‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 26 sur 257 · GRAND PORTAIL. — DESCRIPTION ARCHITECTURALE · texte numérisé non relu

GRAND PORTAIL. — DESCRIPTION ARCHITECTURALE

ineaii ou pilier symbolif|iic, habilement dissimule par une slalue de la Très-Sainte Vierge, qui s’y trouve adossée. Elle est supportée par un socle à corniche en bandeau, reposant sur un piédestal à pans coupés, orné de Heurs, de fruits et de bas-reliefs. Il répète exactement les lignes des moulures qui ceignent la base des trois grands soubassements des voussures. Autrefois, la slalue de la Vierge était couronnée d’un dais, terminé par une élégante Hèche à trois étages; elle divisait en deux le linteau de la grande porte , couvert lui-méme de bas-reliefs. Maintenant, les groupes de statues sont remplacés par une inscription en lettres romaines :

Deo optimo maximo

Sur iNVOCATiONE Beatæ Marle Deiparæ Virginis Templum s.eculo XI1I“ re.edificatum.

Celte inscription, faite en 1800, remplace celle qu’avait gravée la Révolution en 1794 (1).

Nous nous associons au vœu émis au congrès scicntifi- (|ue tenu, en 1845, à Reims : M. l’abbé Manceau demandait la suppression de l’inscription placée en 1800 et le. rétablissement du dais élégant qui surmontait autrefois la statue de Notre-Dame. Espérons que rarchileclc distingué qui dirige aujourd’hui les travaux de la cathédrale, réalisera ce vœu de tous les vrais amis de l’art chrétien.

Les deux autres ouvertures correspondantes aux bascôtés de l’église, n’ayant en largeur que la moitié de la porte principale, n’ont pas de trumeau. Le linteau de la porte est garni de bas-reliefs.

Les piliers, ou chambranles des portes, sont couverts, sur leurs faces extérieures, de statuettes assises ou debout sur des nuages ou sur des socles.

L’ébrasement des trois voussures , qui est le même

(1) Voir la première partie ilc cet ouvrage, article VI^.

quant à la profondeur et non quant à la forme, est orné, sur chacun des côtés fuyants, de huit colonnes de diamètres différents. La partie rectangulaire en saillie reçoit également deux colonneltes.

Les bases de toutes les colonnes tombent en chanfrein sur le glacis qui relie la saillie du piédestal avec le nu des murs du massif.

Du sommet de leurs chapiteaux, où l’on adfiiire une flore variée, s’élancent de petites nervures imitant la disposition des voûtes d’une église. Elles servent d’ornement à l’intérieur des dais à frontons continus, qui abritent les statues.

En applique sur les plus grosses colonnes, sont placées de grandes statues du plus beau style, posées sur un culde-lampe octogone, soutenu lui-méme par une figurine en rapport avec le personnage.

Chacune des grosses colonnes motive une voussure aux ogives du portail. Ainsi sont formées cinq gorges profondes remplies de niches superposées selon le contour de l'arc. Celui-ci est légèrement surhaussé aux portails latéraux; au portail du milieu, il est d’un tracé noble et grandiose.

Les voussures sont séparées les unes des autres par des archivoltes étroites, enrichies de feuillages et de roses à quatre feuilles. L’ajustement difficile des dais, couronnant les niches, au sommet de la voûte, est sauvé par des figurines d’anges interposés, planant au-dessus du parvis, les ailes étendues et les mains jointes.

Dans l’intervalle compris entre les voussures et le bandeau qui termine la porte, au lieu de tympans sculptés, comme au portail nord, s’ouvrent : dans le portique central, une rosace en pierre, de style rayonnant (nous en parlerons plus tard); dans les porches latéraux, un quatrefeuilles à jour, surmonté d’un trèfle ordinaire.

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