GRAND PORTAIL.— PORTIQUE CENTRAL. — VOUSSURE
palme h la main(1). — Un ange encense les saints. — Un second ange porte un listel déroulé.
I.a troisième ligne, en partie primitive peut-être, est consacrée aux prophètes de l’ancienne loi. — Les deux premiers n’ont aucun signe caractéristique. — Au troisième rang, nous trouvons Jonas, qui semble sortir de la gueule d’une baleine. — Puis les jeunes compagnons de Daniel dans la fournaise. — Un ange écrit sur le linteau d'une porte. — Le prophète Daniel prie, les mains jointes et les yeux élevés vers le ciel. — Deux autres anges tiennent des couronnes.
Sur la quatrième ligne, sont espacés quelques-uns des patriarches ou des vieillards de t’ Apocalypse. L’un joue de la flûte; l’autre, de la harpe; un troisième, de la viole; le (juatrième, des cymbales. Puis un personnage chante dans un livre. — A la suite, nous trouvons Gédéon qui sonne de la trompette et tient un vase de terre assez semblable à une sonnette. — Enfin le dernier personnage tient un livre et une palme.
La cinquième ligne est la continuation du même sujet. On y voit : — un ange qui présente une coupe ; — un vieil-lard couronné ; — un roi jouant du violon ; — un vieillard pinçant de la harpe; — un cmge tient le soleil ; — puis d’autres angeSy qui, à genoux, présentent des couronnes.
III. Au sommet des cinq cordons de cette voussure, pour dissimuler le raccord des ogives, se trouvent encore des ü7îges qui prient, les yeux élevés vers le ciel.
Telle est la description sèche, aride de celte voussure. Nous n’y avons pas trouvé ces emblèmes du pouvoir
(1) Il n’est peut-être pas un diocèse, en France, où saint Laurent ne soit patron de plusieurs églises. Nous croyons inutile de retracer son histoire.
et de la religion, ces rapprocliements ingénieux qu’y découvrait M. Povillon : nous n’y voyons nulle part Salomon traçant le plan du temple de Jérusalem, l’épouse du grand Clovis près de la mère du grand Constantin, saint Philippe portant une scie, saint Jacques avec le bourdon du pèlerin, Noé tenant une branche de vigne chargée de raisins, saint Vincent en habit de diacre, sainte Cécile ayant une guitare à la main , la Religion sous la ligure d’une femme précipitant le démon dans les enfers, l’Hérésie vaincue et dévorée par les flammes sorties d’une coupe (juc verse un ange; nous y chercherions en vain ces exemples d’amour IVatcrncl, d’amitié conjugale récompensés dans le séjour de la béatitude ; ces génies ailés qui portent des tètes et des légendes. Nous ne voyons dans cette description de M. Po V i 1 1 0 n ( j U e / ’ e «è ri ch esse d'im atjinationâe son diüenv.
Dans le plan primitif, cette voussure, aujourd’hui mutilée, dut présenter un ensemble , s’harmoniser avec les scènes qui se déroulent dans ce magnifique portail. Nous ne pouvons (jue gémir sur le dédain qu’afl'ectaient pour le style gothique le XVP, le XVIP et le XVIllc siècle. Les précautions prises en 1515 , au sacre de François pour la conservation des ornements appartenant à la fabrique, ne s’étendiient pas au\ dehors de l’édilice ; et les architectes qui, en 1825, cachaient la voussure centrale du portail avec scs statuettes et la remplaçaient par une voûte parsemée d’étoiles, n’étaient guère mieux disposés à respecter une scène de la vie de la Sainte-Vierge , ou les figures de Moïse et de Gédéon.
Un jour viendra peut-être où une restauration complète, mais intcllifjente, de cette partie du portail lui rendra le caractère d’unité qu’il présentait au XVe siècle. C’est une belle élude proposée aux archéologues : nous voudrions qu’ils pussent retrouver, avec leur génie investigateur , ce jdan primitif, où , sans aucun doute pour nous, la vie de Marie occupait la place principale ; de