GRAND PORTAIL. — PORTIQUL CENTRAL. — PAROIS
Sur la [)aroi gauche, nous trouvons la suite (Je la vie de Marie et de rEnfant-Dieu.
Le premier mystère est celui delà Purification. — Un grand prêtre, à gauche, la tête couverte d’une coiffe pointue, se tient prés de Marie. Ne serait-ce pas Abiathar, (|ui était de service au temple (juand Marie vint pour accomplir la cérémonie de la Présentation ? Cette explication est confirmée par les statues (jui suivent. — Saint Joseph lient une cage où se trouvent deux colombes (1). Marie oiïre son divin Fils au Seigneur : elle le présente sur un voile. — Le vieillard Simeon, homme juste, tend les bras pour prendre l’Enfant-Jésus ; — la prophétesse Anne, âgée de quatre-viiigt-qualre ans, regarde avec attention ce qui se passe devant ses yeux. Ecoutons le récit de l’écrivain sacré : « Le temps de la Purification » selon la loi de Moïse étant arrivé, ils (Marie et saint » Joseph) portèrent Jésus à Jérusalem, pour le présenter 1) au Seigneur... Un vieillard appelé Simeon... vint au » temple. Comme le père et la mère de Jésus l’y appor- » taient, il le prit entre ses bras, et bénit le Seigneur, en » disant : C’est maintenant. Seigneur, (jue vous laisserez » mourir en paix votre serviteur, etc. .. . Il y avait une P propbétesse, nommée Anne : elle se mit aussi à louer » Dieu (2). ü
Ces statues sont pleines de sentiment. Marie se présente avec obéissance, et ne laisse rien paraître de la gloire dont Dieu l’a environnée. Siméon semble sourire au divin Enfant, tandis que la prophétesse Anne paraît tout étonnée.
Les personnages des socles sur lesquels s’appuient les
(l) C'était toujours le père qui offrait le prix du rachat de l’enfant premier-né. Saint Joseph n’est point le pL*re de Jésus-Christ, mais il en tient la place. Les juifs le considéraient comme tel : ■ Vt putabalur » (Jésus) filius Joseph..*
(i) Luc, H, 21 à 39.
80 DESCRIPTION DE LA CATliÉDRALE DE REIMS.
statues sont sans caractère ; nous en exceptons celui qui est placé sous la Très-Sainte Vierge; il figure une fe.mme à queue de serpent, tenant dans ses griffes une pomme : Texplication est facile et toute naturelle.
Sur la base du contrefort à gauche, se trouve une reine, le front ceint d’un diadème, l’aumônière au côté, un manteau sur les épaules. Elle fait le pendant d’un roi également placé sur la base du contrefort à droite. On pourrait voir dans ces deux statues la reine de Sabaet l’un des rois mages (1). Cette explication serait appuyée par plusieurs exemples, notamment par celui de la cathédrale d’Amiens, contemporaine de Notre-Dame de Reims. Plusieurs écrivains, cependant, ont cru voir dans ces deux personnages le roi Charles VI et la reine Isabeau de Bavière, sous le régne desquels le portail fut construit.
Les socles de ces deux statues sont semblables, et figurent deux serpents entrelacés. Jésus-Christ a donné à ses disciples le pouvoir de fouler aux pieds les serpents et les scorpions, c’est-à-dire la puissance du démon (2).
Les statues du portique du milieu gardent des traces de peinture et de dorure (3). Nous avons vu dans le devis de 1492 que le sagittaire fut doré; nous retrouverons tout-à-l’heure des traces de dorure dans le fronton (jui surmonte le poi tiijue central ; les statues du portail nord ont été peintes et dorées ; les anges de l’abside ont été dorés. Ce n’est pas seulement à l’intérieur que nos pères prodiguaient celte splendide décoration; les statues extérieures, les pinacles et couronnements étaient peints et dorés , tant était grand leur zèle pour l’embellissement du palais du Roi des rois.
il) * Oiunes de Saba venieul, aurum et Ihus deferenles. — Keges Arabum » et Saba doua addiicenl.» (Is.vïk, IX, 6. — Ps. LXXl, 10.)
(2) «« Eecededi vobis polestalem ralcandi supra serjKîutes. » (Luc, X, 19.)
