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VITRAUX DES FENÊTRES ET DES ROSES

En traitant des fenêtres à l’extérieur, nous avons dit leur nombre; nous les avons décriles au point de vue architectural. Il ne nous reste |)lus maintenant qu’à rendre lisibles ces tableaux immenses, ces belles images qu’un concile d’Arras appelait le livre des laïques, et que les anciens catéchismes recommandaient de regarder en récitant le chapelet durant la messe (1).

Pour le moment, nous laisserons les détails historiques, les remarques sur les usages et les costum.es du XIP et du XIIP siècle.

Alors l’art de la peinture sur verre, déjà ancien (2),

(1) Catéchisme en usage dans le diocèse de Cambrai, de Liège et de Namur, 1782, t. I*', p. 146.

(“2) Grégoire de Tours, au Vf ; saint Chrysoslôme , au IV* ; Suétone même, au f siècle, rapportent des faits qui démontrent l'existence de vitraux peints à ces diverses époques. Nous ne voulons pas remonter plus haut, et avec M. Raoul-Rochette, cité par Batissier: Histoire de l'art monumental, page 644, prétendre qu’Horace avait fait orner de licencieuses images les fenêtres vitrées de son appartement ( De la Peinture sur verre au X/A> siècle, par M. Bontemps;. Pour ne point nous écarter de notre sujet nous rappellerons que la cathédrale dTlincmar avait eu ses vitraux historiés (tome page 27). — Richer, moine de Saint-Remi, qui écrivait au X* siècle, assure que l’archevêque Adalbéron avait décoré la cathédrale de Reims de vitraux historiés : quam ecclesiam fenestris diversas continentibus historias dilucidatam . , . dédit ( Riche», liv. III). La basilique de Saint-Remi possède encore des vitraux à personnages, queM. Tourneur, dans un mémoire présenté au Congrès archéologique de Chàlous, a prouvé appartenir au Xf siècle. L’une de ces verrières porte le nom d’Adalbéron. Ce prélat occupait le siège épiscopal de Reims de 972 à 989.

M. Herbé, dans son Histoire des Beaux-arts, a dit : « Le moine Roger, » religieux de Reims au XI* siècle, se fait un nom par la beauté des vitraux » quïl peint. »

venait de prendre un développement nouveau. — Les architectes s’étudièrent à laisser, dans leurs édifices, une place aussi large que possible pour cette brillante décoration. Les murailles disparaissent, et la basilique devient l’image de la Jérusalem céleste que nous a dépeinte l’apôtre bien-aimé. Les murs n’y sont point de pierre matérielle et grossière ; ils sont de jaspe et de diamant ; ils portent écrits en tous lieux le nom de l’Agneau et celui des douze apôtres de l’Agneau (1). La légende que le fidèle a vu sculptée au portail, s’anime, dans l’église, d’une vie véritable, et du haut du vitrail, les saints, dont il a contemplé, sous la voussure, la froide image, arrêtent sur lui leur regard brillant et immobile.

Un sentiment de plus en plus unanime ramène, de nos jours, à la décoration que le Moyen-Age avait adoptée pour nos édifices religieux, la peinture polychrome des murailles et surtout les vitraux peints. Témoin Cologne, Saint-Denis, la Sainte- Chapelle de Paris ; témoin encore les projets envoyés à Lille, au concours de Notre-Dame de la Treille, parmi lesquels nous aimerons à citer celui de MM. Leblan et Reimbeau (2) ; témoin, après toutes les autres, les merveilles accomplies à Notre-Dame de Paris pour le baptême du Prince Impérial, par MM. Viollet-le-Duc et Lassus, aux applaudissements de tous ceux qui ont pu contempler leur œuvre; témoin enfin, dans notre cathédrale , celte chapelle absidale, que nous décrirons, et à laquelle Ms^’ le cardinal Gousset vient de rendre sa splendeur antique , en la consacrant à recevoir la réserve de la Sainte-Eucharistie , et en la dédiant à l’immaculée Conception de Marie.

(1) « Et erat structura mûri ejus ex lapide jaspide. ... Et in ipsis duo- « decim nomina duodecim apostolorum Agui. »

(Saint Jea>, ApocaL, XXL)

(2) Nolre-Pame de la Treille. AJémoire sur le projet LE R, p. 2.>.

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