GRAND PORTAIL. — PORCHE DE DROITE. — TYMPANS
Si les limites que nous nous sommes imposées ne nous forçaient de restreindre les explications demandées par les statues de ce magnifique portail, nous serions heureux de faire voir avec Bossuet les idées profondes et les salutaires enseignements que l’iconograplie nous présente, en reproduisant l’Apocalypse presque tout entière. Nous verrions la reconnaissance des peuples (jue Jésus-Christ a rachetés par son sang^ les nobles images de son histoire et de son régne, les chants merveilleux qui célèbrent ses grandeurs , et dont le ciel et la terre sont ravis. On est saisi de frayeur, il est vrai, en contemplant sur ces murs les effets de la justice de Dieu, les sanglantes exécutions des anges, leurs trompettes qui annoncent le jugement, leurs coupes d’or pleines de l’implacable colère de Dieu, les plaies incurables dont ils frappent les impies; mais bientôt , dans le fronton , de douces et ravissantes peintures viendront se mêler à cet affreux spectacle, et laisseront l’âme dans une douce confiance, où elle se reposera tranquille, après avoir été frappée de ces scènes lugubres.
Le lecteur nous demandera peut-être quel ordre nous trouvons dans les lignes qui composent cette voussure et le tympan'que nous venons d’étudier. Sans doute, au premier abord, les scènes paraissent confuses, et cependant l’iconographe a parfaitement coordonné ses idées, quisemblentdis* parafes. — Un prophète a trois devoirs 5 remplir : il avertit les peuples ; il leur prédit l’avenir; il les console et les fortifie par des promesses. Dans la partie gauche de la voussure , l’iconographe retraçait les avertissements donnés aux Eglises; la partie droite nous rappelle les secrets de l’avenir, la fin des persécutions, la ruine de l’empire de Satan. Restent les promesses qui consolent et encouragent le juste , la récompense qui l’attend dans le ciel. L’iconographe donne à ces espérances la place la
plus visible ; il les figure dans le fronlon qui termine ce portique.
6^" Fronton. — On y voit Notre - Seigneur qss\s sur, un trône tort simple, de forme quadrilatère , dénué de tout ornement, et qu’on prendrait volontiers pour un autel , sans les deux pointes qui se relèvent aux deux extrémités. Le nimbe crucifère décore cette tête divine, sur laquelle règne une expression de sévérité et de grandeur. Une draperie élégante revêt le corps de l’Homme-Dieu ; mais, attachée sur l’épaule, elle laisse à découvert toute . la partie supérieure du corps, et l’œil peut contempler les cicatrices du Sauveur. De la main droite , Jésus- Christ porte la boule du monde ; ses pieds reposent sur des nuages ; la scène se passe dans les cieux. — De chaque côté de Noire-Seigneur, se tiennent des anges avec les instruments de la Passion : à droite, la lance et les clous; à gauche, la couronne et la croix avec le nimbe crucifère.
Les statues de ce fronlon ayant été réparées presque complètement, nousn’osons en donnerunc description plus détaillée.
Ainsi se termine cette partie du portail, l’une des plus riches et des plus instructives compositions de l’art chrétien.