(3) Laeourt les mentionne dans un manuscrit. [Eglises de Reims, t. H.)
GUANO PORTAIL. — PORTIQUK CtNTRAL. — CHAMBRANLES. 87
S** Chambranles. — Avant de nous élever vers la voussure , arrêtons-nous un instant à considérer, sur les montants de la porte, les nombreuses statuettes qui la décorent. Les faces intérieures représentent les anges et leurs occupations, et les extérieures^ les hommes et leurs travaux.
De chaque coté des chambranles intérieurs huit anges prient, et sept autres balancent leurs encensoirs, on se tournant tous vers Marie.
Les chambranles extérieurs sont ornés des signes symboli(iues employés partout pour indi(|uer les mois de l’année. Les statuettes sont bien mutilées ; néanmoins, il en reste assez pour motiver notre, interprétation.
Nous avons seize sujets, figurant les quatre saisons et les douze mois de l’année. C’e.«l d’abord, à gauche et en montant :
I. L’Hiver, représenté [»ar un manteau (jui vole dans l’air et qui exprime l’épo(|ue des grands vents. — Puis les trois mois de cette saison : — Janvier, vieillard près duquel se trouvent placés un chien et une petite cruche; ce vieillard paraît absorbé dans une profonde méditation sur le temps passé et sur les jours à venir (I). — 2" Février (2), malade qui se chauffe auprès d’un grand feu. — 3® Mars, vigneron qui taille la vigne.
IL Vient ensuite en quatre tableaux le Printemps, avec ses trois mois. Le printemps, saison des travaux de l’agriculture, est figuré dans un personnage mutilé qui paraît remuer la terre avec une bêche. — Le mois (V Avril eA représenté par un homme qui tient à la main un oignon
(1) Mensis Januarius. Janus, ancien roi (l’Italie, eut une prudence remarquable, qui rendait le passé et l’avenir toujours présents à sa pensée.
(2) Mensis Febniarius, ou le mois des fievres.
(Je tulipe en fleur;— 5“ Mai, par un homme à cheval ; c’est l’épo(iue (Jes voyages. — Juin; la statue est mutilée.
A clroiie en desceniJant, sont les deux autres saisons :
III. L’Eté, saison des moissons ; c’est un homme qui fauche les foins. — 7‘> Juillet, moissonneur qui coupe le hlé avec une faucille. — 8® Août, batteur en grange. — 9° Septembre, vendangeur cueillant le raisin.
IV. La dernière saison, I’Automne, où l’on recueille les raisins, est personnifiée dans cet homme qui met du vin dans un fût. — 10“ Octobre, bûcheron portant sur son dos une charge de bois sec, ou peut-être un laboureur transportant les semences (pi’il va confier h la terre. — 11“ Novembre, homme (|ui tue un porc. — 12° Le sujet est brisé: il ne reste [ilus qu’un arc bandé, représentant peut-être la chasse à laquelle on se livre en Décembre (\).
Il y a beaucoup de fini, beaucoup de naïveté dans ces figures (jue nous venons d’énumérer.
Nos pères, dit-on, plaçaient ces images aux portes du saint temple (2), pour indiquer (jue le fidèle qui vient prier
(i) Nous a\ons été aidé dans l’inlerprélalion de ces allégories par des vers qui sc trouvent dans un bréviaire du XVI« siècle; nous les citons, sans les donner comme un modèle de poésie.
P(jcula Janus amat, sed l’ebruus : Algeo, clamat ;
Martius arva fodit ; Aprilis llorida nutrit;
Maio su lit fomes amorum ;
Dat Jnn/uj fœna; Julio resecatur avena ;
Augustus spicas ; September conterit uvas ;
Seininat Oelo6er ; spoliât virgulla .\oi'em6er;
(Juan it habere cibum, porcum mactando, Dccember.
Un livre d’heures, à l’usage de Reims, imprimé par Simon Vostre, en 1ji3, conlirme notre explication par des ligures placées après chaque mois du calendrier ;
Janvier lioil. Février se chauffe. Mars taille la vigne. Avril visite son jardin. Mai voyage. Juin tond les moulons. Juillet moissonne les prairies Août coupe le> gerhes de hlé avec une faucille. Septe}nbre sème. Octobre foule le vin. ISovembre tue un porc. Décembre le brûle.
