GRAND PORTAIL. — PORCHE DE GAUCHE.— VOUSSURE . 1Ü
« Le démon, ayant enlevé Noire-Seigneur, le transporte » dans la ville sainte, et Tayant mis sur le haut du )) temple, il lui dit : Si vous ôtes le fils de Dieu, jetez-vous » en bas. U Le Sauveur, placé sur un petit édicule, repousse le tentateur.
De nouveau vaincu , le démon <i porte le Sauveur sur » une haute montagne, et, lui montrant tous les royaumes » du monde et leur gloire, il lui dit : Je vous donnerai » toutes ces choses, si, en vous prosternant, vous rn’a- » dorez. » On voit un horrible démon accroupi cl portant Jésus-Christ sur des nuages cjui figurent la montagne. Près de l’esprit Icnlaleur cl dans ses mains sont des coupes cl des vases remplis d’or. Par celle ingénieuse allégorie, l’artiste a rendu le sens du texte sacré : tous les royaumes du monde et leur gloire.
« Jésus dit alors au démon : Helire-loi, Satan. Celui- » ci le laissa, et aussitôt les anges s’approchèrent de lui, » et ils le servaient. » Le Christ est toujours assis sur les nuages; deux anges, à ses côtés, l’encensent et attendent ses ordres.
La deuxième ligne rappelle l’cn/ree de Jésus- Chrisl à Jérusalem,— Dans le premier groupe, avec un autre apôtre, se trouve saint Pierre^ tenant un livre et des clefs ; il suit Noire-Seigneur bénissant la foule de la main droite ; le Sauveur est monté sur une ànesse, prés de laquelle est un petit ânon (1); saint Jean est à la gauche de Jésus. — Cinq personnages coupent les branches d’un arbre et les jettent sous les pieds du Sauveur (2j ; d’autres étendent leurs man-
(Ij Ecce rex tuus veuit tibi mansuetus, sedens super asinam et pul- » luni filium subjugalis. » (Saint ÂIatthieü, XXI, 5 )
(2} « Alii autem frondes cædebant de arboribus et sternebant in via. »
{Ibid., XI, 8.)
teaux (1). Après eux viennent, partagés en deux groupes, et regardant avec étonnement ce triomphe, les Juifs « qui » précédaient ou suivaient Notre-Seigneur , en criant : » Hosanna, salut et gloire au fds de David ; béni soit celui » qui vient au nom du Seigneur. Hosanna au plus haut » des deux (2). »
Le triomphe du Sauveur sera suivi de son supplice. L’institution de la Sainte-Eucharistie n’est point figurée : mais l’artiste n’a point oublié le trait de l’humilité de riIomme-Dieu, imité parmi nous sous le nom de Piedlève y et dont nous avons eu à entretenir le lecteur dans l’article Usages (3). Notre-Seigneur lave les pieds à ses apôtres. — Saint Pierre a le pied placé sur un vase de forme ronde ; il éléve les mains en signe d’étonnement, et et semble vouloir s’opposer à cet abaissement de .son maître (4).
Nous arrivons, a la suite du Sauveur, à Gethsémani, et, pendant que Jésus-Christ se retire à l’écart pour faire une prière, ses discijdes sont endormis au milieu des buissons. « Et Notre-Seigneur ayant pris avec lui Pierre et les deux » fils de Zébédée, commença à être triste et affligé.... » Jésus invite ses disciples à veiller; — les trois apôtres succombent au sommeil ; — pour lui, il demeure à genoux, en prière devant son père.
Dans celte grande histoire de la Passion, que le Moyen- Age aimait à méditer, le sculpteur a choisi quelques traits des plus saillants, qiieh|ues-unes des souffrances les plus
(1) Multi aulcm veslimenla sua slravcruut in via. »
( Saint Marc , XI, 8.)
(2) • Qui præihant et qui sequebantur, clamabant, dicentes : Ho-
n sanna Bencdictus qui venit in noinine Domini. »
(Saint Marc, XI, 9.)
("3) T. I, art. Usages, p. 358.
(4) « Non lavabis inihi pedes in ælornuni.») (Saint .Ifa\, XIH, 8.)