du collatéral, ont une puissance, une saillie que ne motive pas a la légèreté de la partie supérieure recevant les arcs-boutants, a On sera pins frappé encore de la différence de force qu’il y a a entre les parties inférieures et supérieures de ces contre-forts, a en examinant la perspective extérieure ^’un contre-fort de » la nef.

a Dans la construction des deux pignons des transsepts, la dif- » férence entre le rez-de-chaussée et les étages supérieurs est a encore plus marquée. Robert de Coucy avait pro-

» jeté sur ce point des tours dont il fallait réduire la hauteur, par » des raisons d’économie (1).

» Une observation de détail vient appuyer la conjecture d"une » modification dans les projets. Le larmier du couronnement des a corniches qui passent au niveau des bas-côtés devant les contrea forts des transsepts et du chœur , est muni de petits repos a horizontaux, espacés les uns des autres de 0"™ 40*= à 0”^ 50% qui a forment comme des créneaux, et que Villart de Honnecourt, » contemporain et ami de Robert de Coucy, appelle, dans ses {) curieuses notes, des carniaux, réservés sur la pente des lara miers , pour permettre aux ouvriers de circuler autour des

fl ) Elles ont existé ; elles ont été détruites par l’incendie de 1481. Le génie architectural de M. Viollet-le-Duc lui avait révélé un point d’histoire qu’il était permis de ne pas connaître.

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