•2) Les mois sont également figurés à .Amiens, à Notre-Dame de l’ans, a Saint-Denis, etc.
r.nAND PORTAIL. - l'OirnuL E CENTRAL.- -VUUSSURE. 89
le Seigneur, doil laisser dehors la préoccnpalion des aflaircs. Il nous [tarait aussi vraisemblable de dire «ju’en plâtrant les labeurs des hommes en regard des occuj)alions de.s espi’its célestes, l’Eglise a voulu apprendre h sanctifier le Iravail manuel par la prière et par l’esftrit du sacrifice, indiqués dans l’altilude et dans les attributs des anges (1).
40 Voussure. — I.es ex[)lications (|ue nous présenterons en décrivant cette partie de l’édifice, n’auront pas l’intérêt que nous pourrions désirer; il nous a été impossible de nous rendre compte du choix des sujets sculptés dans cette voussure. A cuîé d’une scène de l’Evangile, se voit un saint mai tyi-, un piopbéte, un vieillard ou un ange. Saint Jérome est place entre sainte Hélène et saint Laurent; saint Christophe entre un ici mage et un ange. — Heutêire ces groupes ont-ils quehjuefois été laissés au caprice ou à la «lévotion de l’artiste, qui représentait son patron, nu la sainte la plus vénérée dans son pays natal; car il est l\ remaiTjuer (ju’au Moyen-Age , sainte Marguerite , sainte Catherine, saint Laurent, sainte Hélène, saint Roch et saint Christophe étaient honorés d’un culte tout populaire parmi nous. Peut-être aussi, cette voussure ayant été souvent endommagée par les ti’avaux de décoration que l’on faisait à l’occasion des sacres île nos rois, la plupart des figures ont-elles perdu leur caractère primitif. Ce qui nous confirmerait dans cette dernière opinion, c’est que Varcadc centrale seule a été ainsi mutilée ; c’est que les trois lignes les moins exposées à ces mutilations, la troisième, la quatrième, la cinquième de chaque côté de la voussure, présentent encore quelque ensemble, et que l’on peut y retrouver les figures des anges, de quelques
(2) Un archéologue distingué (rourricr delà Champagne, 4 Décembre t8ô4) ne voit dans le portique du milieu que des vignerons occupés de leurs travaux. Celte explication nous paraît inexacte, incomplète.
prophètes, des patriarches et des ancêtres de Marie. Rappelons que, dans le procès-verbal de 1011 (1), Vincent de Beauvais constate avoir taillé et maçonné vingt-cinq voulsoirs à la jwemière arche du devant du 'portail ; refait les nuages qui soutiennent les figures d’anges placées à côté du couronnement de la Sainte-Vierge; taillé dix-sept figures dans les quatre arches où est le premier rang des statuettes ; et qu’il s’engage à refaire toutes les autres figures qui ne sont point en état. Ajoutons qu’en 1734, quatre statues gelées et tombées doivent être refaites dans la grande arcade du portail, et deux autres rétablies par incrustation.
D’autres réparations eurent lieu de 1786 à 1789, puis en 1810; elles furent malheureuses; quelquefois même, la restauration est tellement mauvaise, (ju’il est impossible de distinguer le sujet que les statues représentent. Nous indicjuerons simplement les groupes ainsi restaurés. On nous pardonnera, nous l’espérons, la sécheresse de cette nomenclature.
I. Dans la partie gauche de la voussure, apparaît à la première ligne, à l’entrée de l’arcade: — saint Alexis, fils d’Euphémion, priant à genoux prés de l’escalier sous lecjuel il vécut dans la demeure de ses parents (2). Au second rang, une sainte (jue nous ne pouvons caractériser ( mauvaise réparation). — Puis nous retrouvons la scène de I’Ahhohciation: l’archange Gabriel apporte le message céleste. — Marie est occupée à lire. — Le cinquième personnage est
(I) !'• partie de cet ouvrage, page 69.
('•2) Apres son mariage, ce jeune seigneur se rendit dans une ville de Syrie, donna tout son bien aux pauvres, et resta pendant dix-sept ans s(»us le porche d’une église. Tourmenté par le désir de revoir ses parents, il revint a R(*me, se présenta chez son père, sous l’extérieur d’un pauvre pèlerin, obtint un petit coin de la maison, où il passa le reste de sa vie. Avant de mourir, il écrivit son histoire, et son père trouva cet écrit entre ses mains, au moment où il allait rendre le dernier soupir.
