INTÉRIEUR. — TRIFORIUM ET GALERIES
Style ogival demande de l’élévation, c’est une aspiration vers le ciel. Nous sommes loin de déprécier le triforium si remarquable de l’abbatiale de Saint-Remi, mais nous ferons remarquer que les bas-côtés perdent en hauteur ce que le triforium gagne lui-même en développement. Nous préférons dans la cathédrale de Reims ces bas-côtés qui, s’élevant bien haut, s’harmonisent parfaitement avec les grandes voûtes. A notre avis, il y a plus de grandeur dans les basses-nefs de Notre-Dame que dans celles de Saint-Remi, considérées même avec leur triforium. Ce qui convenait pour une église destinée à des religieux, habitués à circuler dans les sombres allées d’un cloître, n’élait pas digne d’une cathédrale où les rois devaient entrer majestueusement avec un nombreux cortège. A Saint-Remi, le silence, le calme, le recueillement dans des nefs peu élevées ; à Notre-Dame, le grandiose, l’élévalion. A Saint-Remi, d’ailleurs, le triforium a une raison d’être qui n’existe pas pour la cathédrale : les religieux se servaient de cette galerie comme d’une seconde église, où ils célébraient quelquefois les saints mystères.