‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 89 sur 257 · INTÉRIEUR. — VOUTES · texte numérisé non relu

INTÉRIEUR. — VOUTES

En effet, en examinant avec soin la section verticale et horizontale de cet ensemble formé par la voûte ogivale et le double étage d’arcs-boutants, ces deux forces poussant en sens contraire, on reconnaît que loin d’ignorer les principes de la coupe des solides (stéréotomie) et les proportions les plus élevées des mathématiques, les hommes qui construisaient au XIII® siècle ont dépassé, dans leurs connaissances, les constructeurs grecs et romains, et sont encore nos maîtres aujourd’hui.

Ces voûtes, d’une hardiesse surprenante, sont d’une légèreté plus surprenante encore Leur force se compose uniquement d’arcs doubleaux et d’arêtiers moulurés de (ores et de cavets reposant sur les quatre piliers de chaque travée. Le reste porte comme en feuillure sur ces arcs, sans aucune espèce de liaison ; ce n’est plus qu’un remplissage fait avec des pierres de petit appareil noyées dans le ciment ; il est inutile au point de vue de la solidité; il peut tomber, sans que les arcs soient eux-mémes endommagés.

Au-dessus des piliers d’angle du transsept et de l’entrée de la nef, les arcs doubleaux, ordinairement plus chargés de moulures que ceux des travées intermédiaires, sont, à Reims, pareils aux autres, « Le monument y gagne, dit » le baron Taylor. Par ce moyen aussi simple que judi- » deux, la profondeur de la cathédrale apparaît tout en- » lière. Le regard étonné glisse sans aucune interruption » le long de l’arête des voûtes de la nef. »

Les clefs de voûte ne présentent pas de particularité : formées par les mêmes moulures que les arêtiers, elles n’ont aucun ornement ciselé.

Plusieurs ont reçu autrefois de la peinture et de la dorure. Le chanoine Gocquault l’affirme : « Il y a là quatorze D cintres de hautes voûtes au long de l’église, et deux de » chacun côté de la croisée. Desquelles il y en a cinq,.

» depuis le lieu dit la Rouelle de saint Nicaise jusqu'au » portail, qui sont peintes (1). »

Ces peintures sont probablement cachées sous le badigeon que les ouvriers prodiguèrent avec tant d'abondance pour embellir la cathédrale, en 1825. Par ces arêtes rouges et jaunes, par ce ciel bleu semé de fleurs-de-lis, ils parvinrent à diminuer l’effet général de nos voûtes supérieures, et à leur donner un aspect lourd et écrasé.

(1) CocQüAULT, t. III, p. 29, atZ ann, 1212.

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