( !>tctionn. iconographique de Miof. )
GHAND POUTAIL. — PORTlglE CEISTRAL. — VOUSSURE. 91
sans caraclérc. — Marie nous apparaît de nouveau, tenant dans ses bras VEnfant-JésKs ; à côté d’elle est saint Joseph.
ün voit (jue celte ligne ne présente aucune unité; les sujets sont placés au hasard : les scènes de l’Evangile auprès de la vie des saints.
La seconde ligne va nous oiïrir le meme désordre. La première statue, restaurée, représente Louis XVI, avec la tunique royale semée de tleurs-de-lis. Autrefois saint Louis occupait cette place. — A coté est un prophète ; — puis saint hoch avec le chien qui léchait ses plaies. Ce saint était mort depuis peu de temps quand le portail de Notre- Dame fut élevé (1). -• Au cinquième rang, se trouve un personnage en prière. — Vient ensuite la reine de Sala , qui lient une coupe de parfums. — l*rés d’elle est un des rois mages, — et enfin une femme debout, sans signe distinctif.
A la troisième ligne , nous apercevons un apôtre déjà figuré au portail nord, saint Barthélemy , avec le couteau, instrument de son martyre. (Nous ne savons si l’imagier de Notre-Dame, qui, dans la ligne précédente, a sculpté saint Louis et saint Hoch, honorés l’un le ^5 Août, l’autre le IG, n’a point suivi le calendrier de l’Eglise. Toujours est-il que nous ne pouvons trouver dans celte série de staluelles aucun ordre méthodique, aucun ensemble, aucune vue générale.) — Prés de l’apôtre saint Barthélemy est un personnage qui n’est qu’une restauration moderne, — puis deux anges. — Au cinquième rang, nous trouvons un des saints les plus populaires du Moyen- Age, celui que l’on se plaisait à figurer dans toutes les églises
(1) Saint Roch, né à Montpellier, quitta son pays natal pour aller, en Italie, se dévouer au service des pestiférés. Il revint dans sa patrie, où il mourut en 1372. On l’a toujours invoqué contre la peste. Saint Roch ayant été attaqué de ce mal, son chien fidèle léchait ses plaies, d’après la tradition populaire.
avec des proportions colossales, saint Christophe; mais ici il nous apparaît sous la forme d’uns statuette; on le reconnaît cependant : il porte l’Enfant-Jésus sur ses épaules. « Saint Christophe était occupé à passer sans relâche tous D les voyageurs... Un jour (ju’il avait porté un enfant » à l’autre bord, il dit à celui-ci: Tu m’as mis dans un î grand péril, enfant, et tu m’as surchargé d’un si » grand poids, qu’il me semblait que je portais le monde T> tout entier. Et l’enfant répondit : Ne t’en étonne pas, » car tu portais celui (|ui a créé le monde : je suis le » Christ (I). » — Sans transition, nous arrivons à deux autres rois mages; ils se retrouvent ainsi auprès du troisième mage (|ue nous avons vu dans la ligne précédente. — Prés d’eux, un pasteur^ portant un agneau à la crèche de Hethléem. — Cette divine crèche est, à son tour, représentée ; on y voit V En faut- Jésus ; j)iès de lui sont Marie et Joseph ; dans un coin, on aperçoit le bœuf.
I.a quatrième ligne nous montre, comme nous le verrons dans l’autre partie de la voussure, les patriarches et les saints de l'ancienne loi. — Le premier est Jessé^ du sein duquel s’échappe une tige qui fleurit. A dater du Xlle siècle , les artistes chrétiens aimaient à reproduire Jessé , l’ancétrc de la Très-Sainte Vierge; de lui sort un arbre, à l’extrémité duquel Marie s’épanouit comme une ileur. — Au-dessus de ce patriarche, sont rangés quatre vieillards : le premier et le deuxième jouent du violon, le troisième pince de la harpe, le quatrième n’a d’autre attribut qu’une couronne, Seraient-ce les vieillards de l’Apocalypse? Seraient-ce des patriarches ? Le vieillard couronné serait-il le roi David, ce fils de Jessé, cet aïeul de Marie et du Sauveur? — La présence de Jessé dans celte ligne de la voussure indiquerait, selon M. Barbier de Monlaull, que tous les personnages qui remplis-
(1) Léyenrir dorée. — S^iinl Christophe.
