‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 86 sur 257 · INTÉRIEUR. — TRIFORIUM ET GALERIES · texte numérisé non relu

INTÉRIEUR. — TRIFORIUM ET GALERIES

TKIFOlUDW ET GALEHIES.

Au-dessus des arcades, règne la galerie ou triforiamy composée de cent soixante-treize arcades à jour. Celte galerie, d’un goût très-pur, est obscure dans presque toute son étendue ; elle n’est à jour qu’aux Iranssepls et au portail.

Les travées comprennent ordinairement quatre arcades, (juelquefois cinq, quand l’espace est plus grand, quelquefois deux, comme à l’abside : elles reposent sur des colonnes cylindriques ornées de cliapileaux.

Au chevet, les cinq dernières travées, beaucoup plus étroites, présentent, dans l'architecture de la galerie, une légère modification. Au lieu d’une colonne sur laquelle s’appuieraient les deux arcades, nous avons deux petites colonnetles , séparées elles-mêmes par celle qui divise la fenêtre supérieure. Cette dernière, ordinairement, s’arrête sur le chanfrein qui termine le mur du triforium ; ici, elle descend entre la double arcade de la galerie.

En parcourant cette galerie, étant arrivé au quatrième pilier de la nef du côté du midi, et du côté opposé, on voit que l’alignement de l’église change et rentre de 30 à 35 centimètres. On croirait , dans la perspective, que le corps principal de l’édifice perd son alignement par l’effet d’une poussée de mur : c’est un redressement d’erreur dans la construction même, erreur dont les architectes se sont aperçus, et qu’ils ont cru devoir corriger. Ils ont taillé l’angle du mur le plus saillant et le plus proche de la tour du portail vers le midi, pour le faire raccorder avec le mur

qui ressort vers les piliers boutants. La même chose so remarque à l’épaisseur du (|uatrième pilier de la nef, taillé de la même manière, et en face du mur reculé par l’effet de la correction de l’alignement.

Dans ces galeries supérieures du triforium, sont des arcs (le décharge en tiers-point (1), composés de deux arcs de cercle de 60 degrés, le diamètre de l’ogive ayant été pris pour rayon.

Dans les hasses-nefs, nous l’avons déjà fait remarquer, il existe un chemin de ronde pratiqué dans l’épaisseur des piliers, à la hauteur des croisées. Ce chemin, formant une large terrasse de 1 mètre environ, continue dans les chapelles, dont il suit les contours.

Au-dessous des trois grandes rosaces de l’église , plus élevée que le triforium, existe une troisième galerie qui communique avec celle de l’extérieur. — Au grand portail, elle est ornée d’une balustrade en pierre, à arcades trilobées, sans colonnes, et flanquée de tourelles crénelées, dans lesquelles M. Tarbé croit reconnaître les armes de Blanche de Castille. — Au iranssept, ce sont de simples balustrades en fer, sans aucun ornement.

Le triforium de la cathédrale de Reims a souvent été mis en comparaison avec celui d’autres églises. Que n’avezvous le large triforium à jour de votre basilique de Saint- Remi ! Tel est le vœu qui, bien des fois, a été exprimé par des visiteurs. Nous ne partageons pas cette manière de voir.

Au XIR® siècle, dans la période de l’ogive à lancette, le triforium était rarement à jour, parce qu’il est destiné à dissimuler è l’intérieur les combles des basses-nefs. Or le

(L ViOLi.Eî LF-Dur., l. P", p. 80.

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