‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 88 sur 257 · VOUTES DE LA CATHÉDRALE · texte numérisé non relu

VOUTES DE LA CATHÉDRALE

Dans l’architeclure romane, la voûte (dans le style grec, c’est un plafond), c’est le plein-cintre qui retombe des deux côtés et vient se reposer sur les corniches. Dans le gothique, ce sont deux lignes qui se coupent dans leur essor, deux paraboles qui se croisent, et dont aucune ne revient. L’ogive ajoute à la hauteur déjà prodigieuse de l’édifice une hauteur imaginaire, indéfinie, qui spiritualise le regard. Elle exprime énergiquement la tendance distinctive du christianisme ; elle semble donner à la pierre même l’impatience de la terre et l’ardeur des cieux (1).

Nous avons quatorze arceaux de hautes voûtes le long de l’église, deux de chaque côté du transsept, et quarantequatre de basses voûtes dans les nefs inférieures et dans les chapelles.

Elles sont belles, elles sont magnifiques, les voûtes de Notre-Dame, supportées par des colonnes aériennes ! A voir ces fûts de toute hauteur, de toute dimension, dont quelques-uns s’élancent audacieusement jusqu’au faîte , les arceaux qu’elles supportent, et dont les ramifications, se croisant dans tous les sens, rappellent si bien les branchages de nos forêts, on sent que le génie de l’artiste a fait alliance avec celui de ces hommes du Nord dont les ancêtres adoraient leur divinité sous la voûte des cieux, sous le feuillage des chênes entrelacés.

Les voûtes de la cathédrale de Reims sont un témoignage éclatant du génie des architectes du Moyen-Age et de la science approfondie qu’ils possédaient.

(1) Nicolas, Eludes sur le christlahiswc.

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