GRAND PORTAIL.— PORTIQUE CENTRAL. — VOUSSURE. 9o
sent les deux dernières lignes de la voussure sont, non pas les vieillards de l’Apocalypse, mais les rois de Juda, ancêtres de Marie.
Aux patriarches, aux prophètes, aux rois vont s’unir, dans la même ligne, les jirètres de l’Ancien Testament. — La sixième statue est celle {\’Aaron tenant en main sa verge fleurie. — La septième nous montre Mo'ise avec les tables de la loi.
Dans la cinquième ligne on distingue : — un chérubin en frière, le corps enveloppé de ses deux ailes; — deux vieillards couronnés iWm instrument; — puis vien-
nent quatre anijes dont l’un tient la lune, et les autres des couronnes.
On le voit, dans les restaurations successives, les artistes, ou ne tenant aucun compte des groupes auparavant existant , ou ne sachant (juel saint avait rempli précédemment l’es()ace laissé vide, ont plus d’une lois suivi leur caprice ou la dévotion des chanoines qui surveillaient les travaux. Nous croirions même que la flatterie et l’intérêt n’ont pas toujours été étrangers à ces transformations. C’est ainsi qu’au lieu de la statue de saint Louis, on fit le portrait du roi Louis XVI, dont la libéralité était grande envers sa chère cathédrale de Reims.
II. Recommençant à droite de la voussure , nous trouvons d’abord deux restaurations dont nous ne pouvons indiquer le sujet. Les deux premières lignes ont peut-être été encore plus maltraitées que dans la partie gauche. — On voit ensuite saint Sébastien attaché à un arbre par l’ordre de l’empereur Dioclétien, et transpercé de flèches. — Sainte Marguerite tenant une croix et un dragon enchaîné. « Sainte Marguerite, ayant été battue de verges, et le » corps déchiré par les ongles de fer, d’après les ordres du » gouverneur Olibrius, fut jetée en prison. Alors une clarté » miraculeuse éclaira son cachot. La sainte pria le Seigneur
J) de lui faire voir l’ennemi qu’elle avait a combattre, et » voici qu’un énorme dragon s’élança sur elle pour la » dévorer ; elle fit le signe de la croix, et il disparut (1). ù — Sainte Agathe portant les tenailles avec lesquelles Quintien, consul de Sicile, lui fit mutiler le sein (2). — Sainte Catherine avec une épée ; à ses pieds se trouve une roue, d Sainte Catherine, fille du roi Costis, ayant refusé » de sacrifier aux idoles, l’empereur Maxime d’Alexandrie O üt de vains efforts pour l’ébranler. Alors un officier de » l’empereur lui conseilla de faire faire (juatre grandes » roues garnies de lances de fer et de clous très-aigus, D afin de la mettre en pièces. On les disposa de telle sorte » (pie deux tournaient dans un sens et deux dans un autre. » Mais les roues se brisèrent d’elles-mémes, et la sainte J) fut décapitée (3). o — Un ange tient une couronne audessus des saints martvrs de cette première ligne; Notre Seigneur les bénit.
La deuxième ligne présente un roi (mauvaise restauration). — Sainte Afre , martyrisée en l’an 304 ; elle est placée sur un bûcher d’où sort une tête de démon. — Sainte Hélène tenant la croix du Sauveur, qu’elle fit cliercber avec tant de soin. Nous reviendrons sur cette histoire célèbre, objet d’un tympan tout entier. — Saint Jérôme tenant un livre à la main, et se frappant la poitrine avec un caillou. Qui ne connaît les macérations du solitaire de Bethléem et les grands travaux auxquels il s’est livré? On ne voit ici ni la trompette du jugement qui retentit à ses oreilles, ni le lion accroupi que certaines légendes lui prêtent gratuitement, fondées sur le récit d’un moine du Vile siècle. — Saint Laurent, en costume de diacre et une
(1) Légende dorée. — Sainte Marguerite.
(2) Ihid. — Sainte Agathe.
(3) Ibid. — Sainte Catherine.