GRAND PORTAIL.-— PORCHE DE DROITE.— CIIAMRRANLES
saint apôtre envoyant à Reims saint Sixte, saint Sinice et leurs (leux compa^mons .
CiiAMiiRANLES. — Les statues, su[)erposées sur les montants intérieurs et extérieurs de cette porte, sont la plupart mutilées, et leur dég^radalion laisse d’autant plus de regrets, que ce qui reste mérite d’clre admiré de tous les visiteurs. Mlles l’eprésentent le Désespoir et VEnfer, les Péchés capitaux et les (juatre saisons de Vannée.
A gauche, en allantde hasen haut, à l’extérieur, on trouve un diable hori'ible et velu |)longé dans les flammes. C’est l’image du Désespoir. — Prés de lui, VEnfer est lepi’ésenté par une vaste chaudièr e, où sont engloutis d’autres démons. Au-dessus appar-aissent des têtes en grand nombre.
L’iconogr'ajrhe a figuré ensuite les Péchés (\u\ pi'écipitcnt tant d’hommes dans le gouiïi’c éternel. — Un cavalier est renversé de cheval par un souille venu d’en haut ; il semble pi’és de r ouler dans l’abîme. C’est probablement V Orgueil, ce premier des péchés capitaux, que Dieu réprouve et se plaît à confondre et à humilier (1). — Cet homme pi’es(jue nu, caché dans un fragment de manteau qui tient à peine sur ses épaules, ne sei’ait-ce pas V Avarice, se refusant à ellemême les vêlements les plus nécessaires? — Le cinquième personnage est vêtu d’une longue robe serrée à la taille ; près de lui se tient un lion, emblème de la Colère (2). — Ce vieillard, assis sur un banc , et qui étend nonchalamment la main, est l’image de la Luxure, laquelle énei’ve les facultés intellectuelles, et ride le front même du jeune homme. — Enfin , un personnage est accoudé sur une
(l) « Disperilet superbns mente cordis sui. — Deposuit potenles de ») sede. » (Saint Luc, 1, 51.)
(5) « Sieut riigitns leonis, ita et terror regis. » {Prov., XX, 2.)
i2G DESCRIPTION DE LA CATHÉDRALE DE REIMS.
slalle, cL semble dormir (1) ; il exprime bien V Indolence el la Paresse.
Au-dessus de ces personnages se trouvent rpialre anges en prière.
En passant de gauche à droite, toujours de bas en haut, nous trouvons, à l’extérieur, d’abord la suite des péchés capitaux , puis les quatre saisons, de nouveau figurées.
Une jcrnine est assise ; elle lient un livre et une fiole : c’est VEnvic méditant sur les actions des hommes, et versant sur le monde le venin renfermé dans celle coupe. Si le premier personnage de gauche représentait V Envie et non le Désespoir^ nous pourrions voir ici la jausse Sagesse^ qui, enorgueillie d’elle-mcme, conduit les liommes à tous les vices les plus affreux, et répand autour d’elle le venin de l’erreur (^).— Celle slatuclle parait à M. Povillon représenter l’eiïusion des grâces du Saint-Esprit accordée à la prière : « La fiole, dit-il, est le symbole de fonction » divine pénétrant l’âme méditante et priante, d Nous ne voyons pas ce que ferait cet emblème de la prière au milieu des péchés capitaux. — Un porc se dresse contre un chêne pour en dévorer les glands ; c’est l’emblème de la Gourmandise.
Nous ne comprenons jias pourquoi les péchés capitaux sont suivis des quatre saisons. Ce sujet était déjà traité dans l’arcade de gauche.
Ici, le Prinlcmps est personnifié par un homme assis prés d’un arbre, et se chauRant au soleil qui reparaît. — U Eté est figuré par un jeune homme très-légèrement vêtu : dans
(1) • l’squiHiuo ilorinios ? — Nolurrunl quidquam nianus ojus
•> optîrari. » {Prov., Vf, 9; — XXI, 25.)
(i) « Dicenlcs sc esse sapioiües, stulli facli sunt. — Proplor quoil Ira- » il'ulit iilos Deus in (ifsideria rordis oonim in immundiliam. n
Ep. aux Rom,, I, 22, 24. »