‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 221 sur 257 · PLAN DE LA CATHÉDRALE · texte numérisé non relu

PLAN DE LA CATHÉDRALE

» conlrc-forts à toutes les hauteurs. Or, ces carniaux dont Villart » parle, n’existent que sur les larmiers couronnant le rez-de- » chaussée. Robert de Coucy eût cependant, s’il eût continué 5) l’œuvre, réservé, à plus forte raison, des passages semblables . » dans les parties élevées de l’édifice ; mais les parements qui se O dressent au-dessus de ces larmiers à carniaux, au lieu d’af- » fleurer l’arête supérieure du lit du larmier, sont en retraite.

Donc alors les carniaux deviennent inutiles, puisque, derrière » eux, reste une partie horizontale, permettant la circulation. » Donc si Robert de Coucy eût voulu retraiter aussi brusque- » ment les contre-forts à partir du premier étage, il n’eût pas » réservé de carniaux sur les larmiers, et puisqu il les avait ré- » servés, c’est qu’il entendait continuera donner à ces gros points » d’appui une saillie, et par conséquent une force plus grande que » celle laissée après l’abandon des premiers projets (1) . »

Ces raisons ne nous semblent pas convaincantes; aussi nous demandons la permission de présenter nos faibles observations. Nous le faisons avec d’autant plus de confiance, que, pour M. Viollet-le- Duc lui-même, cette modification du plan primitif n’est qu’une conjecture. L’examen de cette question est très-important pour nos cathédrales, s’il est prouvé par là que presque toutes ont été modifiées dans leur plan primitif.

« Les contre-forts, dans la hauteur du collatéral, ont une puisf> sance, une saillie que ne motive pas la légèreté de la partie su-

périeure. » Ceci ne nous semble pas parfaitement exact pour les contre-forts des chapelles et des collatéraux. Ds n’ont pas, en effet, d’autre saillie d’étage en étage, que celle que demande l’épaisseur de la corniche ou larmier. Les contre-forts des Iranssepts et du grand portail ont, il est vrai, une différence bien marquée entre le rez-de-chaussée et l’étage supérieur ; mais cette épaisseur et cette force s’expliquent naturellement, si l’on considère la résistance que les contre-forts doivent opposer à la poussée des tours. N’oublions pas que le transsept a eu ses quatre tours et son immense clocher central. D’ailleurs, cette force, cette puissance que M. Viollet-le- Duc reconnaît aux contre-forts dans le rez-de-chaussée, existe au

(1) VfOLLET-LE-DüC, J)îct . avch , , t. II, p. 317,

grand portail aussi bien qu’aux transsepts , et cependant , en 1400. le plan primitif était depuis longtemps arrêté. Pourquoi donc cette saillie qui serait une faute ?

M. Viollet-le-Duc poursuit son raisonnement, et l’appuie surtout par un détail sur lequel il a fondé presque toute la force de son argumentation. (( Il y a, dit-il, sur le larmier du couronnement » des corniches, au niveau des bas-côtés, devant les contre-forts » du transsept et du chœur, de petits repos horizontaux qui for- » ment comme des créneaux, réservés sur la pente du larmier, » pour permettre aux ouvriers de circuler autour des contre- » forts. » Cela est fort ingénieux, puisque la pente du larmier ne permettrait pas de circuler sans ce secours devant les parements des contre-forts.

0 Or ces créneaux n’existent que sur les larmiers du rez-de- » chaussée : c’est donc que l’architecte ne voulait pas retraiter » aussi brusquement ses contre-forts à partir du premier étage.

A cela nous répondrons que les créneaux ne sont nullement sur la pente du larmier^ comme l’indique le dessin de M. Viollet-le- Duc , mais plus en retraite sur la plate-forme qui existe audessus du larmier. Les créneaux ne sont point là pour aider les ouvriers à circuler, puisque la place occupée par ces créneaux aurait suffi elle-même pour la circulation. Nous pensons que, posés la plupart sur les pentes des corniches, et forçant l’eau pluviale à se détourner entre les canaux formés par les créneaux, ils garantissent les jointures de la pierre, en ne permettant pas à l’eau d’y séjourner et d’y pénétrer. Ces créneaux sont figurés tout le long des corniches au chevet de l’église, et po.sés sur les joints.

Note B, page 25.

Les voussures du portail nord sont primitives.

Les voüssures du portail nord ont bien des fois éveillé l’attention des architectes, et plusieurs prétendent qu’elles ne sont pas toutà-fait primitives. M. Viollet-le-Duc dit que « deux autres portes » furent ouvertes dans les deux autres travées de ce pignon, vers

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