‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 50 sur 257 · ICONOGRAPHIE DE LA PARTIE INFÉRIEURE DU PORTAIL · texte numérisé non relu

ICONOGRAPHIE DE LA PARTIE INFÉRIEURE DU PORTAIL

j et de TEglise, plusieurs détails semblent manquer. L’arclii- : tecte les a conservés pour les portiques intérieurs.

Nous y retrouvons encore, dans celui du milieu, Marie fuyant la colère jalouse d’IIérode et se rendant en Egypte ; puis à droite et à gauche, Jésus opérant ses miracles et convertissant les pécheurs, ou bien l’Eglise combattant le dragon infernal et les ennemis qu’elle a sur la terre.

Admirable dans l’ensemble, le portail occidental ne l’est pas moins dans les détails.

L’imagier veut que partout la pierre nous parle et nous édifie. Sur les deux faces des chambranles, à l’intérieur et à l’extérieur des portes, il a jeté de nombreuses figures, qui, toutes, ont leur signification et se rattachent aux grandes scènes que nous venons de parcourir. Ici, ce sont les vertus dont Jésus et Marie nous ont donné l’exemple ; là, figurent les vices que l’Eglise nous presse de combattre et d’étouffer ; plus loin, les arts et les sciences, ces travaux de l’intelligence, qui, dans leur institution primitive, sont destinés à nous conduire ù Dieu, leur auteur et leur maître (1) ; ailleurs, les travaux corporels (de l’année) que nous devons sanctifier, et par lesquels nous pratiquerons ces vertus et nous éviterons ces vices représentés sur la pierre (2) .

Le linteau central est détruit ; ceux de droite et de gauche nous ont redit Saul, persécuteur, terrassé par la grâce et devenu l’apôtre des nations.

Les voussures nous ont montré, à gauche, les scènes de la vie de Jésus-Christ : la tentation au désert, l’entrée triomphante à Jérusalem, l’agonie dans le jardin, les tourments de la Passion, la résurrection, le Sauveur apparaissant à ses disciples, puis remontant au ciel. Le fronton nous retraçait l’apothéose de la croix, et le tympan

(ij « Deus scienti arum Domi nus est. » (I. Rois, II, 3.)

(2) «I Boiiorum enim laborum gloriosus est fructus. [Sagesse, III, 15.)

voisin, celle même croix honorée sur la terre d’un culte public par la mère du grand Constantin. Dans les clochetons voisins, l’Eglise et la Synagogue, c’est-à-dire la religion juive abrogée par le sacrifice de la loi nouvelle (1) ; le christianisme ou la croix, scandale des Juifs, folie aux yeux des nations, régnant désormais sur le monde.

A droite, la voussure et le tympan nous ont rappelé les avertissements de l’Apocalypse, les persécutions de l’Eglise, le triomphe du Sauveur sur ses ennemis conjurés ; le fronton, Jésus prêt à récompenser ceux qui ont souffert pour fon nom. Les clochetons renferment des anges sonnant de la trompette, et appelant les hommes au tribunal du Sauveur. Le tympan en retour nous redisait la vie, la mort du prophète de l’Apocalypse.

La voussure centrale nous a paru avoir été mutilée pour les décorations des sacres ; nous avons cru cependant y reconnaître quelques traces des groupes anciens : là étaient sans doute figurées les scènes de la vie privée du Sauveur, de son enfance, la vie de sa sainte Mère : l’iconographie intérieure de ce même portail confirmera nos conjectures.

Mais ici ne s’arrêtera pas l’idée de l’architecte; nous la retrouverons se poursuivant dans les étages supérieurs. L’Eglise est fondée, il lui faut des chefs qui la gouvernent au nom de Jésus-Christ. Ces soutiens spirituels, les apôlres, vont nous apparaître debout dans les contre-forts du portail , qui , eux aussi, sont les soutiens matériels de l’édifice.

1) a Ergo abrogala est lex . »

Sculplurcs et l)as reliefs pris à dilVérents endroits de la cathédrale.

SCIILPTIUES ET ÜAS-HELIEFS pris à (lilîérenls endroils de la Calhédrale.

Première partie du dessin à gauclie. 1. Cheminée prise à la porte de droite du grand portail. —2. Siège tiré d’un des basreliefs du tympan du portail nord (entrée de l’église).— 3. Coffre à ferrures, à la j)orte de droite du grand portail. — 4. Grille fermant l’ancien eartulaire dans l’intérieur de l’église, près de l’horloge. — 5. Viole tenue par une des statues de la cimiuièmc rangée de droite, à la voussure de l’arcade du milieu du grand portai!.

Deuxième partie à droite de la colonne. I. Petite armoire renfermant une statue de saint, à la voussure du portail nord (Beau-Dieu) — 2. Stalle à la porte de droite du grand portail. —

3. Cuve baptismale tirée du bas-relief du baptême de Clovis. Tympan du portail nord (entrée de l’église).— 4. Autel du XIID siècle et son baldaquin, composé d’après plusieurs sculptures et bas-reliefs des deux portails, principalement du, portail nord I (entrée de l’église). — 5. Autel surmonté d’une statue de la Vierge et de l’Enfant-Jésus# pris au bas-relief qui sert de soubassement à la statue du Beau-Dieu du portail nord. — 6. Le couronnement festonné en ogive, qui surmonte le tout , provient du portail nord. 11 est à la. troisième rangée de statues ; du tympan de la porte d’entrée de l’église.

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